vendredi 5 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2112601 |
| Type | Ordonnance |
| Avocat requérant | CABINET GALLICA (AARPI) |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 19 janvier 2022, le juge des référés a ordonné une expertise à la demande du préfet de police et l'a confiée à M. B, expert.
Par une ordonnance du 7 octobre 2022, le juge des référés a étendu l'expertise à de nouvelles parties et a précisé les termes de la mission de l'expert.
Par une ordonnance du 21 juin 2023, le juge des référés a étendu l'expertise à un nouveau bâtiment.
Par un mémoire, enregistré le 24 octobre 2023, M. B, expert, sollicite une extension de la mission aux descentes d'eaux pluviales qui affecteraient les plafonds des étages supérieurs, à l'intérieur des appartements du dernier étage, soit l'ensemble immobilier N° 2 appartement AB 582, l'ensemble immobilier N° 3 appartement 282 (0000), l'ensemble immobilier N° 14 appartement numéros 37 et 39, l'ensemble immobilier N° 14 sous dimensionnement des descentes d'eaux pluviales des petites terrasses.
Par un mémoire, enregistré le 29 novembre 2023, la société QBE Europe SA/NV, représentée par Me Perreau, assureur de la société Lcie, fait part au juge des référés de ses protestations et réserves sur les demandes d'extension de mission formulées par l'expert.
Par un mémoire, enregistré le 21 décembre 2023, la société Avenir métal, représentée par le cabinet Gallica avocats, conclut, à titre principal, au rejet de la demande d'extension sollicitée par l'expert et, à titre subsidiaire s'il y est fait droit, au maintien dans la cause de l'ensemble des parties.
Elle soutient que :
- l'ordonnance du 21 juin 2023 ne retient pas l'extension en question ;
- aucune pièce ne justifie les défauts de plomberie allégués et ces griefs sont sans lien avec ceux objet de la mesure initiale qui porte sur un décollement de l'étanchéité.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Paris a désigné Mme Dhiver, vice-présidente du tribunal, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 532-3 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, à la demande de l'une des parties, formée dans le délai de deux mois qui suit la première réunion d'expertise à laquelle elle a été convoquée, ou à la demande de l'expert formée à tout moment, étendre l'expertise à des personnes autres que les parties initialement désignées par l'ordonnance, ou mettre hors de cause une ou plusieurs des parties ainsi désignées. / Il peut, dans les mêmes conditions, étendre la mission de l'expertise à l'examen de questions techniques qui se révélerait utile à la bonne exécution de cette mission, ou, à l'inverse, réduire l'étendue de la mission si certaines des recherches envisagées apparaissent inutiles. "
2. Par une ordonnance du 19 janvier 2022, le juge des référés a, à la demande du préfet de police, désigné M. B en tant qu'expert, sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, afin de formuler un avis technique sur l'origine et les causes des désordres invoqués affectant les ensembles n°1, 2, 4, 7, 8, 9 et 12 des toitures terrasses des 51 bâtiments situés dans l'enceinte du Fort de Charenton. Le juge des référés a étendu la mission au bâtiment 14, le 21 juin 2023.
3. L'expert, M. B, sollicite une extension de la mission aux descentes d'eaux pluviales qui affecteraient les plafonds des étages supérieurs, à l'intérieur des appartements du dernier étage, soit l'ensemble immobilier n° 2 appartement AB 582, l'ensemble immobilier n° 3 appartement 282 (0000), l'ensemble immobilier n° 14 appartement numéros 37 et 39, l'ensemble immobilier n° 14 sous dimensionnement des descentes d'eaux pluviales des petites terrasses.
4. Au regard des éléments fournis par l'expert, il résulte de l'instruction que les descentes d'eau pluviales sont susceptibles d'être à l'origine des désordres allégués. Par suite, l'extension de la mission d'expertise sollicitée par l'expert entre dans le champ d'application des dispositions de l'article R. 532-3 du code de justice administrative. Dès lors, il y a lieu d'y faire droit et d'étendre la mission de l'expert aux descentes d'eaux pluviales qui affectent les plafonds des appartements en derniers étages, ainsi qu'il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.
5. Il n'appartient pas au juge administratif de donner acte de déclarations, de réserves ou d'intentions.
O R D O N N E :
Article 1er : La mission de l'expert est entendue aux descentes d'eaux pluviales qui affectent les plafonds des étages supérieurs, à l'intérieur des appartements du dernier étage, soit l'ensemble immobilier n° 2, appartement AB 582, l'ensemble immobilier n° 3, appartement 282 (0000), l'ensemble immobilier n° 14, appartements numéros 37 et 39, et l'ensemble immobilier n° 14 sous dimensionnement des descentes d'eaux pluviales des petites terrasses. Le reste demeure inchangé.
Article 2 : L'expert déposera son rapport au greffe du tribunal, au plus tard le 28 juin 2024, par le biais de la plateforme prévue à cet effet, accompagné de l'état de ses vacations, frais et débours.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée au préfet de police, à la société BRP étude conseil, à la société Naao architecture, à la société BTP consultants, à la société Avenir métal, à la société Lcie, à la société Axa France Iard, à la société Alpex, à la société Firestone, à la société QBE Europe SA/NV, à la SCA étanchéité, à la société Firestone building products compagny, à la société Etanchéité Chari, à la SMABTP, à la société MIC insurance company, à la société CTE, à la société Recticel insulation, à la société KingSpan insulation et à M. A B, expert.
Fait à Paris, le 5 avril 2024.
La juge des référés,
M. Dhiver
La République mande et ordonne au préfet de la région d'Île-de-France, préfet de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision./11-4