mercredi 20 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2112717 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | CABINET SOYER (SELARL) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés respectivement le 15 juin 2021, les
1er juillet et 17 décembre 2021, Mme B C, représentée par Me Soyer demande au Tribunal :
1°) de prononcer la décharge des rappels d'impôt sur le revenu et de contributions sociales mis à sa charge au titre des années 2006 et 2007 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 10 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Elle soutient que :
-sa situation correspond aux conditions d'imposition séparée de plein droit prévue par l'article 6,4 c) du code général des impôts ;
-on ne peut lui opposer l'autorité de la chose jugée ;
- il y a une disproportion manifeste entre ses ressources et les impositions réclamées et l'article 1er du premier protocole additionnel à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales a été méconnu.
Par des mémoires en défense enregistrés les 23 novembre 2021 et le 7 janvier 2022, le directeur de la direction nationale des vérifications de situations fiscales conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- et le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Vidal, président-rapporteur,
- les conclusions de Mme Belle, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M A et Mme C épouse A ont fait l'objet d'un contrôle sur pièces au titre des années 2006 et 2007. Dans le cadre de ce contrôle, les services fiscaux ont constaté que M. A était le bénéficiaire économique à 100% des sociétés Willemstadt et Berthal Partners, structures offshore sises à Curaçao aux Antilles néerlandaises, et soumises à un régime à fiscalité privilégiée, et a reconstitué le résultat fiscal de ces structures à partir des éléments communiqués par M. A, soit 2 568 241 euros et 1 520 445 euros respectivement au titre des années 2006 et 2007. Selon la procédure de rectification contradictoire prévue à l'article L. 55 du livre des procédures fiscales, l'administration fiscale a imposé le résultat fiscal des sociétés Willemstad et Berthal Partners entre les mains de M. A au titre de ces années, en application de l'article 123 bis du code général des impôts. Les époux A ont alors saisi le tribunal administratif de Montreuil d'une demande de décharge des compléments d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquels ils ont été assujettis, avec majorations, au titre des exercices clos en 2006 et 2007, lequel a rejeté leur requête par jugement du 16 mars 2015 qui a été confirmé par arrêt de la Cour administrative d'appel de Versailles du 21 juin 2016 puis par une décision du Conseil d'Etat du 20 décembre 2017. Mme C demande à nouveau par la présente requête la décharge de ces impositions supplémentaires.
Sur les conclusions à fin de décharge :
2. Les codébiteurs solidaires sont réputés se représenter mutuellement dans toute instance relative à la dette, de sorte que le jugement rendu à l'encontre de l'un d'eux a autorité de chose jugée à l'égard de tous les autres, y compris ceux qui n'auraient acquis la qualité de débiteur solidaire qu'au cours de cette instance.
3. L'autorité de la chose jugée par une décision rendue dans un litige de plein contentieux est subordonnée à la triple identité de parties, d'objet et de cause. Or comme il a été dit au point 1, M. et Mme A ont demandé la décharge des compléments d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquels ils ont été assujettis, avec majorations, au titre des exercices clos en 2006 et 2007, demande qui a été rejetée par le tribunal administratif de Montreuil par un jugement devenu définitif. Si Mme C , en qualité de débiteur solidaire dispose de la faculté d'exercer simultanément les contentieux d'assiette et de recouvrement, la présente demande devant le tribunal administratif de Paris relève du contentieux de l'assiette et a le même objet que celle présentée précédemment par les époux A. Elle a également les mêmes causes juridiques que cette première demande, Mme C divorcée A contestant comme l'avaient fait les époux A le bien-fondé des impositions, sans qu'elle puisse valablement soutenir qu'elle ne conteste pas le bien-fondé de l'imposition mais le principe d'une imposition commune avec son ex-mari, qui constitue un moyen d'assiette. Dans ces conditions, eu égard à l'autorité de la chose jugée qui s'attache au jugement rendu par le tribunal administratif de Montreuil le 16 mars 2015, Mme C n'est pas fondée à demander au tribunal administratif de Paris de prononcer la décharge des rappels d'impôt sur le revenu et de contributions sociales mis à sa charge au titre des années 2006 et 2007.
4. Enfin, le moyen tiré de la disproportion manifeste entre ses ressources et les impositions réclamées est inopérant faute pour la requérante d'avoir introduit une demande de décharge de responsabilité solidaire. Il en va de même du moyen tiré de la méconnaissance de l'article 1er du premier protocole additionnel à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme C demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2: Le présent jugement sera notifié à Mme C et au ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Délibéré après l'audience du 6 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Vidal, présidente,
M. Amadori, premier conseiller,
M. Khansari, conseiller.
Rendu public par sa mise à disposition au greffe le 20 septembre 2023.
La présidente- rapporteure,
S. VIDAL
L'assesseur le plus ancien,
A. AMADORI
La greffière,
S. RUBIRALTA
La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires publics à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
N°2112717/1-1
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2503570
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler le refus de renouvellement de sa carte de résident. La juridiction a estimé que le préfet de police de Paris, en se fondant sur une condamnation pénale, n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en considérant que l'intéressé constituait une menace pour l'ordre public. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment l'article L. 432-4, et a examiné le respect de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2424420
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la demande de décharge de cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu pour les années 2015 et 2016. Le requérant contestait la régularité de la proposition de rectification, notamment son caractère suffisamment motivé et son aptitude à interrompre le délai de reprise. Le tribunal a jugé que la proposition, notifiée après l'ouverture d'une procédure de retrait d'agrément, était régulière et a valablement interrompu le délai de reprise, conformément aux articles L. 57 du livre des procédures fiscales et 1649 nonies A du code général des impôts.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2517132
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé l'arrêté du préfet de police du 17 juin 2025 ordonnant l'éloignement de M. A..., un ressortissant algérien. La juridiction a retenu que l'administration n'avait pas procédé à un examen sérieux de la situation familiale du requérant, notamment de ses liens avec sa fille née en France, ce qui constitue une erreur de droit. Le tribunal a enjoint au préfet de délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer la situation dans un délai de trois mois, en application de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2416373
Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre une décision implicite de refus de titre de séjour. Le requérant, un ressortissant malien, contestait ce refus intervenu sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers. Le tribunal a annulé la décision implicite pour défaut de motivation, l'administration n'ayant pas répondu à la demande de communication des motifs formulée sur le fondement de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration. Il a enjoint au préfet de réexaminer la demande dans un délai d'un mois.
01/04/2026