mercredi 20 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2112468 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | CABINET CHARLES RUSSELL SPEECHLYS FRANCE (SELAS) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires enregistrés les 11 juin 2021,
27 janvier et 20 septembre 2022, M. et Mme A, représentés par Me de Lassus demandent au Tribunal :
1°) de prononcer la décharge des pénalités pour manquement délibéré assises sur les rectifications qui leur ont été notifiées au titre des revenus des années 2015 et 2016 pour un montant total de 172 095 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Ils soutiennent que :
-les omissions de déclaration n'étaient pas intentionnelles, eu égard à la complexité des règles applicables à la détention de titres non cotés dans un PEA.
Par des mémoires en défense enregistrés les 8 décembre 2021,1er et 26 septembre 2022, le directeur de la direction nationale des vérifications de situations fiscales conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- et le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Vidal, président-rapporteur,
- les conclusions de Mme Belle, rapporteure publique,
- et les observations de de Lassus pour M. et Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme A ont fait l'objet d'un contrôle sur pièces effectué au titre des années 2015 et 2016. Les services fiscaux ayant exercé leur droit de communication le
14 décembre 2018 auprès de la SAS PAI Partners en application des articles L. 81, L. 83,
L. 85 et L. 102 B du livre des procédures fiscales , ils ont constaté que cette société avait versé sur le compte courant de M. et Mme A , des dividendes à hauteur de 192 500 euros et sur leur PEA des dividendes à hauteur de 338 750 euros sans que ces dividendes n'aient fait l'objet d'aucune déclaration, ni aient été assujettis à une quelconque fiscalité s'agissant des dividendes versés sur le PEA et ayant été soumis toutefois à un prélèvement forfaitaire non libératoire s'agissant des dividendes versés sur le compte courant. Les services fiscaux ont alors adressé une proposition de rectification aux requérants par courrier du 21 décembre 2018 leur notifiant des rehaussements selon la procédure contradictoire dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers à hauteur de 338 750 euros assortis notamment de la majoration de 40 % pour manquement délibéré au titre de l'année 2015. Par ailleurs, les dividendes d'un montant de 192 500 euros ont été soumis aux prélèvements sociaux et ont ouvert droit à un supplément de CSG déductible. Les requérants ont par ailleurs déposé une déclaration rectificative au titre de l'année 2016 et une nouvelle proposition de rectification a été émise le 11 juin 2019 notifiant selon la procédure contradictoire des rehaussements dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers à hauteur de 672 199 euros assortis notamment de la majoration de 40 % pour manquement délibéré. Par la présente requête, M. et Mme A qui ne contestent pas le bien fondé des rectifications relatives à l'impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux, se bornent à demander la décharge des majorations pour manquement délibéré auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2015 et 2016.
Sur les pénalités :
2. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré () ".
3. Pour établir le caractère intentionnel des manquements des contribuables à leurs obligations déclaratives, l'administration a tout d'abord constaté que les déclarations étaient manquantes s'agissant des années 2015 et 2016 sans que les requérants puissent utilement se prévaloir de la déclaration tardive qu'ils ont effectuée en 2016 à la suite du premier contrôle dont ils avaient fait l'objet en 2015. Elle s'est ensuite fondée sur l'importance de la dissimulation de revenus de capitaux mobiliers au titre des deux années vérifiées, les revenus de capitaux mobiliers déclarés en base brute ayant connu une variation de plus de 2000 % en 2015 et de plus de 5000 % en 2016, ainsi que sur les fonctions de " managing partner " exercées par M. A au sein de la SAS PAI Partners, société constituant un fonds d'investissement qui gère et conseille des fonds alloués aux opérations de LBO (Leverage Buy Out), de sorte qu'il ne peut valablement soutenir qu'il ne disposait pas de compétences en matière de fiscalité individuelle ni invoquer les erreurs de son établissement bancaire . Dans ces circonstances, l'administration, qui a suffisamment motivé sa position sur ce point, apporte la preuve, qui lui incombe, de l'intention délibérée des requérants d'éluder l'impôt. Dès lors, ils ne peuvent prétendre à la décharge des pénalités appliquées sur le fondement du a. de l'article 1729 du code général des impôts.
Sur les frais liés à l'instance :
4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. et Mme A demandent au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 2: Le présent jugement sera notifié à M. et Mme A et au ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Délibéré après l'audience du 6 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Vidal, présidente,
M. Amadori, premier conseiller,
M. Khansari, conseiller.
Rendu public par sa mise à disposition au greffe le 20 septembre 2023.
La présidente- rapporteure,
S. VIDAL
L'assesseur le plus ancien,
A. AMADORI
La greffière,
S. RUBIRALTA
La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires publics à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
N°2112468/1-1
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2503570
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler le refus de renouvellement de sa carte de résident. La juridiction a estimé que le préfet de police de Paris, en se fondant sur une condamnation pénale, n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en considérant que l'intéressé constituait une menace pour l'ordre public. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment l'article L. 432-4, et a examiné le respect de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2424420
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la demande de décharge de cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu pour les années 2015 et 2016. Le requérant contestait la régularité de la proposition de rectification, notamment son caractère suffisamment motivé et son aptitude à interrompre le délai de reprise. Le tribunal a jugé que la proposition, notifiée après l'ouverture d'une procédure de retrait d'agrément, était régulière et a valablement interrompu le délai de reprise, conformément aux articles L. 57 du livre des procédures fiscales et 1649 nonies A du code général des impôts.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2517132
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé l'arrêté du préfet de police du 17 juin 2025 ordonnant l'éloignement de M. A..., un ressortissant algérien. La juridiction a retenu que l'administration n'avait pas procédé à un examen sérieux de la situation familiale du requérant, notamment de ses liens avec sa fille née en France, ce qui constitue une erreur de droit. Le tribunal a enjoint au préfet de délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer la situation dans un délai de trois mois, en application de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2416373
Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre une décision implicite de refus de titre de séjour. Le requérant, un ressortissant malien, contestait ce refus intervenu sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers. Le tribunal a annulé la décision implicite pour défaut de motivation, l'administration n'ayant pas répondu à la demande de communication des motifs formulée sur le fondement de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration. Il a enjoint au préfet de réexaminer la demande dans un délai d'un mois.
01/04/2026