mercredi 18 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2106387 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | EIZAGA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 26 mars 2021 et les 12 mai, 26 juin et 28 août 2023, M. F Q demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 18 décembre 2020 par lequel la directrice générale du Centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière (CNG) a inscrit, à compter du 1er janvier 2021, les élèves-directeurs d'établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux à l'Ecole des hautes études de santé publique sur la liste d'aptitude, ainsi que les certificats d'aptitude aux fonctions de directeur d'établissement ou de service d'intervention sociale délivrés à ces derniers par le directeur de l'Ecole des hautes études en santé publique au nom de l'Etat et les arrêtés par lesquels la directrice générale du Centre national de gestion a titularisé et nommé les intéressés ;
2°) de rejeter l'ensemble des demandes présentées à titre principal, subsidiaire et infiniment subsidiaire par le CNG ;
3°) de rejeter l'ensemble des demandes présentées à titre principal et subsidiaire par le ministre de la santé et de la prévention ;
4°) de rejeter l'ensemble des demandes présentées à titre principal et subsidiaire par Mme K, Mme U, Mme M, Mme E, Mme R, Mme X, Mme I, Mme J, M. V, Mme W et Mme C ;
5°) d'assortir l'injonction d'une astreinte définitive dont il plaira à la juridiction de fixer le montant ainsi que la date d'effet ;
6°) de mettre à la charge du ministre chargé de la santé la somme de 4 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens ;
7°) de mettre à la charge de Mme K, Mme U, Mme M, Mme E, Mme R, Mme X, Mme I, Mme J, M. V, Mme W et Mme C la somme de 4 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
M. Q soutient que :
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 18 décembre 2020 :
-ces conclusions sont recevables dès lors qu'il a respecté le délai du recours contentieux ;
-il a intérêt pour agir pour demander l'annulation de cet arrêté ;
-l'annulation de la délibération du 28 novembre 2018 du jury du concours externe d'accès au cycle de formation des élèves-directeurs d'établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux ouvert au titre de l'année 2018 et de l'arrêté du 11 février 2019 par lequel la directrice générale du CNG a nommé les élèves-directeurs d'établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux à l'Ecole des hautes études en santé publique à compter du 1er janvier 2019 implique, par voie de conséquence, l'annulation de l'arrêté litigieux ;
Sur les conclusions à fin d'annulation des arrêtés portant titularisation et nomination des élèves-directeurs d'établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux :
-elles sont recevables, dès lors qu'il n'est pas établi que ces arrêtés ont été publiés et que la communication de ces décisions lui a été refusée ;
-il a intérêt pour agir pour demander l'annulation de ces arrêtés ;
-l'annulation de la délibération du 28 novembre 2018 et de l'arrêté du 11 février 2019 implique, par voie de conséquence, l'annulation des arrêtés litigieux ;
Sur les conclusions à fin d'annulation des certificats d'aptitude aux fonctions de directeur d'établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux :
-elles sont recevables dès lors qu'il n'est pas établi que ces certificats ont été publiés et qu'il n'a pas été en mesure de les produire ;
-il a intérêt pour agir pour demander l'annulation de ces certificats ;
-l'annulation de la délibération du 28 novembre 2018 et de l'arrêté du 11 février 2019 implique, par voie de conséquence, l'annulation des certificats litigieux ;
Sur les demandes présentées par le CNG, le ministre de la santé et de la prévention et Me Eizaga :
-l'annulation des décisions attaquées n'aura pas des conséquences manifestement excessives ;
-la modulation dans le temps de l'effet de l'annulation de la délibération du 28 novembre et de l'arrêté du 11 février 2019 ne peut être prononcée.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 7 avril, 2 juin et 13 juillet 2023, la présidente du Centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière conclut :
1°) à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête ;
2°) à titre subsidiaire, au rejet au fond de la requête ;
3°) à titre infiniment subsidiaire, à ce que l'éventuelle annulation des décisions attaquées ne prenne effet qu'à une date ultérieure au 1er juillet 2024.
Elle soutient que :
-M. Q n'a pas intérêt à agir contre les décisions attaquées ;
-aucun moyen de la requête n'est fondé ;
-l'annulation des décisions en litige aurait des conséquences manifestement excessives sur la situation des 39 agents concernés et pour l'intérêt général, ces derniers étant en poste.
Par des mémoires en intervention, enregistrés les 12 juillet et 26 septembre 2023, Mme A K, Mme D U, Mme N M, Mme S E, Mme A R, Mme O X, Mme H I, Mme T J, M. B V, Mme L W et Mme G C, représentés par Me Eizaga, demandent au tribunal :
1°) à titre principal, de rejeter la requête de M. Q ;
2°) à titre subsidiaire, de différer l'annulation des décisions attaquées à une date postérieure au jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de M. Q la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
-M. Q n'a pas produit l'ensemble des décisions attaquées en méconnaissance de l'article R. 412-1 du code de justice administrative ;
-il n'a pas intérêt à agir contre les décisions attaquées ;
-aucun moyen de la requête n'est fondé ;
-l'annulation des décisions en litige porterait atteinte au principe de continuité du service public.
Par un mémoire en intervention, enregistré le 21 juillet 2023, le ministre de la santé et de la prévention conclut, à titre principal, au rejet de la requête et, à titre subsidiaire, à ce qu'il soit dérogé au principe d'effet rétroactif des annulations contentieuses.
Il soutient que :
-M. Q n'a pas intérêt à agir ;
-aucun moyen de la requête n'est fondé ;
-l'annulation des décisions attaquées aurait des conséquences manifestement excessives sur la situation de 39 directeurs d'établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux qui ont pris leurs fonctions le 1er janvier 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-le code de l'éducation ;
-le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
-le rapport de Mme Dousset,
-les conclusions de M. Guiader, rapporteur public,
-les observations de Me Eizaga, représentant Mme K, Mme U, Mme M, Mme E, Mme R, Mme X, Mme I, Mme J, M. V, Mme W et Mme C ;
-et les observations de M. P, représentant le ministre de la santé et de la prévention.
Considérant ce qui suit :
1. M. Q s'est présenté au concours externe d'accès au cycle de formation des élèves-directeurs d'établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux ouvert par le ministre des solidarités et de la santé au titre de l'année 2018. Après avoir été déclaré admissible aux épreuves orales d'admission, à l'issue des épreuves écrites, il n'a pas été admis par le jury ayant délibéré le 28 novembre 2018. Par un arrêté du 11 février 2019, la directrice générale du centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière (CNG) a nommé les élèves-directeurs d'établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux à l'Ecole des hautes études en santé publique à compter du 1er janvier 2019. Par un jugement n°s 1906343-1911667 du 16 mars 2021, le tribunal administratif de Paris, saisi par M. Q, a prononcé l'annulation de la délibération du 28 novembre 2018 du jury du concours externe d'accès au cycle de formation des élèves-directeurs d'établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux au titre de l'année 2018, ainsi que celle de l'arrêté du 11 février 2019. Par un arrêt du 30 juin 2023, la cour administrative d'appel de Paris a décidé que l'annulation prononcée par le jugement du 16 mars 2021 prendrait effet le 1er juillet 2024. Dans le cadre de la présente instance, M. Q demande l'annulation de l'arrêté du 18 décembre 2020 par lequel la directrice générale du CNG a inscrit les élèves-directeurs d'établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux à l'Ecole des hautes études de santé publique sur la liste d'aptitude à compter du 1er janvier 2021, ainsi que des certificats d'aptitude aux fonctions de directeur d'établissement ou de service d'intervention sociale délivrés de plein droit par le directeur de l'Ecole des hautes études en santé publique au nom de l'Etat et des arrêtés par lesquels la directrice générale du CNG a titularisé et nommé les intéressés chefs d'établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux.
Sur l'intervention du ministre de la santé et de la prévention et de Mme K, Mme U, Mme M, Mme E, Mme R, Mme X, Mme I, Mme J, M. V, Mme W et Mme C :
2. Le ministre de la santé et de la prévention et Mme K, Mme U, Mme M, Mme E, Mme R, Mme X, Mme I, Mme J, M. V, Mme W et Mme C justifient d'un intérêt suffisant au rejet des conclusions à fin d'annulation présentées par M. Q. Ainsi, leur intervention est recevable.
Sur la recevabilité de la requête :
3. D'une part, l'intérêt pour agir d'un requérant s'apprécie au regard des conclusions qu'il présente et non des moyens invoqués à leur soutien. D'autre part, la qualité de partie à une instance contentieuse ayant donné lieu à une décision juridictionnelle, à la suite de laquelle sont intervenues, indépendamment de son exécution, de nouvelles décisions administratives, ne confère pas en elle-même un intérêt pour agir à l'encontre de ces nouvelles décisions.
4. M. Q soutient qu'il a intérêt pour agir pour demander l'annulation des décisions litigieuses dès lors qu'il a obtenu l'annulation de la délibération du 28 novembre 2018 du jury du concours externe d'accès au cycle de formation des élèves-directeurs d'établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux au titre de l'année 2018, ainsi que celle de l'arrêté du 11 février 2019 et que les décisions attaquées doivent être annulées par voie de conséquence. Toutefois, en application du principe rappelé au point précédent, cette circonstance ne saurait lui donner intérêt pour agir contre les décisions attaquées qui ne constituent pas une même opération complexe avec les décisions relatives au concours et à l'affectation à l'Ecole des hautes études en santé publique annulées par les décisions de justice mentionnées au point 1. En outre, la circonstance que M. Q ait été admis à concourir aux épreuves du concours externe d'accès au cycle de formation des élèves-directeurs d'établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux ne saurait suffire à lui donner intérêt à agir contre les décisions litigieuses dès lors qu'il démontre pas, alors en particulier qu'il n'a pas suivi la formation en qualité d'élève à l'Ecole des hautes études en santé publique en même temps que les élèves-directeurs ayant fait l'objet des décisions attaquées, pour quel motif ces décisions lui feraient grief et auraient une quelconque incidence sur sa propre situation. Dans ces conditions, M. Q ne justifiant pas d'un intérêt pour agir, ses conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées comme irrecevables.
Sur les frais liés au litige :
5. Il n'y a pas lieu de mettre à la charge du CNG, qui n'est pas la partie perdante, et de Mme K, Mme U, Mme M, Mme E, Mme R, Mme X, Mme I, Mme J, M. V, Mme W et Mme C, qui, intervenant en défense ne sont pas parties à la présente instance, la somme demandée par M. Q sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En outre, aucun dépens n'ayant été exposé au cours de l'instance, les conclusions présentées par M. Q à ce titre ne peuvent qu'être rejetées.
6. Enfin, Mme K, Mme U, Mme M, Mme E, Mme R, Mme X, Mme I, Mme J, M. V, Mme W et Mme C, n'étant pas parties à la présente instance mais devant être regardés comme des intervenants ainsi qu'il a été dit au point 2, leurs conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E
Article 1er : L'intervention du ministre de la santé et de la prévention et de Mme K, Mme U, Mme M, Mme E, Mme R, Mme X, Mme I, Mme J, M. V, Mme W et Mme C est admise.
Article 2 : La requête de M. Q est rejetée.
Article 3 : Les conclusions présentées par Mme K, Mme U, Mme M, Mme E, Mme R, Mme X, Mme I, Mme J, M. V, Mme W et Mme C sur le fondement de l'article L. 761-1 sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. F Q, au Centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière, à Mme A K, Mme D U, Mme N M, Mme S E, Mme A R, Mme O X, Mme H I, Mme T J, M. B V, Mme L W et Mme G C, et au ministre de la santé et de la prévention.
Délibéré après l'audience du 4 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Rohmer, président,
Mme Dousset, première conseillère,
M. Lenoir, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2023.
La rapporteure,
A. DOUSSET
Le président,
B. ROHMER
La greffière,
S. CAILLIEU-HELAIEM
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de la prévention en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2106387/1-3
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2317492
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté les demandes de la SARL 42 Consulting visant à obtenir la restitution du crédit d'impôt recherche pour les années 2019 et 2020. La juridiction a estimé que la société n'avait pas apporté la preuve que les projets litigieux remplissaient les conditions scientifiques et techniques d'éligibilité prévues par l'article 244 quater B du code général des impôts. Elle a également jugé non fondés les griefs relatifs à une irrégularité de la procédure administrative.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2409280
Le Tribunal administratif de Paris a rejeté la demande de décharge d'impôt sur la plus-value immobilière présentée par Mme A... pour l'année 2020. Le litige portait sur l'interprétation de la condition d'exonération prévue au 1° bis du II de l'article 150 U du code général des impôts, concernant la première cession d'un logement autre que la résidence principale. Le tribunal a jugé que le fait que la requérante ait été propriétaire de son ancienne résidence principale dans les quatre années précédant la vente faisait obstacle au bénéfice de l'exonération, et ce, même si ce bien n'était plus son domicile au moment de la cession.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2420874
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé la décision implicite de rejet d'une demande de titre de séjour formulée par un ressortissant sénégalais. La juridiction a jugé que le préfet de police avait méconnu l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en ne tenant pas compte de l'ancienneté de la présence du requérant en France et de son insertion professionnelle continue. Le tribunal a enjoint à l'administration de délivrer un titre de séjour "salarié" dans un délai de trois mois et une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours, et a condamné l'État à verser 1 000 euros au requérant au titre des frais exposés.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2422817
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé la décision implicite de rejet d'une demande de titre de séjour. Le juge a constaté que l'administration n'avait pas répondu à la demande de communication des motifs de son refus implicite, ce qui constitue une illégalité. Cette solution s'appuie sur les articles L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration et R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/04/2026