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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2504013

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2504013

mardi 8 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2504013
TypeOrdonnance
PublicationD
Avocat requérantJOUNIER

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lyon, statuant en référé, rejette la demande de suspension de la mutation d'office de Mme B, attachée territoriale, au sein du pôle économie de la commune de Vénissieux. La requérante invoquait l'urgence en raison d'une perte de responsabilités et de revenus, mais le juge estime que ces éléments ne caractérisent pas une atteinte grave et immédiate à sa situation, d'autant que l'affectation était provisoire et liée à des relations conflictuelles. La condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'étant pas remplie, la requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 3 avril 2025, Mme A B, représentée par Me Jounier, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution des décisions du 29 janvier et du 27 février 2025 par lesquelles il a été procédé à sa mutation d'office dans l'intérêt du service, au sein du pôle économie de la direction aménagement, urbanisme et économie de la commune de Vénissieux ;

2°) d'enjoindre à la commune de Vénissieux de la repositionner au poste de directrice adjointe du pole action sociale et de reconstituer ses droits dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Vénissieux la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie : elle est affectée sur un poste qui ne correspond pas à ses compétences et qui impacte son déroulé de carrière ; elle n'est pas affectée sur un poste déterminé mais au sein d'une direction, et aucune fiche de poste ni de missions précises ne lui ont été transmises ; elle subit une perte importante de responsabilité, ainsi qu'une perte de rémunération mensuelle de 375,37 euros ; la situation a un impact important sur sa santé psychique ;

- plusieurs moyens sont de nature à faire naitre un doute sérieux sur la légalité des décisions attaquées.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 31 mars 2025 sous le n°2503935 par laquelle Mme B demande l'annulation de la décision en litige.

Vu le code de justice administrative.

Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Bertolo, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Selon l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce.

3. Pour justifier de l'urgence à suspendre la décision contestée, Mme B se prévaut, d'une part, de ce que sa nouvelle affectation ne correspond pas à ses compétences et a un impact sur son déroulé de carrière, d'autre part que le poste sur lequel elle a été affectée n'est pas déterminé et est sans contenu, enfin qu'elle subit une perte de responsabilités et de revenus. Toutefois, il est constant que Mme B est titulaire du grade d'attaché territoriale, et non d'une fonction ou d'un poste déterminé, et elle ne soutient ni même n'allègue que le poste de chargé de mission au sein du pôle économie de la direction aménagement, urbanisme et économie de la commune de Vénissieux ne correspondrait pas à son grade. La circonstance que sa nouvelle affectation lui ferait perdre des responsabilités ne caractérise pas en elle-même une situation d'urgence. Alors qu'il est constant que son affectation dans une autre direction a été rendue nécessaire du fait des relations conflictuelles qu'elle entretient avec le directeur général adjoint chargé des questions sociales, il ne résulte pas de l'instruction que sa nouvelle affectation ne correspondrait pas à une mission effective au sein des services, la commune lui ayant en outre précisé dans le courrier du 27 février 2025 que son affectation au sein du pôle économie était provisoire, que ses missions seraient complétées en fonction de son profil et dans les meilleurs délais, et qu'elle était libre de postuler sur tout poste vacant au sein de la commune. Si la requérante fait état d'une perte de revenus de 375 euros mensuels, cette perte, qui est en lien avec son changement de fonction, n'est pas d'un montant tel que, rapporté au montant total de sa rémunération qui s'élève à 2 864 euros selon la simulation de salaire produite, elle puisse caractériser une atteinte grave et immédiate à ses intérêts. Par suite, la condition d'urgence requise par l'article L. 521-1 précité du code de justice administrative n'est pas satisfaite.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée dans toutes ses conclusions, par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, en ce comprises ses conclusions au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Copie en sera adressée à la commune de Vénissieux.

Fait à Lyon, le 8 avril 2025.

Le juge des référés,

C. Bertolo

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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