jeudi 30 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2111790 |
| Type | Décision |
| Formation | 3e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET SPINOSI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 27 mai 2021 et 13 juin 2022, M. A B, représentée par la SCP Spinosi, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme globale de 320 000 euros, à parfaire avec, le cas échéant, le montant des frais des expertises susceptibles d'être réalisées aux fins d'apprécier ses préjudices consolidés, en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis à l'occasion de la manifestation qui s'est tenue à Paris le 26 mai 2016 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la responsabilité sans faute de l'Etat doit être engagée sur le fondement de l'article L. 211-10 du code de la sécurité intérieure, le lien de causalité entre le dommage et l'action des forces de l'ordre étant établi ;
- la responsabilité sans faute de l'Etat doit également être engagée du fait de l'utilisation par les forces de police d'une grenade à main de désencerclement, qui est une arme comportant des risques exceptionnels ; il est établi qu'il est tiers à l'opération de maintien de l'ordre ;
- la responsabilité pour faute de l'Etat est également engagée en raison, d'une part, des mauvaises conditions d'utilisation, par les forces de police, de la grenade à main de désencerclement, au regard des exigences de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, d'autre part, de la mise en œuvre, par les policiers, de leur mission de protection des personnes et d'assistance aux personnes en danger, enfin, de l'organisation globale des opérations de maintien de l'ordre ;
- aucune faute exonératoire de responsabilité ne peut lui être opposée dès lors, d'une part, qu'il était un simple observateur, d'autre part, qu'il se trouvait à proximité d'un groupe ni hostile ni menaçant et enfin qu'aucune sommation de dispersion ni aucun avertissement n'ont été prononcés ;
- il justifie d'un préjudice patrimonial évalué à la somme de 80 000 euros, tenant à une perte de perspectives professionnelles à raison de la profession de comédien à laquelle il se destinait et à une perte économique s'agissant de l'activité de la société qu'il a co-fondée en 2015 ;
- il justifie de préjudices extra-patrimoniaux tenant à un déficit fonctionnel temporaire et à un déficit fonctionnel permanent évalués à la somme de 100 000 euros, sous réserve de leur consolidation qui pourra être constatée dans le cadre d'une nouvelle expertise médicale ;
- il justifie d'un préjudice tenant aux souffrances physiques et morales endurées, évalué à la somme de 100 000 euros ;
- il justifie d'un préjudice esthétique temporaire et permanent, évalué à la somme de 30 000 euros ;
- il justifie d'un préjudice d'agrément, évalué à la somme de 10 000 euros ;
- il se réserve le droit de demander le remboursement des frais liés aux expertises qui pourraient être réalisées pour apprécier ses préjudices consolidés.
Par des mémoires, enregistrés les 28 décembre 2021 et 12 mai 2022, la caisse primaire d'assurance maladie de Paris, représentée par Me Dontot, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 45 092,93 euros au titre des dépenses de santé actuelles qu'elle a exposées, assortie des intérêts au taux légal à compter de la première demande pour les prestations servies antérieurement et à partir de leur règlement pour les débours effectués postérieurement, et de la capitalisation des intérêts ;
2°) de donner acte de ses réserves pour les prestations non connues à ce jour et pour celles qui pourraient être versées ultérieurement ;
3°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 1 114 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue à l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Elle soutient que :
- elle est fondée à intervenir sur le fondement de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale ;
- à la date du 15 décembre 2021, sa créance provisoire s'élève à la somme de 9 198,20 euros, sous réserve du chiffrage des frais d'hospitalisation du 26 mai 2016 au 10 juin 2016 ; cette créance inclut les frais médicaux et assimilés engagés avant la date de consolidation au titre des dépenses de santé actuelles ;
- à la date du 7 mars 2022, sa créance provisoire actualisée s'élève à la somme de 45 092,93 euros au titre des dépenses actuelles de santé ;
- elle a également droit au versement de l'indemnité forfaitaire de gestion.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 février 2022, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la responsabilité sans faute de l'Etat prévue à l'article L. 211-10 du code de la sécurité intérieure ne peut pas être engagée dès lors que la faute commise par le requérant, qui participait à la manifestation et s'est maintenu pendant plusieurs minutes à proximité du lieu où les tensions étaient palpables et d'un groupe hostile aux policiers, est de nature à exonérer totalement l'Etat de sa responsabilité ;
- la responsabilité pour faute de l'Etat du fait de l'usage d'armes comportant des risques exceptionnels pour les personnes et les biens n'est pas non plus susceptible d'être engagée à l'égard du requérant dès lors, d'une part, qu'il n'était pas tiers par rapport à l'opération de police, d'autre part, que l'usage de la grenade à main de désencerclement ne comporte pas de risque exceptionnel ; en tout état de cause, le requérant doit être regardé comme ayant accepté le risque en se maintenant sur les lieux, en connaissance du climat violent et hostile envers les forces de police ;
- la responsabilité pour faute lourde à l'occasion de l'exercice d'une mission de maintien de l'ordre ne peut pas être engagée dans la mesure où, premièrement, le requérant était concerné par l'opération de maintien de l'ordre, deuxièmement, aucune faute lourde n'a été commise, troisièmement, la faute commise par le requérant, qui faisait partie du groupe de personnes hostiles aux forces de l'ordre, est de nature à exonérer totalement l'Etat de sa responsabilité ;
- la faute alléguée tenant à l'absence d'assistance à des personnes en danger n'est pas établie ; au surplus, il n'est pas établi que le délai séparant la blessure du requérant de l'intervention des policiers serait à l'origine, même partiellement, du préjudice subi ;
- aucune faute dans l'organisation globale des opérations de maintien de l'ordre n'est démontrée ;
- à titre subsidiaire, l'état de santé du requérant n'étant pas consolidé à la date du rapport d'expertise du 24 avril 2017, une nouvelle expertise permettant d'évaluer ses préjudices définitifs devra, le cas échéant, être ordonnée ;
- le préjudice patrimonial invoqué à hauteur de 80 000 euros n'est aucunement justifié ;
- la somme susceptible d'être allouée au titre du déficit fonctionnel partiel devra être ramenée à de plus justes proportions en l'évaluant à hauteur de 1 400 euros à la date du 3 mai 2017 ;
- la somme susceptible d'être allouée au titre des souffrances endurées devra être ramenée à de plus justes proportions en l'évaluant à hauteur de 5 400 euros à la date du 3 mai 2017 ;
- la somme susceptible d'être allouée au titre du préjudice esthétique devra être ramenée à de plus justes proportions en l'évaluant à hauteur de 1 000 euros à la date du 3 mai 2017 ;
- la réalité du préjudice d'agrément n'est pas démontrée ;
- les conclusions présentées par la caisse primaire d'assurance maladie de Paris sur le fondement de l'article L. 376-1 et de l'article L. 454-1 du code de la sécurité sociale doivent être rejetées dès lors que la responsabilité de l'Etat n'est pas susceptible d'être engagée ;
- à titre subsidiaire, le montant de la créance invoquée par la caisse primaire d'assurance maladie de Paris doit être apprécié compte tenu de l'imprudence fautive de la victime ;
- le cas échéant, si l'indemnité mise à la charge de l'Etat au titre des débours versés par la caisse était inférieure à trois fois le montant de l'indemnité de gestion, il y aura lieu de réduire le montant de cette indemnisation conformément aux dispositions de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.
Par une ordonnance du 29 février 2024, la clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 28 mars 2024 à 12 heures.
La procédure a été communiquée au préfet de police qui n'a pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Armoët,
- et les conclusions de Mme Castéra, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a été gravement blessé à la tête lors d'une manifestation organisée à Paris le 26 mai 2016 contre la loi dite " travail ". Il impute sa blessure à l'usage, par les forces de police, d'une grenade à main de désencerclement (GMD). Une enquête pour chef de violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique avec usage ou menace d'une arme a été diligentée. Elle a donné lieu, le 30 septembre 2020, à une décision de non-lieu en l'absence de charges suffisantes. Par une lettre du 29 décembre 2020, dont les services du ministre de l'intérieur ont accusé réception le 27 janvier 2021, M. B a présenté une demande indemnitaire préalable pour obtenir réparation des préjudices qu'il estime avoir subis du fait de l'usage, par les forces de police, d'une grenade à main de désencerclement. Sa demande a été implicitement rejetée. Par la présente requête, M. B demande au tribunal de condamner l'Etat à lui verser une indemnité globale de 320 000 euros, à réévaluer le cas échéant au regard d'une nouvelle expertise, en réparation de ses préjudices.
Sur la responsabilité de l'Etat :
2. Aux termes de l'article L. 211-10 du code de la sécurité intérieure : " L'Etat est civilement responsable des dégâts et dommages résultant des crimes et délits commis, à force ouverte ou par violence, par des attroupements ou rassemblements armés ou non armés, soit contre les personnes, soit contre les biens () ". Ces dispositions visent non seulement les dommages causés directement par les auteurs de ces crimes ou délits, mais encore ceux que peuvent entraîner les mesures prises par l'autorité publique pour le rétablissement de l'ordre.
3. D'une part, il résulte de l'instruction, notamment de l'ordonnance aux fins de non-lieu du juge d'instruction du tribunal judiciaire de Paris du 30 septembre 2020 ainsi que des pièces de la procédure pénale versées au dossier par le ministre de l'intérieur, qu'à la suite de l'interpellation d'un jeune manifestant le 26 mai 2016 aux alentours de 18 heures 30, pour jet de projectiles sur les forces de police, un groupe de manifestants, composé de cinquante à deux cents personnes selon les témoignages recueillis, s'est progressivement rassemblé autour des quatre policiers chargés d'attendre le véhicule devant conduire l'individu interpellé au commissariat, en réclamant sa " libération ", les conduisant à se réfugier dans la cour privative d'une résidence située au niveau du 2 rue du Général Niessel dans le 20ème arrondissement de Paris. Contrairement à ce que M. B soutient, en se prévalant de la décision du Défenseur des droits du 17 juillet 2019 dont les analyses sont toutefois contredites par les pièces et les conclusions de la procédure pénale, il résulte des témoignages, y compris de celui de l'individu interpellé, et des vidéos analysées selon des angles différents compte tenu de la configuration des lieux, recueillis dans le cadre de la procédure pénale, que dans les minutes qui ont précédé le lancer de la grenade à main de désencerclement, les quatre policiers retranchés dans la cour de la résidence étaient confrontés à un groupe de plusieurs dizaines de manifestants qui leur était hostile. Ils ont ainsi essuyé des jets de projectiles, des insultes et des menaces, qui les ont conduits à rester abriter et à demander du renfort. Il résulte également de l'instruction que les cinq policiers appelés en renfort ont été sifflés et hués par la foule à leur arrivée sur les lieux. C'est dans ce contexte que l'un des cinq policiers arrivés sur les lieux a jeté une grenade à main de désencerclement en direction de la foule de manifestants afin de s'introduire dans la cour privative pour venir en aide aux quatre policiers retranchés. Il résulte de l'instruction, notamment de l'expertise balistique et médico-technique conduite dans le cadre de la procédure pénale, que le bouchon allumeur de cette grenade a causé une grave blessure à la tête de M. B qui se trouvait alors à proximité immédiate de la foule rassemblée devant la grille derrière laquelle les policiers étaient réfugiés. Dès lors que la blessure de M. B résulte directement d'une mesure prise par l'autorité publique, pour faire face à des agissements violents commis par un attroupement ou un rassemblement au sens des dispositions précitées, ce dernier est fondé à soutenir que la responsabilité de l'État est engagée sur le fondement de l'article L. 211-10 du code de la sécurité intérieure.
4. En revanche, et au surplus, contrairement à ce que M. B soutient, il résulte de l'instruction qu'eu égard aux importants débordements et actes de violence commis à l'encontre des policiers lors de la manifestation du 26 mai 2016 ainsi qu'à la situation de tension et d'hostilité vis-à-vis des policiers présents sur les lieux lorsque M. B a été blessé, l'usage de la grenade de désencerclement répondait aux nécessités du maintien de l'ordre, afin de dissiper l'attroupement et de permettre aux quatre policiers retranchés de sortir d'une situation difficile. De même, il est établi que la grenade à main de désencerclement a été lancée selon un geste conforme à ce qui était enseigné aux policiers, par un agent habilité qui ne pouvait pas anticiper, compte tenu des connaissances que l'administration avait alors de ce type de grenades de désencerclement, les lésions qu'elle a pu provoquer. Dans ces conditions, aucune faute de l'Etat n'est, en tout état de cause, établie.
5. D'autre part, il résulte de l'instruction que M. B, qui a indiqué qu'il était en train de quitter la manifestation à laquelle il participait, s'est rapproché délibérément du groupe de manifestants rassemblé devant la grille de la cour privative derrière laquelle les quatre policiers s'étaient réfugiés, et ce afin de filmer la scène, en qualité d'amateur. En se rapprochant ainsi délibérément du groupe hostile aux policiers retranchés, avec pour seule motivation de filmer une scène dont il ne pouvait pas ignorer le caractère anormal quand bien même les jets de projectiles contre les quatre policiers n'auraient pas été incessants, M. B a commis une imprudence qui constitue une faute de la victime de nature à exonérer partiellement l'Etat de sa responsabilité au titre de l'article L. 211-10 du code de la sécurité intérieure, à hauteur de 30 %.
6. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit, en tout état de cause, besoin d'examiner les autres fondements de responsabilité invoqués à l'appui des demandes indemnitaires de M. B, la responsabilité sans faute de l'Etat est engagée à hauteur de 70 % sur le fondement de l'article L. 211-10 du code de la sécurité intérieure.
Sur les préjudices :
7. Aux termes de l'article R. 621-1 du code de justice administrative : " La juridiction peut, soit d'office, soit sur la demande des parties ou de l'une d'elles, ordonner, avant dire droit, qu'il soit procédé à une expertise sur les points déterminés par sa décision. L'expert peut se voir confier une mission de médiation. Il peut également prendre l'initiative, avec l'accord des parties, d'une telle médiation. Si une médiation est engagée, il en informe la juridiction. Sous réserve des exceptions prévues par l'article L. 213-2, l'expert remet son rapport d'expertise sans pouvoir faire état, sauf accord des parties, des constatations et déclarations ayant eu lieu durant la médiation ".
8. M. B demande l'indemnisation de ses préjudices patrimoniaux et extra-patrimoniaux tenant à l'incidence professionnelle, aux déficits fonctionnels temporaire et permanent, aux souffrances physiques et morales endurées, aux préjudices esthétiques temporaire et permanent et au préjudice d'agrément. Toutefois, comme les parties le relèvent, l'état du dossier ne permet pas au tribunal administratif d'apprécier la réalité et l'étendue de ces différents préjudices dans la mesure où l'expertise médicale diligentée dans le cadre de la procédure pénale relève que la date de consolidation de l'état de santé de l'intéressé n'était pas acquise à la date du rapport d'expertise du 10 mai 2017 versé au dossier. Dès lors, il y a lieu, avant de statuer sur ces préjudices, d'ordonner une expertise médicale et de réserver jusqu'en fin d'instance tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement.
Sur les conclusions accessoires :
9. Tous droits et moyens des parties, sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement, sont réservés jusqu'en fin d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : L'Etat est déclaré responsable des préjudices subis par M. B lors de la manifestation du 26 mai 2016 à hauteur de 70 %.
Article 2 : Il sera, avant de statuer sur les préjudices de M. B et le surplus des conclusions des parties, procédé par un expert désigné par le président du tribunal administratif, à une expertise avec mission :
1°) de se faire communiquer les documents médicaux utiles à sa mission, en particulier l'expertise médicale du 10 mai 2017, d'examiner M. B et de décrire son état actuel ;
2°) de déterminer, d'une part, la date de consolidation des blessures et de préciser, d'autre part, les préjudices liés aux faits du litige, temporaires et permanents, notamment le déficit fonctionnel, les souffrances endurées, le préjudice esthétique et le préjudice d'agrément ;
3°) de préciser le montant des dépenses de santé et des frais divers supportés jusqu'à la date de consolidation et d'évaluer, le cas échéant, la nature et le montant des dépenses de santé futures ; de dire si une aide à une tierce personne a été et/ou est nécessaire ; le cas échéant, de quantifier le volume horaire et la fréquence de cette aide ;
4°) de déterminer les pertes de revenus professionnels et l'incidence professionnelle en lien avec les faits du litige ;
5°) de manière générale, de donner toutes précisions et informations utiles permettant au tribunal de se prononcer sur l'existence et l'importance des préjudices.
Article 3 : Avec leur accord, et sous réserve d'en avoir informé le tribunal, l'expert pourra assurer une mission de médiation afin de permettre aux parties de trouver un accord sur les questions encore en litige.
Article 4 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il déposera son rapport dans le délai fixé par le président du tribunal dans sa décision le désignant.
Article 5 : Les frais d'expertise sont réservés pour y être statué en fin d'instance.
Article 6 : Tous droits et moyens des parties, sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement, sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet de police, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à la caisse primaire d'assurance maladie de Paris.
Délibéré après l'audience du 16 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Salzmann, présidente,
Mme Armoët, première conseillère.
Mme Guglielmetti, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mai 2024.
La rapporteure,
E. ARMOËT
La présidente,
M. SALZMANNLa greffière,
P. TARDY-PANIT
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2404071
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête d'Air France visant à annuler une amende de 10 000 euros infligée par le ministre de l'intérieur. La société était sanctionnée pour avoir débarqué un passager dépourvu de document de voyage valable en provenance de Bangkok, malgré ses allégations d'un contrôle à l'embarquement. Le tribunal a jugé que l'obligation de vérification des documents, prévue aux articles L. 821-6 à L. 821-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et L. 6421-2 du code des transports, incombe au transporteur et que la preuve d'un contrôle effectif n'était pas rapportée en l'espèce.
30/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2407258
Le Tribunal Administratif de Paris rejette la requête de la société Air France, qui contestait une amende de 10 000 euros pour avoir transporté un passager muni d'un passeport contrefait. La juridiction estime que l'irrégularité du document était manifeste et décelable par un examen attentif lors de l'embarquement, et que la procédure suivie par le ministre de l'intérieur était régulière. La décision s'appuie sur les articles L. 821-6 à L. 821-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article L. 6421-2 du code des transports.
30/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2328289
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme F... visant à annuler l'arrêté ministériel du 11 octobre 2023 autorisant son licenciement pour motif disciplinaire. La juridiction a estimé que les moyens soulevés, notamment ceux relatifs à la procédure disciplinaire et à l'appréciation des faits, n'étaient pas fondés. Elle a également déclaré irrecevables les conclusions de l'employeur demandant une amende pour recours abusif, relevant qu'il s'agit d'un pouvoir propre du juge. La décision s'appuie sur les dispositions du code du travail, notamment après le renvoi préjudiciel au Conseil constitutionnel concernant l'article L. 1232-3.
30/03/2026