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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-1922703

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-1922703

vendredi 16 mai 2025

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-1922703
TypeOrdonnance
Avocat requérantPECHEU

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi par le préfet pour liquider définitivement l'astreinte prononcée en 2016 contre l'État, en raison du refus par Mme A d'une proposition de logement. Le tribunal a estimé que l'administration n'avait pas démontré avoir informé Mme A des conséquences de son refus, comme l'exige l'article R. 441-16-3 du code de la construction et de l'habitation. Par conséquent, l'injonction de relogement n'étant pas exécutée, le tribunal a décidé qu'il n'y avait pas lieu, en l'état, de liquider l'astreinte.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un mémoire enregistré le 21 octobre 2019, le préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, demande à ce que soit liquidée définitivement l'astreinte prononcée par la décision n° 1618812 du 15 décembre 2016, suite au refus par Mme A d'une proposition de logement adressée par le bailleur Paris Habitat le 25 juin 2019.

Par un mémoire de production et un mémoire en défense, enregistrés le 20 janvier et le 9 mars 2020, Mme A, représentée par Me Pecheu, conclut qu'il n'y a pas lieu de liquider définitivement l'astreinte et demande à ce qu'il soit enjoint à l'administration de lui faire une proposition de logement dans un délai d'un mois sous astreinte de 500 euros par mois de retard.

Elle soutient que le jugement du 15 décembre 2016 n'a pas été exécuté, dès lors que l'offre qui lui a été présentée ne correspond pas à ses besoins et capacités.

Vu :

- les pièces produites par le préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, établissant le refus de relogement de Mme A ;

- le courrier du 28 février 2025, notifié le 3 mars 2025, adressé au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, lui demandant de produire dans le délai de 15 jours les pièces permettant d'établir que le demandeur reconnu comme prioritaire par une décision de la commission de médiation a été informé des conséquences du rejet d'une offre de logement ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

Vu la décision désignant M. Séval, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 778-1 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 778-8 du code de justice administrative : " Lorsque le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cet effet constate, d'office ou sur la saisine du requérant, que l'injonction prononcée n'a pas été exécutée, il procède à la liquidation de cette astreinte en faveur du fonds prévu à l'article L. 300-2 du code de la construction et de l'habitation. / Le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cet effet peut statuer par ordonnance, dans les conditions prévues par le chapitre II du titre IV du livre VII du présent code, après avoir invité les parties à présenter leurs observations sur les modalités de l'exécution de l'injonction prononcée. / Il liquide l'astreinte en tenant compte de la période pendant laquelle, postérieurement à l'expiration du délai imparti par le jugement, l'injonction est demeurée inexécutée par le fait de l'administration. Il peut, eu égard aux circonstances de l'espèce, modérer le montant dû par l'Etat voire, à titre exceptionnel, déclarer qu'il n'y a pas lieu de liquider l'astreinte ".

2. Aux termes de l'article R. 441-16-3 du code de la construction et de l'habitation : " Le bailleur auquel le demandeur est désigné informe ce dernier ainsi que, le cas échéant, la personne assurant l'assistance prévue au troisième alinéa du II de l'article L. 441-2-3, dans la proposition de logement qu'il lui adresse, que cette offre lui est faite au titre du droit au logement opposable et attire son attention sur le fait qu'en cas de refus d'une offre de logement tenant compte de ses besoins et capacités il risque de perdre le bénéfice de la décision de la commission de médiation en application de laquelle l'offre lui est faite. " Il résulte de ces dispositions que c'est seulement si l'intéressé a été informé des conséquences d'un refus que le fait de rejeter une offre de logement peut lui faire perdre le bénéfice de la décision de la commission de médiation. Il appartient à l'administration d'établir que cette information a été délivrée au demandeur.

3. Par un jugement du 15 décembre 2016, le tribunal a prononcé une astreinte de 500 euros par mois à l'encontre de l'Etat, en application de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation, si le préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, ne justifiait pas avoir, passé la date du 1er mars 2017, exécuté l'injonction qui lui était faite par cette décision d'assurer le relogement de Mme A. Il résulte de l'instruction, que le bailleur social Paris Habitat a, le 25 juin 2019, proposé à Mme A de déposer sa candidature pour l'obtention d'un logement de type T4, au loyer de 541 euros. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que la proposition de logement de Paris Habitat du 25 juin 2019, comportait l'information requise par les dispositions précitées de l'article R. 441-16-3 du code de la construction et de l'habitation. Dès lors, le préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, ne peut être regardé comme ayant exécuté l'injonction prononcée par le jugement du 15 décembre 2016 et ne se trouve pas délié de son obligation d'assurer le relogement de Mme A. Par suite, il n'y a pas lieu, en l'état du dossier, de procéder à la liquidation de l'astreinte prononcée par le jugement du 15 décembre 2016.

4. La présente décision qui ne remet pas en cause les dispositions du jugement précité du 15 décembre 2016 n'appelle aucune mesure d'exécution particulière. Par suite les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint à l'administration de lui faire une proposition de logement dans un délai d'un mois sous astreinte de 500 euros par mois de retard, ne peuvent qu'être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu, en l'état du dossier, de procéder à la liquidation définitive de l'astreinte prononcée par le jugement n°1618812 en date du 15 décembre 2016.

Article 2 : les conclusions à fin d'injonction présentées par Mme A sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et à la ministre auprès du ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation, chargée du logement.

Copie en sera adressée pour exécution au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, et au directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et du département de Paris.

Fait à Paris, le 16 mai 2025.

Le magistrat désigné,

J.-P. SEVAL

La République mande et ordonne à la ministre auprès du ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation, chargée du logement, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°1922703/4-3

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