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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2503161

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2503161

vendredi 28 mars 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2503161
TypeOrdonnance
Avocat requérantFRANK

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 mars 2025, M. A B, représenté par Me Frank, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative et jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision " 48 SI " du 6 février 2025 par laquelle le ministre de l'intérieur a prononcé l'invalidation de son permis de conduire pour solde de points nul.

Il soutient que :

- il y a urgence à suspendre la décision attaquée qui est de nature à entrainer des conséquences irrémédiables sur sa situation personnelle et professionnelle qui nécessite l'utilisation d'un permis de conduire ; il a récemment conclu un contrat de travail à durée indéterminée en tant qu'employé d'un hôtel, dans le cadre duquel il doit notamment exercer la mission de voiturier ; la perte de son permis de conduire entrainera automatiquement la perte de son emploi et il ne pourra pas retrouver d'emploi équivalent rapidement ; les infractions qui lui sont reprochées sont pour la plupart mineures et il ne peut lui être reproché un comportement dangereux pour lui ou les autres usagers de la route ;

- le moyen tiré de l'illégalité du retrait de quatre points pour l'infraction commise le 23 novembre 2021 est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 4 mars 2025 sous le n° 2502724 par laquelle le requérant demande l'annulation de la décision en litige.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Bertolo, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, qui occupe un emploi d'équipier dans un hôtel depuis le 19 janvier 2025, a commis une série d'infractions au code de la route les 10 mars 2021, 3 juin 2021, 21 juin 2021, 18 juin 2021, 24 septembre 2021, 30 décembre 2021, 11 février 2022, 21 mai 2022 et 22 juin 2023. Par une décision du 6 février 2025 référencée " 48 SI ", suite à une infraction commise le 23 novembre 2021 ayant entrainé le retrait de quatre points de son permis de conduire, le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité de ce permis. Le requérant demande au juge des référés de suspendre l'exécution de la décision " 48 SI " portant invalidation de son permis de conduire.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Selon l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

3. Pour justifier de l'urgence à suspendre l'exécution de la décision attaquée, M. B indique que cette décision le prive de la possibilité de conduire, alors qu'il exerce la mission de voiturier qui est indispensable à sa fonction eu égard à la catégorie de l'hôtel dans lequel il travaille, de sorte qu'il risque de perdre son emploi. Toutefois, dès lors qu'il résulte de l'instruction que les quatre autres missions qui lui sont confiées dans le cadre de son contrat ne nécessitent pas d'être en possession d'un permis de conduire, M. B ne justifie pas de ce que la décision contestée l'empêcherait d'effectuer une part substantielle de ses missions ou aurait pour effet d'entrainer la rupture de son contrat de travail. Alors que la décision contestée a invalidé son permis de conduire depuis le 6 février 2025, il ne justifie pas à la date de l'ordonnance des conséquences graves et immédiates de cette décision sur sa situation. Dans ces circonstances, la condition d'urgence ne peut être regardée comme remplie.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée par application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie en sera adressée à la préfète du Rhône et au ministre de l'intérieur.

Fait à Lyon, le 28 mars 2025.

Le juge des référés,

C. Bertolo

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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