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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2111840

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2111840

vendredi 15 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2111840
TypeDécision
PublicationC
Formation5e Section - 4e Chambre
Avocat requérantVIOLETTE

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I.- Par une requête enregistrée le 3 juin 2021 sous le n° 2111840 et un mémoire enregistré le 17 mai 2022, M. A B, représenté par Me Bertrand Violette, avocat, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par l'Institut de France sur sa demande du 4 février 2021 en tant qu'elle porte sur la délivrance d'un certificat de travail et de l'attestation de l'employeur destinée à Pôle Emploi ;

2°) d'enjoindre à l'Institut de France de lui délivrer un certificat de travail et l'attestation de l'employeur destinée à Pôle Emploi sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Institut de France la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :

- il y a lieu de statuer sur sa requête, le certificat de travail et l'attestation employeur destinée à Pôle Emploi qui lui ont été délivrés indiquant comme date d'emploi le 4 février 2019 au lieu du 6 septembre 1993 ;

- la remise d'un certificat de travail comportant notamment la mention de la date de recrutement et celle de fin du contrat constitue une obligation pour les employeurs des agents contractuels de droit public en application de l'article 44-1 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 et celle de l'attestation pôle emploi également, en application de l'article R. 1234-9 du code du travail, applicable aux agents publics.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 avril 2022, l'Institut de France, représenté par son chancelier, représenté par Me Jacques Bazin, avocat, conclut au non-lieu à statuer sur la requête.

Il soutient que l'objet du litige a disparu après l'introduction de la requête, la décision ayant été retirée, les documents demandés, comportant les informations dont il dispose, ayant été envoyés à M. B par courriel le 21 juin 2021 et par courrier recommandé adressé à son conseil.

II.- Par une requête enregistrée le 3 juin 2021 sous le n° 2111846, M. A B, représenté par Me Bertrand Violette, avocat, demande au tribunal :

1°) de condamner l'Institut de France à lui verser une indemnité de 52 725,85 euros, à parfaire, assortie des intérêts au taux légal à compter du 5 février 2021, en réparation des préjudices résultant pour lui du défaut de paiement de son salaire pour le mois de juillet 2019, d'un montant de 2 169,21 euros, de l'indemnité compensatrice de congés annuels, d'un montant de 789 euros, de l'indemnité de licenciement, d'un montant, déduction faite de l'indemnité qui lui a été versée au titre de son licenciement initial en 2002, de 17 284,14 euros, de l'allocation de retour à l'emploi, d'un montant, à parfaire, de 27 483,50 euros, et du préjudice moral et des troubles dans ses conditions d'existence résultant de l'absence de délivrance d'un certificat de travail et de l'attestation de l'employeur destinée à Pôle Emploi, évalués à 5 000 euros ;

2°) de mettre à la charge de l'Institut de France la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le préavis de licenciement de deux mois qui a commencé à courir le 21 avril 2019 ayant été interrompu à la suite de son acceptation d'un poste de reclassement le 12 juin 2019 et ayant recommencé à courir lorsqu'il a renoncé à ce poste le 21 juin 2019, il se terminait le 29 juillet 2019 et il aurait dû percevoir la somme de 2 169,21 euros au titre de son salaire pour le mois de juillet ;

- il a acquis neuf jours de congés payés et aurait dû percevoir une allocation compensatrice de 789 euros ;

- il avait droit à une indemnité de licenciement et aurait dû percevoir à ce titre une somme de 22 415,23 euros dont il convient de retrancher celle qui lui a été versée en 2002 ;

- il avait droit à l'allocation de retour à l'emploi à compter du mois d'août 2019 pour un montant de 49,97 euros par jour pendant trois ans, soit un montant, à parfaire à la date du jugement à intervenir, de 27 483,50 euros ;

- la faute que constitue l'absence de remise d'un certificat de travail et de l'attestation de l'employeur destinée à Pôle Emploi lui a causé un préjudice moral et des troubles dans ses conditions d'existence qu'il évalue à 5 000 euros.

La requête a été communiquée à l'Institut de France qui n'a pas produit de mémoire.

Une mise en demeure a été adressée le 25 octobre 2022 à l'Institut de France.

Par une ordonnance du 22 septembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 13 octobre 2023.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code du travail ;

- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;

- le décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 ;

- l'arrêté du 25 juin 2014 portant agrément de la convention du 14 mai 2014 relative à l'indemnisation du chômage ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Julinet, premier conseiller ;

- les conclusions de M. Degand, rapporteur public ;

- les observations de Me Violette, représentant M. B, et celles de Me Nogaret, représentant l'Institut de France.

Sous le n° 2111846, une note en délibéré, présentée pour l'Institut de France par Me Bazin, a été enregistrée le 4 décembre 2023.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, né le 26 octobre 1963, a été recruté en qualité de chauffeur par l'Académie française par un contrat de travail à durée indéterminée en date du 6 septembre 1993 signé, pour le secrétaire perpétuel, par son chef de cabinet. Il a été licencié par une décision du directeur de cabinet du secrétaire perpétuel du 16 septembre 2002 pour un motif économique tiré de la suppression de son poste. Cette décision a été annulée par un jugement du tribunal administratif de Paris du 30 mai 2007 au motif que le directeur de cabinet ne justifiait pas de sa compétence en matière de gestion du personnel, laquelle relevait de l'Institut de France. Par un arrêt du 18 mars 2009, la cour administrative d'appel de Paris a rejeté la requête de l'Académie française tendant à l'annulation de ce jugement au motif que l'Institut de France n'établissait pas qu'aucun autre emploi équivalent à celui de M. B, voire, à défaut d'un tel emploi, tout autre emploi qui pouvait lui être proposé, n'était pas disponible en son sein. Par un arrêt du 18 février 2013, cette cour a rejeté, après l'avoir jugée recevable, la tierce opposition formée par l'Institut de France contre cet arrêt. Par un arrêt du 24 octobre 2018, la cour administrative d'appel a enjoint à l'Institut de France de procéder à la régularisation de la situation juridique de M. B. Par une décision du 25 janvier 2019, l'Institut de France a réintégré M. B à compter du 4 février 2019. Par une décision du 15 avril 2019, M. B a été licencié en raison de la suppression de son emploi, à l'issue d'un préavis de deux mois courant à compter du lendemain de sa notification, intervenue le 20 avril 2019. Par un courrier du 13 mai 2019, il a demandé son reclassement. Par un courrier du 4 juin 2019, l'Institut de France lui a proposé un poste d'huissier devenu vacant. Par un courrier du 8 juin 2019, M. B a accepté cette proposition. Il a pris son poste le 17 juin 2019. Par un courrier du 21 juin 2019, il a renoncé à son reclassement. Par un courrier du 28 juin 2019, l'Institut de France a pris note de sa renonciation et lui a indiqué que son licenciement était effectif au 21 juin 2019, qu'un certificat de travail et l'attestation destinée à Pôle Emploi lui serait adressés dans les meilleurs délais et qu'il pouvait prétendre à une indemnité de licenciement et à une indemnité compensatrice des neufs jours de congés annuels auquel il avait droit pour la période du 4 février au 21 juin 2019. Par un arrêt du 15 mai 2023, la cour administrative d'appel a enjoint à l'Institut de France, au titre de la reconstitution de carrière de M. B, d'une part, de verser à la caisse de retraite des agents publics contractuels la part salariale et la part patronale des cotisations relatives aux droits à pension de retraite qu'il aurait acquis en l'absence de son éviction illégale, soit du 16 septembre 2002 au 4 février 2019, et, d'autre part, de verser sur son compte de formation professionnelle le crédit d'heures correspondant à ses droits à la formation professionnelle.

2. Par la requête susvisée n° 2111840, M. B doit être regardé comme demandant, dans le dernier état de ses écritures, l'annulation de la décision par laquelle l'Institut de France a refusé de lui délivrer un certificat de travail et l'attestation de l'employeur destinée à Pôle Emploi mentionnant le 6 septembre 1993 comme date de recrutement au lieu du 4 février 2019. Par la requête susvisée n° 2111846, il demande la condamnation de l'Institut de France à lui verser diverses sommes qu'il estime lui être dues en raison de son licenciement en 2021 et en réparation du préjudice résultant pour lui de l'absence de remise d'un certificat de travail et de l'attestation de l'employeur destinée à Pôle Emploi.

3. Les requêtes n° 2111840 et n° 2111846 présentées pour M. B ont fait l'objet d'une instruction commune et présentent à juger les mêmes questions. Par suite, il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.

Sur l'exception de non-lieu à statuer :

4. Si l'Institut de France soutient que l'objet du litige a disparu après l'introduction de la requête n° 2111840, la décision ayant été retirée, les documents demandés, comportant les informations dont il dispose, ayant été envoyés à M. B par courriel le 21 juin 2021 et par courrier recommandé adressé à son conseil, M. B doit être regardé comme demandant, dans le dernier état de ses écritures, l'annulation de la décision par laquelle l'Institut de France a refusé de lui délivrer un certificat de travail et l'attestation de l'employeur destinée à Pôle Emploi mentionnant le 6 septembre 1993 comme date de recrutement au lieu du 4 février 2019. Dès lors, l'objet du litige n'a pas disparu et, par suite, l'exception de non-lieu à statuer doit être écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

5. En premier lieu, d'une part, aux termes de de l'article 44-1 du décret du 17 janvier 1986 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de l'Etat : " A l'expiration du contrat, l'administration délivre à l'agent un certificat qui contient exclusivement les mentions suivantes : / 1° La date de recrutement de l'agent et celle de fin de contrat ; / 2° Les fonctions occupées par l'agent, la catégorie hiérarchique dont elles relèvent et la durée pendant laquelle elles ont été effectivement exercées ; / 3° Le cas échéant, les périodes de congés non assimilées à des périodes de travail effectif ". D'autre part, aux termes de l'article R. 1234-9 du code du travail, applicable aux agents publics : " L'employeur délivre au salarié, au moment de l'expiration ou de la rupture du contrat de travail, les attestations et justifications qui lui permettent d'exercer ses droits aux prestations mentionnées à l'article L. 5421-2 et transmet sans délai ces mêmes attestations à Pôle emploi. / () ".

6. Par son arrêt n° 18PA01194 du 24 octobre 2018, la cour administrative d'appel de Paris a fait droit à la demande d'exécution de son arrêt n° 07PA02480 du 18 mars 2009 en enjoignant à l'Institut de France de procéder à la régularisation de la situation juridique de M. B, y compris en ce qui concerne ses droits sociaux, dans un délai de trois mois, à la suite de l'annulation de la décision du 16 septembre 2002 prononçant son licenciement.

7. L'annulation d'une décision prononçant le licenciement d'un agent public contractuel implique nécessairement, au titre de la reconstitution de sa carrière, la reconstitution de ses droits sociaux. Celle-ci implique notamment la délivrance d'un certificat de travail mentionnant la date de son recrutement initial ainsi que de l'attestation de l'employeur destinée à Pôle Emploi mentionnant l'intégralité de la période d'emploi depuis son recrutement initial, son ancienneté dans l'entreprise correspondant à cette période et les salaires des douze mois civils complets précédant le dernier jour travaillé et payé qui lui ont été versés ou qui auraient dû l'être afin de lui permettre de faire valoir l'intégralité de ses droits à l'allocation de retour à l'emploi à laquelle il peut éventuellement prétendre s'il remplit par ailleurs l'ensemble des conditions posées pour en bénéficier. La circonstance que M. B aurait perçu des revenus durant son éviction illégale au titre de ses fonctions de dirigeant d'entreprise est sans incidence sur l'obligation qui incombe à l'Institut de France de reconstituer ses droits sociaux.

8. Il ressort des pièces du dossier que le certificat de travail et l'attestation de l'employeur destinée à Pôle Emploi finalement délivrés par l'Institut de France à M. B mentionnent comme date de recrutement le 4 février 2019 au lieu du 6 septembre 1993, date de son recrutement initial. Dès lors, M. B est fondé à demander l'annulation de la décision de l'Institut de France de refuser de lui délivrer un certificat de travail et l'attestation de l'employeur destinée à Pôle Emploi mentionnant le 6 septembre 1993 comme date de recrutement.

Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :

9. En raison du motif qui la fonde, l'annulation de la décision attaquée implique nécessairement que l'Institut de France délivre à M. B un certificat de travail et l'attestation de l'employeur destinée à Pôle Emploi mentionnant comme date de recrutement le 6 septembre 1993. Il y a lieu de lui enjoindre, sur le fondement de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, d'y procéder dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce il y a lieu de prononcer contre l'Institut de France, à défaut pour lui de justifier de l'exécution du présent jugement dans un délai de deux mois à compter de sa notification, une astreinte de 50 euros par jour jusqu'à la date à laquelle ce jugement aura reçu exécution.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne les fautes de l'Institut de France :

10. Il n'est pas contesté et il résulte de l'instruction, en particulier de son courrier du 28 juin 2019, que l'Institut de France a admis qu'il lui incombait en principe, d'une part, de verser à M. B les sommes qui lui sont dues au titre de sa rémunération jusqu'à la date à laquelle son licenciement a pris effet, à l'issue du préavis de deux mois qui a commencé à courir le lendemain de la réception, le 20 avril 2019, de la décision de licenciement du 15 avril 2019, de l'indemnité de licenciement, de l'indemnité compensatrice de neufs jours de congés annuels acquis et non pris et de l'allocation d'aide au retour à l'emploi et, d'autre part, de lui délivrer dans les meilleurs délais un certificat de travail et l'attestation destinée à Pôle Emploi. Dès lors, le non versement de ces sommes et le défaut de délivrance de ces documents sont constitutifs d'une faute de nature à engager sa responsabilité.

En ce qui concerne les préjudices :

S'agissant de la rémunération de M. B jusqu'à son licenciement :

11. Aux termes du IV de l'article 45-5 du décret du 17 janvier 1986 : " Lorsque l'agent refuse le bénéfice de la procédure de reclassement ou en cas d'absence de demande formulée dans le délai indiqué au troisième alinéa du II, l'agent est licencié au terme du préavis prévu à l'article 46 ". En application de l'article 46 du même décret : " L'agent recruté pour une durée indéterminée ainsi que l'agent qui, engagé à terme fixe, est licencié avant le temps fixé, a droit à un préavis qui est de : / () / - deux mois pour ceux qui ont au moins deux ans de services. / () ".

12. En premier lieu, il est constant, d'une part, qu'en application des dispositions précitées de l'article 46 du décret du 17 janvier 1986, le préavis au terme duquel le licenciement de M. B a pris effet s'achevait le 21 juin 2019 et, d'autre part, qu'il a renoncé le même jour au bénéfice de la procédure de reclassement. Dès lors, en application des dispositions précitées de l'article 45-5 du même décret, la circonstance qu'il a travaillé pendant quatre jours avant cette date dans le cadre de la proposition d'un reclassement auquel il a finalement renoncé n'est pas de nature à avoir interrompu le préavis et repoussé la date à laquelle son licenciement a pris effet.

13. En second lieu, il résulte de l'instruction, en particulier du bulletin de paie de M. B pour la période du 1er au 30 juin 2019, que l'Institut de France lui a versé la rémunération correspondant à son emploi jusqu'au 30 juin 2019, soit au-delà de la date à laquelle son licenciement avait pris effet. Dès lors, M. B n'est pas fondé à soutenir que l'Institut de France ne lui a pas versé les rémunérations auxquelles il a droit ni qu'il a subi un préjudice à ce titre.

S'agissant de l'indemnité compensatrice de congés annuels :

14. Aux termes de l'article 10 du décret du 17 janvier 1986 : " I. - L'agent non titulaire en activité a droit, compte tenu de la durée de service effectué, à un congé annuel dont la durée et les conditions d'attribution sont identiques à celles du congé annuel des fonctionnaires titulaires prévu par le décret n° 84-972 du 26 octobre 1984 susvisé. / II. - En cas de licenciement n'intervenant pas à titre de sanction disciplinaire ou à la fin d'un contrat à durée déterminée, l'agent qui, du fait de l'administration, n'a pu bénéficier de tout ou partie de ses congés annuels a droit à une indemnité compensatrice de congés annuels. / L'indemnité compensatrice de congés annuels est égale au 1/10 de la rémunération totale brute perçue par l'agent au cours de sa période d'emploi, entre le 1er janvier et le 31 décembre de l'année en cours. L'indemnité est proportionnelle au nombre de jours de congés annuels dus non pris. / L'indemnité est soumise aux mêmes retenues que la rémunération de l'agent. / L'indemnité ne peut être inférieure au montant de la rémunération que l'agent aurait perçue pendant la période de congés annuels dus et non pris ". En application de l'article 1 du décret du 26 octobre 1984 : " Tout fonctionnaire de l'Etat en activité a droit, dans les conditions et sous les réserves précisées aux articles ci-après, pour une année de service accompli du 1er janvier au 31 décembre, à un congé annuel d'une durée égale à cinq fois ses obligations hebdomadaires de service. Cette durée est appréciée en nombre de jours effectivement ouvrés. / () ".

15. Il est constant qu'en application des dispositions précitées, M. B a droit à une indemnité compensatrice de congés annuels correspondant à neuf jours de congés acquis et non pris. Il résulte de ces dispositions que, sur la base d'un salaire net mensuel de 2 169,21 euros, le montant de cette indemnité est de 937,10 euros.

S'agissant de l'indemnité de licenciement :

16. Aux termes de l'article 51 du décret du 17 janvier 1986 : " En cas de licenciement n'intervenant pas à titre de sanction disciplinaire, une indemnité de licenciement est versée : / 1° Aux agents recrutés pour une durée indéterminée ; / () ". Aux termes de l'article 53 du même décret : " La rémunération servant de base au calcul de l'indemnité de licenciement est la dernière rémunération nette des cotisations de la sécurité sociale et, le cas échéant, des cotisations d'un régime de prévoyance complémentaire, effectivement perçue au cours du mois civil précédant le licenciement. (). / () ". Aux termes de l'article 54 dudit décret : " L'indemnité de licenciement est égale à la moitié de la rémunération de base définie à l'article précédent pour chacune des douze premières années de services, au tiers de la même rémunération pour chacune des années suivantes, sans pouvoir excéder douze fois la rémunération de base. () / () / Pour l'application de cet article, toute fraction de services supérieure ou égale à six mois sera comptée pour un an ; toute fraction de services inférieure à six mois sera négligée ". Aux termes enfin de l'article 55 de ce décret : " L'ancienneté prise en compte pour le calcul de l'indemnité définie à l'article 54 ci-dessus est décomptée selon les modalités prévues au titre VII du présent décret, sous réserve que ces services n'aient pas été pris en compte dans le calcul d'une autre indemnité de licenciement ou d'une pension autre que celle du régime général de la sécurité sociale. () ".

17. Il résulte de ces dispositions que, pour le calcul de l'indemnité de licenciement à laquelle il a droit, l'ancienneté des services de M. B à prendre en compte, à l'exclusion de ceux, antérieurs au 16 septembre 2002, pris en compte dans le calcul de l'indemnité de licenciement qui lui a alors été versée, est de dix-sept ans et, par suite, que, sur la base d'un salaire net mensuel de 2 169,21 euros, le montant de cette indemnité est de 16 630,60 euros.

S'agissant de l'allocation d'aide au retour à l'emploi :

18. Aux termes de l'article L. 5424-1 du code du travail, dans sa rédaction applicable à la date du licenciement de M. B : " Ont droit à une allocation d'assurance dans les conditions prévues aux articles L. 5422-2 et L. 5422-3 : / 1° Les agents fonctionnaires et non fonctionnaires de l'Etat et de ses établissements publics administratifs () / () ". Aux termes de l'article L. 5424-2 du même code : " Les employeurs mentionnés à l'article L. 5424-1 assurent la charge et la gestion de l'allocation d'assurance. / () ".

19. Il est constant que M. B remplissait à la date de son licenciement la condition d'activité professionnelle antérieure ouvrant droit à l'allocation de retour à l'emploi posée par les dispositions de la section 1 du chapitre II du titre II du livre IV de la cinquième partie du code de travail et les stipulations de l'accord relatif à l'assurance chômage conclu entre les organisations représentatives d'employeurs et de salariés prévu à l'article L. 5422-20 du même code pour leur application. Il ne résulte pas de l'instruction, en l'absence de toute contestation sur ce point, qu'il ne remplissait pas les autres conditions d'attribution posées par ces dispositions et stipulations Dès lors, il peut prétendre au versement de cette allocation.

20. Il résulte des articles 9, 11 à 14, 19 et 21 à 23 du règlement général annexé à la convention du 14 mai 2014 relative à l'indemnisation du chômage agréée par l'arrêté du ministre du travail, de l'emploi et du dialogue social du 25 juin 2014 que M. B avait droit pendant un maximum de 1 095 jours à une allocation journalière égale à 57 % du salaire journalier de référence calculé sur la base des rémunérations des douze mois civils précédant son dernier jour de travail entrant dans l'assiette des contributions, réduite de la participation de 3 % au financement des retraites complémentaires des allocataires du régime d'assurance chômage, soit de 49,92 euros. Compte tenu du différé d'indemnisation de dix jours résultant du montant de son indemnité compensatrice de congés payés et du délai d'attente de sept jours, le montant de l'allocation due par l'Institut de France à M. B pour la période du 9 juillet 2019 au 8 juillet 2022, terme de la période de 1 095 jours, est de 54 662,40 euros.

S'agissant du défaut de délivrance d'un certificat de travail et de l'attestation de l'employeur destinée à Pôle Emploi :

21. Il ne résulte pas de l'instruction que le défaut de délivrance par l'Institut de France d'un certificat de travail et de l'attestation destinée à Pôle Emploi a causé à M. B un préjudice financier distinct de celui réparé par le présent jugement ni un préjudice moral.

22. Il résulte de tout ce qui précède qu'il sera fait une exacte appréciation du préjudice que M. B a subi en condamnant l'Institut de France à lui verser la somme, limitée au montant de sa demande, de 52 725,85 euros.

Sur les intérêts :

23. M. B a droit aux intérêts au taux légal à compter du 5 février 2021, date de réception de sa demande par l'Institut de France, pour l'indemnité de 17 567,70 euros correspondant aux indemnités de congés payés et de licenciement. Pour l'indemnité correspondant à l'allocation d'aide au retour à l'emploi, les intérêts afférents aux termes mensuels échus avant le 5 février 2021 doivent courir à compter de cette date et ceux afférents aux termes mensuels échus après le 5 février 2021 doivent courir à compter de la date à laquelle chaque mensualité était due.

Sur les frais liés au litige :

24. L'Institut de France versera à M. B une somme globale de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La décision de l'Institut de France de refuser de délivrer à M. B un certificat de travail et l'attestation de l'employeur destinée à Pôle Emploi mentionnant le 6 février 1993 comme date de recrutement est annulée.

Article 2 : Il est enjoint à l'Institut de France de délivrer à M. B un certificat de travail et l'attestation de l'employeur destinée à Pôle Emploi mentionnant comme date de recrutement le 6 septembre 1993 dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : Une astreinte de 50 euros par jour est prononcée à l'encontre de l'Institut de France s'il n'est pas justifié de l'exécution du présent jugement dans le délai mentionné à l'article 2 ci­dessus. L'Institut de France communiquera au tribunal copie des actes justifiant des mesures prises pour exécuter le présent jugement.

Article 4 : L'Institut de France est condamné à verser à M. B une indemnité de 52 725,85 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 5 février 2021 pour ceux afférents à la part de l'indemnité correspondant aux indemnités de congés payés et de licenciement et aux termes mensuels de l'allocation d'aide au retour à l'emploi échus avant cette date et à compter de la date à laquelle chaque mensualité était due pour ceux afférents aux termes mensuels échus après le 5 février 2021 de l'allocation d'aide au retour à l'emploi.

Article 5 : L'Institut de France versera à M. B une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à l'Institut de France.

Une copie en sera adressée à l'Académie française.

Délibéré après l'audience du 1er décembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Aubert, présidente,

M. Julinet, premier conseiller,

M. Medjahed, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 décembre 2023.

Le rapporteur,

S. JULINET

La présidente,

S. AUBERT La greffière,

A. LOUART

La République mande et ordonne à la Première ministre, au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique et à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche chacun en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Nos 2111840 et 2111846

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TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2304140

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme A, agent contractuel, qui contestait une retenue sur son traitement de 250 euros pour un indu de prime exceptionnelle liée à la pandémie. La requérante invoquait un défaut de motivation et une faute de l'administration, mais le tribunal a jugé que la décision de retenue était fondée sur l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000 et le décret n° 2020-570 du 14 mai 2020. Il a estimé que l'administration avait établi le bien-fondé de l'indu, car Mme A ne remplissait pas les conditions pour bénéficier de la prime, et qu'aucune faute n'était caractérisée. Les conclusions indemnitaires et subsidiaires ont également été rejetées.

25/09/2025

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2305883

Le Tribunal Administratif de Paris a annulé le compte rendu d'entretien professionnel de Mme B..., capitaine de police, établi le 23 janvier 2023 au titre de l'année 2017. La requérante soutenait notamment que l'évaluation avait été réalisée par une autorité incompétente et sans entretien préalable. Le tribunal a fait droit à sa demande en se fondant sur l'autorité de la chose jugée attachée à un précédent jugement du 25 mars 2022, qui avait déjà annulé un premier compte rendu pour les mêmes motifs (absence d'entretien et évaluation partielle). La décision s'appuie sur les dispositions de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 et du décret n° 2010-888 du 28 juillet 2010 relatifs à l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires.

25/09/2025

TA75
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Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2307997

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B A, réserviste opérationnel, qui demandait l'annulation de la décision du 18 janvier 2023 de la commission de recours de l'invalidité lui refusant une pension militaire d'invalidité pour une affection non imputable au service. Le tribunal a jugé que M. A n'apportait pas la preuve, exigée par les articles L. 121-1 et suivants du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre, que son infirmité était directement causée par l'exercice de ses fonctions de réserviste. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions de la requête, incluant la demande de pension et celle au titre des frais de justice.

25/09/2025

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2310218

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme B D, adjointe administrative au ministère de l'intérieur, qui contestait les tableaux d'avancement et listes d'aptitude pour 2023. La requérante demandait l'annulation de ces actes, de nominations individuelles et du rejet de son recours gracieux, invoquant notamment l'incompétence de l'auteur des décisions, un défaut de motivation et une erreur manifeste d'appréciation. Le tribunal a écarté le moyen tiré de l'incompétence, en se fondant sur les dispositions des décrets n° 2005-850 et n° 2013-728, établissant que la signataire disposait d'une délégation de signature régulière. La solution retenue est le rejet de la requête.

25/09/2025