vendredi 24 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2109861 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | ARCO-LEGAL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 mai 2021 et des mémoires enregistrés les 3 janvier 2023 et 17 janvier 2023, la mutuelle assurances des instituteurs de France (MAIF), représentée par Me Fergon, demande au tribunal, dans le dernier état de ses dernières écritures :
1°) de condamner la ville de Paris à lui verser la somme de 63 487,59 euros, assortie des intérêts au taux légal ;
2°) de mettre à la charge de la ville de Paris la somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la responsabilité de la ville de Paris est engagée, tant à raison des fuites de son réseau public, depuis lors réparées, que des infiltrations en provenance du bassin du parc public voisin ;
- le total général des sommes exposées par la MAIF s'élève à 126 975,19 euros ; il convient d'appliquer à ce total un pourcentage de 50 % pour tenir compte des responsabilités établies par l'expert judiciaire ; il est donc sollicité le paiement par la ville de Paris de la somme de 63 487,59 euros ;
- outre la réparation des dommages causés aux propriétés privées voisines, la ville de Paris doit effectuer les travaux propres à prévenir la poursuite des infiltrations ; il appartient au juge, en plus de l'indemnisation, d'assurer la réparation au besoin en enjoignant " à la personne publique " en cause de mettre fin à ce comportement ou d'en pallier les effets.
Par des mémoires en intervention, enregistrés les 21 juillet 2021 et 11 janvier 2023, la SA AXA France Iard, représentée par Me Rosano, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, de condamner la ville de Paris à lui verser, en sa qualité de subrogée dans les droits du Syndicat des copropriétaires du 16 rue du Transvaal à Paris, la somme de 410 301,30 euros et de mettre à sa charge la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que son intervention volontaire est recevable au regard de l'article R. 632-1 du code de justice administrative ; elle est subrogée dans les droits de son assuré, le Syndicat des copropriétaires du 16 rue du Transvaal à Paris, lequel a fait parvenir une demande d'indemnité préalable à l'encontre de la ville de Paris le 15 juin 2021 ;
- la responsabilité de la ville est engagée.
Par des mémoires en défense enregistrés les 15 décembre 2022 et 12 septembre 2023, la ville de Paris, représentée par Me Falala, conclut au rejet de l'intervention de la société AXA, au rejet de la requête de la MAIF et à la mise à la charge de la MAIF de la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête de la MAIF est irrecevable ; il incombe à l'assureur qui entend bénéficier de la subrogation prévue par l'article L.121-12 du code des assurances d'apporter la preuve du versement de l'indemnité d'assurance à son assuré et ce par tout moyen ;
- en tout état de cause, si la MAIF qui a sensiblement réduit ses demandes dans son mémoire, produit des quittances subrogatoires attestant des paiements qu'elle a effectués au profit de ses assurés, ces demandes même réduites ne pourront pas prospérer :
- la ville de Paris a, dans le cadre de l'expertise, contesté sa responsabilité ;
- en outre, les chefs de préjudice invoqués ne sont pas tous indemnisables ;
- par ailleurs, les factures jointes pour justifier des frais engagés ne correspondent pas toutes aux demandes ;
- les préjudices des assurés dans les droits desquels la MAIF est subrogée ne sont pas sérieusement justifiés ;
- s'agissant de l'intervention volontaire de la société AXA, elle n'est pas recevable ;
- subsidiairement, les demandes de la société AXA ne sont pas justifiées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des assurances ;
- le code civil ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Kanté, première conseillère ;
- les conclusions de Mme Lambrecq, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Bahu représentant la MAIF et de Me Gorse représentant la ville de Paris.
Considérant ce qui suit :
1. Au cours de l'année 2007, M. et Mme E, copropriétaires des lots 18 et 24 dépendant de l'immeuble collectif situé 16 rue du Transvaal à Paris ont constaté l'apparition de fissures sur les murs de leur pavillon, lesquelles se sont étendues sur les murs de parties communes ou sur les murs d'autres parties privatives, dont le pavillon mitoyen de M. A. Par une ordonnance du 9 septembre 2010, le juge des référés du tribunal de grande instance de Paris, saisi par les époux E, a ordonné une expertise et désigné M. D, architecte diplômé par le gouvernement (DPLG) afin de déterminer notamment les causes et origines des désordres allégués par les époux E, ainsi que ceux qui existeraient chez leurs voisins M. B, M. A, Mme F et ceux concernant le syndicat des copropriétaires du 16 rue Transvaal. L'expert désigné n'ayant pas été en mesure de répondre aux questions qui lui étaient posées, par une ordonnance du 23 octobre 2013, le juge des référés du tribunal de grande instance de Paris a désigné aux fins de la même mission d'expertise M. C. Le rapport d'expertise a été déposé le 7 octobre 2016. Par un courrier du 14 décembre 2020, la mutuelle assurance des instituteurs de France (MAIF) a demandé à la ville de Paris de lui verser une somme de 83 970,11 euros à parfaire, en tant qu'assureur subrogé dans les droits de ses sociétaires, les époux E d'une part, et M. A d'autre part, qu'elle aurait indemnisés au titre des travaux nécessaires pour réparer les conséquences des désordres imputables à la ville de Paris. Par sa requête, la MAIF demande au tribunal de condamner la ville de Paris à lui verser la somme de 63 487,59 euros.
Sur l'intervention volontaire de la SA AXA France Iard :
2. Par ses mémoires en intervention volontaire, enregistrés les 21 juillet 2021 et 11 janvier 2023, la société Axa France demande au tribunal, en sa qualité de subrogée dans les droits du Syndicat des copropriétaires du 16 rue du Transvaal à Paris, de condamner la ville de Paris à lui rembourser la somme de 410 301,30 euros qu'elle a versée à son assuré et de mettre à sa charge la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Ce faisant, elle ne s'associe à aucune des conclusions de la MAIF, subrogée dans les droits des époux E et de M. A et se borne à présenter des conclusions propres. Or, de telles conclusions, présentées par un intervenant, sont irrecevables. Par suite, l'intervention de la société Axa France Iard n'est pas recevable et ne peut donc être admise.
Sur la fin de non-recevoir opposée par la ville de Paris :
3. L'article L. 121-12 du code des assurances dispose dans son premier alinéa : " L'assureur qui a payé l'indemnité d'assurance est subrogé, jusqu'à concurrence de cette indemnité, dans les droits et actions de l'assuré contre les tiers qui, par leur fait, ont causé le dommage ayant donné lieu à la responsabilité de l'assureur ".
4. Il appartient à l'assureur qui demande à bénéficier de la subrogation prévue par ces dispositions législatives de justifier par tout moyen du paiement d'une indemnité à son assuré. En l'espèce, la MAIF a justifié du paiement d'indemnités à M. E et à M. A, ses assurés, en joignant à ses derniers mémoires des quittances subrogatoires de M. E, les justificatifs du paiement des provisions d'expertise à la régie du tribunal de grande instance de Paris et les factures dont elle s'est acquittée pour ses assurés ainsi que la situation comptable de leurs dossiers. Elle est ainsi bien fondée à soutenir qu'elle est subrogée dans les droits de ses sociétaires. La fin de non-recevoir opposée par la ville de Paris doit, par suite, être écartée.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
En ce qui concerne la responsabilité :
5. Même sans faute de sa part, le maître de l'ouvrage est intégralement responsable des dommages causés aux tiers par les ouvrages publics dont il a la garde, en raison tant de leur existence que de leur entretien ou de leur fonctionnement. Il n'en va différemment que si ces dommages sont, au moins partiellement, imputables à une faute de la victime ou à un cas de force majeure, sans pouvoir utilement invoquer le fait du tiers. La victime doit apporter la preuve de la réalité des préjudices qu'elle allègue avoir subis et de l'existence d'un lien de causalité entre l'ouvrage public et ces préjudices.
6. Lorsqu'il est saisi par un requérant, qui s'estime victime d'un dommage de travaux publics, de conclusions indemnitaires, il appartient au juge administratif de porter une appréciation globale sur l'ensemble des chefs de dommages allégués.
7. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport de l'expert du 7 octobre 2016 désigné par ordonnance du tribunal de grande instance le 23 octobre 2013, que les dégâts subis par la propriété de M. et Mme E et la propriété attenante de M. A, ont été principalement causés par des arrivées d'eau et infiltrations au niveau des fondations des pavillons assis sur des argiles vertes sensibles. Ces arrivées d'eau sont la conséquence des fuites sur le réseau de distribution en eau froide de la ville survenues rue du Transvaal ainsi que des infiltrations en provenance du bassin du parc public de Belleville, dont le mur, mitoyen du pavillon des époux E, n'avait fait l'objet de la part de la ville d'aucun travaux de drainage ou d'étanchéité. Il est établi que ces fuites du réseau ainsi que l'aménagement du parc sans prise en compte de l'existant des propriétés voisines par la ville de Paris sont à l'origine d'une fragilisation et de l'humidification du mur de l'immeuble de M. et Mme E, lequel bascule en amont, du côté des jardins de la ville et vers l'extérieur du côté rue ainsi que, dans une moindre mesure, du pavillon attenant de M. A qui s'incline également en amont.
8. Les désordres affectant l'appartement de M. et Mme E consistent ainsi en des fissures touchant les murs externes et/ou internes et en d'importantes lézardes au rez-de-chaussée et aux étages ainsi qu'en façades sur cour à proximité de la séparation du pavillon de M. A. Par ailleurs, en ce qui concerne M. A, certaines fenêtres de son pavillon sont bloquées au rez-de-chaussée et au 1er étage, des lézardes sont apparues sur le mur de sa chambre et sur le mur séparatif du pavillon de M. et Mme E ainsi qu'une fissure sur le faîtage. Ces désordres ont également une incidence sur l'état structurel de l'ensemble des constructions, le pavillon des consorts E basculant, ainsi qu'il a été dit au point précédent, en amont, côté des jardins de la ville de Paris et, vers l'extérieur, côté rue et le pavillon de M. A s'inclinant en amont du côté de son voisin.
9. Il résulte de ce qui précède que les requérants sont fondés à soutenir que les dommages subis par leur immeuble sont imputables aux fuites sur le réseau public de distribution en eau froide de la ville, ainsi qu'aux infiltrations en provenance du bassin à partir du parc public de Belleville, en l'absence de drainage et d'étanchéité du mur mitoyen dont la ville de Paris a la garde et à l'égard desquels M. et Mme E et M. A aux droits desquels la MAIF est subrogée, ont la qualité de tiers. La ville de Paris est donc responsable, sans faute, des dommages causés par ces ouvrages.
10. Par ailleurs, s'il résulte de l'instruction que le réseau d'évacuation interne des eaux usées et pluviales de la copropriété était, ainsi que l'a relevé l'expert, fuyard et que la construction de surélévation de son bâtiment entreprise par M. E en 1993, sans renfort des fondations assises sur un terrain argileux particulièrement sensible manquait de solidité, ces seules circonstances, alors que la ville de Paris n'établit ni même ne soutient que les dommages seraient imputables à la faute des victimes, ne sauraient atténuer sa responsabilité et ne peuvent être retenues que pour évaluer le montant du préjudice indemnisable.
En ce qui concerne l'évaluation des préjudices :
S'agissant des préjudices matériels concernant l'immeuble de M. et Mme E :
11. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que M. et Mme E ont subi un préjudice matériel résultant d'une part, du coût des travaux de réfection pour la reprise en sous-œuvre du bâtiment de M. E (149 516 euros HT), du coût des travaux de renforcement des murs de façades et 1er étage de leur immeuble, des planchers du rez-de-chaussée et des travaux de maçonnerie (77 433 euros HT), des travaux intérieurs, y compris des travaux préparatoires et travaux divers (55 239 euros HT), ainsi que d'autre part, des travaux nécessaires à la désolidarisation des structures de leur pavillon de celui de M. A au 1er étage au-dessus du passage cocher (25 000 euros HT). Ce préjudice s'élève à la somme globale de 307 188 euros HT.
12. La MAIF, subrogée dans les droits de M. et Mme E, démontre, par la production de quittances subrogatoires de M. E, s'être acquittée d'une somme de 37 103,47 euros correspondant aux travaux rendus nécessaires par l'affaissement de l'immeuble. Elle démontre également s'être acquittée par virement auprès de M. E d'une somme de 7 475 euros pour le rapport de la société SAGA en charge d'un diagnostic géotechnique G5 qui fait partie des travaux recensés comme nécessaires par l'expert. Elle justifie aussi avoir réglé les frais des expertises judiciaires pour un montant de 43 438,50 euros, l'ensemble de ces débours étant retracés dans son compte financier produit aux débats.
13. Toutefois, s'agissant des frais de pose de témoins réalisés par l'entreprise Pregimo Sarl pour un montant de 5 105,70 euros, dont la MAIF justifie s'être acquittée, il résulte de l'instruction que, seule une partie de cette somme correspondant à 3 759 euros a été versée à M. E sous la forme de sept virements de 537 euros, l'autre partie de cette somme ayant été facturée au syndicat des propriétaires aux droits duquel la MAIF n'est pas subrogée. De même, s'agissant des frais engagés, dans le cadre du sinistre, par les époux E correspondant, soit aux honoraires d'avocats exposés (pour un montant de 22 320,43 euros) pour la défense de leurs intérêts, soit aux honoraires d'expert sollicité à titre privé par l'assuré (pour un montant de 3 701,62 euros), soit aux frais de signification d'huissier (pour un montant de 836,61 euros) et pris en charge par la MAIF, ceux-ci n'ont pas vocation à faire l'objet d'une indemnisation.
S'agissant des préjudices matériels concernant le bien de M. A :
14. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport de l'expert que M. A a subi un préjudice matériel correspondant au coût de réfection de l'intérieur de son pavillon chiffré pour un montant de 47 958,90 euros. La MAIF subrogée dans les droits de M. A ne démontre cependant avoir réglé à son assuré, par virement, qu'une prestation de remise en état provisoire d'un montant de 6 993,86 euros conformément à la facture jointe de l'entreprise Blue select qui a réalisé ces travaux.
15. Enfin, il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise, ainsi qu'il a été dit aux points 9 et 10, que la cause principale des dommages résulte des fuites importantes sur le réseau de distribution en eau froide de la ville survenues rue du Transvaal ainsi que des infiltrations en provenance du bassin du parc public de Belleville. Les fuites d'eau du réseau intérieur d'évacuation de la copropriété et la faiblesse de sa structure et de ses fondations, ainsi que la construction de surélévation de son bâtiment entreprise par M. E en 1993, sans renfort des fondations assises sur un terrain argileux ont seulement participé à hauteur de 30 % et de 20 % à la réalisation du dommage. De sorte qu'il y a lieu de laisser à la charge de la MAIF, subrogée dans les droits de ses assurés, 50 % du coût des réparations dont elle a pris la charge pour le compte de ses assurés.
16. Il résulte de tout ce qui précède que la ville de Paris doit être condamnée à verser à la MAIF une indemnité d'un montant total de 49 385 euros [(37 103,47 + 43 438,50 euros + 7 475+ 3 759 + 6 993,86)/2], augmentée des intérêts au taux légal à compter du 16 décembre 2020, date de réception de la réclamation préalable.
Sur les frais liés au litige :
17. D'une part, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la ville de Paris le versement à la MAIF d'une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. D'autre part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la MAIF, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, une somme au titre des frais exposés par la ville de Paris et non compris dans les dépens.
Sur le surplus des conclusions :
18. Il ne résulte pas de l'instruction que la ville de Paris n'aurait pas accompli les aménagements prescrits par l'expert. Dès lors, il n'y a pas lieu d'enjoindre à celle-ci, à supposer que la demande en soit faite, d'effectuer les travaux propres à prévenir la poursuite des infiltrations.
D E C I D E :
Article 1er : L'intervention volontaire de la société AXA France Iard n'est pas admise.
Article 2 : La ville de Paris est condamnée à verser à la MAIF une somme de 49 385 euros, augmentée des intérêts au taux légal à compter du 16 décembre 2020, date de réception de sa réclamation préalable.
Article 3 : La ville de Paris versera à la MAIF la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la mutuelle assurance des instituteurs de France, à la ville de Paris et à la société AXA France Iard.
Délibéré après l'audience du 9 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Riou, présidente,
Mme Kanté, première conseillère,
Mme Lamarche, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 novembre 2023.
La rapporteure,
C. KantéLa présidente,
C. Riou
La greffière,
V. LagrèdeLa rapporteure,
C. KantéLa présidente,
C. Riou
La République mande et ordonne au préfet de la région d'Île-de-France, préfet de Paris, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2226519
Le Tribunal administratif de Paris rejette la demande indemnitaire de la société Le Quasimodo Notre-Dame, qui réclamait près de 1,74 million d'euros à l'État pour les préjudices économiques liés à l'incendie de la cathédrale. La juridiction estime que la société, exploitant un restaurant à proximité, n'était pas usagère de l'ouvrage public et n'a pas subi de dommage accidentel direct causé par celui-ci. Le jugement applique les principes de la responsabilité administrative sans faute pour dommages de travaux publics, mais les écarte en l'espèce.
02/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2312358
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête d'un agent public demandant l'annulation du refus de sa nomination à un poste d'expert juridique. Le tribunal a jugé que cette décision de rejet constituait une simple mesure d'ordre intérieur, car elle ne portait pas atteinte aux droits statutaires, à la rémunération ou aux perspectives de carrière de l'agent. Par conséquent, le recours pour excès de pouvoir a été déclaré irrecevable.
02/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2313750
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête d'un gardien de la paix contestant son placement en disponibilité d'office pour raison de santé. La juridiction a jugé la requête irrecevable car elle ne contenait aucun exposé de moyens, et ce défaut n'a pas été régularisé dans les délais. La décision s'appuie sur les dispositions de l'article R. 411-1 du code de justice administrative relatives aux conditions de saisine.
02/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2326202
Le Tribunal Administratif de Paris a examiné un recours pour excès de pouvoir visant l'annulation d'un arrêté ministériel portant tableau d'avancement à l'échelon spécial du grade de pharmacien général de santé publique. Le tribunal a annulé l'arrêté du 18 septembre 2023, considérant que l'administration avait méconnu les conditions posées par l'article 15 du décret n° 92-1432 du 30 décembre 1992, en y inscrivant des agents ne remplissant pas les critères statutaires requis pour cet avancement. Par voie de conséquence, les décisions individuelles de nomination prises sur le fondement de ce tableau sont également illégales.
02/04/2026