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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2504248

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2504248

jeudi 10 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2504248
TypeOrdonnance
Avocat requérantSCP VERNE BORDET ORSI TETREAU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 avril 2025, la société Y Immobilier, représentée par Me Tetreau, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au maire d'Argis de respecter l'accord donné en avril et mai 2024 pour les travaux de raccordement aux réseaux d'électricité, d'adduction d'eau et d'assainissement EU/EV, dont les attentes sont en contrebas de la parcelle ZD 81, en franchissant le chemin communal, comme indiqué dans la déclaration préalable de travaux accordée tacitement ;

2°) de mettre à la charge de la commune d'Argis la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que

- le maire ne pouvait retirer, par courrier du 17 décembre 2024, une décision favorable d'autorisation de raccordement aux réseaux prise en mai précédent, ce retrait étant intervenu en méconnaissance des dispositions de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration ; l'affirmation du maire selon laquelle les propriétaires de la parcelle 0081 n'auraient pas donné leur accord pour que les raccordements traversent leur propriété est erronée, puisqu'elle est propriétaire de cette parcelle, acquise à cette fin ;

- cette opposition porte atteinte à ses droits fondamentaux et n'est justifiée par aucune disposition du code de l'urbanisme ou du code de l'énergie ; le maire ne pouvait ignorer que l'autorisation qu'il avait délivrée supposait nécessairement de passer par le chemin communal ;

- il y a urgence à prononcer l'injonction sollicitée car la société Enedis ne peut entreprendre les travaux faute d'accord.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. "

2. L'usage par le juge des référés des pouvoirs qu'il tient des dispositions précitées est subordonné à la condition qu'une urgence particulière rende nécessaire l'intervention dans les quarante-huit heures d'une mesure destinée à la sauvegarde d'une liberté fondamentale. Il appartient ainsi au requérant de justifier dans tous les cas de l'urgence, laquelle ne saurait être regardée comme remplie en l'absence d'éléments concrets, propres à chaque espèce, de nature à établir l'urgence des mesures sollicitées dans le cadre de cette procédure particulière de référé qui implique l'intervention du juge dans des délais particulièrement brefs.

3. Il ressort des pièces du dossier que la société Y Immobilier a acquis en 2021 un bien immobilier, sur la commune d'Argis. Elle a déposé une déclaration préalable de travaux, ensuite modifiée, portant sur les travaux de remise en état qu'elle entendait réaliser sur cette construction. Cette décision a fait l'objet d'une autorisation tacite, ensuite retirée par arrêté du maire en date du 17 octobre 2024. La société Y Immobilier a également déposé une seconde déclaration préalable de travaux, superfétatoire s'agissant de travaux non soumis à autorisation d'urbanisme, portant sur le raccordement aux réseaux d'électricité, d'eau et d'assainissement du bien, demandes auxquelles le maire avait par ailleurs donné un accord de principe par des courriers d'avril et mai 2024. Par un courrier du 17 décembre 2024, le maire d'Argis a indiqué à la société que la commune s'opposait à ce que les branchements projetés passent sous le chemin communal. La société Y Immobilier demande au juge des référés d'enjoindre au maire d'Argis d'autoriser les travaux de raccordement aux réseaux qu'elle projette, y compris en franchissant ce chemin communal.

4. Alors que le prononcé d'une mesure d'injonction, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, est subordonnée notamment à ce que le requérant justifie d'une situation d'urgence caractérisée, rendant nécessaire l'intervention d'un juge dans un délai de quarante-huit heures, la société Y Immobilier se borne sur ce point à exposer que la société Enedis lui a indiqué ne pas pouvoir entreprendre les travaux de raccordement en l'absence de réponse du maire. Cette seule circonstance ne saurait toutefois établir l'existence d'une situation d'urgence, alors au demeurant, ainsi qu'il a été dit, que les travaux que la société projette sur le bien qu'elle entend raccorder ont fait l'objet d'une décision de refus, par un arrêté du 17 octobre 2024, qu'elle a contesté par ailleurs.

5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner si la société requérante a fait état d'une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, qu'elle ne précise au demeurant pas, que la requête doit être rejetée, selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative, y compris les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la société Y Immobilier est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Y Immobilier.

Copie sera adressée à la commune d'Argis.

Fait à Lyon, le 10 avril 2025.

Le juge des référés,

T. Besse

La République mande et ordonne à la préfète de l'Ain en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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