mercredi 29 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2021249 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | MICHALLON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 15 décembre 2020 et le 28 octobre 2021, la société Salsabor Formadance, représentée par Me Michallon, demande au tribunal de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée auxquels elle a été assujettie au titre de la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2018, pour un montant total, en droits et intérêts, de 169 371 euros.
Elle soutient que :
-la réponse aux observations du contribuable n'est pas suffisamment motivée ;
-la proposition de rectification n'est pas suffisamment motivée en droit et en fait ;
-l'administration n'a pas démontré sa mauvaise foi ;
-les pénalités ne sont pas suffisamment motivées ;
-les activités d'enseignement et de formation professionnelle doivent être exonérées de taxe sur la valeur ajoutée.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 7 mai 2021 et le 8 mars 2022, l'administrateur général des finances publiques de la direction spécialisée de contrôle fiscal Ile-de-France conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun moyen de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
-le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
-le rapport de Mme Dousset,
-et les conclusions de M. Guiader, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société Salsabor Formadance exerce une activité d'enseignement de danses salsa et afro-caribéennes à Paris. Elle a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2017, étendue jusqu'au 31 décembre 2018 en matière de taxe sur la valeur ajoutée. Par une proposition de rectification du 5 novembre 2019, le service lui a notifié des rappels de taxe sur la valeur ajoutée. La société Salsabor Formadance demande la décharge de ces rappels, en droits et intérêts.
Sur la régularité de la procédure :
2. Aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. () Lorsque l'administration rejette les observations du contribuable sa réponse doit également être motivée ".
3. D'une part, la proposition de rectification du 5 novembre 2019 mentionne le montant en base des redressements envisagés, les années d'imposition, la nature des rectifications opérées, et indique de manière détaillée les motifs de fait et de droit de chacune des rectifications ainsi que leurs conséquences financières. Elle est ainsi suffisamment motivée pour permettre à la société Salsabor Formadance de présenter ses observations de façon utile, ce que cette dernière ne conteste au demeurant pas sérieusement. D'autre part, la réponse aux observations du contribuable du 17 janvier 2020 rappelle, pour chaque redressement contesté, la position de la société Salsabor Formadance et apporte des réponses détaillées, en droit et en fait, aux observations de cette dernière. Dans ces conditions le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales doit être écarté.
Sur le bien-fondé des impositions :
4. Aux termes du I de l'article 256 du code général des impôts : " Sont soumises à la taxe sur la valeur ajoutée les livraisons de biens et les prestations de services effectuées à titre onéreux par un assujetti agissant en tant que tel ". Aux termes du premier alinéa de l'article 256 A du même code : " Sont assujetties à la taxe sur la valeur ajoutée les personnes qui effectuent de manière indépendante une des activités économiques mentionnées au cinquième alinéa, quels que soient le statut juridique de ces personnes, leur situation au regard des autres impôts et la forme ou la nature de leur intervention ". Il résulte toutefois des dispositions de l'article 261 de ce code que : " Sont exonérés de la taxe sur la valeur ajoutée : / 4 (Professions libérales et activités diverses) () 4° () b. les cours ou leçons relevant de l'enseignement scolaire, universitaire, professionnel, artistique ou sportif, dispensés par des personnes physiques qui sont rémunérées directement par leurs élèves ; () 7. (Organismes d'utilité générale) : () 1° a. les services de caractère social, éducatif, culturel ou sportif rendus à leurs membres par les organismes légalement constitués agissant sans but lucratif, et dont la gestion est désintéressée. () ".
5. Lors des opérations de contrôle, le service a constaté que la société Salsabor Formadance n'avait déclaré aucune taxe sur la valeur ajoutée pendant la période vérifiée, cette dernière estimant qu'elle pouvait bénéficier d'une exonération de taxe pour l'exercice de ses activités d'enseignement de danse et de formation professionnelle. Le service a admis qu'elle pouvait bénéficier de l'exonération de taxe sur la valeur ajoutée pour les activités de formation professionnelle. La société soutient que ses activités d'enseignement de danses afro-caribéennes devaient également être exonérées de taxe sur la valeur ajoutée.
6. Il résulte des dispositions précitées de l'article 261 du code général des impôts que les activités d'enseignement sportif ne peuvent être exonérées de taxe sur la valeur ajoutée que dans l'hypothèse où elles sont dispensées par des personnes physiques rémunérées directement par leurs élèves, ce qui n'est pas le cas en l'espèce, ou lorsqu'elles peuvent être regardées comme des services rendus à leurs membres par des organismes agissant sans but lucratif et dont la gestion est désintéressée. La société Salsabor Formadance se prévaut du fait que son activité d'enseignement des danses afro-caribéennes est basée sur le modèle associatif et qu'elle est, de fait, à but non lucratif. Toutefois, alors qu'elle a pris la forme d'une société, elle ne peut être regardée comme un organisme agissant sans but lucratif et à gestion désintéressée. Par suite, elle n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que l'administration a estimé que l'activité d'enseignement de danses afro-caribéennes constituait une activité économique exercée à titre onéreux et devant être soumise à la taxe sur la valeur ajoutée.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin de décharge présentées par la société Salsabor Formadance doivent être rejetées.
Sur les pénalités :
8. Aux termes de l'article L. 80 D du livre des procédures fiscales : " Les décisions mettant à la charge des contribuables des sanctions fiscales sont motivées au sens des articles L. 211-2 à L. 211-7 du code des relations entre le public et l'administration, quand un document ou une décision adressés au plus tard lors de la notification du titre exécutoire ou de son extrait en a porté la motivation à la connaissance du contribuable. () " et aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré ; () ".
9. Il résulte de l'instruction que le service n'a pas appliqué la majoration de 40 % pour manquement délibéré prévue au a) de l'article 1729 du code général des impôts mais uniquement des intérêts de retard prévus à l'article 1727 du même code, qui ne constituent pas une sanction au sens de l'article L. 80 D du livre des procédures fiscales. Par suite les moyens tirés de la méconnaissance de cet article et de l'article 1729 du code général des impôts doivent être écartés comme inopérants.
10. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la société Salsabor Formadance doit être rejetée.
D E C I D E
Article 1er : La requête de la société Salsabor Formadance est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Salsabor Formadance et à l'administrateur général des finances publiques de la direction spécialisée de contrôle fiscal Ile-de-France.
Délibéré après l'audience du 8 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Rohmer, président,
Mme Dousset, première conseillère,
M. Lenoir, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 novembre 2023.
La rapporteure,
A. DOUSSET
Le président,
B. ROHMER
La greffière,
S. CAILLIEU-HELAIEM
La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé des comptes publics, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/1-3
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2317492
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté les demandes de la SARL 42 Consulting visant à obtenir la restitution du crédit d'impôt recherche pour les années 2019 et 2020. La juridiction a estimé que la société n'avait pas apporté la preuve que les projets litigieux remplissaient les conditions scientifiques et techniques d'éligibilité prévues par l'article 244 quater B du code général des impôts. Elle a également jugé non fondés les griefs relatifs à une irrégularité de la procédure administrative.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2409280
Le Tribunal administratif de Paris a rejeté la demande de décharge d'impôt sur la plus-value immobilière présentée par Mme A... pour l'année 2020. Le litige portait sur l'interprétation de la condition d'exonération prévue au 1° bis du II de l'article 150 U du code général des impôts, concernant la première cession d'un logement autre que la résidence principale. Le tribunal a jugé que le fait que la requérante ait été propriétaire de son ancienne résidence principale dans les quatre années précédant la vente faisait obstacle au bénéfice de l'exonération, et ce, même si ce bien n'était plus son domicile au moment de la cession.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2420874
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé la décision implicite de rejet d'une demande de titre de séjour formulée par un ressortissant sénégalais. La juridiction a jugé que le préfet de police avait méconnu l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en ne tenant pas compte de l'ancienneté de la présence du requérant en France et de son insertion professionnelle continue. Le tribunal a enjoint à l'administration de délivrer un titre de séjour "salarié" dans un délai de trois mois et une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours, et a condamné l'État à verser 1 000 euros au requérant au titre des frais exposés.
01/04/2026
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Le Tribunal Administratif de Paris a annulé la décision implicite de rejet d'une demande de titre de séjour. Le juge a constaté que l'administration n'avait pas répondu à la demande de communication des motifs de son refus implicite, ce qui constitue une illégalité. Cette solution s'appuie sur les articles L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration et R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/04/2026