LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2020531

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2020531

vendredi 5 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2020531
TypeDécision
PublicationC
Formation5e Section - 1re Chambre
Avocat requérantCABINET LEMONNIER, DELION, GAYMARD, RISPAL (SCP)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 3 décembre 2020 et 18 novembre 2022 Mme B A, représentée par Me Taron, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite de rejet de sa demande indemnitaire ;

2°) de condamner la Bibliothèque nationale de France à lui verser la somme de 82 066,20 euros, assortie des intérêts à compter de la date de réception de sa demande indemnitaire préalable et de la capitalisation ;

3°) de mettre à la charge de la Bibliothèque nationale de France la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la Bibliothèque nationale de France (BNF) a commis des fautes dans la gestion de sa situation d'agent contractuel qui engagent sa responsabilité ;

- elle a méconnu les règles relatives au temps de travail ; il n'y a eu aucun report des excédents travaillés d'un mois sur l'autre ; cette situation est illégale, que l'on se place au niveau du contrat ou de la réglementation relative au temps de travail dans la fonction publique ;

- elle a méconnu ses droits à congés ;

- ses droits au supplément familial de traitement et à l'indemnité de résidence ont été méconnus ;

- l'administration a méconnu la législation sur les astreintes telle qu'elle résulte des dispositions de l'article 5 du décret n° 2000-815 du 25 août 2000, ainsi qu'au sein des administrations du ministère de la culture du décret n° 2007-646 du 30 avril 2007 ;

- elle a perdu une chance de voir sa situation évoluer ; ainsi, à l'exception d'une seule fois, elle n'a jamais bénéficié d'une réévaluation de sa rémunération en méconnaissance de l'article 1-3 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 ; elle n'a pu bénéficier de son droit à formation en méconnaissance du décret n° 2007-1942 du 26 décembre 2007 relatif à la formation professionnelle des agents non titulaires de l'Etat et de ses établissements publics ;

- ses conditions de travail dégradées ont généré des troubles dans ses conditions d'existence ;

- s'agissant de la prescription quadriennale opposée en vertu de la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968, elle peut être légitimement regardée, au regard de la jurisprudence, comme ignorant l'existence de sa créance.

Par des mémoires en défense enregistrés les 9 novembre 2022 et 9 décembre 2022, la présidente de la Bibliothèque nationale de France (BNF) conclut au rejet de la requête.

Elle conteste le bien-fondé des demandes de la requérante et si, le tribunal venait à estimer qu'elles sont fondées, entend faire valoir qu'une large partie des demandes de Mme A sont atteintes par l'exception de prescription quadriennale prévue au 1er alinéa de l'article 7 de la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968 relative à la prescription des créances sur l'Etat, les départements, les communes et les établissements publics.

Par ordonnance du 3 mars 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 20 mars 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968 ;

- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;

- le code civil ;

- le décret n° 84-972 du 26 octobre 1984 ;

- le décret n° 85-1148 du 24 octobre 1985 ;

- le décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 ;

- le décret n° 2000-815 du 25 août 2000 ;

- le décret n° 2007-646 du 30 avril 2007 ;

- le décret n° 2007-1942 du 26 décembre 2007 ;

- l'arrêté du 30 avril 2007 fixant les taux, le plafond de l'indemnisation et les modalités de compensation horaire des astreintes et des interventions au ministère de la culture et de la communication en application du décret n° 2007-646 du 30 avril 2007 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Kanté, première conseillère ;

- les conclusions de Mme Lambrecq, rapporteure publique ;

- et les observations de Mme A.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A a été engagée par la Bibliothèque nationale française (BNF) le 6 septembre 2006, par contrat passé en application de l'article 6-1° de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relative à la fonction publique d'Etat, pour une durée déterminée de trois ans, jusqu'au 31 août 2009, afin d'assurer les fonctions de régisseur au sein de la délégation à la diffusion culturelle, services des expositions, en vue de satisfaire un besoin permanent impliquant un service à temps incomplet, à raison de 110 heures par mois. Sa rémunération était fixée sur la base d'un taux horaire brut de 20 euros, somme couvrant toutes les sujétions (travail de nuit, le week-end et les jours fériés). Le 11 octobre 2006, un nouveau contrat était conclu, modifiant certaines dispositions venant compléter l'organisation de la durée effective du travail mensuelle lequel a été prolongé pour une durée de trois ans par un avenant du 4 juin 2009. Le 30 août 2012, en application de l'article 12 de la loi n° 2005-832 du 26 juillet 2005, à l'expiration d'une période de six années, son contrat a été transformé en contrat à durée indéterminée, les autres dispositions du contrat du 11 octobre 2006 demeurant inchangées. Le 31 juillet 2020, Mme A s'estimant victime de conditions de travail dégradées tenant notamment à une méconnaissance des règles relatives au temps de travail, de ses droits à congés, à une privation de l'indemnité de résidence et du supplément familial de traitement, une absence de compensation réelle des astreintes effectuées, une absence de toute réévaluation de sa rémunération dans les conditions fixées par la loi et un refus répété de formation qualifiante a sollicité de la BNF le versement d'une somme de 73 566,20 euros en indemnisation de ses préjudices. Sa demande ayant été implicitement rejetée, elle demande la condamnation de la BNF à lui verser la somme de 82 066,20 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis.

En ce qui concerne l'exception de prescription :

2. Aux termes de l'article 1er de la loi du 31 décembre 1968 relative à la prescription des créances sur l'Etat, les départements, les communes et les établissements publics : " Sont prescrites, au profit de l'Etat, des départements et des communes, sans préjudice des déchéances particulières édictées par la loi, et sous réserve des dispositions de la présente loi, toutes créances qui n'ont pas été payées dans un délai de quatre ans à partir du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle les droits ont été acquis. / Sont prescrites, dans le même délai et sous la même réserve, les créances sur les établissements publics dotés d'un comptable public. ". L'article 2 de cette loi précise : " La prescription est interrompue par : / Toute demande de paiement ou toute réclamation écrite adressée par un créancier à l'autorité administrative () ". Aux termes de l'article 3 de la même loi : " La prescription ne court ni contre le créancier qui ne peut agir, soit par lui-même ou par l'intermédiaire de son représentant légal, soit pour une cause de force majeure, ni contre celui qui peut être légitimement regardé comme ignorant l'existence de sa créance ou de la créance de celui qu'il représente légalement ".

3. Mme A sollicite la réparation de divers préjudices subis depuis son engagement du 6 septembre 2006, en qualité de régisseur au sein au sein de la délégation à la diffusion culturelle, services des expositions de la BNF. Il résulte cependant de l'instruction que la requérante n'a formé sa première demande indemnitaire préalable que le 31 juillet 2020. Il ne résulte pas de l'instruction qu'elle ait adressé, avant cette date, une quelconque demande de paiement à son employeur relative aux créances nées à compter de l'année 2006 dont elle se prévaut. En outre, eu égard aux informations contractuelles et réglementaires dont elle disposait en matière de ressources humaines relatives à la carrière des personnels de la BNF, Mme A ne pouvait utilement faire valoir qu'en raison de ses conditions de travail particulières, elle devait être regardée comme ayant légitimement ignoré l'existence de sa créance au sens de l'article 3 précité. Par suite, l'exception de prescription opposée par la BNF aux créances dont le fait générateur est antérieur au 1er janvier 2016 doit être accueillie.

Sur les conclusions indemnitaires :

4. Mme A agent public contractuel travaillant à temps non complet dont la situation professionnelle est régie par le décret du 17 janvier 1986 modifié portant dispositions applicables aux agents contractuels de l'Etat et de ses établissements publics et le décret du 25 août 2000 modifié relatif à l'aménagement et à la réduction du temps de travail dans la fonction publique d'Etat et de la magistrature, soutient que la BNF a commis des fautes dans la gestion de sa situation d'agent contractuel et que ces fautes engagent sa responsabilité.

En ce qui concerne les règles relatives au temps de travail :

5. Mme A rappelle qu'employée à temps non complet, son contrat prévoit un temps de travail mensuel de 110 heures ainsi que la possibilité de fluctuations, sans limitation autre que les nécessités de service, le temps de travail effectué au-delà de 110 heures par mois étant rattrapé le mois suivant dans la limite d'une semaine d'activité. Elle soutient cependant qu'il n'est pas rare que son temps de travail mensuel effectif atteigne 180 heures sans qu'il n'y ait aucun report des excédents travaillés d'un mois sur l'autre, ce qui méconnaît tant les stipulations de son contrat que la réglementation relative au temps de travail dans la fonction publique.

6. D'une part, il résulte de l'instruction qu'en vertu de son contrat, Mme A devait effectuer 968,94 heures de travail par an [(1607 x 91,45) / 151,67], sa durée effective de travail de 110 heures mensuelles d'où sont décomptées 14heures de droits à congés mensuels et 4 heures15 de compensation annuelle pour les jours fériés étant ramenée mensuellement à 91h45. Or, il apparaît que sur cette base, ainsi qu'il ressort du relevé de ses heures de travail de décembre 2017 à décembre 2019, directement issu du logiciel de pointage de la BNF dont il constitue une extraction, Mme A a effectué, 1013,97 h pour l'année 2018 soit un total de 45h03 mn en plus par rapport à la quotité de temps de travail attendue et 1 165,17 heures pour l'année 2019 soit 197 heures 03 minutes en sus de la quotité attendue. Toutefois, Mme A ne produit aucun relevé des heures effectuées au cours des années 2016 et 2017. Ainsi elle ne démontre pas avoir effectué d'heures supplémentaires au titre de ces années et reconnaît au demeurant que l'année 2020 doit être neutralisée en raison de la crise sanitaire liée au Covid-19.

7. D'autre part, il ne résulte pas de l'instruction que le contrat de travail de Mme A méconnaisse les dispositions du décret du 25 août 2000.

8. Par ailleurs, la circonstance qu'elle doive s'engager auprès d'autres employeurs pour s'assurer un revenu suffisant et que, de fait, une mobilisation prolongée sur le mois obère son employabilité, à la supposer établie, n'est pas constitutive d'une faute de nature à engager la responsabilité de la BNF.

9. Dans ces conditions, Mme A est seulement fondée à demander l'indemnisation du préjudice subi du fait de la méconnaissance par l'administration des stipulations de son contrat au cours des années 2018 et 2019, dès lors qu'il ne résulte pas de l'instruction que les 242 heures 06 (197h03 + 45h03) effectuées au-delà de la quotité de travail annuel attendue pour ces années aient donné lieu à récupération ou indemnisation.

En ce qui concerne les droits à congés :

10. Aux termes de l'article 10 du décret du 17 janvier 1986 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de l'Etat : " I.-L'agent contractuel en activité a droit, compte tenu de la durée de service effectué, à un congé annuel dont la durée et les conditions d'attribution sont identiques à celles du congé annuel des fonctionnaires titulaires prévu par le décret n° 84-972 du 26 octobre 1984 relatif aux congés annuels des fonctionnaires de l'Etat. ". Aux termes de l'article 1er du décret du 26 octobre 1984 : " Tout fonctionnaire de l'Etat en activité a droit, dans les conditions et sous les réserves précisées aux articles ci-après, pour une année de service accompli du 1er janvier au 31 décembre, à un congé annuel d'une durée égale à cinq fois ses obligations hebdomadaires de service. Cette durée est appréciée en nombre de jours effectivement ouvrés ". Et aux termes de l'article 3 de ce décret : " Le calendrier des congés définis aux articles 1er et 2 est fixé par le chef du service, après consultation des fonctionnaires intéressés, compte tenu des fractionnements et échelonnements de congés que l'intérêt du service peut rendre nécessaires. () ".

11. En l'espèce, il est constant que l'article 7 du contrat de Mme A stipule que les droits à congés annuels sont, compte tenu de sa situation d'employée à temps incomplet comme agent du service technique de la régie " calculés sur la base de 14 heures par mois d'activité, soit 168 heures par année complète équivalent ainsi à 33 jours ouvrables d'activité ".

12. Mme A soutient qu'elle n'est jamais en mesure de faire valoir ses droits à congés annuels, la BNF retranchant chaque mois ces jours de sa quotité de travail, soit 14 heures de travail par mois. Or, la BNF ne conteste pas la mise en place d'un tel système, qu'elle justifie par l'activité spécifique de la régie qui n'est possible que dans le cadre d'une programmation prévisionnelle annuelle. Elle indique cependant que, pour cette programmation, des " calendriers prévisionnels de congés " ont été communiqués aux agents et que Mme A n'a jamais présenté de demande de congés à son chef de service dans le cadre de la programmation. Les jours de congés non pris ont donc été décomptés de son temps de travail.

13. Si la spécificité des fonctions occupées par les agents de la régie peut justifier la mise en place d'un système particulier de décompte des congés de ces agents, la BNF n'en justifie pas en l'espèce. Pour autant, Mme A qui ne conteste pas avoir été " indemnisée " de ces jours de congés non pris par le décompte de ceux-ci de son temps de travail, n'établit pas avoir subi un préjudice de ce chef. Elle n'est dès lors pas fondée à se prévaloir d'une irrégularité dans le traitement de ses congés.

En ce qui concerne le droit au supplément familial de traitement et l'indemnité de résidence :

14. D'une part, aux termes de l'article 9 du décret du 24 octobre 1985 susvisé applicable notamment aux agents de l'Etat : " L'indemnité de résidence est allouée aux agents mentionnés à l'article 1er du présent décret titulaires d'un grade ou occupant un emploi auquel est directement attaché un indice de la fonction publique appartenant à l'une des catégories mentionnées à l'article 4 du présent décret. Cette indemnité est calculée sur la base de leur traitement soumis aux retenues pour pension, en fonction de l'un des taux fixés ci-après. () Les taux de l'indemnité de résidence sont fixés suivant les zones territoriales d'abattement de salaires telles qu'elles sont déterminées par l'article 3 du décret du 30 octobre 1962 susvisé [Décret n°62-1263 du 3/10/1962]- sans abattement 3%". D'autre part, aux termes de l'article 10 de ce décret : " Le droit au supplément familial de traitement, au titre des enfants dont ils assument la charge effective et permanente à raison d'un seul droit par enfant, est ouvert aux magistrats, aux fonctionnaires civils, aux militaires à solde mensuelle ainsi qu'aux agents de la fonction publique de l'Etat, de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière dont la rémunération est fixée par référence aux traitements des fonctionnaires ou évolue en fonction des variations de ces traitements, à l'exclusion des agents rétribués sur un taux horaire ou à la vacation ".

15. Il résulte de l'instruction, et en particulier l'article 5 du contrat de travail de Mme A, lequel ne fait aucunement référence à un emploi auquel est attaché directement un indice de la fonction publique dans le sens des dispositions de l'article 10 du décret n° 85-1148, ainsi que de ses bulletins de paie, que la rémunération de l'intéressée n'était pas fixée par référence aux traitements des fonctionnaires, ni n'était susceptible d'évoluer en fonction des variations de ces traitements. La requérante n'est donc pas fondée à demander, compte tenu de son mode de rétribution sur la base d'un taux horaire, l'indemnisation du préjudice qu'elle aurait subi à raison du défaut du versement du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence.

En ce qui concerne les astreintes :

16. Aux termes de l'article 5 du décret du 25 août 2000 précité : " Une période d'astreinte s'entend comme une période pendant laquelle l'agent, sans être à la disposition permanente et immédiate de son employeur, a l'obligation de demeurer à son domicile ou à proximité afin d'être en mesure d'intervenir pour effectuer un travail au service de l'administration, la durée de cette intervention étant considérée comme un temps de travail effectif. Des arrêtés du ministre intéressé, du ministre chargé de la fonction publique et du ministre chargé du budget, pris après consultation des comités techniques ministériels, déterminent les cas dans lesquels il est possible de recourir à des astreintes. Les modalités de leur rémunération ou de leur compensation sont précisées par décret. La liste des emplois concernés et les modalités d'organisation des astreintes sont fixées après consultation des comités techniques ". Par référence à l'arrêté du 30 avril 2007 fixant les taux, le plafond de l'indemnisation et les modalités de compensation horaire des astreintes et des interventions au ministère de la culture et de la communication en application du décret n° 2007-646 du 30 avril 2007, le montant de l'indemnisation d'une astreinte, sans intervention est de 82 euros pour un week-end.

17. Il résulte de l'instruction que Mme A, à l'instar d'autres agents a assuré, dans le cadre de permanences le week-end, pendant les périodes d'exposition, l'ouverture, la vérification et la maintenance systématique éventuelle des espaces d'exposition une heure avant l'ouverture au public. Toutefois, Mme A qui ne produit pas de planning de ses interventions le week-end ne démontre pas par les pièces qu'elle produit qu'elle aurait, en dehors des périodes d'exposition, assuré, des astreintes les samedis et dimanches. Elle n'est donc pas fondée à obtenir une indemnisation à ce titre.

En ce qui concerne la perte de chance de voir sa situation évoluer :

18. Aux termes de l'article 1-3 du décret du 17 janvier 1986 : " () La rémunération des agents employés à durée indéterminée fait l'objet d'une réévaluation au moins tous les trois ans, notamment au vu des résultats des entretiens professionnels prévus à l'article 1-4 ou de l'évolution des fonctions ".

19. Mme A soutient qu'en méconnaissance des dispositions précitées, jamais sa rémunération n'a été discutée par les services compétents de la BNF et que, compte tenu de la date de transformation de son contrat en contrat à durée indéterminée (soit en 2012), elle aurait dû voir celle-ci réévaluée en 2015 et 2018.

20. Toutefois l'administration, démontre par les pièces qu'elle produit, notamment les note et décision de rémunération des personnels de la régie pour les années 2017 et 2020 et les bulletins de salaire de Mme A pour la période de 2012 à 2016 que la rémunération de l'intéressée ainsi que celle de tous les agents de la régie a bien été revue au moins tous les 3 ans. Le taux horaire de rémunération de la requérante a ainsi été revalorisé à six reprises de 2012 à 2020. Mme A n'est donc pas fondée à demander l'indemnisation du préjudice subi au titre de la perte de chance de voir sa situation évoluer.

En ce qui concerne le droit à formation :

21. Il résulte de l'instruction et notamment du tableau des formations suivies par Mme A produit par le défendeur que des formations ont bien été mises en place pour la requérante au cours des années 2007 à 2018. Mme A en se bornant à alléguer sans établir qu'elles ne correspondent pas aux formations demandées ne démontre pas que des formations lui auraient été refusées et n'établit pas davantage la matérialité de ses demandes. Elle n'est donc pas fondée à soutenir que les dispositions du décret du 26 décembre 2007 relatif à la formation professionnelle des agents non titulaires de l'Etat et de ses établissements publics ont été méconnues et à obtenir une indemnisation à ce titre.

En ce qui concerne les troubles dans les conditions d'existence :

22. Si Mme A soutient que ses conditions de travail dégradées, " sources récurrentes d'interrogations et d'inquiétudes " ont généré des troubles dans ses conditions d'existence, elle n'établit pas la réalité de ce préjudice.

23. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A est seulement fondée à demander l'indemnisation du préjudice financier subi du fait de la méconnaissance par l'administration des stipulations de son contrat de travail au cours des années 2018 et 2019, Mme A ayant, pour ces années, effectué 242 heures et 6 minutes de travail non récupérées au-delà de la quotité de travail fixé par son contrat.

24. Dans les circonstances de l'espèce, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en condamnant la BNF à lui verser une indemnité de 4 842 euros, compte tenu du taux horaire forfaitaire mensuel de 20 euros prévu au contrat de l'intéressée.

Sur les intérêts et la capitalisation :

25. Mme A a droit aux intérêts au taux légal afférents à l'indemnité de 4 842 euros que la BNF est condamnée à lui verser, à compter du 5 août 2020, date de réception de sa réclamation préalable.

26. La capitalisation des intérêts a été demandée le 3 décembre 2020. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 3 décembre 2021, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.

Sur les frais liés au litige :

27. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la Bibliothèque nationale de France une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme A et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La Bibliothèque nationale de France est condamnée à verser à Mme A la somme de 4 842 euros avec intérêts au taux légal à compter du 5 août 2020. Les intérêts échus à la date du 3 décembre 2021 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.

Article 2 : la Bibliothèque nationale de France versera à Mme A une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la Bibliothèque nationale de France.

Délibéré après l'audience du 20 juin 2024, à laquelle siégeaient :

M. Ho Si Fat, président,

Mme Kanté, première conseillère,

M. Hélard, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2024.

La rapporteure,

C. KantéLe président,

F. Ho Si Fat

La greffière,

A. Louart

La République mande et ordonne à la ministre de la culture en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA75Plein contentieux

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2226519

Le Tribunal administratif de Paris rejette la demande indemnitaire de la société Le Quasimodo Notre-Dame, qui réclamait près de 1,74 million d'euros à l'État pour les préjudices économiques liés à l'incendie de la cathédrale. La juridiction estime que la société, exploitant un restaurant à proximité, n'était pas usagère de l'ouvrage public et n'a pas subi de dommage accidentel direct causé par celui-ci. Le jugement applique les principes de la responsabilité administrative sans faute pour dommages de travaux publics, mais les écarte en l'espèce.

02/04/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2312358

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête d'un agent public demandant l'annulation du refus de sa nomination à un poste d'expert juridique. Le tribunal a jugé que cette décision de rejet constituait une simple mesure d'ordre intérieur, car elle ne portait pas atteinte aux droits statutaires, à la rémunération ou aux perspectives de carrière de l'agent. Par conséquent, le recours pour excès de pouvoir a été déclaré irrecevable.

02/04/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2313750

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête d'un gardien de la paix contestant son placement en disponibilité d'office pour raison de santé. La juridiction a jugé la requête irrecevable car elle ne contenait aucun exposé de moyens, et ce défaut n'a pas été régularisé dans les délais. La décision s'appuie sur les dispositions de l'article R. 411-1 du code de justice administrative relatives aux conditions de saisine.

02/04/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2326202

Le Tribunal Administratif de Paris a examiné un recours pour excès de pouvoir visant l'annulation d'un arrêté ministériel portant tableau d'avancement à l'échelon spécial du grade de pharmacien général de santé publique. Le tribunal a annulé l'arrêté du 18 septembre 2023, considérant que l'administration avait méconnu les conditions posées par l'article 15 du décret n° 92-1432 du 30 décembre 1992, en y inscrivant des agents ne remplissant pas les critères statutaires requis pour cet avancement. Par voie de conséquence, les décisions individuelles de nomination prises sur le fondement de ce tableau sont également illégales.

02/04/2026

← Retour aux décisions