LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2502259

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2502259

jeudi 27 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2502259
TypeDécision
FormationELOIGNEMENT
Avocat requérantCABINET MELKIDE HOSSOU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 21 février 2025, M. A C, représenté par Me Hossou, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 6 mai 2024 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, fixé le pays de destination et prononcé à son encontre une interdiction de retour d'une durée d'un an ;

2°) d'annuler la décision du 12 février 2025 par laquelle la préfète du Rhône a prononcé son placement en rétention administrative et d'ordonner sa libération immédiate ;

3°) de condamner l'Etat au paiement de la somme de 2 000 euros en réparation du préjudice moral qu'il estime avoir subi ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'obligation de quitter le territoire français et l'interdiction de retour ne lui ont pas été notifiées ;

- il a été privé d'un droit à un recours effectif en méconnaissance de l'article 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- il n'a pas été informé de la décision défavorable prise à son encontre en méconnaissance du principe de bonne administration de la justice consacré par l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration et du principe de sécurité juridique ;

- l'arrêté attaqué est privé de base légale ;

- l'obligation de quitter le territoire méconnaît l'article 8 de de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- son placement en rétention administrative est illégal compte tenu de l'illégalité de la mesure d'éloignement ;

- il subit, du fait de cet enferment, un préjudice moral évalué à 2 000 euros.

Par un mémoire en défense enregistré, le 26 février 2025, le préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.

Il soutient que la requête est irrecevable.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative ;

La présidente du tribunal a désigné Mme Bardad en application de l'article R. 776-15 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Bardad, première conseillère, qui a informé les parties, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement est susceptible d'être fondé sur les moyens relevés d'office tirés d'une part, de l'incompétence de la juridiction administrative pour connaître de la légalité de la décision portant placement en rétention administrative et d'autre part, de l'irrecevabilité des conclusions indemnitaires ;

- les observations de Me Hossou, avocat de M. C, qui reprend les conclusions et moyens de la requête et précise que la notification de la mesure d'éloignement est irrégulière, que le requérant n'a pas été entendu avant l'édiction de la mesure d'éloignement prononcée à son encontre, que le préfet a commis une erreur d'appréciation quant la situation de M. C et que l'article 2 de la décision prévoit qu'il peut être éloigné à destination de la République Démocratique du Congo alors que M. C est géorgien ;

- les observations de M. C ;

- en présence de Mme D interprète en géorgien.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A C, ressortissant géorgien né le 16 juillet 1988, alias M. A E né le 16 juillet 1988, demande l'annulation d'une part, de l'arrêté du 6 mai 2024 par lequel le préfet d'Ille-et-Vilaine lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, fixé le pays de destination et prononcé à son encontre une interdiction de retour d'une durée d'un an et d'autre part, de la décision du 12 février 2025 par laquelle la préfète du Rhône a prononcé son placement en rétention administrative à la suite de son interpellation et de son placement en garde à vue pour des faits de vol à l'étalage et port d'arme blanche sans motif légitime, le 11 février 2025, et à la suite du mandat de recherche émis par le parquet de Nice.

Sur la fin de non-recevoir soulevée en défense :

2. D'une part, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () / 6° L'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois a méconnu les dispositions de l'article L. 5221-5 du code du travail. () ". Aux termes de l'article L. 614-1 du même code dans sa rédaction alors en vigueur : " L'étranger qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions et délais prévus au présent chapitre, demander au tribunal administratif l'annulation de cette décision, ainsi que l'annulation de la décision relative au séjour, de la décision relative au délai de départ volontaire et de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent le cas échéant. () ". Aux termes de l'article L. 614-4 de ce code, dans sa rédaction alors en vigueur, : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le tribunal administratif est saisi dans le délai de trente jours suivant la notification de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction alors en vigueur : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 1°, 2° ou 4° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quinze jours suivant la notification de la décision. ".

3. D'autre part, aux termes de l'article R. 421-5 du code de justice administrative : "Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision".

4. Il ressort des pièces du dossier et, en particulier des termes de l'arrêté du 6 mai 2024, que le préfet d'Ille-et-Vilaine a prononcé une obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, à l'encontre du requérant, sur le fondement des dispositions du 1° et du 6° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile assortie d'une interdiction de retour d'une durée d'un an. Cet arrêté a fait l'objet, le 6 mai 2024, d'une notification par voie administrative, signée par l'intéressé, mentionnant un délai de recours contentieux de 48 heures. En l'espèce, la situation de M. C relevait du champ d'application l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction alors en vigueur dès lors que l'intéressé, qui n'était en possession d'aucun document d'identité ou de voyage, ne justifiait pas d'une entrée régulière sur le territoire français. Toutefois, le délai de recours contentieux de quinze jours prévu par ces dispositions n'a pas été mentionné dans le document intitulé " Notification d'une obligation de quitter le territoire français assortie d'une interdiction de retour en France d'un an " alors même que le délai de quinze jours est indiqué dans le document " Aide au retour ". Dans ces conditions, l'absence de mention du délai de recours contentieux de quinze jours dans la notification de la mesure d'éloignement a pour effet de rendre inopposable au requérant le délai de recours contentieux. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par l'administration doit être écartée.

Sur les conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté du 6 mai 2024 :

5. En premier lieu, si les conditions dans lesquelles un acte administratif est notifié peuvent, dans l'hypothèse d'une notification irrégulière, avoir une incidence sur l'opposabilité des voies et délais de recours, elles restent en revanche sans influence sur la légalité de cet acte. Par suite, l'ensemble des moyens tirés de l'irrégularité de la notification de l'arrêté attaqué doivent, en tout état de cause, être écartés.

6. En deuxième lieu, l'expiration du délai de recours contentieux n'étant pas opposable au requérant, l'intéressé n'est pas fondé à se prévaloir de la méconnaissance de l'article 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

7. En troisième lieu, il ressort des termes de l'arrêté du 6 mai 2024 que le requérant a été entendu par les services de la gendarmerie nationale, le 6 mai 2024, avant l'édiction de l'arrêté attaqué. Lors de cette audition, il a disposé de la faculté de faire connaître, les éléments pertinents sur sa situation personnelle, familiale ou professionnelle s'opposant à ce qu'il lui soit fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et interdiction de retour pour une durée d'un an. Par suite, le moyen tiré de ce qu'il aurait été privé de son droit à être entendu, avant que ne soit prise une décision défavorable à son égard, doit être écarté dans toutes ses branches.

8. En quatrième lieu, l'arrêté attaqué, fondé notamment sur les dispositions du 1° et du 6° de l'article L. 611-1, des articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, n'est pas dépourvu de base légale.

9. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale () / ".

10. Il ressort des pièces du dossier que M. A C a présenté une demande d'asile sous l'identité de M. A E, le 15 août 2023, qui a été rejetée par l'Office français de l'immigration et de l'intégration, le 8 novembre 2024, puis par la Cour nationale du droit d'asile, le 13 janvier 2025. Par ailleurs, il ressort des termes de l'arrêté attaqué, que le requérant s'est prévalu de son mariage religieux avec Mme B F, née le 18 janvier 1987, mère d'un enfant, sans connaître l'adresse du logement au sein duquel il réside avec sa compagne. Dans le cadre de la présente instance, pour justifier de ses liens avec sa compagne, M. C produit la copie du titre de séjour et d'une attestation rédigée par Mme G, née le 21 janvier 1988, chez laquelle il résiderait depuis un an. Les déclarations et les éléments invoqués par le requérant concernent deux personnes d'identité différente. En tout état de cause, l'union alléguée à la supposer établie présente un caractère récent. Enfin, l'intéressé ne justifie d'aucune intégration particulière sur le territoire français. Compte tenu de l'ensemble de ces éléments, le préfet d'Ille-et-Vilaine n'a pas méconnu son droit au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, l'autorité administrative n'a pas davantage entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de M. C.

11. En dernier lieu, si l'article 2 de l'arrêté attaqué prévoit que M. C, ressortissant géorgien, peut être éloigné à destination de la République Démocratique du Congo, cette erreur matérielle demeure sans incidence sur la légalité de la décision fixant le pays de destination dès lors que l'arrêté mentionne que l'intéressé peut être éloigné à destination du pays dont il a la nationalité voire de tout autre pays où il est légalement admissible. Par suite, le moyen doit être écarté.

Sur les conclusions dirigées contre la décision du 12 février 2025 :

12. Aux termes de l'article L. 741-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui fait l'objet d'une décision de placement en rétention peut la contester devant le magistrat du siège du tribunal judiciaire, dans un délai de quatre jours à compter de sa notification. () ".

13. Il résulte des dispositions précitées que la juridiction administrative est incompétente pour connaître des conclusions dirigées contre la décision portant placement en rétention. Par suite, de telles conclusions et, en tout état de cause, les moyens présentés à l'encontre de cette décision, ne peuvent qu'être rejetés.

Sur les conclusions indemnitaires :

14. Aux termes de l'article R. 421- 1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. () ".

15. Le requérant n'a présenté aucune demande indemnitaire préalable devant l'administration, conformément aux dispositions précitées. Par suite, les conclusions indemnitaires sont, en tout état de cause, irrecevables et doivent être rejetées.

16. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée y compris ses conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet d'Ille-et-Vilaine.

Jugement rendu en audience publique, le 27 février 2025.

La magistrate déléguée, La greffière,

N. BARDADA. SENOUSSI

La République mande et ordonne au préfet d'Ille-et-Vilaine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA69Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Lyon — N° TA69-2604297

Le Tribunal Administratif de Lyon a examiné un recours en excès de pouvoir contre un arrêté préfectoral d'obligation de quitter le territoire français (OQTF) avec interdiction de retour. Le tribunal a annulé l'arrêté du 18 février 2026, considérant que la motivation était insuffisante, notamment sur l'absence de réel examen de la situation personnelle et familiale du requérant au regard de l'article 8 de la CEDH. Les décisions ont été prises en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA).

07/04/2026

TA69Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Lyon — N° TA69-2603734

Le Tribunal Administratif de Lyon rejette la requête de M. C... visant à annuler son obligation de quitter le territoire français (OQTF) sans délai et son interdiction de retour de dix-huit mois. Le tribunal estime que l'administration était fondée à prendre cette mesure, car le requérant reconnaît être en situation irrégulière et ne démontre pas disposer d'attaches personnelles suffisantes en France pour rendre la mesure disproportionnée. La décision s'appuie sur les articles L. 611-1, L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

03/04/2026

TA69Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Lyon — N° TA69-2604300

Le Tribunal Administratif de Lyon a examiné un recours en excès de pouvoir contre un arrêté d'éloignement. Le requérant, un ressortissant algérien, contestait l'obligation de quitter le territoire français, la fixation du pays de destination et l'interdiction de retour de trois ans prononcées par le préfet de l'Ain. Le tribunal a annulé l'arrêté attaqué, considérant que la décision était entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une insuffisance de motivation, notamment au regard de l'examen de la situation personnelle et de l'état de santé de l'intéressé, en application des articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

03/04/2026

TA69Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Lyon — N° TA69-2604550

Le Tribunal Administratif de Lyon a rejeté la requête de M. B..., un ressortissant soudanais, qui contestait le refus d'entrée sur le territoire français au titre de l'asile. Le tribunal a jugé que les moyens soulevés, notamment la violation présumée de la confidentialité de la procédure d'asile et les conditions de l'entretien, n'étaient pas fondés. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que sur les conventions internationales pertinentes.

03/04/2026

← Retour aux décisions