mardi 18 mars 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2502379 |
| Type | Décision |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | DAUBIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 25 février et 17 mars 2025, Mme C A, représentée par Me Daubié, doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 21 février 2025 par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
Elle soutient que :
- la décision attaquée méconnaît son droit à l'information dès lors qu'elle ignorait les démarches administratives à accomplir ;
- sa vulnérabilité n'a pas été prise en compte.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 mars 2025, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.
Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a délégué les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à Mme Jeannot, première conseillère.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jeannot, magistrate désignée,
- les observations de Me Daubié, représentant Mme A, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens ; elle précise que Mme A dispose d'un motif légitime pour n'avoir pas présenté sa demande d'asile dans le délai de 90 jours compte tenu de son isolement et de son absence de prise en charge par une structure adaptée ; elle précise que Mme A craint pour sa vie en cas de retour au Bénin et qu'elle a fait l'objet d'un mariage forcé ;
- et celles de Mme A, assistée de Mme B, interprète en langue fon par téléphone, qui indique que personne ne l'a aidé lors de son arrivée en France, qu'une personne l'aide désormais dans ses démarches administratives et qu'elle souhaite poursuivre des études.
L'Office français de l'immigration et de l'intégration n'était ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à 10 h 50.
Considérant ce qui suit :
1. Ressortissante béninoise née le 20 septembre 1999, Mme A demande l'annulation de la décision du 21 février 2025 par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 551-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le demandeur est informé, dans une langue qu'il comprend ou dont il est raisonnable de penser qu'il la comprend, que le bénéfice des conditions matérielles d'accueil peut lui être refusé ou qu'il peut y être mis fin dans les conditions et selon les modalités prévues aux articles L. 551-15 et L. 551-16. ". Et aux termes de l'article R. 551-23 du même code : " Les modalités de refus ou de réouverture des conditions matérielles d'accueil sont précisées par l'Office français de l'immigration et de l'intégration lors de l'offre de prise en charge dans une langue que le demandeur d'asile comprend ou dont il est raisonnable de penser qu'il la comprend. ".
3. Il ressort des pièces du dossier, et en particulier de la fiche d'évaluation de vulnérabilité que Mme A a signée le 21 février 2025, que la requérante a fait l'objet d'un entretien de vulnérabilité ce même jour, lors duquel elle a été informée des conditions et des modalités de refus et de cessation des conditions matérielles d'accueil et a ainsi été régulièrement informée des possibilités de refus de ces prestations, conformément aux articles L. 551-10 et R. 551-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Si la requérante fait valoir qu'elle n'a pas sollicité l'asile dans le délai de 90 jours en raison de son ignorance des démarches administratives à effectuer, elle ne justifie toutefois pas avoir entrepris au cours des trois mois qui ont suivi son arrivée sur le territoire national la moindre démarche pour se renseigner, ou s'être heurtée à des obstacles l'ayant empêchée de connaître la procédure à suivre pour présenter sa demande d'asile. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de son droit à l'information doit être écarté.
4. En second lieu, aux termes de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil sont refusées, totalement ou partiellement, au demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : / () / 4° Il n'a pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans le délai prévu au 3° de l'article L. 531-27. / () / La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. / Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur ". Et aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " L'évaluation de la vulnérabilité vise, en particulier, à identifier les mineurs, les mineurs non accompagnés, les personnes en situation de handicap, les personnes âgées, les femmes enceintes, les parents isolés accompagnés d'enfants mineurs, les victimes de la traite des êtres humains, les personnes atteintes de maladies graves, les personnes souffrant de troubles mentaux et les personnes qui ont subi des tortures, des viols ou d'autres formes graves de violence psychologique, physique ou sexuelle, telles que des mutilations sexuelles féminines. ".
5. Pour refuser le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à Mme A, l'Office français de l'intégration et de l'immigration s'est fondé sur la circonstance que la demande d'asile, présentée le 21 février 2025 par la requérante, a été enregistrée plus de quatre-vingt-dix jours après l'entrée en France de cette dernière. Il est constant que Mme A est entrée en France le 8 juillet 2024. La requérante n'établit pas qu'elle aurait été empêchée de déposer une demande d'asile dans les quatre-vingt-dix jours suivant son arrivée, la circonstance, dont elle se prévaut, de son ignorance des procédures n'étant pas de nature à être regardée comme un motif légitime au sens des dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par ailleurs, si la requérante fait valoir que la décision en litige la place dans une situation de particulière vulnérabilité en la privant de tout hébergement, il ressort des pièces du dossier et, notamment de l'entretien de vulnérabilité, qui n'a mis en évidence aucun facteur particulier de vulnérabilité, que Mme A n'a fait état d'aucun problème de santé. Elle ne produit en outre aucun élément justifiant qu'elle se trouvait, à la date de la décision attaquée, dans un état particulier de vulnérabilité. Enfin, si elle ne dispose pas d'un hébergement stable, il ressort des pièces du dossier que la requérante est " par moment " hébergée par un tiers. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
6. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de Mme A doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et à l'Office français de l'intégration et de l'immigration.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 mars 2025.
La magistrate désignée,
F. Jeannot
La greffière
A. Senoussi
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier.
Tribunal Administratif de Lyon — N° TA69-2604297
Le Tribunal Administratif de Lyon a examiné un recours en excès de pouvoir contre un arrêté préfectoral d'obligation de quitter le territoire français (OQTF) avec interdiction de retour. Le tribunal a annulé l'arrêté du 18 février 2026, considérant que la motivation était insuffisante, notamment sur l'absence de réel examen de la situation personnelle et familiale du requérant au regard de l'article 8 de la CEDH. Les décisions ont été prises en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA).
07/04/2026
Tribunal Administratif de Lyon — N° TA69-2603734
Le Tribunal Administratif de Lyon rejette la requête de M. C... visant à annuler son obligation de quitter le territoire français (OQTF) sans délai et son interdiction de retour de dix-huit mois. Le tribunal estime que l'administration était fondée à prendre cette mesure, car le requérant reconnaît être en situation irrégulière et ne démontre pas disposer d'attaches personnelles suffisantes en France pour rendre la mesure disproportionnée. La décision s'appuie sur les articles L. 611-1, L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
03/04/2026
Tribunal Administratif de Lyon — N° TA69-2604300
Le Tribunal Administratif de Lyon a examiné un recours en excès de pouvoir contre un arrêté d'éloignement. Le requérant, un ressortissant algérien, contestait l'obligation de quitter le territoire français, la fixation du pays de destination et l'interdiction de retour de trois ans prononcées par le préfet de l'Ain. Le tribunal a annulé l'arrêté attaqué, considérant que la décision était entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une insuffisance de motivation, notamment au regard de l'examen de la situation personnelle et de l'état de santé de l'intéressé, en application des articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
03/04/2026
Tribunal Administratif de Lyon — N° TA69-2604550
Le Tribunal Administratif de Lyon a rejeté la requête de M. B..., un ressortissant soudanais, qui contestait le refus d'entrée sur le territoire français au titre de l'asile. Le tribunal a jugé que les moyens soulevés, notamment la violation présumée de la confidentialité de la procédure d'asile et les conditions de l'entretien, n'étaient pas fondés. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que sur les conventions internationales pertinentes.
03/04/2026