lundi 13 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2113326 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 3e Section - 1re Chambre - R.222-13 |
| Avocat requérant | CABINET QUENNEHEN-TOURBIER (AARPI) |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n°2100743 du 16 juin 2021, la présidente du tribunal administratif d'Amiens a transmis au tribunal administratif de Paris, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, le dossier de la requête présentée par M. A B.
Par cette requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif d'Amiens le 24 février 2021 et au greffe du tribunal administratif de Paris le 17 juin 2021, et un mémoire, enregistré le 20 octobre 2021, M. A B, représenté par Me Quennehen, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 18 janvier 2021 par lequel la préfète de l'Oise a suspendu la validité de son permis de conduire pendant une durée de quatre mois ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision contestée est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- elle est entachée d'un vice de procédure, car elle n'a pas été précédée d'une procédure contradictoire, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- il n'est pas établi que l'appareil utilisé pour contrôler la vitesse du véhicule était bien homologué, contrôlé et correctement positionné ;
- la durée de la suspension de son permis de conduire est disproportionnée, car il avait 12 points au capital de son permis de conduire à la date de l'infraction, n'avait jamais commis d'excès de grande vitesse et s'efforçait de rentrer au domicile de ses parents avant le couvre-feu ; il a besoin de son permis de conduire pour aider ses parents, gérer ses activités professionnelles et sa vie sociale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er juin 2021, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 23 mars 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 7 avril 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Marcus pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate désignée a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions lors de l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Marcus a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Le 17 janvier 2021 à 17 h 35, M. A B a été contrôlé pour avoir commis, sur la commune de Milly sur Therain, un dépassement de 40 km/h ou plus de la vitesse maximale autorisée avec un véhicule moteur, et a fait l'objet d'une mesure de rétention de son permis de conduire. Par un arrêté du 18 janvier 2021, pris sur le fondement de l'article L. 224-2 du code de la route, la préfète de l'Oise a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de quatre mois. M. B a formé un recours gracieux contre cet arrêté, qui a été rejeté par une décision du 3 février 2021. Par la présente requête, M. B doit être regardé comme demandant au tribunal l'annulation de l'arrêté du 18 janvier 2021, ensemble la décision du 3 février 2021 rejetant son recours gracieux.
2. Aux termes de l'article L. 224-1 du code de la route : " I.- Les officiers et agents de police judiciaire retiennent à titre conservatoire le permis de conduire du conducteur : / () 5° Lorsque le véhicule est intercepté, lorsque le dépassement de 40 km/ h ou plus de la vitesse maximale autorisée est établi au moyen d'un appareil homologué ; () ". Aux termes de l'article L. 224-2 du même code : " I.- Le représentant de l'Etat dans le département peut, dans les soixante-douze heures de la rétention du permis prévue à l'article L. 224-1 () prononcer la suspension du permis de conduire lorsque : / () 3° Le véhicule est intercepté, lorsque le dépassement de 40 km/ h ou plus de la vitesse maximale autorisée est établi au moyen d'un appareil homologué ; () / II.- La durée de la suspension du permis de conduire ne peut excéder six mois. () ".
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques () ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". La suspension d'un permis de conduire est une mesure de police qui doit être motivée en application de ces dispositions.
4. L'arrêté litigieux mentionne les textes dont il est fait application, notamment l'articles L. 224-2 du code de la route. En outre, il indique que M. B a fait l'objet d'une mesure de rétention de son permis de conduire pour avoir commis une infraction punie par le code de la route de la peine complémentaire de suspension du permis de conduire, qu'il a commis un dépassement de 40 km/h ou plus de la vitesse maximale autorisée établi au moyen d'un appareil homologué (soit en l'espèce une vitesse retenue de 123 km/h pour une vitesse autorisée de 80 km/h) et que, considérant le danger grave et immédiat que son comportement représente pour la sécurité des usagers de la route, de ses éventuels passagers et de la sienne, il y a lieu de suspendre la validité de son permis de conduire pendant une durée de quatre mois. Ainsi, l'arrêté attaqué comporte l'ensemble des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ". Aux termes de l'article L. 121-2 du même code : " Les dispositions de l'article L. 121-1 ne sont pas applicables : 1° En cas d'urgence ou de circonstances exceptionnelles () ".
6. Compte tenu des conditions particulières d'urgence dans lesquelles intervient la décision par laquelle le préfet suspend un permis de conduire sur le fondement de l'article L. 224-2 du code de la route, qui doit être prise dans les soixante-douze heures de la rétention du permis et qui a pour objet de faire obstacle à ce qu'un conducteur dont l'excès de plus de 40 km/h de la vitesse maximale autorisée a été établi retrouve l'usage de son véhicule, le préfet peut légalement, en application du 1° de l'article L. 121-2 du code des relations entre le public et l'administration cité ci-dessus, se dispenser de la procédure contradictoire prévue par son article L. 121-1. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. B a été intercepté pour avoir commis un excès de vitesse de 43 km/h établi au moyen d'un appareil homologué. Dans ces conditions, la préfète de l'Oise pouvait légalement prendre la décision de suspension litigieuse, sur le fondement de l'article L. 224-2 du code la route, en se dispensant du respect de la procédure contradictoire.
7. En troisième lieu, M. B soutient qu'il n'est pas établi que l'appareil utilisé pour contrôler la vitesse du véhicule était bien homologué, contrôlé et correctement positionné. Il doit ce faisant être regardé comme contestant la réalité et l'élément matériel de l'infraction commise, dont le contrôle relève de la seule compétence du juge pénal. En tout état de cause, la préfète de l'Oise produit en défense le procès-verbal d'infraction qui mentionne la marque de l'appareil homologué utilisé pour contrôler la vitesse du véhicule, son numéro d'enregistrement, la date de la dernière vérification et le nom de l'organisme vérificateur. Le moyen doit être écarté.
8. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B a été contrôlé alors qu'il circulait à 123 km /h sur une voie limitée à 80 km/h. Compte-tenu de l'importance de cet excès de vitesse, nonobstant les circonstances qu'il avait 12 points au capital de son permis de conduire et n'avait auparavant commis que de petits excès de vitesse, et qu'il a besoin de son permis de conduire pour aider ses parents, gérer ses activités professionnelles et sa vie sociale, la préfète de l'Oise n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées du code de la route en suspendant son permis de conduire pour une durée de quatre mois. Le moyen doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 18 janvier 2021 ni la décision de rejet de son recours gracieux du 3 février 2021. Sa requête doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 mai 2024.
La magistrate désignée,
L. MARCUSLa greffière,
S. DEKHIL
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/3-1
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2505413
Le Tribunal administratif de Paris a condamné l'État à indemniser Mme A... pour sa carence fautive à exécuter une décision de la commission de médiation la reconnaissant prioritaire pour un relogement d'urgence. Le tribunal a retenu la responsabilité de l'État sur le fondement des articles L. 441-2-3 et suivants du code de la construction et de l'habitation, et a alloué à la requérante une somme de 2 000 euros au titre des troubles dans ses conditions d'existence et de son préjudice moral. Il a également mis à la charge de l'État une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par son avocate, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
26/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2505460
Le Tribunal administratif de Paris a condamné l'État à indemniser une requérante pour carence fautive dans son relogement. La juridiction a retenu la responsabilité de l'État, fondée sur l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, pour ne pas avoir exécuté une décision de la commission de médiation reconnaissant le caractère prioritaire de la demande. Elle a alloué à la requérante une somme de 1 500 euros en réparation de ses préjudices et a mis à la charge de l'État des frais de procédure au bénéfice de son avocat.
26/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2505576
Le Tribunal Administratif de Paris a jugé une demande d'indemnisation pour défaut de relogement suite à une décision de priorité de la commission de médiation. Il a retenu la responsabilité de l'État pour carence fautive, fondée sur les articles L. 441-2-3 et R. 441-16-1 du code de la construction et de l'habitation. Le tribunal a condamné l'État à verser 600 euros au requérant pour préjudice et 1200 euros à son avocate au titre des frais irrépétibles.
26/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2505602
Le Tribunal administratif de Paris a condamné l'État à indemniser un demandeur pour carence fautive dans son relogement. Le requérant, reconnu prioritaire par une commission de médiation, n'avait reçu aucune offre de logement dans le délai légal de six mois. Le tribunal a alloué 4 000 euros en réparation des troubles dans ses conditions d'existence, sur le fondement des articles L. 441-2-3 et R. 441-16-1 du code de la construction et de l'habitation.
26/03/2026