vendredi 15 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2108575 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 4e Chambre |
| Avocat requérant | LEBRUN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 21 avril 2021, le 22 avril 2021 et le 13 janvier 2023, M. A B, représenté par Me Lebrun, demande au tribunal :
1°) de condamner le Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) à lui verser une indemnité de 45 142,16 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter de la réception de sa demande préalable, en réparation des préjudices résultant pour lui de la faute à lui avoir versé de manière erronée à de multiples reprises des sommes indues puis à lui en avoir demandé le reversement ;
2°) de le condamner à lui verser une indemnité de 30 000 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter de la réception de sa demande préalable, en réparation des préjudices résultant pour lui de la faute à l'avoir illégalement licencié par les décisions du 21 février et du 26 mars 2019 ;
3) de mettre à la charge du CNAM une somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- sa demande préalable indemnitaire reçue le 23 décembre 2020 a lié le contentieux indemnitaire, sa requête ne tendant pas à l'annulation des ordres de reversement et des décisions de licenciement mais à la réparation des préjudices résultant de leur illégalité ;
- en lui versant indûment plusieurs dizaines de milliers d'euros pendant plus de quatre ans, le CNAM a commis une faute de nature à engager sa responsabilité ; le CNAM n'était pas tenu de lui verser les sommes indues puis de les récupérer ; si une erreur est compréhensible, les erreurs ont duré quatre années consécutives ; ces versements indus et les ordres de reversement qu'ils ont engendrés lui ont causé un préjudice moral du fait du harcèlement qu'il a subi pendant plus de quatre ans et des troubles dans ses conditions d'existence du fait des démarches qu'il a dû entreprendre pour essayer de comprendre ces erreurs, qui peuvent être évalués à la somme de 45 142,16 euros correspondant au montant des sommes indument versées ;
- l'illégalité fautive de son licenciement, en l'absence de tentative de reclassement, lui a causé un préjudice moral et des troubles dans ses conditions d'existence du fait de la dépression dans laquelle il a sombré, qui peuvent être évalués à la somme de 30 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 juin 2022, le CNAM, représenté par son administrateur provisoire en exercice, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable du fait de l'absence de liaison du contentieux en raison de l'absence de réclamation indemnitaire préalable contre les ordres de reversement, du fait de la prescription des créances au titre de l'année 2015 et de l'absence de recours contentieux contre les décisions de licenciement dans le délai imparti ;
- il n'a commis aucune faute dans la gestion du recouvrement des indus liés à la gestion des arrêts de travail de M. B ; le licenciement pour inaptitude définitive à toutes fonctions, qui le dispensait de rechercher un reclassement, n'est pas illégal ;
- M. B ne justifie ni du principe ni de l'étendue d'un quelconque préjudice ni d'un lien de causalité entre une faute et un préjudice ;
- M. B ne justifie pas des frais irrépétibles dont il demande qu'ils soient mis à sa charge alors, au demeurant, qu'il bénéficie de l'aide juridictionnelle.
Par une ordonnance du 16 janvier 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 17 mars 2023.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 15 avril 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 ;
- le décret n° 88-413 du 22 avril 1988 ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Julinet, premier conseiller ;
- et les conclusions de M. Degand, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B a été recruté par le Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) par contrats à durée déterminée à partir du 10 octobre 2005 puis, à compter du 13 mars 2012, par un contrat à durée indéterminée du 1er juillet 2012. A partir du 27 février 2015, il a bénéficié de vingt-neuf arrêts de travail consécutifs, pendant la période du 27 février 2015 au 19 mars 2019. En conséquence, par dix-neuf décisions, il a été placé en congé de maladie, à plein traitement, à demi traitement ou sans traitement. En particulier, par quatre décisions du 24 novembre 2017, du 22 février 2018, du 12 décembre 2018 et du 18 janvier 2019, il a été placé en congé de maladie sans traitement du 5 septembre 2017 au 8 janvier 2019 avant d'être licencié pour inaptitude définitive à toutes fonctions à compter du 22 février 2019 par une décision du 21 février 2019 rectifiée par une décision du 26 mars 2019. Pendant la même période, le CNAM lui a adressé treize ordres de reversement de trop perçus correspondant notamment au montant d'indemnités journalières versées par la sécurité sociale pour des périodes pour lesquelles le CNAM lui avait également versé sa rémunération, à des trop perçus de rémunération brute, d'indemnité de résidence, d'indemnité de frais de transport, d'indemnité compensatrice de contribution sociale généralisée et de garantie de pouvoir d'achat qui, supérieurs à la quotité saisissable, n'avaient pu être déduits en totalité du montant de ses rémunérations ultérieures. Les sommes restées impayées ont donné lieu à l'émission de titres exécutoires dont le CNAM a ensuite poursuivi le recouvrement. Par sa requête, M. B demande la condamnation du CNAM à réparer les préjudices qu'il allègue avoir subis en raison des fautes commises dans la gestion de sa rémunération et des demandes de reversement d'indus en résultant et de l'illégalité de son licenciement.
Sur les ordres de reversement :
2. Il résulte de l'instruction que la succession des arrêts de travail dont a bénéficié M. B a généré des difficultés de gestion de ses rémunérations en raison du décalage inévitable entre la mise en paiement de ces rémunérations et la prise en compte des conséquences financières des décisions successives de placement en congé de maladie, elles-mêmes modifiées en raison des arrêts suivants, difficultés accrues par le versement par la sécurité sociale d'indemnités journalières. En se bornant à affirmer que le CNAM a commis des erreurs pendant quatre ans sans préciser en quoi les indus, dont il ne remet pas en cause le montant ni l'obligation pour l'administration de les récupérer et les démarches engagées par le CNAM pour en obtenir la restitution, en constitueraient, il n'établit pas que le CNAM a commis une faute de nature à engager sa responsabilité.
Sur le licenciement :
3. Il résulte d'un principe général du droit, dont s'inspirent tant les dispositions du code du travail relatives à la situation des salariés qui, pour des raisons médicales, ne peuvent plus occuper leur emploi que les règles statutaires applicables dans ce cas aux fonctionnaires, que, lorsqu'il a été médicalement constaté qu'un salarié se trouve, de manière définitive, atteint d'une inaptitude physique à occuper son emploi, il incombe à l'employeur public, avant de pouvoir prononcer son licenciement, de chercher à reclasser l'intéressé dans un autre emploi. La mise en œuvre de ce principe implique que, sauf si l'agent manifeste expressément sa volonté non équivoque de ne pas reprendre une activité professionnelle, l'employeur propose à ce dernier un emploi compatible avec son état de santé et aussi équivalent que possible avec l'emploi précédemment occupé ou, à défaut d'un tel emploi, tout autre emploi si l'intéressé l'accepte. Ce n'est que lorsque ce reclassement est impossible, soit qu'il n'existe aucun emploi vacant pouvant être proposé à l'intéressé, soit que l'intéressé est déclaré inapte à l'exercice de toutes fonctions ou soit que l'intéressé refuse la proposition d'emploi qui lui est faite, qu'il appartient à l'employeur de prononcer, dans les conditions applicables à l'intéressé, son licenciement.
4. Il résulte de l'instruction et n'est d'ailleurs pas contesté que M. B a été déclaré définitivement inapte à toute fonction. Dès lors, son reclassement étant impossible, il appartenait au CNAM de prononcer son licenciement sans lui faire préalablement une proposition en ce sens. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que son licenciement est entaché d'une illégalité fautive.
5. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de nonrecevoir opposées en défense, que les conclusions indemnitaires de la requête doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Lebrun et au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM).
Délibéré après l'audience du 1er septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Aubert, présidente,
M. Julinet, premier conseiller,
Mme Massiou, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 septembre 2023.
Le rapporteur,
S. JULINET
La présidente,
S. AUBERT
La greffière,
A. LOUART
La République mande et ordonne au ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2304140
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme A, agent contractuel, qui contestait une retenue sur son traitement de 250 euros pour un indu de prime exceptionnelle liée à la pandémie. La requérante invoquait un défaut de motivation et une faute de l'administration, mais le tribunal a jugé que la décision de retenue était fondée sur l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000 et le décret n° 2020-570 du 14 mai 2020. Il a estimé que l'administration avait établi le bien-fondé de l'indu, car Mme A ne remplissait pas les conditions pour bénéficier de la prime, et qu'aucune faute n'était caractérisée. Les conclusions indemnitaires et subsidiaires ont également été rejetées.
25/09/2025
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2305883
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé le compte rendu d'entretien professionnel de Mme B..., capitaine de police, établi le 23 janvier 2023 au titre de l'année 2017. La requérante soutenait notamment que l'évaluation avait été réalisée par une autorité incompétente et sans entretien préalable. Le tribunal a fait droit à sa demande en se fondant sur l'autorité de la chose jugée attachée à un précédent jugement du 25 mars 2022, qui avait déjà annulé un premier compte rendu pour les mêmes motifs (absence d'entretien et évaluation partielle). La décision s'appuie sur les dispositions de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 et du décret n° 2010-888 du 28 juillet 2010 relatifs à l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires.
25/09/2025
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2307997
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B A, réserviste opérationnel, qui demandait l'annulation de la décision du 18 janvier 2023 de la commission de recours de l'invalidité lui refusant une pension militaire d'invalidité pour une affection non imputable au service. Le tribunal a jugé que M. A n'apportait pas la preuve, exigée par les articles L. 121-1 et suivants du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre, que son infirmité était directement causée par l'exercice de ses fonctions de réserviste. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions de la requête, incluant la demande de pension et celle au titre des frais de justice.
25/09/2025