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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2502576

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2502576

mardi 25 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2502576
TypeDécision
PublicationD
FormationELOIGNEMENT
Avocat requérantGUERAULT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 28 février et 20 mars 2025 M. B A, représenté par Me Guérault, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler la décision du 26 février 2025 par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a totalement refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;

3°) d'enjoindre à l'OFII de rétablir à son profit le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à compter du 26 février 2025 dans un délai de sept jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard.

4°) de mettre à la charge de l'OFII le versement à son conseil de la somme de 1 300 euros HT outre les intérêts au taux légal, sur le fondement des dispositions des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- sa requête est recevable ;

- la décision de l'OFPRA rejetant sa demande d'asile lui a été notifiée le 29 août 2023 ; si sa demande d'aide juridictionnelle en vue de former un recours devant la CNDA a été définitivement rejetée le 29 février 2024 pour tardiveté, c'est en raison du dysfonctionnement du système de transmission des télécopies de la structure d'accueil qui l'assiste dans ses démarches ;

- il ne dispose plus de ressources financières et vit de la solidarité et des aides d'urgence ;

- la décision attaquée méconnaît les dispositions des articles L.551-15 et D. 551-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il justifie d'une grande vulnérabilité ;

- la circonstance, invoquée par l'OFII, que par une décision du 18 mars 2025, l'OFPRA a rejeté sa demande de premier réexamen comme étant irrecevable est sans effet sur la légalité ou l'illégalité de la décision contestée.

Par des mémoires en défense enregistrés le 20 et 21 mars 2025, le directeur général de l'OFII conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la requête est irrecevable dès lors qu'elle ne contient l'exposé d'aucun moyen et n'est pas assortie de précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé ;

- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Viallet, première conseillère, pour statuer sur les litiges relatifs aux décisions qui refusent au demandeur d'asile le bénéfice des conditions matérielles d'accueil.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Viallet, magistrate désignée ;

- les observations de Me Guérault, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens ;

- et les observations de M. A, assisté de Mme C, interprète en langue lingala.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Par sa requête, M. A, ressortissant congolais né le 18 octobre 1981 demande au tribunal d'annuler la décision du 26 février 2025 par laquelle le directeur territorial de l'OFII lui a totalement refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil.

Sur l'admission à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

3. Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. A, il y a lieu de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. Aux termes de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil sont refusées, totalement ou partiellement, au demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : () 3° Il présente une demande de réexamen de sa demande d'asile ; La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. " Aux termes de l'article D.551-17 de ce code : La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application de l'article L. 551-15 est écrite et motivée. Elle prend en compte la situation particulière et la vulnérabilité de la personne concernée. Elle prend effet à compter de sa signature. Et aux termes de l' article L.531-41 de ce code : " Constitue une demande de réexamen une demande d'asile présentée après qu'une décision définitive a été prise sur une demande antérieure. () "

5. Il ressort des pièces du dossier et il est constant que M. A a déposé en France une demande d'asile définitivement rejetée par une décision de l'OFPRA du 25 août 2023, puis a déposé une demande de réexamen de sa demande d'asile le 25 février 2025. A cet égard, la circonstance qu'il n'a pas pu former un recours devant la CNDA du fait de la tardiveté du dépôt de sa demande d'aide juridictionnelle liée à un dysfonctionnement du système de transmission des télécopies de sa structure d'accueil demeure sans incidence. Par ailleurs, si M. A a fait état, lors de l'entretien de vulnérabilité mené par l'OFII le 26 février 2025, d'un besoin de suivi psychologique et précise à l'instance que ce besoin est lié aux sévices subis dans son pays d'origine exposés dans son récit de demandeur d'asile, il n'apporte aucun élément, notamment d'ordre médical, permettant d'établir la vulnérabilité dont il se prévaut. Dans ces conditions, c'est sans méconnaître les dispositions précitées des articles L.551-15 et D. 551-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni commettre d'erreur manifeste d'appréciation que l'OFII a décidé de refuser à M. A le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par suite ces moyens doivent être écartés.

6. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense, que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 26 février 2025 doivent être rejetées.

DECIDE:

Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et à Me Guérault.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 mars 2025.

La magistrate désignée,

M-L. Viallet

La greffière

A. Senoussi

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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