lundi 9 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2114331 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 4e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | ORIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 juillet 2021, M. B A, demande au tribunal d'annuler la décision du 29 avril 2021 par laquelle le préfet de police a rejeté sa demande d'assignation à résidence pour raisons de santé.
Il soutient qu'il souffre d'apnée du sommeil, qu'aucun équipement médical n'existe pour soigner cette pathologie dans son pays d'origine et qu'il ne pourra y être accompagné par le réseau Elia Médical.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 septembre 2021, le préfet de police, représenté par Me Orier, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle ne contient l'exposé d'aucun moyen.
- le moyen invoqué par le requérant n'est pas fondé.
Par ordonnance du 2 juin 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 28 juin 2022.
La demande d'aide juridictionnelle présentée par M. A a été rejetée par une décision du 16 juillet 2021 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Paris.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Madé,
- et les conclusions de Mme Alidière, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant tunisien né le 25 juillet 1977, a fait l'objet le 11 janvier 2019 d'un arrêté du préfet de police l'expulsant du territoire français. L'intéressé a demandé au préfet de police de l'assigner à résidence sur le fondement de l'article L. 523-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur en faisant état de ses problèmes de santé. Par une décision du 29 avril 2021, le préfet de police a rejeté sa demande. M. A a alors formé un recours gracieux et un recours hiérarchique qui ont été implicitement rejetés. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de la décision du 29 avril 2021.
2. Aux termes de l'article L. 523-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur : " Peut également faire l'objet d'un arrêté d'assignation à résidence l'étranger qui a fait l'objet d'un arrêté d'expulsion non exécuté si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. Cette mesure est assortie d'une autorisation de travail. Les obligations de présentation aux services de police et aux unités de gendarmerie prévues à l'article L. 561-1 ainsi que les sanctions en cas de non-respect des prescriptions liées à l'assignation à résidence prévues à l'article L. 624-4 sont applicables. " Aux termes de l'article R. 523-8 alors en vigueur de ce code : " L'état de santé défini à l'article L. 523-4 est constaté dans les mêmes conditions que celles qui sont prévues à l'article R. 511-1. ". Aux termes de l'article R. 511-1 alors en vigueur de ce code : " L'état de santé défini au 10° de l'article L. 511-4 est constaté au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Cet avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement l'étranger ou un médecin praticien hospitalier et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. ".
3. Il ressort des pièces du dossier que pour rejeter la demande d'assignation à résidence pour raisons de santé de l'intéressé, le préfet de police s'est notamment fondé sur l'avis du 1er avril 2021 par lequel le collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration a considéré que si l'état de santé de l'intéressé nécessitait une prise en charge médicale, il pouvait bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine et voyager sans risque vers ce dernier. Or à l'appui de sa requête, M. A se borne à soutenir qu'il ne pourra être suivi par le réseau Elia Medical en Tunisie et qu'aucun équipement médical n'existe dans son pays d'origine pour soigner le syndrome d'apnée du sommeil dont il est atteint, sans toutefois apporter d'élément au soutien de ces allégations, les certificats médicaux produits par l'intéressé ne faisant notamment pas état de l'indisponibilité d'un traitement approprié à sa pathologie en Tunisie. Au contraire, le préfet de police démontre que des équipements médicaux y sont disponibles pour traiter cette pathologie. Dans ces conditions, M. A n'établit pas que la décision litigieuse méconnaît les dispositions précitées de l'article L. 523-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que la requête de M. A doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de police.
Délibéré après l'audience du 25 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Le Roux, présidente,
Mme Madé, première conseillère,
Mme Berland, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 octobre 2023.
La rapporteure,
C. MADÉ
La présidente,
M-O. LE ROUX La greffière,
S. RAHMOUNI
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/4-
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2417280
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé les décisions du ministre de la justice refusant un changement de nom. Le juge a estimé que la requérante justifiait d'un intérêt légitime exceptionnel, fondé sur des motifs affectifs, pour porter le nom de son père biologique et affectif, et ce malgré l'existence d'une filiation paternelle légalement établie à l'égard d'un autre homme. La décision s'appuie sur l'article 61 du code civil, qui n'assujettit pas l'intérêt légitime à changer de nom à l'existence d'un lien de filiation avec le porteur du nom sollicité.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2402737
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B... visant à annuler les arrêtés d'expulsion et de fixation du pays de destination. La juridiction a estimé que le ministre de l'intérieur avait légalement fondé sa décision sur l'article L. 631-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, considérant que les condamnations et le comportement agressif de l'intéressé, évoluant vers des menaces à caractère terroriste, constituaient une menace grave pour l'ordre public et portaient atteinte aux intérêts fondamentaux de l'État. Le tribunal a également jugé que l'arrêté fixant le Maroc comme pays de destination ne méconnaissait pas l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2504315
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A..., un ressortissant chinois condamné pour meurtre, qui demandait l'annulation de son arrêté d'expulsion du 5 décembre 2024. Le tribunal a jugé que le préfet de police était compétent pour signer l'arrêté et que la motivation de la décision, qui invoquait une menace grave pour l'ordre public, était suffisante au regard des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (article L. 631-1) et du code des relations entre le public et l'administration. La demande d'aide juridictionnelle provisoire a également été rejetée, faute d'urgence démontrée.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2406377
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de la SCI Habitat Cavaignac visant à annuler l'arrêté municipal du 17 janvier 2024 refusant la transformation d'un local commercial en meublé de tourisme. La juridiction a jugé que le refus de la Maire de Paris était légal, car il était justifié par la nécessité de protéger l'environnement urbain et l'équilibre entre les fonctions de la ville, conformément au règlement municipal adopté sur le fondement du code du tourisme (articles L. 324-1-1 et R. 324-1-5). La demande d'injonction et de condamnation pécuniaire à l'encontre de la Ville a également été rejetée.
23/03/2026