mardi 7 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2101955 |
| Type | Décision |
| Formation | 4e Section - 3e Chambre - R.222-13 |
| Avocat requérant | GIORNO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 janvier 2021, Mme C, représentée par Me Giorno, demande au tribunal de condamner l'État à lui verser une indemnité de 7 000 euros, en réparation des préjudices résultant de son absence de relogement ;
Elle soutient que :
- la responsabilité de l'État est engagée sur le fondement de l'article L. 300-1 du code de la construction et de l'habitation dès lors qu'elle n'a reçu aucune offre de relogement alors qu'elle a été reconnue prioritaire par une décision de la commission de médiation ;
- elle subit des troubles dans ses conditions d'existence du fait de la carence fautive de l'État à la reloger.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 novembre 2020.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Lorsqu'une personne a été reconnue comme prioritaire et comme devant être hébergée d'urgence par une décision d'une commission de médiation, en application des dispositions du III de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, la carence fautive de l'État à exécuter cette décision dans le délai imparti engage sa responsabilité à l'égard du seul demandeur, au titre des troubles dans les conditions d'existence résultant du maintien de la situation qui a motivé la décision de la commission. Ces troubles doivent être appréciés en fonction des conditions d'hébergement qui ont perduré du fait de la carence de l'État, de la durée de cette carence et du nombre de personnes composant le foyer du demandeur pendant la période de responsabilité de l'État, qui court à compter de l'expiration du délai de six semaines à compter de la décision de la commission de médiation que les dispositions de l'article R. 441-18 du code de la construction et de l'habitation impartissent au préfet pour provoquer une offre d'hébergement.
2. Mme C, qui a présenté une demande de logement social sur le fondement de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, a été reconnue prioritaire et devant être relogée en urgence par une décision du 7 novembre 2014 de la commission de médiation du département de Paris au motif qu'elle devait être accueillie dans une structure d'hébergement, un logement de transition, un logement-foyer ou une résidence hôtelière à vocation sociale. Le préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris n'a pas proposé à Mme C un hébergement dans le délai de six semaines imparti par le code de la construction et de l'habitation à compter de l'édiction de la décision de la commission de médiation. Cette carence est constitutive d'une faute de nature à engager la responsabilité de l'État à compter du 19 décembre 2014 à l'égard de Mme C.
3. Il résulte de l'instruction que la situation qui a motivé la décision de la commission de médiation persiste, Mme C continuant d'occuper une chambre d'hôtel. En outre, ce logement est dépourvu de confort, il ne dispose pas de cuisine ce qui oblige Mme C à prendre ses repas à l'extérieur. Eu égard au caractère temporaire d'un tel hébergement et aux contraintes qui y sont liées, Mme C subit nécessairement des troubles dans ses conditions d'existence, quand bien même le logement n'est pas insalubre. Compte tenu de ces conditions de logement, qui perdurent du fait de la carence de l'État, de la durée de cette carence, les troubles de toute nature subis par Mme C dans ses conditions d'existence, justifient la condamnation de l'Etat à lui verser une indemnité de 6 500 euros, tous intérêts compris à la date de lecture du présent jugement.
D E C I D E :
Article 1er : L'État est condamné à verser à Mme C une indemnité de 6 500 euros.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et à Me Giorno.
Copie en sera adressée au préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 novembre 2023.
Le magistrat désigné,
J-F A La greffière,
A. GUILLOU
La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2427371
Le Tribunal administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... dirigée contre la décision du 16 mai 2024 par laquelle la commission de médiation de Paris a déclaré sans objet sa demande de reconnaissance du caractère prioritaire et urgent de son logement social. Le tribunal a relevé que M. A... avait déjà obtenu cette reconnaissance par une décision du 25 novembre 2020, et que la décision attaquée ne remettait pas en cause ce bénéfice. En l'absence d'élément nouveau, la requête a été jugée irrecevable pour défaut d'intérêt à agir, sur le fondement des dispositions du code de la construction et de l'habitation.
09/12/2025
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2430512
Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi par M. A... et Mme C... d’un recours en excès de pouvoir contre la décision du 4 avril 2024 par laquelle la commission de médiation du département de Paris a refusé de reconnaître le caractère prioritaire et urgent de leur demande de logement social, au motif que l’insalubrité et l’indécence du logement n’étaient pas démontrées par des pièces administratives. Le tribunal a rejeté la fin de non-recevoir soulevée par le préfet, la décision attaquée ayant bien été produite. Sur le fond, il a annulé la décision de la commission, estimant que celle-ci avait commis une erreur de droit en exigeant la production d’un rapport d’autorité administrative pour établir l’insalubrité, alors que d’autres éléments pouvaient être pris en compte, et qu’elle avait également omis de statuer sur le moyen tiré de la suroccupation du logement. La solution retenue est fondée sur les dispositions du II de l’article L. 441-2-3 du code de la construction et de l’habitation.
09/12/2025
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2433968
Le Tribunal Administratif de Paris, statuant en formation de juge unique, a annulé la décision du 12 décembre 2024 par laquelle la commission de médiation du département de Paris avait refusé de reconnaître le caractère prioritaire et urgent de la demande de logement social de M. B.... Le tribunal a jugé que la commission avait commis une erreur d'appréciation en estimant que la situation de M. B..., hébergé à l'hôtel et dépourvu de logement, ne présentait pas un caractère d'urgence. La solution retenue s'appuie sur les dispositions du II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation.
09/12/2025
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2506532
Le Tribunal administratif de Paris était saisi d’un recours pour excès de pouvoir par Mme C... contre le refus implicite de la commission de médiation de Paris de reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement social, sur le fondement de l’article L. 441-2-3 du code de la construction et de l’habitation. Postérieurement à l’introduction de la requête, la commission a rendu une décision favorable le 20 mars 2025, reconnaissant Mme C... comme prioritaire et devant être logée d’urgence. Le tribunal a constaté que les conclusions de la requête étaient devenues sans objet et a prononcé un non-lieu à statuer.
09/12/2025