vendredi 15 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2113708 |
| Type | Décision |
| Formation | 5e Section - 4e Chambre |
| Avocat requérant | TABI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 28 juin 2021 et 31 octobre 2023, la société LMD Expertise, représentée par Me Kamal Tabi, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits, pénalités et intérêts de retard, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée correspondant à la période de janvier 2014 à décembre 2016, pour un montant s'élevant à 61 764 euros et des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2014 à 2016, s'élevant à 335 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les redressements ont été notifiés au terme d'une procédure irrégulière en raison, d'une part, de l'absence de délai suffisant entre la réception de l'avis de vérification et le début des opérations de contrôle et, d'autre part, de l'absence sur place du vérificateur et, par suite, de débat oral et contradictoire avec le vérificateur au cours des opérations de contrôle ;
- s'agissant du délai entre la réception de l'avis de vérification et le début des opérations de contrôle, elle se prévaut du n° 34 de la doctrine 13 L-1311 du 12 septembre 2012 et des nos 220 et 230 du BOI-CF-PGR-20-10 du 12 septembre 2021 ;
- s'agissant des mentions de l'avis de réception postal, elle se prévaut des nos 15, 16, 18 et 21 de la doctrine administrative 13 L-1513 du 1er juillet 2002 et des nos 60,70, 90 et 120 du BOI-CF-IOR-10-30 du 27 février 2014.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 décembre 2021, le directeur régional des finances publiques d'Île-de-France et de Paris conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable en l'absence de nom de son auteur ;
- le moyen soulevé par la société LMD Expertise n'est pas fondé.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- l'arrêté du 7 février 2007 pris en application de l'article R. 2-1 du code des postes et des communications électroniques et fixant les modalités relatives au dépôt et à la distribution des envois postaux ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 1er mars 2024 :
- le rapport de M. Medjahed, premier conseiller ;
- et les conclusions de M. Degand, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société LMD Expertise, qui exerce une activité d'expertise-comptable, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité dont les opérations se sont déroulées du 11 juillet au 6 octobre 2017, portant sur la période du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2016. L'administration fiscale a notifié une proposition de rectification datée du 18 octobre 2017 au titre de la période de janvier 2014 à décembre 2016 pour la taxe sur la valeur ajoutée et l'impôt sur les sociétés et d'octobre 2013 à septembre 2016 pour la taxe sur les véhicules des sociétés. Par la présente requête, la société LMD Expertise demande au tribunal de prononcer la décharge, en droits, pénalités et intérêts de retard, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée correspondant à la période de janvier 2014 à décembre 2016, s'élevant à 61 764 euros, et des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2014 à 2016, s'élevant à 335 euros.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 47 du livre des procédures fiscales : " Un examen contradictoire de la situation fiscale personnelle d'une personne physique au regard de l'impôt sur le revenu ou une vérification de comptabilité ne peut être engagée sans que le contribuable en ait été informé par l'envoi ou la remise d'un avis de vérification. / Cet avis doit préciser les années soumises à vérification et mentionner expressément, sous peine de nullité de la procédure, que le contribuable a la faculté de se faire assister par un conseil de son choix. / () / () L'examen au fond des documents comptables ne peut commencer qu'à l'issue d'un délai raisonnable permettant au contribuable de se faire assister par un conseil ".
3. Si l'avis de réception de l'envoi recommandé renvoyé à l'administration ne comporte pas de date sur la ligne " distribué le ", il résulte toutefois de l'instruction que la société LMD Expertise a été informée de l'engagement d'une vérification de comptabilité par un avis du 16 juin 2017 qui lui a été notifié par lettre recommandée avec accusé de réception comportant la mention " présenté/avisé le 20 juin 2017 " et la signature du destinataire mais pas la mention de la date de distribution. L'avis de vérification doit être ainsi être regardé comme ayant été distribué par La Poste et remis contre signature au plus tard le 5 juillet 2017, jour de l'expiration du délai de quinze jours de mise en instance courant à compter du lendemain de la présentation de l'envoi postal le 20 juin 2017, en application de l'article 5 de l'arrêté du 7 février 2007 pris en application de l'article R. 2-1 du code des postes et des communications électroniques et fixant les modalités relatives au dépôt et à la distribution des envois postaux dans sa rédaction alors applicable. Les opérations de contrôle ayant débuté le 11 juillet 2017 ainsi que le mentionne l'avis de vérification, la société a ainsi bénéficié d'un délai de six jours francs qui était suffisant pour se faire assister par un conseil de son choix lors de la première intervention sur place du vérificateur. Par suite, elle n'est pas fondée à soutenir, sur le terrain de la loi, qu'elle n'a pas bénéficié d'un délai suffisant entre la réception de l'avis de vérification et la première intervention du vérificateur. Dès lors, ce moyen doit être écarté.
4. La société requérante ne peut utilement se prévaloir, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, du contenu de la documentation administrative du n° 34 de la doctrine 13 L-1311 du 12 septembre 2012, et des nos 220 et 230 du BOI-CF-PGR-20-10 du 12 septembre 2021, qui est relatif à la procédure d'imposition et ne peut être regardé comme comportant une interprétation d'un texte fiscal au sens de cet article. Dès lors, ce moyen, invoqué sur le terrain de la doctrine, doit être écarté.
5. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 13 du livre des procédures fiscales : " I. - Les agents de l'administration des impôts vérifient sur place, en suivant les règles prévues par le présent livre, la comptabilité des contribuables astreints à tenir et à présenter des documents comptables. / () ". Dans le cas où la vérification de la comptabilité d'une entreprise a été effectuée, soit, comme il est de règle, dans ses propres locaux, soit, si son dirigeant ou représentant l'a expressément demandé, dans les locaux du comptable dans lesquels sont déposés les documents comptables, c'est au contribuable qui allègue que les opérations de vérification ont été conduites sans qu'il ait eu la possibilité d'avoir un débat oral et contradictoire avec le vérificateur de justifier que ce dernier se serait refusé à un tel débat.
6. Il résulte de l'instruction, notamment de l'avis de vérification de comptabilité du 16 juin 2017 notifié le 20 juin suivant et des nombreux de courriels échangés entre septembre et octobre 2017 entre le vérificateur et la gérante de la société requérante, et n'est pas sérieusement contredit par cette dernière que la vérification de la comptabilité a eu lieu sur place, soit en l'espèce à son siège, qu'une première réunion s'y est tenue le 11 juillet 2017, comme annoncé dans l'avis de vérification, et qu'un échange a eu lieu par courriel entre le vérificateur et la gérante sur la comptabilité de l'entreprise en septembre 2017 au cours duquel la gérante a exprimé son désaccord sur l'analyse faite en transmettant un document intitulé " cadrage TVA ", avant une réunion de synthèse du 6 octobre 2017 tenue en présence de la gérante de la société LMD Expertise. La société requérante n'avance par ailleurs aucun élément établissant que le vérificateur s'est refusé à un débat oral et contradictoire avec sa gérante. Par suite, elle ne démontre pas, ainsi qu'elle en a la charge, avoir été privée d'un débat oral et contradictoire avec le vérificateur. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance du droit à un débat oral et contradictoire invoqué sur le terrain de la loi doit être écarté.
7. La société requérante ne peut utilement se prévaloir, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, du contenu de la documentation administrative des nos 15, 16, 18 et 21 de la doctrine 13 L-1513 du 1er juillet 2002 et des nos 60,70, 90 et 120 du BOI-CF-IOR-10-30 du 27 février 2014, qui est relatif à la procédure d'imposition et ne peut être regardé comme comportant une interprétation d'un texte fiscal au sens de cet article. Dès lors, ce moyen, invoqué sur le terrain de la doctrine, doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense que les conclusions à fin de décharge de la société LMD Expertise doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société LMD Expertise est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société LMD Expertise et au directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris.
Délibéré après l'audience du 1er mars 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Aubert, présidente,
M. Julinet, premier conseiller,
M. Medjahed, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 mars 2024.
Le rapporteur,
N. MEDJAHED
La présidente,
S. AUBERT
La greffière,
A. LOUART
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2304140
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme A, agent contractuel, qui contestait une retenue sur son traitement de 250 euros pour un indu de prime exceptionnelle liée à la pandémie. La requérante invoquait un défaut de motivation et une faute de l'administration, mais le tribunal a jugé que la décision de retenue était fondée sur l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000 et le décret n° 2020-570 du 14 mai 2020. Il a estimé que l'administration avait établi le bien-fondé de l'indu, car Mme A ne remplissait pas les conditions pour bénéficier de la prime, et qu'aucune faute n'était caractérisée. Les conclusions indemnitaires et subsidiaires ont également été rejetées.
25/09/2025
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2305883
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé le compte rendu d'entretien professionnel de Mme B..., capitaine de police, établi le 23 janvier 2023 au titre de l'année 2017. La requérante soutenait notamment que l'évaluation avait été réalisée par une autorité incompétente et sans entretien préalable. Le tribunal a fait droit à sa demande en se fondant sur l'autorité de la chose jugée attachée à un précédent jugement du 25 mars 2022, qui avait déjà annulé un premier compte rendu pour les mêmes motifs (absence d'entretien et évaluation partielle). La décision s'appuie sur les dispositions de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 et du décret n° 2010-888 du 28 juillet 2010 relatifs à l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires.
25/09/2025
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2307997
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B A, réserviste opérationnel, qui demandait l'annulation de la décision du 18 janvier 2023 de la commission de recours de l'invalidité lui refusant une pension militaire d'invalidité pour une affection non imputable au service. Le tribunal a jugé que M. A n'apportait pas la preuve, exigée par les articles L. 121-1 et suivants du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre, que son infirmité était directement causée par l'exercice de ses fonctions de réserviste. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions de la requête, incluant la demande de pension et celle au titre des frais de justice.
25/09/2025