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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2503742

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2503742

jeudi 10 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2503742
TypeDécision
Avocat requérantNAILI

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de l'arrêté du 24 février 2025 par lequel la préfète du Rhône a refusé de délivrer un titre de séjour à M. B, ressortissant marocain, et l'a obligé à quitter le territoire français. Le juge a estimé qu'aucun des moyens soulevés contre la décision de refus de séjour n'était propre à créer un doute sérieux sur sa légalité, et a également rejeté les conclusions relatives à l'obligation de quitter le territoire français. La décision se fonde sur l'article L. 521-1 du code de justice administrative et les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 26 mars 2025, M. A B, représenté par Me Naili, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 24 février 2025 par lequel la préfète du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, en fixant le pays de destination ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui délivrer un titre de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la décision à intervenir, ou subsidiairement, de procéder à un nouvel examen de sa situation, sous la même astreinte, et dans l'attente de ce réexamen, lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à lui verser en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est présumée, puisqu'il a fait l'objet d'une décision de refus de renouvellement de séjour assortie d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours ; il risque de perdre son emploi ;

- sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, les moyens suivants :

* les décisions ont été prises par une autorité incompétente ;

* la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur d'appréciation dans l'application des articles L. 423-1, L. 433-4 et L. 423-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; il n'a jamais reçu de convocation pour un rendez-vous en préfecture le 24 février 2025 et justifie d'une communauté de vie avec son épouse ;

* la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle ;

* la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour est entachée d'un défaut d'examen sérieux et particulier de sa situation ;

* la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

* la décision fixant le délai de départ volontaire est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

* la décision fixant le pays de destination est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

Par un mémoire enregistré le 8 avril 2025, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence n'est pas remplie, les difficultés qu'indique avoir rencontrées le requérant avec son employeur pendant l'instruction de sa demande n'étant pas démontrées ;

- aucun moyen n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.

Vu les autres pièces du dossier et la requête enregistrée sous le n° 2503741 par laquelle M. B demande l'annulation de l'arrêté du 24 février 2025 en litige.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Besse, président, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Senoussi, greffière d'audience, M. Besse a lu son rapport, averti les parties qu'il était susceptible de soulever d'office le moyen tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à la suspension de la décision portant obligation de quitter le territoire français, et entendu les observations de :

- Me Naili, représentant M. B, qui a repris ses conclusions et moyens ;

La préfète du Rhône n'était ni présente, ni représenté

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant marocain né en 1976, est entré en France le 6 février 2020 muni d'un visa de long séjour valant titre de séjour qui lui a été délivré en qualité de conjoint de ressortissant français. Il s'est ensuite vu délivrer une carte de séjour pluriannuelle valable du 8 août 2022 au 7 août 2024, dont il a sollicité le renouvellement le 17 juillet 2024. Par un arrêté du 24 février 2025, la préfète du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour et a prononcé à son encontre une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours en fixant le pays de destination. M. B demande au juge des référés de suspendre l'exécution de ces décisions.

Sur l'application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ".

En ce qui concerne la décision de refus de séjour :

3. Aucun des moyens soulevés par le requérant dirigé contre la décision de refus de séjour n'apparaît, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de cette décision. Par suite, les conclusions de la requête tendant à la suspension de cette décision doivent être rejetées.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français et les décisions subséquentes :

4. Aux termes de l'article L. 722-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'éloignement effectif de l'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut intervenir avant l'expiration du délai ouvert pour contester, devant le tribunal administratif, cette décision et la décision fixant le pays de renvoi qui l'accompagne, ni avant que ce même tribunal n'ait statué sur ces décisions s'il a été saisi ".

5. Il résulte des pouvoirs confiés au juge de l'éloignement par les dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, des délais qui lui sont impartis pour se prononcer et des conditions de son intervention que la procédure spéciale que ce code prévoit présente des garanties au moins équivalentes à celles des procédures régies par le livre V du code de justice administrative, dont elle est par suite exclusive.

6. En l'espèce, il résulte des dispositions, citées au point 4, de l'article L. 722-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que le dépôt par M. B, le 26 mars 2025, d'un recours en annulation dirigé contre l'arrêté du 24 février 2024 de la préfète du Rhône, en tant qu'il lui fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours fait à ce jour obstacle à son éloignement effectif et suspend ainsi, par lui-même, l'exécution de cet acte. Par suite, les conclusions tendant à la suspension de l'exécution de cette décision et de la décision fixant le pays de destination n'ayant aucun objet, elles sont irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées.

7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin de suspension de la requête, ainsi par voie de conséquence que les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte, doivent être rejetées.

Sur les frais du litige :

8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions que présente sur leur fondement M. B, partie perdante.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à la préfète du Rhône.

Fait à Lyon, le 10 avril 2025.

Le juge des référés,

T. Besse

La greffière,

A. Senoussi

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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