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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2601439

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2601439

mercredi 4 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2601439
TypeDécision
RecoursAutorisation
PublicationD
Avocat requérantSELARL BSG AVOCATS ET ASSOCIES

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon, statuant en référé, a ordonné à la préfète du Rhône de fixer un rendez-vous à une ressortissante algérienne pour le dépôt de sa demande de titre de séjour, dans un délai de quinze jours. Le juge a retenu l'urgence au sens de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, considérant les démarches infructueuses de la requérante depuis 2020. Il a également condamné l'État à lui verser 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du même code, mais a rejeté la demande d'astreinte et celle visant à ordonner l'enregistrement immédiat du dossier.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 4 février 2026, Mme C... A... épouse B..., représentée par Me Guillaume, demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre à la préfète du Rhône de lui fixer à la première date utile un rendez-vous lui permettant de déposer sa demande de titre de séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) d’enjoindre à la préfète du Rhône, dans l’hypothèse où son dossier serait complet, d’enregistrer sa demande lors de ce rendez-vous et de lui délivrer un récépissé constatant le dépôt de cette demande ;

3°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1 200 euros TTC sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- la condition d’urgence est remplie, dès lors qu’elle a sollicité un rendez-vous le 30 juin 2020, que son dossier a été clôturé le 30 juin 2023, qu’elle a sollicité à nouveau un rendez-vous le 7 septembre 2023, et qu’aucune réponse ne lui a été apportée, malgré plus de 54 relances ;
- la mesure est utile et ne fait pas obstacle à l’exécution d’une décision administrative.

La requête a été communiquée à la préfète du Rhône qui n’a pas produit à l’instance.



Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative ;

Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Bertolo, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

1. Mme A... épouse B..., ressortissante algérienne née le 18 septembre 1947, demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative d’enjoindre à la préfète du Rhône de lui fixer à la première date utile un rendez-vous lui permettant de déposer sa demande de titre de séjour.

2. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. ».
3. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable. Il appartient alors au juge des référés d’apprécier et de motiver l’urgence compte tenu de l’incidence immédiate du retard sur la situation concrète de l’intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d’une demande de renouvellement d’un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d’obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l’étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d’urgence particulière.
4. En l’espèce, il résulte de l’instruction que Mme A... épouse B... a déposé en juin 2020 une première demande de rendez-vous en vue d’une première demande de titre de séjour au titre de l’admission exceptionnelle, sur l’interface « Démarches simplifiées », que son dossier a été clôturé, qu’elle a sollicité à nouveau un rendez-vous le 7 septembre 2023, et qu’en l’absence de réponse, l’intéressée a relancé à de très nombreuses reprises depuis cette date les services de la préfecture du Rhône. Compte tenu de l’ensemble de ces éléments et du délai depuis lequel la requérante a entrepris de vaines démarches en vue d’obtenir un rendez-vous, il y a lieu de considérer que les conditions d’urgence et d’utilité prévues par l’article L. 521‑3 du code de justice administrative sont remplies. Enfin, en l’état de l’instruction, la mesure demandée ne fait obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative et ne se heurte à aucune contestation sérieuse.
5. Il résulte de ce qui précède qu’il y a lieu d’enjoindre à la préfète du Rhône de communiquer à Mme A... épouse B..., dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance, une date en vue d’un rendez-vous en préfecture, lors duquel il pourra être procédé à l’enregistrement de sa demande de titre de séjour. Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu d’assortir cette injonction d’une astreinte. En revanche, il n’y a pas lieu en l’état, et avant le dépôt de cette demande et de la vérification de son caractère complet, d’enjoindre à l’administration d’enregistrer cette demande et de délivrer un récépissé à la requérante.
6. Dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l’État la somme de 500 euros à verser à Mme A... épouse B... au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.


ORDONNE :


Article 1er : Il est enjoint à la préfète du Rhône de communiquer à Mme A... épouse B..., dans un délai de 15 jours à compter de la notification de la présente ordonnance, une date de rendez-vous en préfecture en vue du dépôt de sa demande de titre de séjour.

Article 2 : L’État versera la somme de 500 euros à Mme A... épouse B... au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C... A... épouse B... et au ministre de l’intérieur.

Copie en sera adressée à la préfète du Rhône.

Fait à Lyon, le 4 mars 2026.


Le juge des référés,




C. Bertolo




La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,
Un greffier,

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