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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2411157

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2411157

jeudi 3 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2411157
TypeDécision
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantIMBERT MINNI

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lyon a rejeté la requête de M. B, ressortissant congolais, qui contestait le refus de renouvellement de son titre de séjour étudiant, l'obligation de quitter le territoire et la fixation du pays de destination. Le tribunal a estimé que le refus était suffisamment motivé et que la préfète du Rhône n'avait pas commis d'erreur d'appréciation en application de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en raison du manque de sérieux des études de l'intéressé (échecs aux examens et absence de validation de semestre). La décision d'éloignement n'a pas non plus été jugée entachée d'erreur manifeste d'appréciation, compte tenu de la faible durée du séjour en France et des attaches conservées au Congo.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 7 novembre 2024 et 28 novembre 2024, M. A C B, représenté par Me Imbert Minni, demande au tribunal :

1°) d'annuler les décisions du 14 juin 2024 par lesquelles la préfète du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard.

Il soutient que :

- le refus de titre de séjour attaqué n'est pas motivé ;

- la préfète a commis une erreur d'appréciation en refusant de renouveler son titre de séjour portant la mention " étudiant " puisqu'il remplit les conditions fixées par l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation puisqu'il a tissé des liens en France, où réside une partie de sa famille.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 mars 2025, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par décision du bureau d'aide juridictionnelle du 4 octobre 2024, M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de Mme Chapard, rapporteure, a été entendu au cours de l'audience publique à laquelle les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant congolais (République du Congo) né le 21 août 2001, est entré en France le 31 octobre 2022 muni d'un visa de long séjour portant la mention " étudiant ". Il a saisi la préfète du Rhône, le 27 septembre 2023, d'une demande de renouvellement de son titre de séjour sur le fondement de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par des décisions du 14 juin 2024, la préfète a refusé de faire droit à cette demande de renouvellement, lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé, le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office. M. B demande l'annulation de cette décision.

2. En premier lieu, le refus de titre de séjour en litige comporte l'énoncé des éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par ailleurs, la préfète n'était pas tenue de mentionner l'ensemble de la situation de l'intéressé. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait insuffisamment motivée doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "étudiant" d'une durée inférieure ou égale à un an. " Pour l'application de ces dispositions, il appartient à l'administration, saisie d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour présentée en qualité d'étudiant, d'apprécier, sous le contrôle du juge, la réalité et le sérieux des études poursuivies. Le renouvellement du titre suppose que les études soient suffisamment sérieuses pour qu'elles puissent être regardées comme constituant l'objet principal du séjour, établissant une progression significative dans leur poursuite et leur caractère cohérent.

4. Il ressort des pièces du dossier que M. B est entré en France le 31 octobre 2022 pour y suivre des études dans l'enseignement supérieur. Il s'est inscrit, pour l'année 2022-2023, en première année de brevet de technicien supérieur en diététique, mais n'a pas réussi à valider cette année, obtenant une moyenne de 5,8/20. Il s'est ensuite inscrit en première année de licence " mathématiques informatique accès santé ", mais n'a pu valider le premier semestre, ni aucune des unités d'enseignement qui le composent, obtenant une moyenne de 6,95/20. Dans ces conditions, et quand bien même il disposerait de moyens d'existence suffisants grâce à des missions réalisées en intérim, la préfète n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées du premier alinéa de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en estimant que le requérant ne pouvait être considéré comme poursuivant ses études avec sérieux.

5. En dernier lieu, compte-tenu de la faible durée de son séjour en France, du fait qu'il ne démontre pas avoir tissé sur le territoire des liens d'une particulière intensité et du fait qu'il a nécessairement des attaches dans son pays d'origine, où il a vécu jusqu'en octobre 2022, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle.

6. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions de la préfète du Rhône du 14 juin 2024.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C B et à la préfète du Rhône.

Délibéré après l'audience du 20 mars 2025, à laquelle siégeaient :

- M. Jean-Pascal Chenevey, président,

- Mme Marine Flechet, première conseillère,

- Mme Marie Chapard, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 avril 2025.

La rapporteure,

M. Chapard

Le président,

J.-P. Chenevey

La greffière,

G. Reynaud

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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