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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2503768

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2503768

lundi 9 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2503768
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantSHIBABA

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lyon, statuant par ordonnance, rejette la requête de Mme C... visant à annuler un refus implicite de titre de séjour. Le juge estime la demande manifestement irrecevable, car la requérante ne prouve pas avoir déposé un dossier complet auprès de la préfecture, ce qui empêche la naissance d'une décision implicite de rejet. La juridiction applique les articles R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 27 mars 2025, Mme B... C... épouse A..., représentée par Me Shibaba, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision par laquelle la préfète du Rhône a implicitement refusé de lui délivrer un titre de séjour ;

2°) d’enjoindre à la préfète du Rhône de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention « salarié », dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 300 euros par jour de retard, avec liquidation de l’astreinte tous les trois mois ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat le versement, à son conseil, de la somme de 5 000 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n’est pas tenue d’inviter leur auteur à les régulariser ou qu’elles n’ont pas été régularisées à l’expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; (…) ». L’article R. 421-1 du même code dispose : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision (…) ».

2. Aux termes de l’article R. 432-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Le silence gardé par l’autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ». Aux termes de l’article R. 432-2 de ce code : « La décision implicite de rejet mentionnée à l’article R. 432-1 naît au terme d’un délai de quatre mois. (…) ». Et aux termes de l’article R. 431-12 du même code : « L’étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu’il précise. (…) ».

3. Mme C..., ressortissante bosnienne, soutient avoir déposé une demande d’admission au séjour en qualité de salarié le 22 mars 2022 via la plateforme « demarches-simplifiees.fr ». Toutefois, la requérante se borne à produire une attestation, au demeurant incomplète, de dépôt d’un dossier sur le formulaire de contact pour les ressortissants étrangers sur ce site et indiquant que son dossier est « en construction ». Elle n’établit pas avoir déposé un dossier complet de demande de titre de séjour auprès des services préfectoraux et il ne ressort d’ailleurs pas des pièces du dossier que l’intéressée aurait été mise en possession d’un récépissé. Dans ces conditions, le silence de la préfète du Rhône sur sa demande de titre de séjour qu’elle aurait présentée le 22 mars 2022 n’a pu avoir pour effet de faire naître une décision implicite de rejet passé un délai de quatre mois à compter de sa demande en application des dispositions précitées de l’article R. 432-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Il s’ensuit que les conclusions à fin d’annulation présentées par Mme C..., qui sont dirigées contre une décision qui n’existe pas, sont entachées d’une irrecevabilité manifeste non susceptible d’être régularisée. Par suite, ses conclusions à fin d’annulation doivent être rejetées, en application des dispositions du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.



O R D O N N E:

Article 1er : La requête de Mme C... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... C... épouse A... et à la préfète du Rhône.


Fait à Lyon, le 9 février 2026.


Le président de la 6ème chambre,




F.-X. Pin



La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition,
Une greffière,


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