mercredi 5 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2502157 |
| Type | Décision |
| Publication | D |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | TOMASI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 février 2025, M. D C demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 17 février 2025 par lequel le préfet de la Loire a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné en exécution de la peine d'interdiction judiciaire du territoire français prononcée à son encontre ;
3°) de mettre à la charge de l'État, à verser à son conseil, la somme de 1 000 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'il n'a pu présenter des observations préalablement à l'édiction de la décision attaquée ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Flechet en application des dispositions de l'article L. 922-2 du code de justice administrative pour exercer les pouvoirs qui lui sont conférés par les articles L. 921-1 à L. 922-3 et R. 921-1 à R. 922-28 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Flechet, magistrate désignée ;
- et les observations de Me Penin, représentant M. C, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens.
Le préfet de la Loire n'était ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant albanais né le 1er mars 2001, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 17 février 2025 par lequel le préfet de la Loire a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné en exécution de la peine d'interdiction judiciaire du territoire français prononcée à son encontre.
Sur la demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 921-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 précédemment visée.
Sur le surplus des conclusions :
3. En premier lieu, l'arrêté attaqué est signé par M. B A Floc'h qui a reçu délégation à cet effet par arrêté préfectoral du 19 juin 2023 publié le 20 juin 2023 au recueil des actes administratifs de la préfecture de la Loire accessible au juge comme aux parties. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée doit donc être écarté.
4. En deuxième lieu, la décision contestée comporte l'énoncé des considérations de droit et de faits qui en constituent le fondement. Elle est, par suite, suffisamment motivée.
5. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. C disposait d'éléments pertinents qui, s'ils avaient été portés à la connaissance de l'administration, auraient pu faire obstacle à ce que soit prise la décision fixant le pays de destination en litige. Par suite, le moyen selon lequel cette décision a été prise en méconnaissance de son droit à être entendu doit être écarté.
6. En quatrième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de la Loire n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de M. C, en particulier quant aux risques qu'il est susceptible d'encourir en cas de retour en Albanie. Le moyen tiré du défaut d'examen doit par suite être écarté.
7. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : / 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; / 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; / 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ". Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des traitements inhumains ou dégradants ".
8. Si M. C fait état de risques pour sa vie en cas de retour en Albanie, étant visé par des menaces de morts en raison d'un différend familial, il n'apporte aucun élément de nature à établir la réalité de ses dires. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. C doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions formées sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent également être rejetées.
DÉCIDE :
Article 1er : M. D C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D C et au préfet de la Loire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 mars 2025.
La magistrate désignée,
M. Flechet
La greffière,
A. Senoussi
La République mande et ordonne au préfet de la Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Lyon — N° TA69-2604297
Le Tribunal Administratif de Lyon a examiné un recours en excès de pouvoir contre un arrêté préfectoral d'obligation de quitter le territoire français (OQTF) avec interdiction de retour. Le tribunal a annulé l'arrêté du 18 février 2026, considérant que la motivation était insuffisante, notamment sur l'absence de réel examen de la situation personnelle et familiale du requérant au regard de l'article 8 de la CEDH. Les décisions ont été prises en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA).
07/04/2026
Tribunal Administratif de Lyon — N° TA69-2603734
Le Tribunal Administratif de Lyon rejette la requête de M. C... visant à annuler son obligation de quitter le territoire français (OQTF) sans délai et son interdiction de retour de dix-huit mois. Le tribunal estime que l'administration était fondée à prendre cette mesure, car le requérant reconnaît être en situation irrégulière et ne démontre pas disposer d'attaches personnelles suffisantes en France pour rendre la mesure disproportionnée. La décision s'appuie sur les articles L. 611-1, L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
03/04/2026
Tribunal Administratif de Lyon — N° TA69-2604300
Le Tribunal Administratif de Lyon a examiné un recours en excès de pouvoir contre un arrêté d'éloignement. Le requérant, un ressortissant algérien, contestait l'obligation de quitter le territoire français, la fixation du pays de destination et l'interdiction de retour de trois ans prononcées par le préfet de l'Ain. Le tribunal a annulé l'arrêté attaqué, considérant que la décision était entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une insuffisance de motivation, notamment au regard de l'examen de la situation personnelle et de l'état de santé de l'intéressé, en application des articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
03/04/2026
Tribunal Administratif de Lyon — N° TA69-2604550
Le Tribunal Administratif de Lyon a rejeté la requête de M. B..., un ressortissant soudanais, qui contestait le refus d'entrée sur le territoire français au titre de l'asile. Le tribunal a jugé que les moyens soulevés, notamment la violation présumée de la confidentialité de la procédure d'asile et les conditions de l'entretien, n'étaient pas fondés. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que sur les conventions internationales pertinentes.
03/04/2026