mercredi 20 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2110091 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | CABINET GOZLAN & PARLANTI ASSOCIES (SELARL) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires enregistrés les 10 mai et
24 novembre 2021 et les 22 et 26 avril et 21 juin 2022, M. et Mme A demandent au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations à l'impôt sur les plus-values immobilières, à la taxe sur les plus-values élevées et aux contributions sociales mises à leur charge au titre de l'année 2017, subsidiairement, de les en décharger partiellement en réduisant le montant de la plus-value imposable;
2°) de mettre à la charge de l'Etat 6 000 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
-la plus-value réalisée lors de la cession de leur maison sise à Saint-Cloud le 27 janvier 2017 doit être exonérée en application des dispositions du 1° du II de l'article 150 U du code général des impôts et de la doctrine BOI-RFPI-PVI-10-40-10 n°190 selon lesquels cette exonération s'applique aux résidences principales même lorsque ces dernières ne sont plus occupées au jour de leur cession ;
-à titre subsidiaire, le prix d'acquisition devrait être majoré, non pas seulement de manière forfaitaire de 15% comme le prétend l'administration, mais d'un montant de 593 659 euros par la prise en compte des dépenses justifiées de construction, de reconstruction, d'agrandissement ou d'amélioration ainsi que celles d'entretien, de réparation et d'équipements nouveaux faisant partie d'un ensemble indissociable de travaux, en application de la doctrine BOI-RFPI-BASE-20-30-10 §130, et l'administration ne saurait, en ajoutant à la loi et en application de sa propre doctrine, limiter les justificatifs dont il est tenu compte aux seules factures, à l'exclusion des contrats de réalisation, des appels de fonds ainsi que de la notice descriptive émis par l'architecte, maître d'œuvre des travaux qu'ils produisent notamment en annexes 8 à 10 et 14 à 20, d'où un prix d'acquisition, après déduction des frais d'acquisition au taux forfaitaire de 7,5%, de 1 265 578 euros, d'où une plus-value brute de 609 182 euros, soit, après les abattements pour durée de détention de 90% et de 24,75% respectivement, des plus-values nettes imposables à l'impôt sur le revenu de 60 918 euros d'une part et aux prélèvements sociaux de 458 409 euros d'autre part, d'où des rehaussements qui devraient être ramenés à
11 574 euros en matière d'impôt sur le revenu et à 71 053 euros en matière de prélèvements sociaux d'autre part.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 16 septembre et 24 décembre 2021 et les
3 et 24 juin 2022, le directeur de la direction nationale de vérification des situations fiscales conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens des requérants ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 7 juin 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 28 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Grossholz,
- les conclusions de Mme Belle, rapporteure publique,
- et les observations de Me Parlanti représentant M. et Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme A ont cédé, le 27 janvier 2017, leur maison de Saint-Cloud. L'administration, remettant en cause le bénéfice de l'exonération de la plus-value qu'ils ont réalisée à cette occasion, prévue par les dispositions du 1° du II de l'article 150 U du code général des impôts, leur a notifié des cotisations à l'impôt sur les plus-values immobilières, à la taxe sur les plus-values élevées et aux contributions sociales au titre de l'année 2017. M. et Mme A demandent au tribunal d'en prononcer la décharge.
Sur les conclusions aux fins de décharge et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête :
2. Aux termes de l'article 150 U du code général des impôts : " I.-Sous réserve des dispositions propres aux bénéfices industriels et commerciaux, aux bénéfices agricoles et aux bénéfices non commerciaux, les plus-values réalisées par les personnes physiques ou les sociétés ou groupements qui relèvent des articles 8 à 8 ter, lors de la cession à titre onéreux de biens immobiliers bâtis ou non bâtis ou de droits relatifs à ces biens, sont passibles de l'impôt sur le revenu dans les conditions prévues aux articles 150 V à 150 VH (). II. Les dispositions du I ne s'appliquent pas aux immeubles, aux parties d'immeubles ou aux droits relatifs à ces biens :
1° Qui constituent la résidence principale du cédant au jour de la cession () ". Un logement ne perd pas sa qualité de résidence principale du seul fait que son propriétaire a libéré les lieux avant la date de sa vente, dès lors que le délai pendant lequel l'immeuble est demeuré inoccupé peut être regardé comme normal. Il en va ainsi lorsque le propriétaire a accompli les diligences nécessaires, compte tenu des motifs de la cession, des caractéristiques de l'immeuble et du contexte économique et réglementaire local, pour mener à bien cette vente dans les meilleurs délais à compter de la date prévisible du transfert de sa résidence habituelle dans un autre lieu.
3. Il est constant que les requérants ont transféré leur résidence principale, en procédant au changement de leur adresse, de leur maison sise à Saint-Cloud dans un appartement parisien en décembre 2015, après avoir emménagé dans ce dernier quelques semaines auparavant, et qu'ils ont signé un mandat de mise en vente de leur maison le 11 mai 2016, soit cinq mois plus tard. Ils exposent avoir dû différer leurs diligences en vue de cette cession en raison des problèmes de santé rencontrés par M. A début 2016 et produisent, à l'appui de cette allégation, un justificatif de l'opération subie par celui-ci le 27 avril 2016. Il n'est par ailleurs pas contesté que pendant ce délai, la maison de Saint-Cloud n'a reçu aucune affectation telle qu'une mise en location ou une mise à disposition à titre gratuit. Il en résulte que dans les circonstances de l'espèce, M. et Mme A doivent être regardés comme ayant accompli les diligences nécessaires pour mener à bien la vente de l'immeuble en cause dans les meilleurs délais à compter de la date du transfert de leur résidence habituelle dans un autre lieu, de sorte qu'au jour de la cession à l'origine de l'imposition litigieuse, ce logement n'avait pas perdu sa qualité de résidence principale des contribuables au sens et pour l'application des dispositions législatives précitées. Il en résulte que contrairement à ce qu'a estimé l'administration, M. et Mme A bénéficient de l'exonération prévue par ces dernières et doivent donc être déchargés des impositions litigieuses.
Sur les conclusions de la requérante présentées au titre des dispositions des articles L.761-1 du code de justice administrative :
4. Considérant qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme totale de 2 000 euros à verser à la requérante sur le fondement des dispositions des articles L 761-1 du code de justice administrative, au titre des frais exposés par les requérants devant le tribunal.
D E C I D E:
Article 1er : M. et Mme A sont déchargés des cotisations à l'impôt sur les plus-values immobilières, à la taxe sur les plus-values élevées et aux contributions sociales au titre de l'année 2017.
Article 2 : L'Etat versera à M. et Mme A une somme de 2 000 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme A et au directeur de la direction nationale de vérification des situations fiscales.
Délibéré après l'audience du 6 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Vidal, présidente,
Mme Grossholz, première conseillère,
M. Khansari, conseiller,
Rendu public par mise à disposition du greffe le 20 décembre 2023.
La rapporteure,
C. GROSSHOLZ
La présidente,
S. VIDALLa greffière,
S. RUBIRALTA
La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique de la France, chargé des Comptes publics, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/1-1
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2503570
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler le refus de renouvellement de sa carte de résident. La juridiction a estimé que le préfet de police de Paris, en se fondant sur une condamnation pénale, n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en considérant que l'intéressé constituait une menace pour l'ordre public. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment l'article L. 432-4, et a examiné le respect de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2424420
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la demande de décharge de cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu pour les années 2015 et 2016. Le requérant contestait la régularité de la proposition de rectification, notamment son caractère suffisamment motivé et son aptitude à interrompre le délai de reprise. Le tribunal a jugé que la proposition, notifiée après l'ouverture d'une procédure de retrait d'agrément, était régulière et a valablement interrompu le délai de reprise, conformément aux articles L. 57 du livre des procédures fiscales et 1649 nonies A du code général des impôts.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2517132
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé l'arrêté du préfet de police du 17 juin 2025 ordonnant l'éloignement de M. A..., un ressortissant algérien. La juridiction a retenu que l'administration n'avait pas procédé à un examen sérieux de la situation familiale du requérant, notamment de ses liens avec sa fille née en France, ce qui constitue une erreur de droit. Le tribunal a enjoint au préfet de délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer la situation dans un délai de trois mois, en application de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2416373
Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre une décision implicite de refus de titre de séjour. Le requérant, un ressortissant malien, contestait ce refus intervenu sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers. Le tribunal a annulé la décision implicite pour défaut de motivation, l'administration n'ayant pas répondu à la demande de communication des motifs formulée sur le fondement de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration. Il a enjoint au préfet de réexaminer la demande dans un délai d'un mois.
01/04/2026