lundi 2 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2411458 |
| Type | Ordonnance |
| Avocat requérant | BENABDESSADOK |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 novembre 2024, M. B A, représenté par Me Benabdessadok, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 8 mars 2024 par laquelle le directeur académique des services de l'éducation nationale du Rhône a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de sa maladie ;
2°) d'enjoindre à la direction des services départementaux de l'éducation nationale de reconnaître l'imputabilité au service de sa maladie et de lui accorder le bénéfice du congé pour invalidité temporaire imputable au service (CITIS), puis de régulariser sa situation administrative dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie ; il est placé dans une situation de précarité financière ; les ressources de son foyer ne permettent pas de couvrir leurs charges, s'agissant d'une famille avec un enfant en bas âge ;
- sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige les moyens suivants :
* le médecin du travail n'a pas été mis en mesure de présenter ses observations écrites ou d'assister à titre consultatif à la réunion du conseil médical ;
* le conseil médical n'a pas déterminé le taux d'incapacité permanente partielle (IPP), s'étant contenté d'indiquer qu'il était inférieur à 25% ;
* le bénéfice du CITIS doit lui être reconnu, dès lors d'une part que le lien entre son état de santé et le travail a été constaté, d'autre part qu'un taux d'IPP de 25% doit être considéré comme atteint, s'agissant d'une dépression sévère.
Vu les autres pièces du dossier et la requête enregistrée le 14 juin 2024 sous le n° 2406003 par laquelle M. A demande l'annulation de l'arrêté du 8 mars 2024 litigieux.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le décret n° 86-442 du décret du 14 mars 1982 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Besse, président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, professeur des écoles, a été placé en congé maladie à compter du 1er septembre 2021. Par une décision du 8 mars 2024, prise après avis rendu le 22 février 2024 par le conseil médical en formation plénière, le directeur académique des services de l'éducation nationale du Rhône a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de sa maladie, au motif que, si sa pathologie était en lien avec le service, il présentait un taux d'incapacité permanente partielle inférieur à 25 %. M. A demande au juge des référés de suspendre l'exécution de cet arrêté.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
3. En l'état de l'instruction, les moyens susvisés soulevés par le requérant ne sont manifestement pas de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en date du 8 mars 2024 attaquée.
4. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner si la condition d'urgence est remplie, il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête de M. A.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Copie en sera adressée au recteur de l'académie de Lyon.
Fait à Lyon, le 2 décembre 2024.
Le juge des référés,
T. Besse
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
N°2411458