jeudi 28 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2109374 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET LYON-CAEN, THIRIEZ (SCP) |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête et des mémoires enregistrés les 30 avril 2021, 7 juin 2021, 9 septembre 2022 et 14 octobre 2022 sous le numéro 2109374, M. B D, représenté par Me Crusoé, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 29 octobre 2020 par laquelle l'établissement public du palais de la porte Dorée a refusé de renouveler son détachement, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux en date du 29 décembre 2020 ;
2°) de mettre à la charge de l'établissement public du palais de la porte Dorée une somme de 2 500 euros au titre des frais de justice.
Il soutient que :
- les conclusions du mémoire en défense sont irrecevables ;
- les décisions ont été prises par une autorité incompétente ;
- les décisions ne sont pas suffisamment motivées ;
- le non-renouvellement de son détachement aurait dû faire l'objet d'une procédure contradictoire et être examiné par la commission administrative paritaire ;
- les décisions sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une erreur de droit dès lors que l'intérêt du service ne justifiait pas le non-renouvellement de son détachement ;
- les décisions sont entachées d'une discrimination en raison de son mandat syndical.
Par deux mémoires en défense enregistrés les 9 mars et 23 septembre 2022, l'établissement public du palais de la porte Dorée, représenté par la SCP Lyon-Caen et Thiriez, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de M. D la somme de 3 000 euros au titre des frais de justice.
Il soutient que les moyens invoqués pour M. D ne sont pas fondés.
Par un mémoire en intervention, enregistré le 1er novembre 2022, l'union des syndicats des personnels des affaires culturelles, représentée par Me Crusoé, demande au tribunal d'admettre son intervention et de faire droit aux conclusions de la requête de M. D.
Il fait valoir qu'eu égard à son objet, il justifie d'un intérêt suffisant pour intervenir au soutien de la requête de M. D et indique s'associer entièrement aux moyens développés par le requérant.
Par une ordonnance du 2 novembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 17 novembre 2022.
II. Par une requête et des mémoires enregistrés les 14 mars 2022, 14 janvier et
17 février 2023 sous le numéro 2206265, M. B D, représenté par Me Crusoé, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 11 janvier 2022 par laquelle l'établissement public du palais de la porte Dorée a refusé de lui accorder la protection fonctionnelle ;
2°) d'enjoindre à l'établissement public du palais de la porte Dorée de lui accorder la protection fonctionnelle dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'établissement public du palais de la porte Dorée une somme de 2 500 euros au titre des frais de justice.
Il soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- la décision est entachée d'une erreur d'appréciation et d'une erreur de droit.
Par deux mémoires en défense enregistrés les 12 janvier et 1er février 2023, l'établissement public du palais de la porte Dorée, représenté par la SCP Lyon-Caen et Thiriez, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de M. D la somme de 3 000 euros au titre des frais de justice.
Il soutient que les moyens invoqués pour M. D ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 17 février 2023, la clôture d'instruction a été fixée au
6 mars 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 2006-1388 du 16 novembre 2006 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rebellato, rapporteur,
- les conclusions de Mme Nikolic, rapporteure publique,
- et les observations de Me Crusoé, représentant M. D et de Me Brecq-Coutant, représentant l'établissement public du palais de la porte Dorée.
Une note en délibéré présentée par M. D a été enregistrée le
26 septembre 2023.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, magasinier spécialisé des bibliothèques, a été détaché du ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche à compter du 4 janvier 2011 sur un emploi de magasinier au sein du département " médiathèque " de l'établissement public du palais de la porte Dorée. Son détachement a été renouvelé à deux reprises pour une durée de trois ans, le 1er janvier 2014, puis, à compter du 1er janvier 2017. A la suite d'une réorganisation de la médiathèque de l'établissement public du palais de la porte Dorée, M. D a accepté le renouvellement de son détachement pour une durée d'un an pour des missions spécifiques à compter du 1er janvier 2020. Par un courrier du 29 septembre 2020, M. D a sollicité le renouvellement de son détachement. Par une décision du 29 octobre 2020, l'établissement public du palais de la porte Dorée a refusé de faire droit à sa demande. M. D a formé un recours gracieux en date du 29 décembre 2020 qui a été rejeté implicitement. Par ailleurs, estimant avoir fait l'objet, sur un site internet, d'un traitement de données à caractère personnel, il a sollicité, par un courrier du 15 novembre 2021, la protection fonctionnelle. Par une décision du 11 janvier 2022, sa demande a été rejetée. Par les présentes requêtes, M. D demande au tribunal d'annuler d'une part le refus de renouveler son détachement ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux et, d'autre part le refus de lui accorder la protection fonctionnelle.
Sur la jonction :
2. Les requêtes susvisées n° 2109674 et n° 2206265, présentées pour M. D, concernent la situation d'un même fonctionnaire et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur la requête tendant à l'annulation du refus de renouvellement de détachement :
En ce qui concerne l'intervention :
3. L'union des syndicats des personnels des affaires culturelles justifie d'un intérêt suffisant à l'annulation de la décision refusant le renouvellement du détachement du requérant. Ainsi, son intervention à l'appui de la requête formée par M. D est recevable.
En ce qui concerne la recevabilité du mémoire en défense :
4. Aux termes de l'article 18 10° du décret du 16 novembre 2006 relatif à l'établissement public du palais de la porte Dorée : " Le directeur général dirige l'établissement. A ce titre : () 10° Il représente l'établissement en justice et dans tous les actes de la vie civile ; () "
5. Il résulte de ces dispositions que la représentation en justice de l'établissement public du palais de la porte Dorée figure au nombre des compétences relevant du directeur général. Ainsi, Mme C A, directrice générale, pouvait valablement représenter l'établissement pour défendre dans le cadre de la présente instance. Par suite, la fin de non-recevoir tirée de l'irrecevabilité du mémoire en défense en ce que sa directrice n'aurait pas capacité à agir doit être écartée.
En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation :
6. Aux termes de l'article 45 de la loi du 11 janvier 1984 modifiée : " Le détachement est la position du fonctionnaire placé hors de son corps d'origine mais continuant à bénéficier, dans ce corps, de ses droits à l'avancement et à la retraite. Il est prononcé sur la demande du fonctionnaire. Le détachement est de courte ou de longue durée. Il est révocable. () A l'expiration de son détachement, le fonctionnaire est, sauf intégration dans le corps ou cadre d'emplois de détachement, réintégré dans son corps d'origine. () " En l'absence de texte contraire, un agent dont le détachement arrive à échéance n'a aucun droit au renouvellement de celui-ci.
7. En premier lieu, aux termes de l'article 18 2° du décret du 16 novembre 2006 précité : " Le directeur général dirige l'établissement. A ce titre : () 2° Il a autorité sur l'ensemble des personnels de l'établissement et en assure la gestion. () " Il en résulte que Mme C A, directrice générale de l'établissement, était compétente pour prendre les décisions litigieuses.
8. En deuxième lieu, en l'absence de texte contraire, un agent dont le détachement arrive à échéance n'a aucun droit au renouvellement de celui-ci. Il en résulte qu'alors même que la décision de ne pas renouveler ce détachement serait fondée sur l'appréciation portée par l'autorité compétente sur la manière de servir de l'agent et se trouverait prise en considération de sa personne, elle n'est, sauf à revêtir le caractère d'une mesure disciplinaire, ni au nombre des mesures qui ne peuvent légalement intervenir sans que l'intéressé ait été mis à même de prendre connaissance de son dossier ni au nombre de celles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.
9. Ainsi, à supposer même que le refus de renouvellement de détachement de M. D soit fondé sur l'appréciation de sa manière de servir et aurait été pris en considération de sa personne, il ne l'a pas été au regard de motifs disciplinaires et ne constitue pas une sanction. Par suite, les moyens tirés de son insuffisante motivation au regard de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, de la méconnaissance du respect des droits de la défense en l'absence de contradictoire et de l'absence de communication de son entier dossier ne peuvent être utilement invoqués et doivent être écartés.
10. En troisième lieu, aucune disposition législative ou réglementaire n'impose la consultation de la commission administrative paritaire préalablement à toute décision relative au renouvellement d'un détachement. Ainsi, M. D ne saurait utilement soutenir que le défaut de saisine de la commission administrative paritaire sur le renouvellement de son détachement aurait entaché d'illégalité procédurale la décision attaquée.
11. En quatrième lieu, l'établissement public du palais de la porte Dorée fait valoir que le refus de renouveler son détachement est lié à la réorganisation du service, à l'absence de poste équivalent et à des contraintes budgétaires. A cet égard, l'établissement démontre avoir suivi les recommandations de la Cour des comptes en rationalisant ses activités, entraînant notamment la diminution substantielle des fonctions de magasinage qui étaient occupées uniquement par le requérant. L'établissement indique également que compte-tenu du fonctionnement du centre de ressources, ouvert au public seulement 3 heures par semaine, et eu égard à la baisse du nombre de périodiques auquel l'établissement est abonné, les missions de magasinage sont assurées à tour de rôle par les agents de la médiathèque à raison d'une demie journée toutes les 5 semaines. Enfin, il ressort des pièces du dossier que le plafond d'emploi n'a cessé de diminuer entre 2018 et 2019 passant de 75 à 72. Ainsi, contrairement à ce que soutient le requérant et même si ses fonctions n'ont pas été totalement supprimées, la décision de ne pas renouveler son détachement a été prise dans l'intérêt du service et n'est pas entachée d'erreur manifeste.
12. En cinquième lieu, si M. D fait valoir qu'il existait des emplois sur lesquels il aurait pu être reclassé, l'établissement public du palais de la porte Dorée n'avait aucune obligation de le reclasser à la fin de son détachement. Ainsi la circonstance, au demeurant non établie, qu'un poste aurait été vacant est sans incidence sur la légalité de la décision dès lors qu'il résulte de l'article 45 de la loi du 11 janvier 1984 que les fonctionnaires, dans le cas où ils ne sont pas intégrés dans leur corps de détachement, sont de droit réintégrés dans leur corps d'origine à l'issue de leur détachement.
13. En dernier lieu, aux termes de l'article 1er de la loi n° 2008-496 du 27 mai 2008 modifiée : " Constitue une discrimination directe la situation dans laquelle, sur le fondement de son origine, de son sexe, de sa situation de famille, de sa grossesse, de son apparence physique, de la particulière vulnérabilité résultant de sa situation économique, apparente ou connue de son auteur, de son patronyme, de son lieu de résidence ou de sa domiciliation bancaire, de son état de santé, de sa perte d'autonomie, de son handicap, de ses caractéristiques génétiques, de ses mœurs, de son orientation sexuelle, de son identité de genre, de son âge, de ses opinions politiques, de ses activités syndicales, de sa capacité à s'exprimer dans une langue autre que le français, de son appartenance ou de sa non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une prétendue race ou une religion déterminée, une personne est traitée de manière moins favorable qu'une autre ne l'est, ne l'a été ou ne l'aura été dans une situation comparable. / Constitue une discrimination indirecte une disposition, un critère ou une pratique neutre en apparence, mais susceptible d'entraîner, pour l'un des motifs mentionnés au premier alinéa, un désavantage particulier pour des personnes par rapport à d'autres personnes, à moins que cette disposition, ce critère ou cette pratique ne soit objectivement justifié par un but légitime et que les moyens pour réaliser ce but ne soient nécessaires et appropriés. / La discrimination inclut : 1° Tout agissement lié à l'un des motifs mentionnés au premier alinéa et tout agissement à connotation sexuelle, subis par une personne et ayant pour objet ou pour effet de porter atteinte à sa dignité ou de créer un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant ; 2° Le fait d'enjoindre à quiconque d'adopter un comportement prohibé par l'article 2 ". Aux termes de l'article 2 de cette loi : " Sans préjudice de l'application des autres règles assurant le respect du principe d'égalité : () 2° Toute discrimination directe ou indirecte fondée sur un motif mentionné à l'article 1er est interdite en matière d'affiliation et d'engagement dans une organisation syndicale ou professionnelle, y compris d'avantages procurés par elle, d'accès à l'emploi, d'emploi, de formation professionnelle et de travail, y compris de travail indépendant ou non salarié, ainsi que de conditions de travail et de promotion professionnelle. Ce principe ne fait pas obstacle aux différences de traitement fondées sur les motifs visés à l'alinéa précédent lorsqu'elles répondent à une exigence professionnelle essentielle et déterminante et pour autant que l'objectif soit légitime et l'exigence proportionnée () ". Enfin, l'article 3 de cette loi dispose que : " Aucune personne ayant témoigné de bonne foi d'un agissement discriminatoire ou l'ayant relaté ne peut être traitée défavorablement de ce fait. Aucune décision défavorable à une personne ne peut être fondée sur sa soumission ou son refus de se soumettre à une discrimination prohibée par l'article 2 ", tandis que son article 4 énonce que : " Toute personne qui s'estime victime d'une discrimination directe ou indirecte présente devant la juridiction compétente les faits qui permettent d'en présumer l'existence. Au vu de ces éléments, il appartient à la partie défenderesse de prouver que la mesure en cause est justifiée par des éléments objectifs étrangers à toute discrimination. Le juge forme sa conviction après avoir ordonné, en cas de besoin, toutes les mesures d'instruction qu'il estime utiles. Le fait que la victime ait seulement poursuivi l'objectif de démontrer l'existence d'un agissement ou d'une injonction discriminatoire n'exclut pas, en cas de préjudice causé à cette personne, la responsabilité de la partie défenderesse. Le présent article ne s'applique pas devant les juridictions pénales ".
14. De manière générale, il appartient au juge administratif, dans la conduite de la procédure inquisitoire, de demander aux parties de lui fournir tous les éléments d'appréciation de nature à établir sa conviction. Cette responsabilité doit, dès lors qu'il est soutenu qu'une mesure a pu être empreinte de discrimination, s'exercer en tenant compte des difficultés propres à l'administration de la preuve en ce domaine et des exigences qui s'attachent aux principes à valeur constitutionnelle des droits de la défense et de l'égalité de traitement des personnes. S'il appartient au requérant qui s'estime lésé par une telle mesure de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer une atteinte à ce dernier principe, il incombe au défendeur de produire tous ceux permettant d'établir que la décision attaquée repose sur des éléments objectifs étrangers à toute discrimination. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si la décision contestée devant lui a été ou non prise pour des motifs entachés de discrimination, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.
15. Le requérant fait valoir qu'il est victime d'une discrimination en raison de son mandat syndical. Il soutient que depuis son mandat, sa notation a baissé, que sa hiérarchie a refusé de faire droit à ses demandes d'absences pour l'exercice de ses missions syndicales et à ses demandes de participer à des formations, que ses missions ont diminué et que les relations sont devenues conflictuelles.
16. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que sa notation aurait diminué de 2013 à 2018 alors qu'il est constant que son détachement a été renouvelé pendant cette période avec une revalorisation salariale. Il ne ressort pas non plus des pièces du dossier que sa hiérarchie aurait rejeté systématiquement ses demandes de participer à des formations. Si M. D soutient également qu'en 2015 et 2017 deux autorisations d'absence pour raison syndicale lui ont été refusées, ces refus qui sont par ailleurs anciens et isolés étaient motivés par l'absence de communication à l'administration de la liste nominative des représentants élus. En outre, il ressort des pièces du dossier que la diminution des missions du requérant résultait de la réorganisation de la médiathèque. S'il allègue que la responsable des ressources humaines aurait eu une attitude inappropriée et discourtoise, il n'apporte aucune précision et ne produit aucune pièce à l'appui de cette allégation. Dès lors, et alors qu'il a été dit au point 11 que la décision attaquée a été prise dans l'intérêt du service, M. D ne produit aucun élément permettant de faire présumer l'existence d'une discrimination à son encontre. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée procéderait d'une discrimination doit être écarté.
17. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 29 octobre 2020 par laquelle l'établissement public du palais de la porte Dorée a refusé de renouveler son détachement, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux en date du 29 décembre 2020.
Sur la requête tendant à l'annulation du refus d'accorder à M. D la protection fonctionnelle :
18. Au cours du mois de septembre 2021, a été publié, sur site internet une liste, comprenant le prénom, le nom et la profession de plusieurs personnes identifiées par ce site comme étant " islamogauchistes ". M. D a découvert que son nom figurait sur cette liste. Selon lui, elle mentionnerait également ses fonctions au sein de l'établissement ainsi que son mandat syndical. Il se serait alors associé à la plainte formée par plus de 90 personnes contre ce site internet et sollicité par un courrier du 15 novembre 2021 la protection fonctionnelle afin de financer les frais de justice. Estimant que cette diffusion n'était pas en lien avec ses fonctions, l'établissement public du palais de la porte Dorée a refusé de lui accorder la protection fonctionnelle.
19. Aux termes de l'article 11 de la loi du 13 juillet 1983 dans sa version alors en vigueur : " I.-A raison de ses fonctions () le fonctionnaire () bénéficie, dans les conditions prévues au présent article, d'une protection organisée par la collectivité publique qui l'emploie à la date des faits en cause () / IV.- La collectivité publique est tenue de protéger le fonctionnaire contre les atteintes volontaires à l'intégrité de la personne, les violences, les agissements constitutifs de harcèlement, les menaces, les injures, les diffamations ou les outrages dont il pourrait être victime sans qu'une faute personnelle puisse lui être imputée. Elle est tenue de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est résulté. "
20. D'une part, la décision du 11 janvier 2022 comporte les motifs de fait et de droit sur lesquels elle se fonde et est, par suite, suffisamment motivée.
21. D'autre part, la protection prévue par les dispositions précitées n'est due qu'à raison de faits liés à l'exercice par des fonctionnaires de leurs fonctions. En l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier que les faits imputés au requérant aient été commis à raison de ses fonctions, de telle sorte qu'ils n'entraient pas dans le champ d'application des dispositions de l'article 11 de la loi du 13 juillet 1983. Ainsi, l'établissement public du palais de la porte Dorée n'a commis ni erreur de droit ni erreur d'appréciation en refusant, pour ce motif, d'accorder la protection fonctionnelle au requérant.
22. Il résulte de ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 22 janvier 2022 par laquelle l'établissement public du palais de la porte Dorée a refusé de lui accorder la protection fonctionnelle. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction doivent également être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
23. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'établissement public du palais de la porte Dorée, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. D demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. D une somme de 500 euros au titre des frais exposés par l'établissement public du palais de la porte Dorée dans l'instance n° 2109374 et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'intervention de l'union des syndicats des personnels des affaires culturelles est admise.
Article 2 : Les requêtes de M. D sont rejetées.
Article 3 : M. D versera à l'établissement public du palais de la porte Dorée une somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B D, à l'établissement public du palais de la porte Dorée et à l'union des syndicats des personnels des affaires culturelles.
Délibéré après l'audience du 14 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Gros, président,
M. Feghouli, premier conseiller,
M. Rebellato, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 28 septembre 2023.
Le rapporteur,
J. Rebellato
Le président,
L. Gros
La greffière,
V. Lagrède
La République mande et ordonne à la ministre de la culture en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°s 2109374 - 2206265
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2311393
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B... visant à annuler l'obligation de verser une indemnité forfaitaire suite à sa démission de la police nationale. Le tribunal a jugé que le requérant ne démontrait pas l'existence de difficultés personnelles graves l'ayant contraint à démissionner, au sens de l'article 9 du décret du 9 mai 1995. Il a considéré que M. B... n'avait pas établi que sa situation familiale et financière rendait impossible la conciliation avec ses obligations professionnelles ou justifiait une dispense de cette indemnité de rupture d'engagement.
26/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2418264
Le Tribunal Administratif de Paris a statué sur trois requêtes d'un agent d'AgroParisTech concernant un titre exécutoire pour redevance de logement de fonction, une demande indemnitaire liée à un transfert, et un licenciement. Le tribunal a rejeté la demande d'annulation du titre exécutoire, considérant que le logement n'était pas une concession par nécessité absolue de service justifiant la gratuité, en application du code général de la propriété des personnes publiques. Les autres conclusions ont également été rejetées.
26/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2431599
Le Tribunal administratif de Paris a rejeté la requête de M. D... visant à annuler le refus de renouvellement de sa carte de résident. Le juge a estimé que la décision du préfet de police, fondée sur l'article L. 432-3 1° du code de l'entrée et du séjour des étrangers, était régulière, suffisamment motivée et ne méconnaissait pas l'article 8 de la CEDH. Il a considéré que le requérant, en raison de son casier judiciaire et de ses signalements, constituait une menace grave pour l'ordre public justifiant le refus.
26/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2504435
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme B..., ressortissante marocaine, qui contestait le refus de titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire français. La juridiction a estimé que l'arrêté préfectoral était suffisamment motivé et que la requérante, sollicitant un titre au titre du travail, ne pouvait se prévaloir des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers, celles-ci étant écartées par l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 qui régit spécifiquement cette matière. Le tribunal a également jugé que le préfet n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation et n'avait pas méconnu l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme.
26/03/2026