jeudi 20 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2103408 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET GARRIGUES, BEAULAC ASSOCIES (AARPI) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 18 février 2021, le 31 mars 2022, le 30 juin 2022 et le 29 septembre 2022, Mme A D, représentée par Me Eyrignoux, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision par laquelle le président du Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC) a rejeté implicitement le 17 janvier 2021 sa demande tendant au bénéfice de la protection fonctionnelle ;
2°) de condamner le CNC à lui verser la somme de 38 660 euros en réparation de ses préjudices résultant du refus de lui accorder le bénéfice de la protection fonctionnelle et du harcèlement moral subi ;
3°) de mettre à la charge du CNC la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision implicite de rejet attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;
- la décision attaquée méconnaît l'article 11 de la loi du 13 juillet 1983 dès lors qu'elle a été victime de harcèlement moral au travail de la part de sa supérieure hiérarchique dans la mesure où celle-ci a remis en cause ses qualités professionnelles et a exercé une pression constante sur elle, tout en manifestant un comportement " lunatique et colérique ", et où cette situation a eu pour effet de dégrader ses conditions de travail en portant atteinte à sa dignité et en altérant sa santé physique et mentale, alors qu'aucun motif d'intérêt général ne faisait obstacle à l'octroi de la protection fonctionnelle ;
- ce harcèlement moral et le refus du CNC de lui accorder le bénéfice de la protection fonctionnelle sont constitutives de fautes de nature à engager la responsabilité de cet établissement ;
- elle a droit à la somme de 20 000 euros au titre de son préjudice moral, à la somme de 15 000 euros au titre de ses troubles dans les conditions d'existence et à la somme de 3 660 euros au titre de son préjudice financier lié à une perte de complément indemnitaire annuel.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 15 février 2022, le 31 mai 2022, le 5 septembre 2022 et le 20 octobre 2022, le CNC conclut :
1°) au rejet de la requête ;
2°) à la mise à la charge de Mme D de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les conclusions indemnitaires sont irrecevables faute d'être dirigées contre la décision les rejetant explicitement ;
- elles sont partiellement irrecevables dès lors que Mme D n'a pas indiqué dans son recours indemnitaire préalable que les sommes réclamées étaient à parfaire et que les préjudices allégués, à les supposer réels, n'ont pas été aggravés ;
- les moyens soulevés par Mme D ne sont pas fondés ;
- aucune faute de nature à engager la responsabilité du CNC n'est établie ;
- les troubles dans les conditions d'existence ne sont pas établis ni dans leur principe, ni dans leur montant ;
- la baisse du complément indemnitaire annuel est justifiée.
Par ordonnance du 21 octobre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 15 novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Delesalle,
- les conclusions de M. Cicmen, rapporteur public,
- les observations de Me Eyrignoux, représentant Mme D,
- et les observations de Me Boukila, représentant le CNC.
Une note en délibéré, enregistrée le 29 mai 2024, a été présentée pour Mme D par Me Eyrignoux.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D, agente contractuelle entrée en 1993 au service laboratoire-restauration de la direction du patrimoine cinématographique du Centre national de la cinématographie, devenu Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC), a été promue, en dernier lieu, le 1er avril 2018, cheffe du département en charge de la fabrication au sein du service. A compter du 2 janvier 2019, son supérieur hiérarchique, le chef du service laboratoire-restauration, a été remplacé par Mme C et, le climat professionnel au sein du service s'est rapidement dégradé. Par un courrier du 17 novembre 2020, reçu le même jour, Mme D a demandé au CNC le bénéfice de la protection fonctionnelle en raison du harcèlement moral dont elle s'estimait victime de la part de sa supérieure hiérarchique directe, ainsi qu'un changement d'affectation. Sa demande a été implicitement rejetée le 17 janvier 2021. Par une lettre du 16 février 2021, elle a demandé à son employeur de l'indemniser de divers préjudices subis à raison de cette situation à hauteur de 21 830 euros, ce que ce dernier a refusé de faire par une décision du 15 avril 2021, reçue le 19 avril suivant. Par la présente requête, Mme D demande au tribunal d'annuler le refus implicite de lui accorder la protection fonctionnelle et de condamner le CNC à lui verser la somme de 38 660 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis.
Sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision du 17 janvier 2021 :
En ce qui concerne la légalité externe :
2. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () / 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; () ". Aux termes de l'article L. 232-4 du même code : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. / Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués ".
3. Il ressort des pièces du dossier que Mme D a demandé le 11 février 2021 la communication des motifs de la décision implicite lui refusant le bénéfice de la protection fonctionnelle et que le CNC lui a répondu par un courrier du 12 mars 2021. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
En ce qui concerne la légalité interne :
S'agissant du cadre juridique applicable :
4. Lorsqu'un agent public est mis en cause par un tiers à raison de ses fonctions, il incombe à la collectivité publique dont il dépend de le couvrir des condamnations civiles prononcées contre lui, dans la mesure où une faute personnelle détachable du service ne lui est pas imputable, de lui accorder sa protection dans le cas où il fait l'objet de poursuites pénales, sauf s'il a commis une faute personnelle, et, à moins qu'un motif d'intérêt général ne s'y oppose, de le protéger contre les menaces, violences, voies de fait, injures, diffamations ou outrages dont il est l'objet.
5. Si la protection résultant du principe rappelé au point précédent n'est pas applicable aux différends susceptibles de survenir, dans le cadre du service, entre un agent public et l'un de ses supérieurs hiérarchiques, il en va différemment lorsque les actes du supérieur hiérarchique sont, par leur nature ou leur gravité, insusceptibles de se rattacher à l'exercice normal du pouvoir hiérarchique.
6. Aux termes de l'article 11 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, alors en vigueur : " () / IV.- La collectivité publique est tenue de protéger le fonctionnaire contre les atteintes volontaires à l'intégrité de la personne, les violences, les agissements constitutifs de harcèlement, les menaces, les injures, les diffamations ou les outrages dont il pourrait être victime sans qu'une faute personnelle puisse lui être imputée. Elle est tenue de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est résulté ". Aux termes du premier alinéa de l'article 6 quinquies de la même loi : " Aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel ".
7. Il appartient à l'agent public qui soutient avoir été victime de faits constitutifs de harcèlement moral, lorsqu'il entend contester le refus opposé par l'administration dont il relève à une demande de protection fonctionnelle fondée sur de tels faits de harcèlement, de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles d'en faire présumer l'existence. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile. Pour apprécier si des agissements dont il est allégué qu'ils sont constitutifs d'un harcèlement moral revêtent un tel caractère, le juge administratif doit tenir compte des comportements respectifs de l'agent auquel il est reproché d'avoir exercé de tels agissements et de l'agent qui estime avoir été victime d'un harcèlement moral.
S'agissant de l'application en l'espèce :
8. Il ressort des pièces du dossier qu'à compter du mois de janvier 2019, Mme D a travaillé comme cheffe du département en charge de la fabrication sous l'autorité hiérarchique de Mme C à la suite de la nomination de celle-ci comme cheffe du service laboratoire-restauration dans le cadre de sa réorganisation. Le service comportait seize personnes, dont huit affectées au département fabrication et plusieurs alertes auprès de la direction du CNC dès le 14 mai 2019 en raison des conditions de travail. Le CNC a décidé au mois de juin 2019 d'organiser un audit confié à un cabinet spécialisé qui a restitué ses travaux le 13 novembre 2019 au service, lequel a fait l'objet d'une nouvelle réorganisation au mois de juillet 2020. Mme D a de son côté été placée en arrêt maladie à partir du 5 octobre 2019 pour une période totale de quatre-vingt-huit jours jusqu'à sa demande de protection fonctionnelle du 17 novembre 2020, et a de nouveau été arrêtée à partir de cette date jusqu'au 22 février 2021, ayant alors repris son activité dans le cadre d'un temps partiel thérapeutique. Mme D soutient qu'elle a été victime de harcèlement moral de la part de Mme C dans la mesure où celle-ci a remis en cause ses qualités professionnelles, ce qui a notamment eu pour effet d'affecter son image, et a exercé une pression constante sur elle, ce qui a eu en particulier pour conséquence de désorganiser le service et d'empiéter sur les temps de repos des agents, tout en manifestant un comportement " lunatique et colérique ", et que cette situation a eu pour effet de dégrader ses conditions de travail en portant atteinte à sa dignité et en altérant sa santé physique et mentale.
9. En premier lieu, Mme D allègue que Mme C a remis en cause son organisation et l'a mise à l'écart. Toutefois, si un point quotidien de dix minutes ayant pour objet de vérifier l'accomplissement du travail qui lui était demandé a été mis en place par Mme C au mois de juin 2019, ainsi qu'il ressort d'un courriel du 19 juin 2019, et s'il ressort d'un échange de courriels aux mois de mai et juin 2019, que celle-ci contrôle de manière approfondie et détaillée le travail des agents du département, une telle manière d'encadrer ne saurait relever, par elle-même, d'un exercice anormal du pouvoir hiérarchique. Si Mme D allègue par ailleurs que la révision du planning des tâches du département par Mme C le9 juillet 2019, une semaine après son départ en congé, pendant la période estivale de l'année 2019 traduit sa mise à l'écart, cette modification, qui ne s'est produite qu'à une reprise, et alors que Mme D était en copie du courriel de Mme C du 9 juillet 2019 modifiant le planning prévu pour l'été compte tenu des " congés des uns et des autres et des délais impartis ", ne saurait, par elle-même, traduire sa mise à l'écart et relève de l'exercice normal du pouvoir hiérarchique, compte tenu par ailleurs de la nécessité d'adapter l'organisation du service aux contraintes du secteur d'activité ainsi que le CNC le fait valoir. Si Mme D reproche également à Mme C de s'être adressée directement aux agents de son département sans l'en informer ou la mettre en copie de ses courriels, difficulté qu'elle a exprimé auprès de sa cheffe de service dans un échange de courriel au mois de novembre 2019, il ne ressort toutefois pas des pièces du dossier que cette façon de manager son service serait systématique et appuyée sur des faits précis et répétés. Si, par ailleurs, selon une attestation rédigée le 14 janvier 2022 par un ancien chargé de mission conservation numérique à la direction du patrimoine du 1er juillet 2020 au 12 janvier 2022, Mme C aurait présenté en rendez-vous extérieur Mme D comme " la chargée des plannings ", et non comme la cheffe du département, alors que la planification des travaux ne constituait que l'une de ses tâches, cet élément de fait est décrit hors de tout élément de contexte et présente un caractère isolé ne permettant pas de laisser présumer un harcèlement moral.
10. En deuxième lieu, la validation tardive des congés des agents et sous condition d'un travail fini, si elle marque un management de Mme C qui pourrait apparaître critiquable s'agissant du premier aspect, ne constitue pas un élément de fait laissant présumer un harcèlement moral à l'encontre de Mme D.
11. En troisième lieu, si Mme D reproche à Mme C de ne pas être équitable sur la répartition des tâches des chargés de restauration, cette seule circonstance ne saurait être regardée, par-elle-même, comme un élément de fait laissant présumer un harcèlement moral et comme ne relevant pas de l'exercice normal du pouvoir hiérarchique. Il en va de même des autres reproches faits par Mme D à Mme C, de remplacer les agents sur certaines missions, ou de leur reprocher leur absence et leur temps de pause.
12. En quatrième lieu, la circonstance alléguée par la requérante que Mme C ait modifié ses injonctions, la mettant en porte à faux vis-à-vis de son équipe, ou qu'elle n'ait jamais donné suite ses propositions, n'est étayée d'aucun fait précis permettant de la retenir comme un élément de fait laissant présumer un harcèlement moral. En outre, la circonstance alléguée qu'ait régné une ambiance nocive au sein du service, poussant les agents à être placés en arrêts maladie ou à solliciter également le bénéfice de la protection fonctionnelle, ne peut davantage être retenue comme un élément de fait laissant présumer un harcèlement moral à l'encontre de Mme D. La demande de Mme C aux agents de ne plus solliciter la responsable de la chimie et du développement ne concerne pas spécifiquement Mme D. La désorganisation du travail alléguée par Mme D, en ôtant toute initiative aux agents et en les montant les uns contre les autres, les mettant en compétition est trop générale et n'est pas étayée par des faits précis laissant présumer un harcèlement moral à l'encontre de la requérante.
13. En cinquième lieu, Mme D allègue que ses temps de repos ne sont pas respectés et que Mme C la sollicite les samedis et dimanches. S'il résulte de l'instruction, et notamment des messages échangés aux mois de mai et juin 2019, que Mme D a pu être sollicitée le samedi et le dimanche, pour une réponse attendue dans ces jours de repos, et qu'elle a posé une limite à cette pratique au mois de mai 2020, ces attentes étaient strictement professionnelles et portaient sur l'organisation du travail le lundi matin. Ces sollicitations, pour regrettables qu'elles soient, étaient par suite étrangères à tout harcèlement moral alors, par ailleurs, que l'utilisation de WhatsApp s'est faite en partie dans le contexte du confinement intervenu à compter du mois de mars 2020, et découle de la politique du CNC dans cette période particulière ainsi que celui-ci le relève. Si Mme D soutient que Mme C a pu qualifier de " congé " ses arrêts maladie, cette circonstance, outre qu'elle peut résulter d'un malentendu, n'est pas établie par les pièces du dossier.
14. En dernier lieu, si Mme D soutient que Mme C est une personne " lunatique et colérique ", à l'humeur inconstante, elle ne laisse pas présumer ainsi, notamment par l'absence de relation de faits circonstanciés, un harcèlement moral à son encontre.
15. Il résulte de ce qui précède que les éléments de fait présentés par Mme D ne permettent pas de présumer l'existence d'agissements répétés constitutifs d'un harcèlement moral à son encontre. Par suite, c'est sans erreur d'appréciation que le CNC a pu refuser de lui accorder le bénéfice de la protection fonctionnelle prévue par les dispositions du IV de l'article 11 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
16. Il résulte de ce qui a été dit aux points 4 à 15 que les conclusions de Mme D tendant à la condamnation du CNC à lui verser une somme à raison de l'illégalité du refus de lui accorder le bénéfice de la protection fonctionnelle du fait du harcèlement moral subi de la part de Mme C et à raison de ce harcèlement moral lui-même doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense.
Sur les frais liés au litige :
17. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la CNC au titre des frais exposés par Mme D et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme D la somme demandée au titre des frais exposés par le CNC et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du Centre national du cinéma et de l'image animée présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D et au Centre national du cinéma et de l'image animée.
Délibéré après l'audience du 23 mai 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Delesalle, président,
- M. Pény, premier conseiller,
- M. Doan, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2024.
Le président-rapporteur,
H. Delesalle
L'assesseur le plus ancien,
A. PényLa greffière,
A. Cardon
La République mande et ordonne à la ministre de la culture, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/6-3
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2525597
**Sujet principal** : La requérante, une ressortissante salvadorienne, demande l'annulation du rejet implicite de sa demande de titre de séjour et l'injonction au préfet de police de lui délivrer un titre. **Juridiction** : Le Tribunal Administratif de Paris (6e Section - 3e Chambre). **Solution retenue** : Le tribunal rejette la requête. Il estime que la requête dirigée contre un rejet implicite est irrecevable, car un refus exprès (un arrêté du 25 mars 2025) avait déjà été notifié. Le tribunal considère que les moyens au fond, invoquant notamment les articles L. 423-23, L. 435-1 et L. 435-4 du CESEDA, ne sont pas de nature à justifier la délivrance d'un titre. **Textes appliqués** : Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), notamment ses articles L. 423-23, L. 435-1 et L. 435-4, ainsi que le code de justice administrative.
02/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2524412
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A..., un ressortissant algérien, qui contestait les décisions du préfet du Val-de-Marne l'obligeant à quitter le territoire français sans délai et lui interdisant le retour pour douze mois. La juridiction a estimé que l'arrêté préfectoral était suffisamment motivé et fondé sur un examen sérieux de la situation personnelle de l'intéressé, qui était entré et séjournait irrégulièrement en France. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que sur la Convention européenne des droits de l'homme et l'accord franco-algérien de 1968.
19/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2414908
Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi d'un recours en excès de pouvoir concernant la responsabilité de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris pour une infection nosocomiale survenue après une intervention chirurgicale. La juridiction a reconnu la responsabilité de l'établissement et a procédé à une évaluation des préjudices du requérant, en se fondant notamment sur une expertise médicale ordonnée par le tribunal. La décision implicite de rejet de la demande d'indemnisation est annulée, et l'AP-HP est condamnée à verser une indemnité, dont le montant est déterminé par le tribunal en application des principes de responsabilité administrative.
19/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2419249
Le Tribunal administratif de Paris a rejeté comme irrecevable la requête de M. B... visant à annuler le refus de renouvellement de sa carte professionnelle d'agent de sécurité privée. La juridiction a jugé que le recours contre la décision implicite de rejet était devenu sans objet, une décision expresse de rejet ayant été prise avant l'introduction de la requête et le recours contre cette dernière ayant fait l'objet d'un désistement. Le tribunal s'est fondé sur les règles de procédure du code de justice administrative pour constater l'irrecevabilité, sans avoir à examiner le fond du litige.
19/03/2026