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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2115365

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2115365

lundi 4 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2115365
TypeDécision
PublicationC
Formation4e Section - 3e Chambre
Avocat requérantCABINET SF CONSEIL ET ASSOCIES (SELARL)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés le 15 juillet 2021 et le 8 avril 2022, la société à responsabilité limitée (SARL) P.H.E. Conseil, représentée par Me Madelenat, demande au tribunal :

1°) de condamner le centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) à lui verser une indemnité de résiliation de 23 760 euros au titre de la résiliation anticipée, qu'elle estime irrégulière, du contrat n°17P068D signé le 21 juillet 2017, ainsi que la somme de 7 625,93 euros au titre des intérêts moratoires ;

2°) de mettre à la charge du CSTB une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que la résiliation du contrat pour faute est irrégulière en l'absence de faute de sa part.

Par des mémoires en défense enregistrés le 7 février et le 20 avril 2022, le CSTB conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir à titre principal, que les moyens soulevés ne sont pas fondés, dès lors que la résiliation du marché pour faute est régulière sur la forme et justifiée sur le fond et, à titre subsidiaire, que la société requérante n'est pas fondée à demander le versement des sommes réclamées et demande, à titre reconventionnel, la condamnation de la société P.H.E. Conseil à lui verser la somme de 5 280 euros au titre des pénalités de retard prévues par le contrat, ainsi que la mise à sa charge de la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Paret,

- les conclusions de Mme de Schotten, rapporteure publique,

- et les observations de Me Thareau pour le CSTB.

Considérant ce qui suit :

1. Par un contrat qu'elle a signé le 21 juillet 2017, la société à responsabilité limitée (SARL) P.H.E. Conseil a conclu avec le centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) un contrat n°17P068D portant sur l'assistance à l'élaboration de l'architecture applicative et aux choix technologiques pour la gestion des activités technologiques et de la relation client du CSTB. Le 27 octobre 2017, le CSTB signait un bon de commande pour un montant total de 26 400 euros hors taxes (HT). Par un courrier du 25 septembre 2018, le CSTB signalait à la société P.H.E. Conseil la résiliation des relations contractuelles pour faute. Puis, par une demande indemnitaire préalable du 26 avril 2021, reçue le 28 avril suivant, la société P.H.E. Conseil a demandé au CSTB le règlement de la somme de 23 760 euros qu'elle estimait lui être due. Cette demande a fait l'objet d'une décision implicite de rejet en l'absence de réponse de la part du CSTB. La société P.H.E. Conseil demande au tribunal de condamner le CSTB à lui verser une indemnité de résiliation de 23 760 euros au titre de la résiliation anticipée, qu'elle estime irrégulière, du contrat n°17P068D signé le 21 juillet 2017, ainsi que la somme de 7 625,93 euros au titre des intérêts moratoires.

Sur les conclusions à fin de paiement :

En ce qui concerne l'indemnité de résiliation :

2. Aux termes de l'article 11.2 : " Echéancier de facturation " du contrat n°17P068D portant sur l'assistance à l'élaboration de l'architecture applicative et aux choix technologiques pour la gestion des activités technologiques et de la relation client du CSTB, " Les Prestations seront réglées selon l'échéancier de facturation suivant : / - 25% à la commande ; - 75% après la réception des Prestations et l'établissement du PV de réception ". Aux termes de l'article 23. 1 " Résiliation pour faute du prestataire " du même contrat : " En cas de manquement(s) par le Prestataire à l'une quelconque de ses obligations, non réparé dans un délai de quinze (15) jours ouvrés (ou toute période plus longue qui pourrait être spécifiée par le CSTB) à compter de la date de réception de la mise en demeure de remédier à ces manquements envoyée par lettre recommandée avec accusé de réception, le CSTB pourra prononcer la résiliation de plein droit du présent Contrat, nonobstant le droit de réclamer des dommages et intérêts. / En outre, le CSTB pourra résilier de plein droit le présent Contrat sans mise en demeure préalable et sans autre formalité que l'envoi d'une lettre recommandée avec accusé de réception en cas de : () - indisponibilité des Collaborateurs du Prestataire pour quelque cause que ce soit pendant une durée supérieure à 1 mois ".

3. Il résulte de l'instruction que, par un courrier du 25 septembre 2018, le CSTB a informé la société P.H.E. Conseil de la résiliation des relations contractuelles pour faute, sans mise en demeure préalable. Toutefois, il en résulte également, notamment des nombreux échanges de courriels joints au dossier, qu'à la suite d'une différence d'appréciation sur la qualité des prestations livrées par la société P.H.E. Conseil, un procès-verbal de réception des travaux avec réserves a été signé le 2 juillet 2018, certaines réserves ayant été levées le 13 juillet suivant. Il en résulte également que la société P.H.E. Conseil a unilatéralement décidé, le 20 août 2018, de n'effectuer " plus aucune intervention " en raison d'un différend sur le paiement d'un montant de 25% du prix des prestations qui aurait dû être versé conformément aux stipulations de l'article 11.2 " Echéancier de facturation " du contrat à la signature du bon de commande, soit le 27 octobre 2017, versement n'ayant jamais été effectué. Cette circonstance, pour regrettable qu'elle soit, n'était pas de nature à exonérer la société P.H.E. Conseil du respect des autres stipulations du contrat. Il suit de là qu'en résiliant pour faute le contrat qui le liait à la société P.H.E. Conseil, le CSTB n'a pas commis de faute de nature à engager sa responsabilité contractuelle. Par suite, la société P.H.E. Conseil n'est pas fondée à demander le versement d'une indemnité de résiliation de 23 760 euros au titre de la résiliation anticipée ainsi que la somme de 7 625,93 euros au titre des intérêts moratoires.

Sur les conclusions reconventionnelles :

4. Aux termes de l'article 12.3 " Pénalités " du contrat n°17P068D portant sur l'assistance à l'élaboration de l'architecture applicative et aux choix technologiques pour la gestion des activités technologiques et de la relation client du CSTB, " Le CSTB se réserve le droit d'appliquer des pénalités au Prestataire en cas de non-respect de ses obligations et engagements contractuels et ce sans mise en demeure préalable. L'applicabilité des pénalités est établie par le comité de pilotage du CSTB en présence du fournisseur. En cas de désaccord, la décision appartient au CSTB. / En cas de non-respect des obligations qui incombent au Prestataire, le CSTB se réserve la possibilité d'appliquer une pénalité de 200 euros par jour ouvré jusqu'au rétablissement de la situation, sans préjudice des dommages et intérêts auxquels le CSTB pourra prétendre. Les pénalités sont plafonnées à 20 % du montant du forfait considéré ".

5. Il résulte de ce qui a été dit au point 3 que le CSTB n'a commis aucune faute de nature à engager sa responsabilité en notifiant à la société P.H.E. Conseil la résiliation pour faute de leur relation contractuelle. Il suit de là que le CSTB est fondé à demander la somme de 5 820 euros au titre des pénalités de retard prévues par le contrat, laquelle n'excède pas 20% du montant du forfait du contrat.

Sur les frais liés au litige :

6. Les conclusions de la société P.H.E. Conseil tendant à ce qu'une somme soit mise à la charge du CSTB, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, doivent être rejetées.

7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances particulières de l'espèce, de mettre à la charge de la société P.H.E. Conseil le versement au CSTB de la somme de 5 000 euros que ce dernier demande en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

D EC I D E :

Article 1 : La requête de la société P.H.E. Conseil est rejetée.

Article 2 : La société P.H.E. Conseil versera au CSTB la somme de 5 820 euros au titre des pénalités de retard prévues par le contrat.

Article 3 : Les conclusions présentées par le CSTB sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société à responsabilité limitée (SARL) P.H.E. Conseil et au centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB).

Délibéré après l'audience du 17 novembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Simonnot, président,

Mme Voillemot, première conseillère,

M. Paret, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 décembre 2023.

Le rapporteur,

F. PARET

Le président

J.-F. SIMONNOTLa greffière,

S. RAHMOUNI

La République mande et ordonne au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

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