lundi 9 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2411981 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | GRAUZAM - ELBAZ - SAMAMA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 décembre 2024, la société Mydev, représentée par Me Grauzam, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 27 mai 2024 par laquelle la préfète du Rhône a, suite au recours administratif préalable obligatoire formé contre la décision du 30 janvier 2024, prononcé l'obligation de rembourser la somme de 547 782,85 euros, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que l'obligation de verser au Trésor public la somme demandée prononcée à son encontre par la décision litigieuse a des conséquences importantes sur sa situation financière ; elle ne peut pas faire face au remboursement demandé au regard de ses revenus et de ses charges, en outre, les formateurs indépendants ayant un contrat avec elle vont se retrouver dans une situation de précarité financière ; le Trésor Public a engagé des démarches pour recouvrer la somme en émettant des avis de recouvrement et des saisies administratives à tiers détenteurs ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision dès lors que :
* la décision est entachée de plusieurs vices de formes en indiquant que le remboursement doit intervenir pendant la période contradictoire, que la préfète de Région agissant par ses délégataires ne pouvait proposer à elle-même une sanction et qu'elle est datée du 27 mai alors qu'elle a été notifiée le 23 mai ; qu'elle n'est pas motivée ;
* la décision de notification est signée par une personne n'ayant pas délégation ;
* les formations de la société tendant à la délivrance des certifications " Pipplet Flex ", " Management d'équipes " et " PCIE " inscrites au répertoire spécifique étaient éligibles au compte personnel de formation ;
* elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que le fait de ne pas avoir fourni les résultats des évaluations en cours de formation des candidats ni leurs dossiers professionnels ne pouvait conduire à demander le remboursement des prestations correspondant aux formations tendant à la délivrance de titre professionnels inscrits au répertoire national des certifications professionnelles, lesquelles étaient en conséquence éligibles au compte personnel de formation.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 23 juillet 2024 sous le n° 2407251 par laquelle la société Mydev demande l'annulation de la décision attaquée ;
- l'ordonnance n°2407252 du juge des référés du tribunal administratif de Lyon du 25 juillet 2024.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Rizzato, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. En l'état de l'instruction, aucun des moyens soulevés par la société Mydev analysés ci-dessus, et tous déjà examinés par le juge des référés dans son ordonnance n° 2407252 susvisée, n'est propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision du 27 mai 2024. La demande de suspension de l'exécution de cette décision est dès lors manifestement mal fondée. Par suite et sans qu'il soit besoin d'examiner si la condition d'urgence posée à l'article L. 521-1 du code de justice administrative est satisfaite, la requête de la société Mydev doit être rejetée dans toutes ses conclusions selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du même code.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société Mydev est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée la société Mydev.
Fait à Lyon, le 9 décembre 2024.
La juge des référés,
C. Rizzato
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Conseil d'État — N° 515333
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de Mme A..., magistrate, qui demandait le report et l'encadrement de ses auditions par l'inspection générale de la justice (IGJ) dans le cadre d'une enquête administrative. La requérante invoquait une atteinte grave à ses droits de la défense, à sa dignité et à l'indépendance juridictionnelle. Le juge a estimé que l'audition prévue du 4 au 7 mai 2026, qui ne préjugeait pas de l'issue de l'enquête ni d'éventuelles poursuites disciplinaires, n'était pas susceptible de porter une atteinte manifestement disproportionnée à ses droits. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la condition d'urgence n'étant pas retenue comme caractérisant une illégalité grave.
03/05/2026
Conseil d'État — N° 509298
Le Conseil d'État rejette la requête de M. A... pour défaut d'intérêt à agir, les circonstances invoquées (qualité de citoyen, d'usager ou de professionnel) n'étant pas suffisamment directes et certaines pour contester la nomination du président du conseil d'administration de l'OFII. La portée de cette décision est de rappeler la rigueur du contrôle de l'intérêt à agir en matière de nominations aux emplois publics.
09/04/2026