mercredi 8 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2017220 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET PIERRE BOUDRIOT (SELARL) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 20 octobre 2020 et le 25 avril 2022, la société 13 rue Alphonse de Neuville Paris XVI APS, représentée par Me Boudriot, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits, amendes et intérêts, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et de contribution additionnelle à l'impôt sur les sociétés ainsi que le prélèvement sur plus-value de cession immobilière mis à sa charge au titre des exercices clos les 30 septembre 2016 et 2017 ;
2°) de prononcer la restitution de l'excédent de prélèvement sur plus-value de cession à hauteur de 390 501 euros ;
3°) de prononcer la décharge totale de la majoration de 25 % appliquée au prélèvement prévu par l'article 244 bis A du code général des impôts ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
-l'article L. 48 du livre des procédures fiscales a été méconnu ;
-elle était en droit d'inscrire la valeur réévaluée du bien à l'actif de son premier bilan d'ouverture et c'est ce montant qui devait être retenu pour calculer la plus-value réalisée lors de la vente du bien et la valeur des amortissements de ce dernier ;
-la réévaluation libre et la plus-value qui en a résulté ont été soumises aux règles fiscales danoises ;
-le prélèvement sur la plus-value de cession immobilière est imputable sur l'impôt sur les sociétés dû, sur le fondement du V de l'article 244 bis A du code général des impôts ;
-elle doit bénéficier du droit à l'erreur prévu par l'article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration et obtenir la décharge de l'amende qui lui a été infligée sur le fondement de l'article 1761 du code général des impôts ;
-le taux de 25 % de l'amende prévue par l'article 1761 du code général des impôts est disproportionné.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 21 avril 2021 et le 13 mai 2022, l'administrateur général des finances publiques chargé de la direction spécialisée de contrôle fiscal d'Ile-de-France conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun moyen de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
-le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
-le rapport de Mme Dousset,
-et les conclusions de M. Guiader, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société 13 rue Alphonse de Neuville Paris XVI APS, société de droit danois qui exerce une activité d'administration d'immeubles et autres droits immobiliers, est détenue par la société de droit danois Foncière du Triangle d'Or. Elle a fait l'objet d'un contrôle sur pièces pour la période du 1er octobre 2017 au 30 septembre 2018 à l'issue duquel le service lui a notamment notifié, par une proposition de rectification du 4 avril 2019, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et de contribution additionnelle à l'impôt sur les sociétés ainsi que le prélèvement sur plus-value de cession immobilière prévu par l'article 244 bis A du code général des impôts et l'amende prévue par l'article 1761 du même code. La société 13 rue Alphonse de Neuville Paris XVI APS demande la décharge de ces impositions et de cette amende.
Sur la régularité de la procédure :
2. Aux termes de l'article L. 48 du livre des procédures fiscales : " A l'issue d'un examen contradictoire de la situation fiscale personnelle au regard de l'impôt sur le revenu, d'une vérification de comptabilité ou d'un examen de comptabilité, lorsque des rectifications sont envisagées, l'administration doit indiquer, avant que le contribuable présente ses observations ou accepte les rehaussements proposés, dans la proposition prévue au premier alinéa de l'article L. 57 ou dans la notification mentionnée à l'article L. 76, le montant des droits, taxes et pénalités résultant de ces rectifications () ".
3. La société 13 rue Alphonse de Neuville Paris XVI APS soutient que l'administration a méconnu les dispositions de l'article L. 48 du livre des procédures fiscales en ne mentionnant pas, dans la partie de la proposition de rectification concernant les conséquences financières du contrôle, que le prélèvement prévu à l'article 244 bis A du code général des impôts, d'un montant de 4 170 538 euros, était imputable sur l'impôt sur les sociétés et sur la contribution à l'impôt sur les sociétés à hauteur de 3 780 0651 euros et de 58 521 euros et que la différence, de 331 952 euros, était restituable et en ne mentionnant pas les sommes réellement dues après imputation et restitution. Toutefois, l'imputation du prélèvement sur l'impôt sur les sociétés et la restitution du surplus ne pouvant intervenir qu'après mise en recouvrement et paiement effectif du prélèvement forfaitaire de 33,1/3%, elles n'avaient pas à être mentionnées dans les conséquences financières du contrôle. En outre, l'article L. 48 du livre des procédures fiscales, qui prévoit que la proposition de rectification doit mentionner le montant des droits, taxes et pénalités résultant des rectifications, n'impose pas une telle mention, qui constitue seulement un rappel des dispositions de l'article 244 bis A du code général des impôts. Par suite, le moyen doit être écarté.
Sur le bien-fondé des impositions :
En ce qui concerne la valeur comptable de l'immeuble en litige :
S'agissant de l'application de la loi fiscale :
4. Aux termes de l'article 39 du code général des impôts : " 1. Le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges, celles-ci comprenant, sous réserve des dispositions du 5, notamment : () les amortissements réellement effectués par l'entreprise, dans la limite de ceux qui sont généralement admis d'après les usages de chaque nature d'industrie, de commerce ou d'exploitation et compte tenu des dispositions de l'article 39 A, sous réserve des dispositions de l'article 39 B ". Aux termes de l'article 38 quinquies de l'annexe III au même code : " 1. Les immobilisations sont inscrites au bilan pour leur valeur d'origine. / Cette valeur d'origine s'entend : / a. Pour les immobilisations acquises à titre onéreux, du coût d'acquisition () ".
5. En outre, aux termes de l'article 244 bis A du code général des impôts : " I.-1. Sous réserve des conventions internationales, les plus-values, telles que définies aux e bis et e ter du I de l'article 164 B, réalisées par les personnes et organismes mentionnés au 2 du I lors de la cession des biens ou droits mentionnés au 3 sont soumises à un prélèvement selon les taux fixés au III bis. () 2. Sont soumis au prélèvement mentionné au 1 : () b) Les personnes morales ou organismes, quelle qu'en soit la forme, dont le siège social est situé hors de France ; () 3. Le prélèvement mentionné au 1 s'applique aux plus-values résultant de la cession : / a) De biens immobiliers ou de droits portant sur ces biens ; () III. - Lorsque le prélèvement mentionné au I est dû par une personne morale assujettie à l'impôt sur les sociétés, les plus-values sont déterminées par différence entre, d'une part, le prix de cession du bien et, d'autre part, son prix d'acquisition, diminué pour les immeubles bâtis d'une somme égale à 2 % de son montant par année entière de détention. / Par dérogation au III bis et au premier alinéa du présent III, le prélèvement dû par des personnes morales résidentes d'un Etat membre de l'Union européenne ou d'un autre Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen ayant conclu avec la France une convention d'assistance administrative en vue de lutter contre la fraude et l'évasion fiscales et n'étant pas non coopératif au sens de l'article 238-0 A est déterminé selon les règles d'assiette et de taux prévues en matière d'impôt sur les sociétés dans les mêmes conditions que celles applicables à la date de la cession aux personnes morales résidentes de France ".
6. Il résulte de l'instruction que la société 13 rue Alphonse de Neuville Paris XVI APS a acquis, le 18 novembre 2002, un immeuble situé 13 rue Alphonse de Neuville Paris à Paris, pour un montant de 10 936 356 euros. Il est constant que la société requérante a inscrit cet immeuble à l'actif de son premier bilan d'ouverture le 1er janvier 2009, date à partir de laquelle elle a commencé à tenir une comptabilité en France afin de tirer les conséquences de la dénonciation de la convention franco-danoise du 8 février 1957, qui excluait, jusqu'au 31 décembre 2008, la taxation en France des revenus et plus-values immobilières détenues par une société danoise en France, pour une valeur de 16 525 006 euros et qu'elle a cédé ce bien, le 13 juillet 2018 pour un montant de 20 850 000 euros. A l'issue du contrôle sur pièces dont la société requérante a fait l'objet, le service a remis en cause le montant de la plus-value de cette vente déclarée par la société, estimant que la valeur de l'immeuble à retenir pour le calcul de ladite plus-value aurait dû, en application de l'article 38 quinquies de l'annexe III au code général des impôts, être la valeur d'acquisition de 10 936 356 euros et non la valeur de 16 525 006 euros inscrite au bilan d'ouverture de la société au 1er janvier 2009.
7. La société 13 rue Alphonse de Neuville Paris XVI APS soutient que l'immeuble en cause a été inscrit à une valeur de 16 525 006 euros à son bilan d'ouverture dès lors qu'elle a procédé à une réévaluation libre de ce bien en décembre 2008, comme elle était en droit de le faire en vertu de la réglementation française et que cette valeur, qui était opposable à l'administration française, aurait dû être prise en compte pour le calcul de la plus-value de cession et pour celui des amortissements. Toutefois, alors qu'en décembre 2008, la société 13 rue Alphonse de Neuville Paris XVI APS n'était pas encore imposable en France pour ses activités, la convention franco-danoise étant encore en vigueur, elle n'était pas astreinte à l'obligation de tenir une comptabilité commerciale à raison de ces mêmes activités et ne pouvait donc pas faire application des règles comptables françaises et procéder à une réévaluation libre de l'immeuble litigieux. En outre, si la société 13 rue Alphonse de Neuville Paris XVI APS soutient que la réévaluation a été soumise aux règles fiscales danoises et qu'elle était, dans ces conditions, opposable à l'administration française, la seule production d'une copie de sa déclaration fiscale pour la période du 28 févier 2008 au 30 juin 2009, au demeurant non traduite et sur laquelle le montant de la plus-value ne semble pas apparaître, et de son bilan pour la même période, ne saurait suffire à l'établir. De même, elle ne démontre pas avoir fait l'objet d'une quelconque taxation sur cette plus-value au Danemark, ou, le cas échéant, avoir été exonérée d'une telle taxation. Dans ces conditions, c'est à bon droit que l'administration a retenu la valeur d'apport de l'immeuble litigieux pour déterminer le montant de la plus-value réalisée lors de la vente de ce dernier et pour fixer le montant des amortissements. Il résulte de ce qui précède que l'administration était fondée à mettre à la charge de la société 13 rue Alphonse de Neuville Paris XVI APS des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et de prélèvement sur la plus-value de cession immobilière résultant de la majoration des dotations aux amortissements et de la minoration de la plus-value de cession immobilière.
S'agissant de l'interprétation de la loi fiscale :
8. Aux termes du dernier alinéa de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales : " Lorsque le redevable a appliqué un texte fiscal selon l'interprétation que l'administration avait fait connaître par ses instructions ou circulaires publiées et qu'elle n'avait pas rapportée à la date des opérations en cause, elle ne peut poursuivre aucun rehaussement en soutenant une interprétation différente. Sont également opposables à l'administration, dans les mêmes conditions, les instructions ou circulaires publiées relatives au recouvrement de l'impôt et aux pénalités fiscales. " et aux termes de l'article L. 80 B du même livre : " La garantie prévue au premier alinéa de l'article L. 80 A est applicable : / 1° Lorsque l'administration a formellement pris position sur l'appréciation d'une situation de fait au regard d'un texte fiscal () ".
9. La société 13 rue Alphonse de Neuville Paris XVI APS se prévaut, sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, des énonciations des paragraphes 20 à 40 de la documentation administrative BOI-BIC-PVMV-40-10-60-20 du 12 septembre 2012, aux termes desquelles une société qui procède à une réévaluation libre d'un élément d'actif doit retenir, pour le calcul des amortissements et de la plus-value ou de la moins-value résultant d'une cession ultérieure de cet élément, la nouvelle valeur comptable assignée à l'élément réévalué. Toutefois, dès lors que, ainsi qu'il a été dit, elle n'était pas imposable en France pour ses activités en décembre 2008, date à laquelle elle a procédé à la réévaluation libre de l'immeuble en litige, la société 13 rue Alphonse de Neuville Paris XVI APS ne rentrait pas dans les prévisions de cette documentation administrative et elle ne peut, par suite, s'en prévaloir.
10. La société 13 rue Alphonse de Neuville Paris XVI APS se prévaut également, sur le fondement des dispositions de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, des énonciations du paragraphe 20 de la documentation administrative BOI-INT-CVB-DNK, aux termes de laquelle les revenus dont le fait générateur est intervenu antérieurement au 1er janvier 2009 restent couverts par la convention fiscale franco-danoise, quand bien même l'imposition de ces revenus interviendrait après cette date. Toutefois, le fait générateur des impositions dont la société sollicite la décharge, à savoir la vente de l'immeuble dont elle était propriétaire, est intervenu après le 1er janvier 2009. La société requérante ne peut donc se prévaloir des énonciations de cette documentation administrative, dans les prévisions de laquelle elle n'entrait pas.
11. Enfin, la société 13 rue Alphonse de Neuville Paris XVI APS ne saurait utilement se prévaloir de la circonstance que la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires a rendu, le 28 janvier 2019, un avis favorable à l'abandon des redressements concernant une société sœur et un cas d'espèce rigoureusement similaire au sien dès lors qu'un tel avis ne constitue pas une prise de position formelle de l'administration au sens de l'article L. 80 B du livre des procédures fiscales.
En ce qui concerne l'imputation du prélèvement sur la plus-value de cession immobilière sur l'impôt sur les sociétés :
12. Aux termes de l'article 244 bis A du code général des impôts : " V. - Le prélèvement mentionné au I est libératoire de l'impôt sur le revenu dû en raison des sommes qui ont supporté celui-ci. / Il s'impute, le cas échéant, sur le montant de l'impôt sur les sociétés dû par le contribuable à raison de cette plus-value au titre de l'année de sa réalisation. S'il excède l'impôt dû, l'excédent est restitué aux personnes morales résidentes d'un Etat de l'Union européenne ou d'un Etat ou territoire ayant conclu avec la France une convention fiscale qui contient une clause d'assistance administrative en matière d'échange de renseignements et de lutte contre la fraude et l'évasion fiscales et n'étant pas non coopératif au sens de l'article 238-0 A ".
13. La société 13 rue Alphonse de Neuville Paris XVI APS soutient que les cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie doivent être réduites du montant des cotisations supplémentaires de prélèvement sur la plus-value de cession immobilière auxquelles elle a été assujettie et, le cas échéant, que l'excédent de prélèvement doit lui être restitué. Toutefois, l'administration fait valoir, sans être contredite, que la société n'a pas acquitté le prélèvement auquel elle a été assujettie. Par suite, la société requérante n'est pas fondée à solliciter l'imputation du montant du prélèvement sur la plus-value de cession immobilière sur le montant des cotisations d'impôt sur les sociétés au titre la période en litige.
14. Il résulte de ce qui précède que la société 13 rue Alphonse de Neuville Paris XVI APS n'est pas fondée à demander la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et de la cotisation additionnelle à l'impôt sur les sociétés et du prélèvement sur la plus-value de cession immobilière auxquel elle a été assujettie au titre de la période du 1er octobre 2017 au 30 septembre 2018.
Sur l'amende prévue par l'article 1761 du code général des impôts :
15. Aux termes de l'article 1761 du code général des impôts : " Entraînent l'application d'une amende égale à 25 % du montant des droits éludés : / 1. Les infractions aux dispositions du I de l'article 244 bis A () ".
16. En outre, aux termes de l'article L. 100-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Le présent code régit les relations entre le public et l'administration en l'absence de dispositions spéciales applicables () ". L'article L. 123-1 de ce même code dispose que : " Une personne ayant méconnu pour la première fois une règle applicable à sa situation ou ayant commis une erreur matérielle lors du renseignement de sa situation ne peut faire l'objet, de la part de l'administration, d'une sanction, pécuniaire ou consistant en la privation de tout ou partie d'une prestation due, si elle a régularisé sa situation de sa propre initiative ou après avoir été invitée à le faire par l'administration dans le délai que celle-ci lui a indiqué. / La sanction peut toutefois être prononcée, sans que la personne en cause ne soit invitée à régulariser sa situation, en cas de mauvaise foi ou de fraude () ". Aux termes de l'article L. 123-2 dudit code : " Est de mauvaise foi, au sens du présent titre, toute personne ayant délibérément méconnu une règle applicable à sa situation. En cas de contestation, la preuve de la mauvaise foi et de la fraude incombe à l'administration. ".
17. Enfin, aux termes de l'article L. 62 du livre des procédures fiscales : " Si, dans un délai de trente jours à compter de la réception d'une demande mentionnée aux articles L. 10, L. 16 ou L. 23 A du présent code ou de la réception d'une proposition de rectification ou, dans le cadre d'une vérification de comptabilité ou d'un examen de situation fiscale personnelle, avant toute proposition de rectification, le contribuable demande à régulariser les erreurs, inexactitudes, omissions ou insuffisances dans les déclarations souscrites dans les délais, il est redevable d'un montant égal à 70 % de l'intérêt de retard prévu à l'article 1727 du code général des impôts () ".
18. D'une part, les dispositions de l'article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration ne s'appliquent, en vertu des dispositions de l'article L. 100-1 du même code, qu'en l'absence de dispositions spéciales. Or, les dispositions précitées de l'article L. 62 du livre des procédures fiscales organisent un régime spécifique de régularisation des erreurs, inexactitudes, omissions ou insuffisances dans les déclarations souscrites dans les délais. Par suite, la société 13 rue Alphonse de Neuville Paris XVI APS ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l'article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration pour contester la pénalité mise à sa charge sur le fondement de l'article 1761 du code général des impôts.
19. D'autre part, les dispositions de l'article 1761 du code général des impôts, qui retiennent, pour le calcul de l'amende, un taux unique de 25 % des droits éludés en cas de méconnaissance des obligations fixées au I de l'article 244 bis A du code général des impôts, ne portent pas une atteinte disproportionnée, au regard de l'objectif poursuivi de lutte contre la fraude et l'évasion fiscales grâce au suivi de la base taxable permettant l'établissement de l'impôt sur la plus-value de cession immobilière, au droit au respect des biens garanti par les stipulations de l'article 1er du premier protocole additionnel à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors que le montant de l'amende ainsi fixé est proportionné à la gravité du manquement commis et que la méconnaissance des obligations fixées au I de l'article 244 bis A du code général des impôts peut, contrairement à ce que soutient la société requérante, résulter en un préjudice effectif pour le Trésor.
20. Il résulte de ce qui précède que la société 13 rue Alphonse de Neuville Paris XVI APS n'est pas fondée à demander la décharge de l'amende en litige.
Sur les frais liés au litige :
21. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par la société 13 rue Alphonse de Neuville Paris XVI APS au titre de frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E
Article 1er : La requête de la société 13 rue Alphonse de Neuville Paris XVI APS est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société 13 rue Alphonse de Neuville Paris XVI APS et à l'administrateur général des finances publiques chargé de la direction spécialisée de contrôle fiscal d'Ile-de-France.
Délibéré après l'audience du 18 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Rohmer, président,
Mme Dousset, première conseillère,
M. Lenoir, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 novembre 2023.
La rapporteure,
A. DOUSSET
Le président,
B. ROHMER
La greffière,
S. CAILLIEU-HELAIEM
La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé des comptes publics, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/1-3
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2317492
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté les demandes de la SARL 42 Consulting visant à obtenir la restitution du crédit d'impôt recherche pour les années 2019 et 2020. La juridiction a estimé que la société n'avait pas apporté la preuve que les projets litigieux remplissaient les conditions scientifiques et techniques d'éligibilité prévues par l'article 244 quater B du code général des impôts. Elle a également jugé non fondés les griefs relatifs à une irrégularité de la procédure administrative.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2409280
Le Tribunal administratif de Paris a rejeté la demande de décharge d'impôt sur la plus-value immobilière présentée par Mme A... pour l'année 2020. Le litige portait sur l'interprétation de la condition d'exonération prévue au 1° bis du II de l'article 150 U du code général des impôts, concernant la première cession d'un logement autre que la résidence principale. Le tribunal a jugé que le fait que la requérante ait été propriétaire de son ancienne résidence principale dans les quatre années précédant la vente faisait obstacle au bénéfice de l'exonération, et ce, même si ce bien n'était plus son domicile au moment de la cession.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2420874
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé la décision implicite de rejet d'une demande de titre de séjour formulée par un ressortissant sénégalais. La juridiction a jugé que le préfet de police avait méconnu l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en ne tenant pas compte de l'ancienneté de la présence du requérant en France et de son insertion professionnelle continue. Le tribunal a enjoint à l'administration de délivrer un titre de séjour "salarié" dans un délai de trois mois et une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours, et a condamné l'État à verser 1 000 euros au requérant au titre des frais exposés.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2422817
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé la décision implicite de rejet d'une demande de titre de séjour. Le juge a constaté que l'administration n'avait pas répondu à la demande de communication des motifs de son refus implicite, ce qui constitue une illégalité. Cette solution s'appuie sur les articles L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration et R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/04/2026