LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-1923483

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-1923483

jeudi 26 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-1923483
TypeDécision
PublicationC
Formation4e Section - 1re Chambre
Avocat requérantCABINET DF ASSOCIES (SELARL)

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi par les sociétés Colas Rail, TSO et TSO caténaires d’un litige portant sur le solde d’un marché de travaux de renouvellement de voie ferrée conclu avec SNCF Réseau. Les requérantes demandaient le paiement de diverses sommes au titre de surcoûts liés à des mouvements sociaux, de coefficients K2 et K3, de travaux de finition et de la mise à disposition d’agents, ainsi que des intérêts moratoires. Le tribunal a rejeté l’ensemble des demandes, considérant que les sommes supplémentaires réclamées n’étaient pas fondées et que le refus de signer un protocole transactionnel par le groupement empêchait le versement des sommes déjà acceptées par SNCF Réseau. La décision s’appuie notamment sur les dispositions du code des marchés publics et du décret du 29 mars 2013 relatif aux intérêts moratoires.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 31 octobre 2019, 2 avril et 27 septembre 2021, les sociétés Colas Rail, TSO et TSO caténaires, représentées par Me Forté, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) de condamner la société SNCF Réseau à verser à la société Colas Rail, mandataire du groupement, la somme de 851 480,51 euros TTC, ou à titre subsidiaire la somme de 209 392,74 euros TTC, en règlement du solde d'un marché de travaux de renouvellement de la voie ferrée de Metz à Nancy conclu le 3 octobre 2017, assortie des intérêts moratoires à compter du 10 décembre 2018, ou à titre subsidiaire du 8 février 2019, capitalisés à compter du 31 octobre 2019, ainsi que des frais forfaitaires de recouvrement se montant à 40 euros ;

2°) de mettre à la charge de la société SNCF Réseau la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent que :

- la société SNCF Réseau leur a accordé la somme de 68 241,16 euros HT au titre du renfort traction XDK1 et MCK2, de sorte qu'il y a lieu de porter cette somme au décompte général et définitif ;

- la SNCF a accepté de n'indemniser les surcoûts découlant des mouvements sociaux qu'à hauteur de 562 034 euros HT au titre des coûts directs, alors qu'ils ont également occasionné des coûts " indirects " à hauteur de 387 054 euros HT, qu'il y a également lieu d'indemniser dès lors que les retards ont affecté l'ensemble des ateliers élémentaires du train de suite rapide ;

- il y a lieu de les indemniser à hauteur de 77 130,85 euros HT au titre du coefficient K2 (correspondant aux frais de siège), le calcul de SNCF Réseau, dont le résultat est de 47 272,04 euros, ne portant que sur les immobilisations rémunérées ;

- elles ont droit à 53 976,49 euros HT au titre du coefficient K3, qui rémunère les aléas et bénéfices, qui est applicable à la rémunération d'immobilisations contrairement à ce que soutient la société SNCF Réseau ;

- il y a lieu de réintégrer au décompte général et définitif la somme de 20 000 euros HT au titre de la réfaction de travaux de finition non réalisés, à laquelle la SNCF a renoncé ;

- elles ont droit à la somme de 77 961,50 euros HT en indemnisation de la mise à disposition d'agents " signalisation électrique " (SE) non autonomes, que la SNCF n'a acceptée de prendre en charge qu'à hauteur de 38 980,75 euros HT alors même qu'elles avaient détaillé précisément le nombre d'agents mobilisés, pour chaque journée de travail ; pour le même motif, la SNCF n'était pas fondée à porter au décompte une sanction de 25 203,09 euros HT au titre de la prise en charge du superviseur ;

- en tout état de cause, le solde du marché sur lequel les parties s'accordent, et qui n'a pas été versé par la société SNCF réseau, se monte à 209 392,74 euros TTC ;

- il y a lieu de fixer la date de départ des intérêts moratoires au 10 décembre 2018 ; cette date tient compte de ce que le décompte général aurait dû être notifié au plus tard le 30 août 2018, à l'expiration du délai de 30 jours à compter de la notification du décompte final prévu par le 3° du I de l'article 2 du décret du 29 mars 2013 ; le délai de 90 jours pour notifier le décompte général prévu par l'article 13.34 du CCCG travaux de SNCF Réseau constitue à cet égard un abus de droit ; en tout état de cause, en tenant compte de ce délai de 90 jours, les intérêts moratoires ont commencé à courir le 8 février 2019 ;

- elles ont droit au paiement des intérêts moratoires sur la somme dont la SNCF leur a proposé le règlement, nonobstant l'absence de signature d'un protocole, sur le fondement de l'article 39 de la loi du 28 janvier 2013 et de l'article 7 du décret du 29 mars 2013.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 22 septembre 2020 et 4 mai 2021, la société SNCF Réseau, venant aux droits de l'établissement public SNCF Réseau, représentée par Me Nahmias, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 7 000 euros soit mise à la charge des sociétés Colas Rail et TSO caténaires au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- le mémoire en réclamation ne porte que sur la somme de 709 567,09 euros HT, dont elle a déjà accepté de régler 68 241,16 euros HT pour le renfort de traction, 47 272,04 euros HT pour l'application du coefficient K2 aux sommes admises, 20 000 euros au titre de travaux de finition inachevés et 38 900,75 euros HT pour la rémunération d'agents SE non autonomes ; si ces sommes n'ont pas été versées, c'est en raison du refus du groupement attributaire de signer un protocole transactionnel ;

- les sommes supplémentaires demandées ne sont pas fondées ;

- s'agissant des intérêts moratoires, elle a versé le solde du décompte général accepté par les parties le 9 avril 2020 ; si la somme de 174 493,79 euros HT, acceptée par elle, n'a pas encore été versée, c'est en conséquence du seul refus du groupement de signer le protocole permettant son versement, alors même que cette signature n'était pas conditionnée au renoncement aux autres demandes ; en tout état de cause pour le reliquat, les intérêts moratoires n'ont commencé à courir que le 1er avril 2019.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code des marchés publics ;

- la loi n° 94-679 du 8 août 1994 ;

- la loi n° 2013-100 du 28 janvier 2013 ;

- l'ordonnance n° 2004-503 du 7 juin 2004 ;

- le décret n° 2013-269 du 29 mars 2013 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A,

- les conclusions de M. Grandillon, rapporteur public,

- et les observations de Me Ceva, pour les sociétés requérantes, et de Me Monfront, pour la société SNCF Réseau.

Une note en délibéré, produite pour le groupement d'entreprises Colas Rail/TSO, a été enregistrée le 23 septembre 2024 et n'a pas été communiquée.

Considérant ce qui suit :

1. Par un contrat conclu le 3 octobre 2017, l'établissement public SNCF Réseau a confié à un groupement constitué des sociétés Colas Rail (mandataire) et TSO caténaires le lot n° 2 d'un marché de travaux de renouvellement de voies, portant sur un segment de 28 km de voie entre Metz et Nancy, pour un prix net de 9 898 535,10 euros HT. Les travaux, initialement prévus pour durer 32 jours, ont été réceptionnés sans réserve le 19 juillet 2018. Le 31 juillet 2018, la mandataire a adressé le décompte final. Le décompte général a été notifié le 20 décembre 2018, pour un montant total de 10 529 795,57 euros et un solde de 845 795,57 euros TTC, qui a été réglé le 9 avril 2020. Le 31 janvier 2019, SNCF Réseau a reçu un mémoire en réclamation portant sur la somme de 709 567,09 euros HT. Le 29 juillet 2019, elle a accepté ces demandes à hauteur de 174 493,95 euros HT (soit 209 392,74 euros TTC), et a rejeté le surplus, représentant 535 073,14 euros HT (642 087,77 euros TTC). Dans le dernier état de leurs écritures, les sociétés Colas Rail, TSO et TSO caténaires concluent à la condamnation de la société SNCF Réseau, venant aux droits de l'établissement public SNCF Réseau, à verser à la mandataire du groupement la somme de 851 480,51 euros TTC en règlement du solde du marché, majorée des intérêts moratoires et de l'indemnité forfaitaire de recouvrement.

Sur le solde du décompte :

En ce qui concerne la somme demandée au titre du " renfort traction " :

2. SNCF Réseau a reconnu le bien-fondé de la demande de 68 241,16 euros au titre du " renfort traction ". Il y a lieu de porter cette somme au décompte général.

En ce qui concerne les surcoûts découlant de mouvements sociaux durant les travaux :

3. Il est constant que durant la période d'exécution des travaux, cinq journées de grève ont causé un ralentissement du chantier, aboutissant à la non-réalisation de 4 240 mètres linéaires de voie. La SNCF Réseau a admis un surcoût de 562 034 euros en réparation du préjudice découlant de cette sujétion imprévue, en raison de la mobilisation de personnels et de matériels, constatée par des attachements contradictoires. Cette somme a d'ores et déjà été portée au décompte et réglée.

4. Les sociétés requérantes soutiennent que ce surcoût devrait être majoré de 387 054 euros HT en raison des coûts non pris en charge par la SNCF, qualifiés de " coûts indirects ". Toutefois, en se bornant à faire valoir des prix au mètre linéaire dont elles ne précisent pas les modalités de calcul et une argumentation abstraite découlant de ce que " l'ensemble des ateliers élémentaires du train de suite rapide " auraient été affectés, qui n'est étayée par aucune pièce, elles n'établissent pas la réalité du préjudice qu'elles auraient subi à ce titre. Il suit de là que si la SNCF Réseau a accepté de majorer par un coefficient " K2 ", correspondant aux frais de siège, le préjudice reconnu au titre des personnels et matériels mobilisés, et de majorer ce dernier de 47 272,04 euros, dès lors que la matérialité du préjudice supplémentaire de 387 054 euros n'est pas établie, elle pouvait à bon droit refuser de porter au décompte une somme de 77 130,85 euros HT, calculée en appliquant le coefficient K2 à l'ensemble des sommes demandées au titre des immobilisations.

5. Par ailleurs, le coefficient " K3 " figurant au bordereau de prix vise à rémunérer les aléas et bénéfices. Dès lors qu'il a indemnisé les préjudices subis en fonction du coût réel supporté par le groupement attributaire, le maître d'ouvrage n'avait pas à majorer cette indemnité de ce coefficient, le groupement n'ayant pas subi de préjudice du fait d'aléas autres que les journées de grève ni d'une perte de bénéfice.

En ce qui concerne la réfaction au titre de travaux de finition non réalisés :

6. SNCF Réseau a reconnu le bien-fondé de l'annulation de la réfaction de 20 000 euros au titre de travaux de réfection non réalisés. Il y a lieu de porter cette somme au décompte général.

En ce qui concerne les surcoûts liés au protocole signalisation électrique (SE) :

7. Il est constant que, en vertu de l'article 6.10 et de l'annexe 22 du cahier des prescriptions spéciales, le groupement attributaire devait mettre à disposition des agents qualifiés pour la signalisation électrique mais qu'il n'a pas été en mesure de le faire, conduisant à ce que SNCF Réseau assume lui-même cette mission. Cependant, le groupement a fourni des personnels non qualifiés qui ont été employés au titre " d'aides signalisation électrique " et il a demandé au maître d'ouvrage de l'indemniser de la rémunération de ces agents qu'il a chiffrée, par l'application de prix figurant au bordereau de prix unitaires, à 77 961,50 euros HT.

8. En premier lieu, par le courrier du 29 juillet 2019, la SNCF a accepté d'accorder la somme de 38 980,75 euros, soit la moitié de la somme demandée, en indemnisation de ce surcoût. Si les sociétés requérantes soutiennent que cette somme ne correspond pas à la réalité des dépenses engagées, elles ne produisent à l'appui de leur prétention que des tableaux établis non contradictoirement et qui ne fournissent aucune indication telle que l'identité ou la fonction des agents mobilisés, qui permettraient de vérifier la réalité de leur présence et le coût engendré. Dans ces conditions, il n'est pas établi que le préjudice excéderait la somme de 38 980,75 euros retenue par le maître d'ouvrage, qui a basé ses calculs sur 90 postes de huit heures et 35 heures supplémentaires et a tenu compte des mêmes prix unitaires que le groupement.

9. En second lieu, les sociétés requérantes contestent la somme de 25 203,09 euros HT portée à leur débit, au titre de la rémunération d'un superviseur signalisation électrique. Toutefois, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, elles n'ont pas rempli les obligations qui étaient les leurs au titre du contrat conclu avec SNCF Réseau et elles ne contestent pas la réalité de la mobilisation de ce superviseur par le maître d'ouvrage afin de pallier leur manquement. Elles ne produisent en outre aucune pièce ou élément dont il résulterait que cette minoration ne serait pas fondée dans son montant.

En ce qui concerne le décompte général et définitif :

10. Il résulte de ce qui a été dit ci-dessus et notamment des points 2, 4, 6 et 8 qu'il y a seulement lieu de porter au décompte général les sommes dont le bien-fondé a été reconnu par SNCF Réseau dans son courrier du 29 juillet 2019, soit les sommes de 68 241,16 euros HT, 47 272,04 euros HT, 20 000 euros HT et 38 980,75 euros HT. Le décompte général et définitif se monte ainsi à la somme totale de 10 704 289,52 euros. La somme de 10 529 795,57 euros ayant déjà été réglée, il y a lieu de fixer le montant du solde du décompte à 174 493,95 euros HT soit 209 392,74 euros TTC, dont la société SNCF Réseau, venant aux droits de l'établissement public SNCF Réseau, est redevable au groupement attributaire du marché.

Sur les intérêts moratoires et l'indemnité forfaitaire de recouvrement :

11. D'une part, aux termes de l'article 37 de la loi du 28 janvier 2013 : " Les sommes dues en principal par un pouvoir adjudicateur () en exécution d'un contrat ayant pour objet l'exécution de travaux () avec une contrepartie économique constituée par un prix () sont payées, en l'absence de délai prévu au contrat, dans un délai fixé par décret qui peut être différent selon les catégories de pouvoirs adjudicateurs. " L'article 1er du décret du 29 mars 2013, pris pour l'application de ces dispositions, prévoit que : " Le délai de paiement prévu au premier alinéa de l'article 37 de la loi du 28 janvier 2013 susvisée est fixé à () soixante jours pour les entreprises publiques au sens du II de l'article 1er de l'ordonnance du 7 juin 2004 susvisée ", catégorie dont relève SNCF Réseau. Le I de son article 2 dispose que : " Le délai de paiement court à compter de la date de réception de la demande de paiement par le pouvoir adjudicateur " et, pour l'application de ces dispositions, lorsqu'un décompte général fait l'objet d'une réclamation par le cocontractant, le délai de paiement du solde doit être regardé comme ne commençant à courir qu'à compter de la réception de cette réclamation par le maître d'ouvrage.

12. D'autre part, l'article 39 de la même loi dispose que : " Le retard de paiement fait courir, de plein droit et sans autre formalité, des intérêts moratoires à compter du jour suivant l'expiration du délai de paiement ou l'échéance prévue au contrat. () Le taux des intérêts moratoires est fixé par décret. " et son article 40 que : " Le retard de paiement donne lieu, de plein droit et sans autre formalité, au versement d'une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement, dont le montant est fixé par décret. " Aux termes de l'article 8 du décret du 29 mars 2013 : " I. - Le taux des intérêts moratoires est égal au taux d'intérêt appliqué par la Banque centrale européenne à ses opérations principales de refinancement les plus récentes, en vigueur au premier jour du semestre de l'année civile au cours duquel les intérêts moratoires ont commencé à courir, majoré de huit points de pourcentage. / Les intérêts moratoires courent à compter du jour suivant l'échéance prévue au contrat ou à l'expiration du délai de paiement jusqu'à la date de mise en paiement du principal incluse. () II. - En cas de désaccord sur le montant d'un acompte ou du solde, le paiement est effectué dans les délais fixés à l'article 1er sur la base provisoire des sommes admises par le pouvoir adjudicateur " et son article 9 prévoit que : " Le montant de l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement est fixé à 40 euros. "

13. En premier lieu, il résulte de ces dispositions et, notamment, du II de l'article 8 du décret du 29 mars 2013 que dès lors que le maître d'ouvrage reconnaît le bien-fondé d'une réclamation, il lui incombe de verser la somme correspondante en respectant les dispositions relatives aux délais de paiement, sans pouvoir subordonner ce versement à une démarche supplémentaire telle que, en l'espèce, la conclusion d'un protocole. Dès lors, nonobstant l'absence de réponse du groupement requérant au courrier du 29 juillet 2019, les sociétés membres de ce groupement sont fondées à demander le versement d'intérêts moratoires sur le solde du décompte mentionné au point 10.

14. En second lieu, ni les dispositions précédemment rappelées, ni celles de l'article 67 de la loi du 8 août 1994 interdisant la renonciation au paiement des intérêts moratoires ne font obstacle à ce que des stipulations fixent à trois mois après réception du décompte final le délai dont dispose le maître d'ouvrage pour établir le décompte général, ce délai ne dérogeant qu'aux stipulations du CCAP qui n'a valeur ni réglementaire, ni contractuelle en l'absence d'intégration dans les pièces du marché. Il n'est pas non plus établi que ce délai, auquel le groupement a librement souscrit et qui n'a pour conséquence dommageable que de décaler de deux mois le point de départ du délai de paiement, constituerait un " abus de droit ". Dès lors, il y a lieu de tenir compte, pour fixer le point de départ du délai de paiement, de la date de réception par SNCF Réseau du mémoire en réclamation, sans substituer un délai de 30 jours au délai de 90 jours dont cet établissement disposait contractuellement pour établir le décompte général.

15. Il résulte de tout ce qui précède que le délai de paiement a commencé à courir le 31 janvier 2019, date de réception du mémoire en réclamation, pour une durée de 60 jours qui a expiré le 1er avril 2019. Les intérêts moratoires, calculés conformément au I de l'article 8 du décret du 29 mars 2013, sont dus pour la période qui a couru depuis cette date. Il y a lieu de les capitaliser le 1er avril 2020, ainsi qu'à chaque échéance annuelle. Enfin, le groupement attributaire est fondé à demander le versement de l'indemnité forfaitaire de recouvrement, représentant la somme de 40 euros.

Sur les frais de l'instance :

16. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre la somme de 2 000 euros à la charge de SNCF Réseau au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à verser à la société Colas Rail, mandataire du groupement. En revanche, ces dispositions font obstacle à ce qu'une somme soit mise sur leur fondement à la charge des sociétés requérantes, qui ne sont pas les parties perdantes à la présente instance.

D E C I D E :

Article 1er : Le solde du décompte général et définitif du marché conclu entre SNCF Réseau et le groupement composé par les sociétés requérantes est fixé à la somme de 209 392,74 euros TTC au débit du maître d'ouvrage et la société SNCF Réseau, venant aux droits de l'établissement public SNCF Réseau, est condamnée à verser cette somme à la société Colas Rail, mandataire du groupement.

Article 2 : Cette somme sera majorée des intérêts moratoires à compter du 1er avril 2019, calculés conformément aux dispositions du I de l'article 8 du décret du 29 mars 2013, ces intérêts seront capitalisés à compter du 1er avril 2020 et à chaque échéance annuelle à compter de cette date.

Article 3 : SNCF Réseau est condamné à verser à la société Colas Rail, mandataire du groupement, l'indemnité forfaitaire de recouvrement de 40 euros.

Article 4 : SNCR Réseau versera la somme globale de 2 000 euros à la société Colas Rail, mandataire du groupement, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à la société Colas Rail, première requérante dénommée, et à la société SNCF Réseau.

Délibéré après l'audience du 12 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Anne Seulin, présidente,

M. Gaël Raimbault, premier conseiller,

Mme Paule Desmoulière, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.

Le rapporteur,

G. ALa présidente,

A. SeulinLa greffière,

L. Thomas

La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2320047

Le Tribunal administratif de Paris a rejeté la requête de la SCI Janus visant à annuler un arrêté de sursis à statuer opposé par la maire de Paris à une déclaration préalable pour un changement de destination de locaux en hébergement touristique. La juridiction a jugé que le sursis à statuer, fondé sur l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme, était légal car le projet était susceptible de compromettre l'exécution du futur plan local d'urbanisme (PLU) en cours d'élaboration. Les moyens soulevés, notamment l'incompétence, le vice de procédure et l'erreur de droit, ont été écartés.

19/02/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2320316

Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi par une association d'un recours pour excès de pouvoir visant à annuler un arrêté municipal de mise en demeure avec astreinte, concernant des travaux réalisés sans autorisation d'urbanisme. Le tribunal a rejeté la requête de l'association, considérant que la motivation de l'arrêté attaqué était suffisante et que la procédure suivie, notamment l'établissement d'un procès-verbal d'infraction, était régulière. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'urbanisme, en particulier celles relatives aux mises en demeure et aux astreintes.

19/02/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2520263

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler l'arrêté préfectoral refusant le renouvellement de son titre de séjour et ordonnant son éloignement. Le tribunal a jugé que la décision était suffisamment motivée et que le préfet avait procédé à un examen approfondi de la situation personnelle de l'intéressé, notamment au regard de son état de santé et de son intégration. Les textes appliqués incluent le code des relations entre le public et l'administration et le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

19/02/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2527910

Le Tribunal administratif de Paris a annulé un arrêté préfectoral refusant le renouvellement du titre de séjour d'une ressortissante tunisienne et lui enjoignant de quitter le territoire. La juridiction a jugé que le préfet avait commis une erreur de droit en appliquant le code de l'entrée et du séjour des étrangers, alors que la situation de l'intéressée, épouse d'un Français, devait être examinée exclusivement au regard des dispositions de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988. Le tribunal a enjoint au préfet de réexaminer sa demande dans un délai de trois mois et a condamné l'État à lui verser 1 200 euros au titre des frais exposés.

19/02/2026

← Retour aux décisions