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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2410785

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2410785

mardi 15 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2410785
TypeDécision
PublicationD
Formation6ème chambre
Avocat requérantSCP ROBIN VERNET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 octobre 2024, M. A B, représenté par Me Vernet, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions du 24 mai 2024 par lesquelles la préfète du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de vingt-quatre mois ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône, de lui délivrer, à titre principal, un titre de séjour temporaire " vie privée et familiale ", ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de procéder à l'effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 300 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à charge pour ce dernier de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

S'agissant de la décision de refus de titre de séjour :

- elle est entachée d'un vice de procédure, la préfète du Rhône n'ayant pas produit l'avis rendu par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;

- elle méconnait les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur sa situation ;

- elle méconnait son droit au respect de la vie privée et familiale en violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

S'agissant des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant un délai de départ volontaire de trente jours :

- ces décisions sont illégales en raison de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;

- la préfète a méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il encourt des risques en cas de retour en Arménie ;

- elle a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales

- elle a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits et des libertés fondamentales ;

S'agissant de la décision fixant le pays de destination :

- elle est illégale du fait de l'illégalité des décisions de refus de séjour et portant obligation de quitter le territoire français ;

S'agissant de l'interdiction de retour d'une durée de 24 mois :

- elle est insuffisamment motivée et ne permet pas de justifier que la préfète du Rhône a pris en compte l'ensemble des critères prévus à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au vu de sa situation médicale et est d'une durée disproportionnée.

Par un mémoire en défense enregistré le 25 mars 2025, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.

Elle soutient qu'aucun moyen de la requête n'est fondé.

Vu les pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement ayant dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

M. B a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 septembre 2024.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Segado, président-rapporteur,

- les observations de Me Vernet, pour M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant arménien, né le 29 septembre 1994, déclare être entré sur le territoire français le 2 juin 2018. Il a sollicité l'asile, le 4 juin 2018. Sa demande a fait l'objet d'une décision de rejet par l'Office français de la protection des réfugiés et des apatrides, le 15 octobre 2020, puis par la Cour nationale du droit d'asile, le 13 janvier 2021. L'intéressé a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire, le 22 septembre 2021. Ensuite, le requérant a sollicité, le 5 avril 2023, un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par des décisions du 24 mai 2024, la préfète du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de vingt-quatre mois. M. B demande l'annulation de ces décisions.

En ce qui concerne la décision de refus de titre de séjour :

2. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an.. () ". Aux termes de l'article R. 425-11 du même code : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. Les orientations générales mentionnées au troisième alinéa de l'article L. 425-9 sont fixées par arrêté du ministre chargé de la santé. "

3. D'une part, la préfète du Rhône a produit à l'instance l'avis du 22 septembre 2023 rendu par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration préalablement à l'édiction de la décision en litige. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure doit être écarté.

4. D'autre part, la partie qui justifie de l'avis d'un collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié et effectivement accessible dans le pays de renvoi.

5. Pour refuser de délivrer à M. B le titre de séjour sollicité en raison de son état de santé, la préfète s'est appropriée l'avis précité du collège de médecins selon lequel l'état de santé du requérant nécessite une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait toutefois pas entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité et lui permet de voyager sans risque à destination de son pays d'origine. Pour contester ce refus, M. B produit plusieurs certificats médicaux établis postérieurement à la décision attaquée. Il ressort de ces documents médicaux que le requérant souffre d'une pathologie douloureuse chronique invalidante prise en charge depuis 2018, en l'espèce de cervicalgies chroniques datant de plus de dix ans dont l'origine est une discopathie C6-C7, qu'il avait été retenu, selon le certificat du 11 juin 2024 établi peu de temps après la décision attaquée, l'indication d'une option thérapeutique invasive consistant en la mise en place d'un système de neurostimulateur médullaire, et qu'il faisait l'objet d'un suivi psychologique en raison d'un trouble dépressif sévère depuis décembre 2021, avec selon le requérant des idées suicidaires plus fréquentes pendant les périodes d'exacerbation de ses douleurs chroniques. Toutefois, les informations portées dans les pièces médicales ainsi produites par M. B, qui ont été établies postérieurement à la décision litigieuse, ainsi que les autres pièces du dossier ne suffisent pas à remettre en cause l'appréciation portée par la préfète du Rhône au vu de l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration quant au fait qu'à la date de la décision attaquée, date à laquelle la légalité de ce refus doit être appréciée, le défaut de prise en charge ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, et notamment ne suffisent pas à constater l'existence d'une aggravation significative de l'état de santé du requérant depuis l'avis du collège de médecins de nature à révéler qu'à la date de la cette décision un défaut de prise en charge était susceptible d'entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité pour M. B. Il n'apparaît pas ainsi au regard de ces éléments ni que cette décision de refus méconnaitrait les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni qu'elle serait entachée d'erreur d'appréciation au regard de ces dispositions.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".

7. Il ressort des pièces du dossier que de M. B, entré irrégulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu irrégulièrement alors qu'il a fait l'objet, d'une part, d'un refus d'octroi du statut de réfugié et du bénéfice de la protection subsidiaire le 15 octobre 2020 par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, puis par la Cour nationale du droit d'asile le 13 janvier 2021, et d'autre part, d'une décision du 22 septembre 2021 par laquelle le préfet du Rhône l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de départ volontaire de 30 jours et a fixé le pays de destination. Par ailleurs, l'intéressé, célibataire, sans charge de famille, a vécu la majeure partie de son existence dans son pays d'origine, où vivent toujours ses parents. En outre, M. B ne justifie d'aucune intégration particulière sur le territoire français. Dans ces circonstances, eu égard aux conditions de son séjour en France, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision en litige aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écartés.

8. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la préfète du Rhône aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette décision de refus sur la situation de M. B, particulièrement au regard de son état de santé

En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant à trente jours le délai de départ volontaire :

9. En premier lieu, il résulte des motifs retenus précédemment que le requérant n'est pas fondé à soutenir que les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant à trente jours le délai de départ volontaire seraient privées de base légale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour.

10. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 6 du présent jugement, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée méconnaîtrait son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

11. En troisième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

12. En dernier lieu, compte tenu de ce qui a été exposé précédemment, la préfète du Rhône n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation, au regard particulièrement de l'état de santé de M. B, en prononçant les décisions contestées.

En ce qui concerne la décision fixant à trente jours le délai de départ volontaire :

13. M. B n'ayant pas démontré l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire prises à son encontre, le moyen tiré de cette illégalité soulevé à l'encontre de la décision fixant le délai de départ volontaire à trente jours est écarté.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

14. En l'absence d'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire, le moyen tiré de cette illégalité et soulevé, par voie d'exception, à l'encontre de la décision fixant le pays de destination doit être écarté.

15. Par ailleurs, et à supposer que le requérant doit être regardé comme ayant entendu aussi invoquer la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales à l'encontre de la décision fixant le pays de destination, le requérant, dont la demande d'asile a été rejetée par l'Office français de l'immigration et de l'intégration, par une décision du 15 octobre 2020 puis par la Cour nationale du droit d'asile le 13 janvier 2021, ne produit aucun élément de nature à établir qu'il serait personnellement exposé, en cas de retour en Arménie, à des traitements inhumains et dégradants au sens des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et ne justifie pas qu'il ne pourrait pas bénéficier d'un traitement approprié à son état de santé en Arménie tel que cela a été précédemment exposé. Par suite, la décision fixant le pays de destination ne méconnait pas les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de vingt-quatre mois :

16. En premier lieu, la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de vingt-quatre mois vise les textes dont la préfète du Rhône a fait application, notamment les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile applicables au requérant et précise les éléments qui ont conduit la préfète du Rhône à prendre cette mesure. Dans ces conditions, la décision attaquée comporte l'énoncé des éléments de droit et de fait qui en constituent son fondement. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit, par suite, être écarté.

17. Aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français./Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".

18. S'il n'est pas établi que le requérant constitue une menace à l'ordre public, toutefois, M. B a fait l'objet le 22 septembre 2021 d'une obligation de quitter le territoire, s'est maintenu plusieurs années irrégulièrement sur le territoire français, et ne justifie pas d'attaches intenses et stables en France comme exposés précédemment. Dans ces conditions, compte tenu de l'ensemble de ces éléments et alors que l'autorité administrative n'était pas tenue de mentionner formellement dans sa décision l'ensemble des critères énumérés au premier alinéa de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la préfète n'a pas méconnu les dispositions rappelées au point précédent en prononçant à l'encontre du requérant une interdiction de retour de vingt-quatre mois et n'a pas commis d'erreur d'appréciation concernant tant le principe de cette mesure d'interdiction de retour que sa durée. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation concernant sa situation personnelle, notamment au regard de son état de santé.

19. Il résulte de tout ce qui précède, que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles tendant à l'application dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à la préfète du Rhône et à Me Vernet.

Délibéré après l'audience 1er avril 2025, à laquelle siégeaient :

M. Segado, président,

Mme Bardad, première conseillère,

Mme Boulay, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 avril 2025.

Le président-rapporteur,

J. Segado

L'assesseure la plus ancienne,

N. BardadLa greffière,

F. Abdillah

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Une greffière,

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