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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2410646

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2410646

vendredi 8 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2410646
TypeDécision
PublicationD
Avocat requérantLANTHEAUME

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 octobre 2024, M. B A, représenté par Me Lantheaume, demande au juge des référés :

1°) de modifier, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, les mesures prises par le juge des référés par ordonnance n° 2408332 en date du 18 septembre 2024, en enjoignant à la préfète du Rhône de procéder au réexamen de sa situation, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard et d'enjoindre à la préfète du Rhône de le convoquer en préfecture pour lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec droit au travail dans un délai de cinq jours, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la préfète n'a pas exécuté l'ordonnance du 18 septembre 2024 ;

- l'inexécution d'une ordonnance du juge des référés est constitutive d'un élément nouveau, propre à en justifier le réexamen ;

- afin d'assurer l'exécution de l'ordonnance, il est demandé le prononcé d'une astreinte.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 novembre 2024, la préfète du Rhône conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative et au rejet du surplus des conclusions de la requête.

Elle soutient que :

- elle a décidé de délivrer une carte de résident valable 10 ans au requérant et qu'il a été muni d'un titre de séjour provisoire qui sera renouvelé jusqu'à la fabrication de la carte de résident ;

- il n'y a plus d'urgence ;

- les conclusions sont sans objet.

Vu :

- l'ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Lyon n° 2408332 du 18 septembre 2024 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Rizzato, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référés.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de M. Clément, greffier d'audience, Mme Rizzato a lu son rapport et entendu les observations de Me Chinouf substituant Me Lantheaume, représentant M. A, qui conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative et maintient les conclusions présentées au titre des frais d'instance.

La préfète du Rhône n'étant ni présente ni représentée.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. " Aux termes de l'article L. 521-4 du même code : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin ".

2. Lorsqu'une personne demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, d'assurer par de nouvelles injonctions et une astreinte l'exécution de mesures ordonnées par le juge des référés et demeurées sans effet, il appartient à cette personne de soumettre au juge des référés tout élément de nature à établir l'absence d'exécution, totale ou partielle, des mesures précédemment ordonnées et à l'administration, si la demande lui est communiquée en défense et si elle entend contester le défaut d'exécution, de produire tout élément en sens contraire, avant que le juge des référés se prononce au vu de cette instruction.

3. Par une ordonnance n° 2408332 en date du 18 septembre 2024, le juge des référés a suspendu l'exécution de la décision implicite refusant de renouveler le titre de séjour de M. A, et a enjoint à la préfète du Rhône de procéder au réexamen de la situation de l'intéressé dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance et, dans l'attente, de lui remettre une autorisation provisoire de séjour avec droit au travail dans un délai de quinze jours.

4. Il résulte de l'instruction et notamment des pièces produites à l'appui du mémoire en défense enregistré le 8 novembre 2024 que la préfète du Rhône, a procédé, en cours d'instance, au réexamen de la situation de M. A et décidé de lui délivrer une carte de résident valable 10 ans, en cours de fabrication. Elle doit ainsi être regardée comme ayant exécuté l'ordonnance du 18 septembre 2024.

5. Par suite, les conclusions de la requête tendant à ce que l'injonction prononcée par l'ordonnance n° 2408332 du 18 septembre 2024 soit assortie d'une astreinte de 500 euros sont devenues sans objet.

6. Dans les circonstances de l'espèce et en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement à M. A de la somme de 500 euros au titre des frais d'instance.

ORDONNE :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative.

Article 2 : L'Etat versera à M. A la somme de 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, au ministre de l'intérieur et à la préfète du Rhône.

Fait à Lyon, le 8 novembre 2024.

La juge des référés,Le greffier

C. Rizzato T. Clément

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

N°2410646

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