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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2503154

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2503154

mardi 18 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2503154
TypeDécision
PublicationD
FormationELOIGNEMENT
Avocat requérantMOREL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 mars 2025, M. B A, retenu au centre de rétention administrative de Lyon Saint-Exupéry, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'ordonner, avant-dire droit, la mise à disposition de son dossier par la préfecture ;

3°) d'annuler l'arrêté du 12 mars 2025 par lequel la préfète de l'Ain l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser à son conseil, sous réserve qu'il renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;

- il est insuffisamment motivé ;

- il est entaché d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation dès lors qu'il n'indique pas qu'il disposait d'un passeport en cours de validité et de justificatifs de domicile et que sa conjointe et lui-même ont sollicité un rendez-vous aux fins de déposer une demande de titre de séjour auprès des services préfectoraux ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée de plusieurs erreurs de fait ;

- elle est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation sur les conséquences d'un éloignement sur sa situation ;

- la décision de le priver d'un délai de départ volontaire est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnait les dispositions des articles L. 612-1 à L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au regard de l'absence de menace pour l'ordre public et de risque de soustraction ;

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pendant trois ans est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation sur son caractère proportionné.

La préfète de l'Ain a produit des pièces, enregistrées les 17 et 18 mars 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme de Tonnac, conseillère, pour statuer en application des dispositions des articles L. 921-1 à L. 922-3 et R. 921-1 à R. 922-28 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme de Tonnac ;

- les observations de Me Morel, avocate de permanence, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins que dans la requête, par les mêmes moyens, déclare renoncer au moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte et introduit un nouveau moyen tiré des erreurs de fait dont la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire est entachée, dès lors que la préfecture n'a pas pris en compte que le requérant disposait d'un passeport et de justificatifs de domicile et que sa compagne avait sollicité un rendez-vous en vue de déposer une demande de titre de séjour auprès de la préfecture du Rhône ;

-les observations de M. A ;

- et les observations de Me Tomasi, représentant la préfète de l'Ain, qui conclut au rejet de la requête et soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant albanais né le 8 août 1994, a été contrôlé par les agents de la police aux frontières le 12 mars 2025 et placé en retenue administrative aux fins de vérification de son droit au séjour et de circulation. Par des décisions du 12 mars 2025, dont le requérant demande au tribunal de prononcer l'annulation, la préfète de l'Ain l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire national d'une durée de trois ans.

Sur la demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Selon les termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ".

3. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 921-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire sur le fondement des dispositions citées au point précédent.

Sur la demande de communication du dossier par l'administration :

4. Selon les termes de l'article L. 5 du code de justice administrative : " L'instruction des affaires est contradictoire. Les exigences de la contradiction sont adaptées à celles de l'urgence () ". Et aux termes de l'article L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger peut demander () au magistrat désigné () la communication du dossier contenant les pièces sur la base desquelles la décision contestée a été prise. ".

5. La préfète de l'Ain ayant produit, le 17 mars 2025, les pièces relatives à la situation administrative de M. A, l'affaire est en état d'être jugée et le principe du contradictoire a été respecté. Il n'apparaît donc pas nécessaire, dans les circonstances de l'espèce, d'ordonner avant-dire droit la communication de l'entier dossier du requérant détenu par l'administration.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'arrêté attaqué dans son ensemble :

6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. () ". Enfin, selon les termes de l'article L. 613-2 du même code : " Les décisions relatives au refus () du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 () et les décisions d'interdiction de retour () prévues aux articles L. 612-6, () sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées ".

7. En l'espèce, l'arrêté contesté vise les textes dont il fait application, en particulier les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions utiles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et expose les circonstances de fait propres à la situation personnelle de M. A sur lesquelles la préfète de l'Ain s'est fondée pour l'obliger à quitter le territoire français, refuser de lui accorder un délai de départ volontaire, fixer le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et prononcer à son encontre, tant dans son principe que dans sa durée, une interdiction de retour sur le territoire national. Par suite, cet arrêté est suffisamment motivé au regard des dispositions citées au point précédent.

8. En second lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté contesté, ni d'aucune autre pièce du dossier que la préfète de l'Ain n'aurait pas procédé à un examen sérieux et particulier de la situation personnelle de M. A, notamment au regard des dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. À cet égard, si le requérant fait grief à l'autorité préfectorale de ne pas avoir indiqué qu'il disposait d'un passeport en cours de validité et de justificatifs de domicile et que sa conjointe et lui-même avaient sollicité des rendez-vous auprès de la préfecture du Rhône en vue de déposer des premières demandes de titre de séjour sur le fondement de l'admission exceptionnelle au séjour, la préfète de l'Ain n'était pas tenue de faire état, dans la motivation de l'arrêté attaqué, de l'ensemble des éléments portés à sa connaissance par le requérant. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

9. En premier lieu, en vertu des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Par ailleurs, selon les termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français () est édictée après vérification du droit au séjour, en tenant notamment compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et des considérations humanitaires pouvant justifier un tel droit. () ".

10. En l'espèce, M. A se prévaut, d'une part, de ses attaches familiales en France, où il est entré en 2011 alors qu'il était âgé de 17 ans, et où résident sa compagne, qui a sollicité un rendez-vous auprès des services préfectoraux le 15 septembre 2022 en vue de déposer une demande de titre de séjour, ainsi que sa mère qui a conclu un pacte civil de solidarité avec un ressortissant français et sa sœur, titulaire d'une carte de séjour en cours de validité, alors qu'il serait dépourvu d'attaches en Albanie où vit son père avec lequel il n'entretient plus de relations et, d'autre part, de son insertion professionnelle sur le territoire français, où il a conclu un contrat à durée indéterminée avec la société Innovia, en qualité de chauffeur, depuis le 2 mai 2024. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. A a quitté le territoire français en 2017 pour retourner en Albanie, après avoir fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français assortie d'une interdiction de retour sur le territoire d'une durée de deux ans, et qu'il est revenu en octobre 2020 sur le territoire national pour solliciter le bénéfice de l'asile, qui lui a été refusé par une décision devenu définitive le 2 novembre 2022. Depuis cette date, M. A est en situation irrégulière, même s'il justifie avoir sollicité le 8 juin 2023 un rendez-vous auprès des services de la préfecture du Rhône pour déposer une demande de titre de séjour et qu'il allègue que sa demande n'aurait pas été suivie d'effet. En outre, sa compagne, également ressortissante albanaise, avec laquelle il vit en concubinage depuis le 1er décembre 2024, ainsi qu'il ressort du contrat de bail versé au débat, est également en situation irrégulière sur le territoire français. Si l'intéressé démontre qu'il travaille depuis le 2 mai 2024, cette circonstance ne suffit pas à établir une insertion professionnelle et sociale d'une intensité telle qu'elle ferait obstacle à l'édiction de la mesure d'éloignement contestée. Dans ces conditions, et alors que la présence régulière en France de sa sœur, de sa mère et d'autres membres de sa famille ne constituent pas des éléments susceptibles de démontrer que le centre de ses attaches familiales se trouveraient désormais en France, où il réside depuis moins de 5 ans à la date de la décision attaquée, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes raisons, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences d'un éloignement sur sa situation personnelle, doit également être écarté.

11. En troisième lieu, l'ensemble des erreurs de fait dont M. A se prévaut à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français concernent la décision portant refus d'octroyer un délai de départ volontaire et ne peuvent donc être utilement invoqués pour contester la légalité de la décision portant obligation le quitter le territoire français. Ce moyen doit donc être écarté.

En ce qui concerne la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :

12. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision ". Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; /() / 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5 ".

13. Pour refuser à M. A l'octroi du délai de départ volontaire prévu à l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité, l'autorité préfectorale s'est fondée, d'une part, sur le fait que M. A, condamné le 9 décembre 2016 à un an d'emprisonnement et à trois ans d'interdiction judiciaire du territoire français par le tribunal correctionnel de Lyon pour des faits de trafic de stupéfiants et " connu des forces de l'ordre pour des faits de conduite sans assurance commis en novembre 2017 et en mai 2024 et pour des faits de proxénétisme aggravé commis en décembre 2023 ", constitue une menace pour l'ordre public, notamment du fait de sa condamnation et de son incarcération.

14. Toutefois, M. A fait valoir, sans être contredit, qu'il n'a pas été mis en cause dans les faits de proxénétisme relevés en qualité d'auteur mais qu'il a seulement été entendu en qualité de témoin, alors qu'il travaillait dans l'établissement où ces faits se seraient déroulés. La préfecture, en se bornant à mentionner que M. A est " connu des forces de l'ordre " pour des faits de proxénétisme aggravé, sans apporter au cours de l'audience de précision sur la nature de son implication dans de tels faits ni leur suite éventuelle, et à produire, au soutien de ces allégations, l'extrait du fichier automatisé des empreintes digitales de l'intéressé portant la mention d'une signalisation du requérant pour de tels faits le 14 janvier 2020, n'a pas apporté d'éléments suffisants à établir la matérialité des faits qui lui sont reprochés. En outre, la condamnation dont a fait l'objet M. A, le 9 décembre 2016, présente un caractère ancien, datant de plus de 8 ans à la date de la décision attaquée, et un caractère isolé. Ainsi, elle ne peut suffire à caractériser la gravité et l'actualité de la menace pour l'ordre public. Enfin, la mise en cause de M. A à deux reprises pour des faits de conduite sans assurance, dont seule la plus récente figure sur le traitement des antécédents judiciaires de l'intéressé, espacées dans le temps de sept années, ne revêt pas le critère de gravité suffisant pour caractériser une menace pour l'ordre public, justifiant que le délai de départ volontaire soit refusé.

15. La préfète de l'Ain s'est fondée, d'autre part, sur le risque que M. A se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet, aux motifs qu'il est entré irrégulièrement en France, qu'il est dépourvu de justificatif de domicile et de document de voyage et qu'il aurait explicitement déclaré ne pas vouloir regagner l'Albanie. Toutefois, il ressort du procès-verbal de l'audition réalisée par les services de police le 12 mars 2025 que M. A, qui s'est borné à faire valoir, au titre d'observations générales sur sa situation personnelle, qu'il souhaitait rester en France, n'a pas explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français, alors qu'il avait par ailleurs exécuté la précédente obligation de quitter le territoire français dont il avait fait l'objet. En outre, il a indiqué avoir sollicité le bénéfice de l'asile à son arrivée en France et avoir effectué des démarches en vue de l'obtention d'un titre de séjour. Enfin, M. A, qui a indiqué lors de cette audition l'adresse de son domicile et fait valoir qu'il disposait d'un passeport en cours de validité à son domicile, produit son contrat de bail, pour un logement qu'il loue avec sa conjointe depuis décembre 2024 ainsi que son passeport. Par suite, M. A est fondé à soutenir que la préfète de l'Ain a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation au regard de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et à en demander l'annulation, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens soulevés à l'encontre de cette décision.

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

16. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ".

17. En l'espèce, dès lors que la décision privant l'intéressé d'un délai de départ volontaire est annulée, l'interdiction de retour sur le territoire français doit être annulée par voie de conséquence de cette annulation.

18. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. A est seulement fondé à demander l'annulation des décisions du 12 mars 2025 par lesquelles la préfète de l'Ain a refusé de lui octroyer un délai de départ volontaire et lui a interdit de revenir sur le territoire français pendant une durée de trois ans.

Sur les frais de l'instance :

19. M. A a été admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État une somme à verser au conseil de M. A.

D E C I D E :

Article 1er : M. A est admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Les décisions du 12 mars 2025 par laquelle la préfète de l'Ain a refusé d'accorder à M. A un délai de départ volontaire et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans sont annulées.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète de l'Ain.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 mars 2025.

La magistrate désignée,

A. de Tonnac Le greffier,

T. Clément

La République mande et ordonne la préfète de l'Ain en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition,

Un greffier,

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