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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2015736

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2015736

jeudi 23 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2015736
TypeOrdonnance
Avocat requérantCABINET DORASCENZI, FENART (SELARL)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 25 septembre 2020, la société IHP, agissant par son mandataire judiciaire liquidateur, Me Gorrias, représentée par Me Dorascenzi, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des impositions supplémentaires auxquelles elle a été assujettie au titre de l'impôt sur les sociétés pour l'année 2011, et des majorations dont elles sont assorties ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la reconstitution du chiffre d'affaires n'avait aucun fondement régulier, en l'absence de rejet de la comptabilité présentée ;

- les règles applicables en matière de bénéfices industriels et commerciaux confrontées aux principes de spécificité des exercices et d'annualité de l'impôt ont été méconnues ;

- l'administration n'a pas tenu compte du fait que des opérations immobilières ont été réalisées conjointement avec un autre marchand de biens avec constitution pour chacune d'entre elles d'une société en participations.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 avril 2021, le directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et du département de Paris conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la réclamation est tardive, de sorte que la requête est irrecevable ;

- les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () ".

2. En matière fiscale, aux termes de l'article L. 190 du livre des procédures fiscales : " Les réclamations relatives aux impôts, contributions, droits, taxes, redevances, soultes et pénalités de toute nature, établis ou recouvrés par les agents de l'administration, relèvent de la juridiction contentieuse lorsqu'elles tendent à obtenir soit la réparation d'erreurs commises dans l'assiette ou le calcul des impositions, soit le bénéfice d'un droit résultant d'une disposition législative ou réglementaire./ () Les réclamations peuvent être présentées à compter de la réception de la réponse aux observations du contribuable mentionnée à l'article L 57, ou à compter d'un délai de 30 jours après la notification prévue à l'article L. 76 ou, en cas de saisine de la commission des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires compétente, à compter de la notification de l'avis rendu par cette commission ". Aux termes de l'article R* 190-1 du livre des procédures fiscales : " Le contribuable qui désire contester tout ou partie d'un impôt qui le concerne doit d'abord adresser une réclamation au service territorial, selon le cas, de la direction générale des finances publiques ou de la direction générale des douanes et droits indirects dont dépend le lieu de l'imposition () /. Les réclamations font l'objet d'un récépissé adressé au contribuable ". Aux termes de l'article R. 196-1 du même livre : " Pour être recevables, les réclamations relatives aux impôts autres que les impôts directs locaux et les taxes annexes à ces impôts, doivent être présentées à l'administration au plus tard le 31 décembre de la deuxième année suivant celle, selon le cas : a) De la mise en recouvrement du rôle ou de la notification d'un avis de mise en recouvrement (..) /b) Du versement de l'impôt contesté lorsque cet impôt n'a pas donné lieu à l'établissement d'un rôle ou à la notification d'un avis de mise en recouvrement / c) De la réalisation de l'événement qui motive la réclamation. Ne constitue pas un tel événement une décision juridictionnelle ou un avis mentionné aux troisième et cinquième alinéas de l'article L. 190 () ". Aux termes de l'article R. 196-3 du même livre : " Dans le cas où un contribuable fait l'objet d'une procédure de reprise ou de rectification de la part de l'administration des impôts, il dispose d'un délai égal à celui de l'administration pour présenter ses propres réclamations. ". Enfin, aux termes de l'article L. 169 du même livre : " Pour l'impôt sur le revenu et l'impôt sur les sociétés, le droit de reprise de l'administration des impôts s'exerce jusqu'à la fin de la troisième année qui suit celle au titre de laquelle l'imposition est due. () ".

3. Il résulte de l'instruction et n'est pas contesté que la société IHP a fait l'objet d'une procédure de contrôle ayant donné lieu à une proposition de rectification adressée le 5 août 2013 et à des impositions supplémentaires au titre de l'impôt sur les sociétés mises en recouvrement le 23 décembre 2013, et qu'elle n'a introduit sa réclamation que le 23 septembre 2019, soit postérieurement à l'expiration des délais mentionnés au point 2. En outre, comme le relève l'administration, l'ouverture de la procédure collective de la société IHP et la déclaration de créance par laquelle l'administration s'est bornée à récapituler les créance mises en recouvrement le 23 décembre 2013 n'étaient pas, à elles seules, de nature à ouvrir un nouveau délai tel que prévu au c) de l'article R. 196-1 précité du livre des procédures fiscales. Par suite, la réclamation de la société IHP était tardive.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête ne peut qu'être rejetée en application des dispositions du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative comme manifestement irrecevable, y compris les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la société IHP est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Me Gorrias, mandataire judiciaire liquidateur de la société IHP, et au directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris.

Fait à Paris, le 23 novembre 2023.

Le vice-président de la 2ème section,

C. FOUASSIER

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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