lundi 12 mai 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2107989 |
| Type | Ordonnance |
| Avocat requérant | SCHIANO-GENTILETTI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires en réplique, enregistrés le 14 avril 2021, 26 juillet 2021, 10 février 2022, 30 juin 2023 et 16 juillet 2024, la SAS Generali real estate, représentée par Me Schiano-Gentiletti, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations de taxe d'enlèvement des ordures ménagères auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2018 à raison de locaux commerciaux situés au 48, avenue Victor Hugo à Paris ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est recevable dès lors qu'elle doit être regardée comme présentée par la SAS Generali bureaux, la mention de la SAS Generali real estate résultant d'une simple erreur de plume ;
- la délibération du conseil de Paris ayant fixé le taux de la taxe pour l'année 2018 est illégale dès lors que le montant des taxes excède de manière manifestement disproportionnée le coût supporté par la collectivité pour la fourniture du service public d'enlèvement des ordures ménagères et assimilées, quand bien même la disproportion serait inférieure à 15 %.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 19 juillet 2021, 6 septembre 2021, 2 mars 2022 et 20 juin 2024, la directrice régionale des finances publiques d'Île-de-France et de Paris conclut, dans le dernier état de ses écritures, au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête, présentée par une société non redevable de l'imposition litigieuse, est irrecevable :
- les moyens soulevés ne sont en tout état de cause pas fondés.
La procédure a été communiquée à la Ville de Paris qui n'a pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique ;
- l'arrêté du 27 décembre 2005 relatif à l'instruction budgétaire et comptable M. 14 des communes et de leurs établissements publics administratifs ;
- l'arrêté du 21 décembre 2015 relatif à l'instruction budgétaire et comptable M. 14 applicable aux communes et aux établissements publics communaux et intercommunaux à caractère administratif ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Au titre de l'année 2018, la SAS Generali bureaux a été assujettie à la taxe d'enlèvement des ordures ménagères, à raison de locaux situés au 48, avenue Victor Hugo à Paris. Par une réclamation datée du 19 décembre 2019, la SAS Generali real estate a sollicité la décharge totale de la taxe précitée et des frais de gestion associés. En l'absence de réponse de l'administration dans un délai de six mois, SAS Generali real estate demande au tribunal de prononcer la décharge de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères au titre de l'année 2018, et des frais de gestions afférents.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 190-1 du livre des procédures fiscales : " Le contribuable qui désire contester tout ou partie d'un impôt qui le concerne doit d'abord adresser une réclamation au service territorial, selon le cas, de la direction générale des finances publiques ou de la direction générale des douanes et droits indirects dont dépend le lieu de l'imposition. " Aussi, aux termes du premier alinéa de l'article R. 197-4 du même code : " Toute personne qui introduit ou soutient une réclamation pour autrui doit justifier d'un mandat régulier. Le mandat doit, à peine de nullité, être produit en même temps que l'acte qui l'autorise ou enregistré avant l'exécution de cet acte. () ". Il résulte de la combinaison de ces dispositions qu'il appartient en principe au seul contribuable, débiteur légal de l'imposition litigieuse, de contester l'impôt le frappant directement. Toutefois, et s'il le souhaite, le contribuable peut également mandater un tiers afin de contester ladite imposition et ce, par l'intermédiaire d'un mandat expresse qu'il lui appartient de présenter dès la phase non-contentieuse de réclamation devant l'administration.
3. L'administration fait valoir en défense que la SAS Generali real estate n'est pas recevable à contester les impositions litigieuses au titre de l'année 2018 dès lors qu'elle n'en n'est pas le redevable légal, et qu'à ce titre elle n'a pas intérêt à agir. Elle soutient que l'avis d'imposition relatif à la taxe d'enlèvement des ordures ménagères du 6 août 2018 a été émis à l'intention du propriétaire légal des locaux imposés, à savoir la SAS Generali bureaux. Si, en réplique, la SAS Generali real estate soutient que la mention de son nom tant sur la réclamation préalable que sur la présente requête résulte d'une " coquille " et qu'en réalité la société requérante est bien la SAS Generali bureaux, qui relève du même groupe et dont les dénominations sociales sont proches, il est constant, d'une part, que la SAS Generali real estate n'établit pas détenir un mandat de représentation de la SAS Generali bureau lui permettant d'agir en son nom, et, d'autre part, que la seule modification du nom de la société requérante sur la première page d'un mémoire contentieux ne saurait, à elle seule, être de nature à établir ni l'intention d'ester, ni le respect des conditions relatives à la qualité pour représenter une personne morale, de la société ainsi substituée, alors, au demeurant, que l'intérêt à agir d'un requérant s'apprécie au jour de l'introduction de la requête. Dans ces conditions, la fin de non-recevoir soulevée par l'administration en défense doit être accueillie et la requête rejetée pour cette raison, en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la SAS Generali real estate est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la SAS Generali real estate, à la directrice régionale des finances publiques d'Île-de-France et de Paris et à la Ville de Paris.
Fait à Paris, le12 mai 2025.
Le vice-président de la 2ème section,
J. SORIN
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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