mercredi 17 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2112622 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | NOMBRET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires enregistrées les 14 juin et 29 novembre 2021, M. C B A, représenté par Me Nombret, demande au tribunal :
1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler la décision du 21 avril 2021 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a refusé le rétablissement des conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'enjoindre à l'OFII de le rétablir dans le bénéfice des conditions matérielles d'accueil et de lui verser l'allocation de demandeur d'asile dans un délai de trois jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'OFII une somme de 1 500 euros à verser à son conseil, au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que ce conseil renonce à percevoir la part contributive de l'Etat allouée au titre de l'aide juridictionnelle ou, si sa demande d'aide juridictionnelle devait être rejetée, de lui verser cette somme sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'une insuffisance de motivation en fait dès lors qu'elle ne précise pas les manquements qui lui sont reprochés ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'il n'est pas établi qu'il a pu bénéficier d'un entretien lors de l'enregistrement de sa demande d'asile ainsi qu'à l'occasion de sa demande de rétablissement ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version applicable au litige, dès lors qu'il n'est pas établi qu'il aurait manqué de se présenter aux autorités ou se serait abstenu de répondre aux demandes d'informations qui lui auraient été adressées ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'il est isolé, ne dispose d'aucune ressource financière et se trouve en situation de vulnérabilité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 octobre 2023, l'OFII conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B A ne sont pas fondés.
L'aide juridictionnelle totale a été accordée à M. B A par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du 22 octobre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive (UE) n°2013/33 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lenoir,
- et les conclusions de M. Guiader, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant afghan, a sollicité son admission au séjour en qualité de demandeur d'asile en France et accepté les conditions matérielles d'accueil proposées par l'office français de l'immigration et de l'intégration le 7 novembre 2017. D'abord placé en procédure dite " Dublin ", il a fait l'objet d'un arrêté de transfert vers les autorités responsables de l'examen de sa demande d'asile à la suite duquel, par décision du 23 juillet 2018, le directeur général de l'office français de l'immigration et de l'intégration lui a suspendu le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. La demande d'asile de M. B A ayant été requalifiée en procédure normale le 9 février 2021, l'intéressé a sollicité le rétablissement du bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par décision du 21 avril 2021, le directeur général de l'OFII a refusé ce rétablissement. Par la requête susvisée, M. B A demande l'annulation de cette dernière décision.
Sur l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
2. M. B A s'est vu accorder l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 octobre 2021. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, la décision attaquée indique que l'intéressé n'a pas respecté les exigences auxquelles il avait consenti lors de l'acceptation de l'offre de prise en charge de l'office français de l'immigration et de l'intégration en s'abstenant de se présenter aux autorités ou de répondre aux demandes d'information lui ayant été adressées, sans justifier des raisons pour lesquelles il n'a pas respecté ces obligations, et se réfère à ses besoins d'accueil et à sa situation personnelle et familiale. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation en fait de la décision attaquée doit être écarté.
4. En deuxième lieu, si les dispositions de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile font obligation à l'OFII de procéder, à la suite d'un entretien personnel avec le demandeur d'asile, à une évaluation de la vulnérabilité de ce dernier afin de déterminer, le cas échéant, ses besoins particuliers en matière d'accueil, elles n'imposent pas la tenue d'un nouvel entretien préalablement à la décision portant suspension du bénéfice de ces conditions matérielles d'accueil ou à la décision statuant sur une demande de rétablissement de ce bénéfice. Ainsi, M. B A, qui, en tout état de cause, a bénéficié d'un tel entretien le 7 novembre 2017, lors de l'enregistrement de sa demande d'asile au guichet unique des demandeurs d'asile, de même que d'un nouvel examen de sa vulnérabilité en date du 16 avril 2021, ne saurait utilement soutenir avoir été privé d'un nouvel entretien avant l'intervention de la décision portant refus de rétablissement de ses conditions matérielles d'accueil dès lors qu'il ne fait pas valoir qu'il en aurait sollicité un en raison d'une modification de sa situation.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version issue de la loi n° 2015-925 du 29 juillet 2015 relative à la réforme du droit d'asile, applicable au présent litige : " Le bénéfice des conditions matérielles d'accueil peut être : 1° Suspendu si, sans motif légitime, le demandeur d'asile () n'a pas respecté l'obligation de se présenter aux autorités, n'a pas répondu aux demandes d'informations ou ne s'est pas rendu aux entretiens personnels concernant la procédure d'asile ; / () / La décision de suspension () des conditions matérielles d'accueil est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. / La décision est prise après que l'intéressé a été mis en mesure de présenter ses observations écrites dans les délais impartis. Lorsque le bénéfice des conditions matérielles d'accueil a été suspendu, le demandeur d'asile peut en demander le rétablissement à l'Office français de l'immigration et de l'intégration. "
6. M. B A, qui au demeurant n'établit ni même n'allègue avoir contesté la décision de suspension du bénéfice des conditions matérielles d'accueil du 23 juillet 2018, soutient ne pas avoir manqué de se présenter aux autorités ou de répondre à des demandes d'informations. Toutefois, l'OFII justifie, en se prévalant d'un procès-verbal établi par les services de police, que M. B A a refusé d'embarquer le 1er juin 2018 sur un vol à destination de Vienne dans le cadre de l'exécution d'un arrêté de transfert du 16 février 2018, caractérisant ainsi une volonté de se soustraire à ses obligations. M. B A ne se prévalant à cet égard d'aucun motif légitime, le moyen tiré de ce que la décision attaquée méconnaîtrait les dispositions de l'article L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable au litige, ainsi que, en tout état de cause, de l'article 20 de la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013 ainsi que la décision du Conseil d'Etat n°428530 du 31 juillet 2019 doit être écarté.
7. En quatrième lieu, M. B A soutient être dépourvu de toute ressource financière et produit des documents médicaux, établis postérieurement à la décision attaquée, attestant d'un syndrome anxiodépressif et d'épigastralgies. Toutefois, ces éléments ne sont pas de nature à caractériser une situation de particulière vulnérabilité nécessitant le rétablissement de ses conditions matérielles d'accueil. Par suite, et eu égard à ce qui a été dit au point qui précède, M. B A n'est pas fondé à soutenir que la décision par laquelle le directeur général de l'OFII lui a refusé le rétablissement des conditions matérielles d'accueil est entachée d'une erreur d'appréciation.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. B A à fin d'annulation de la décision du 21 avril 2021 par laquelle le directeur général de l'OFII lui a refusé le rétablissement des conditions matérielles d'accueil doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées à fin d'injonction et d'astreinte, de même que celles présentées sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à l'admission de M. B A à l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B A, à Me Nombret et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 20 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Rohmer, président,
Mme Dousset, première conseillère,
M. Lenoir, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 janvier 2023.
Le rapporteur,
A. LENOIR
Le président,
B. ROHMERLa greffière,
S. CAILLIEU-HELAIEM
La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/1-3
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2317492
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté les demandes de la SARL 42 Consulting visant à obtenir la restitution du crédit d'impôt recherche pour les années 2019 et 2020. La juridiction a estimé que la société n'avait pas apporté la preuve que les projets litigieux remplissaient les conditions scientifiques et techniques d'éligibilité prévues par l'article 244 quater B du code général des impôts. Elle a également jugé non fondés les griefs relatifs à une irrégularité de la procédure administrative.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2409280
Le Tribunal administratif de Paris a rejeté la demande de décharge d'impôt sur la plus-value immobilière présentée par Mme A... pour l'année 2020. Le litige portait sur l'interprétation de la condition d'exonération prévue au 1° bis du II de l'article 150 U du code général des impôts, concernant la première cession d'un logement autre que la résidence principale. Le tribunal a jugé que le fait que la requérante ait été propriétaire de son ancienne résidence principale dans les quatre années précédant la vente faisait obstacle au bénéfice de l'exonération, et ce, même si ce bien n'était plus son domicile au moment de la cession.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2420874
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé la décision implicite de rejet d'une demande de titre de séjour formulée par un ressortissant sénégalais. La juridiction a jugé que le préfet de police avait méconnu l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en ne tenant pas compte de l'ancienneté de la présence du requérant en France et de son insertion professionnelle continue. Le tribunal a enjoint à l'administration de délivrer un titre de séjour "salarié" dans un délai de trois mois et une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours, et a condamné l'État à verser 1 000 euros au requérant au titre des frais exposés.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2422817
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé la décision implicite de rejet d'une demande de titre de séjour. Le juge a constaté que l'administration n'avait pas répondu à la demande de communication des motifs de son refus implicite, ce qui constitue une illégalité. Cette solution s'appuie sur les articles L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration et R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/04/2026