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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2019019

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2019019

jeudi 21 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2019019
TypeOrdonnance
Avocat requérantCABINET PWC SOCIÉTÉ D'AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de la SAS Immobilière Urbi et Orbi, qui demandait la décharge de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères pour l'année 2018. La solution retenue est fondée sur l'irrecevabilité de la requête, car la société requérante n'était pas le débiteur légal de l'imposition (la SCI du passage de l'Horloge) et n'a pas justifié d'un mandat pour agir au nom de ce dernier. Le tribunal a appliqué les articles R. 190-1 et R. 197-4 du livre des procédures fiscales, ainsi que l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés le 12 novembre 2020 et le 26 mai 2021, la SAS Immobilière Urbi et Orbi, représentée par Me de Vernejoul, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des cotisations de taxe d'enlèvement des ordures ménagères auxquelles elle soutient avoir été assujettie au titre de l'année 2018 à raison de locaux situés sis 3, 13, 14 et 19 rue Brantome, et au 52 rue Rambuteau, à Paris ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 3 mai 2021, 10 février 2022 et 19 juin 2024, la directrice régionale des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable à défaut d'intérêt à agir de la société requérante ;

- les moyens soulevés ne sont en tout état de cause pas fondés.

Par ordonnance du 18 octobre 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 18 novembre 2024, à 12h00.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Au titre de l'année 2018, la SCI du passage de l'Horloge a été assujettie à la taxe d'enlèvement des ordures ménagères, à raison de locaux situés sis 3, 13, 14 et 19 rue Brantome, et au 52 rue Rambuteau, à Paris. Par une réclamation datée du 2 décembre 2019, la SAS Immobilière Urbi et Orbi a sollicité la décharge totale de la taxe précitée et des frais de gestion associés. En l'absence de réponse de l'administration dans un délai de six mois, la SAS Immobilière Urbi et Orbi demande au tribunal de prononcer la décharge de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères à laquelle elle a été assujettie en 2018, et des frais de gestions afférents.

2. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 190-1 du livre des procédures fiscales : " Le contribuable qui désire contester tout ou partie d'un impôt qui le concerne doit d'abord adresser une réclamation au service territorial, selon le cas, de la direction générale des finances publiques ou de la direction générale des douanes et droits indirects dont dépend le lieu de l'imposition. " Aussi, aux termes du premier alinéa de l'article R. 197-4 du même code : " Toute personne qui introduit ou soutient une réclamation pour autrui doit justifier d'un mandat régulier. Le mandat doit, à peine de nullité, être produit en même temps que l'acte qui l'autorise ou enregistré avant l'exécution de cet acte. () ". Il résulte de la combinaison de ces dispositions qu'il appartient en principe au seul contribuable, débiteur légal de l'imposition litigieuse, de contester l'impôt le frappant directement. Toutefois, et s'il le souhaite, le contribuable peut également mandater un tiers afin de contester ladite imposition et ce, par l'intermédiaire d'un mandat expresse qu'il lui appartient de présenter dès la phase non-contentieuse de réclamation devant l'administration. Enfin, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ".

3. Il résulte de l'instruction que la taxe d'enlèvement des ordures ménagères contestée pour l'année 2018 a pour débiteur légal la SCI du passage de l'Horloge. Cependant, tant la réclamation préalable que la présente requête ont été introduites par la SAS Immobilière Urbi et Orbi se présentant comme la propriétaire des locaux imposés alors, d'une part, qu'elle n'est pas la débitrice légale de l'imposition litigieuse, et, d'autre part, qu'elle ne soutient pas agir en qualité de mandataire de la SCI du passage de l'Horloge. Dans ces conditions, et alors que la société requérante n'a pas répliqué à la fin de non-recevoir soulevée par le service en défense et n'a produit aucune écriture avant la clôture de l'instruction, elle ne saurait être regardée comme justifiant d'un intérêt à agir et la fin de non-recevoir soulevée par l'administration en défense doit être accueillie. Par suite, les conclusions à fin de décharge présentées par la SAS Immobilière Urbi et Orbi doivent être rejetées comme irrecevables.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de la SAS Immobilière Urbi et Orbi ne peut qu'être rejetée en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la SAS Immobilière Urbi et Orbi est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la SAS Immobilière Urbi et Orbi et à la directrice régionale des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris.

Le vice-président de la 2ème section,

J. SORIN

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2019019/2-

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