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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2115682

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2115682

jeudi 12 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2115682
TypeDécision
PublicationC
Formation3e Section - 2e Chambre
Avocat requérantDECAMPS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête et un mémoire, enregistrés sous le n° 2115682 les 16 juillet et 23 décembre 2021, M. C A, représenté par Me Decamps, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 1er juillet 2021 par laquelle l'Agence nationale des titres sécurisés a refusé son inscription aux épreuves du permis de conduire ;

2°) d'annuler les décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur a retiré des points sur son permis de conduire après l'échange de son permis de conduire en Italie en 2005 ;

3°) d'enjoindre à la préfecture territorialement compétente de lui communiquer un récépissé de remise de son permis de conduire invalidé pour solde de points nul, portant la référence " 44 " ;

4°) d'enjoindre au ministère de l'intérieur et à l'Agence nationale des titres sécurisés de l'inscrire à l'examen du permis de conduire et de l'exonérer de l'épreuve pratique prévue à l'article R. 221-3 du code de la route ; de créer ou d'actualiser un numéro d'enregistrement préfectoral harmonisé (NEPH) ;

5°) d'enjoindre au ministère de l'intérieur et à l'Agence nationale des titres sécurisés, la communication des motifs de la décision de son refus d'inscription au permis de conduire ;

6°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A soutient que :

- sa requête est recevable ;

- il remplit les conditions pour effectuer une demande d'inscription au permis de conduire ;

- la décision de rejet d'inscription au permis de conduire est insuffisamment motivée ;

- elle restreint l'exercice d'une liberté publique ;

- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision d'invalidité de son permis de conduire échangé en Italie.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 19 août 2021 et le 3 janvier 2022, l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) conclut à l'irrecevabilité de la requête.

Elle fait valoir qu'elle est incompétente en matière d'instruction des demandes et de délivrance des permis de conduire.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 novembre 2021, le ministre de l'intérieur conclut à l'irrecevabilité de la requête.

Il fait valoir que le préfet du lieu de domicile de M. A est seul compétent pour représenter l'Etat dans ce litige.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 9 décembre 2021, le 12 janvier et le 7 mars 2022, le préfet de police conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la préfecture de police lui a transmis un récépissé de remise de son permis de conduire invalidé pour solde de points nul portant la référence " 44 " le 26 novembre 2021 ;

- le préfet n'est pas compétent pour créer ou réactualiser un numéro d'enregistrement préfectoral harmonisé ;

- le requérant est en pleine possession de ses droits à conduire pour la catégorie B depuis le 14 février 2022 ;

- le moyen tiré de l'illégalité de la décision du 1er juillet 2021 du fait de l'illégalité de la décision d'invalidité de son permis de conduire échangé en Italie est irrecevable ;

- les autres moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par un courrier du 17 février 2023, le tribunal administratif de Paris a, en application des dispositions de l'article R. 612-5-1 du code de justice administrative, adressé une demande de maintien de requête à M. A.

Par un mémoire du 17 février 2023, M. A indique maintenir l'ensemble des conclusions de sa requête.

II. Par une requête, enregistrée sous le n°2121317 le 7 octobre 2021, M. C A, représenté par Me Decamps, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 7 septembre 2021 par laquelle son inscription au permis de conduire lui a été refusée ;

2°) de condamner l'Etat à lui verser une somme de 900 euros en réparation du préjudice matériel subi du fait de la privation de l'usage de son permis de conduire pendant trois mois et la somme de 300 euros par mois, en réparation du même préjudice, à compter de la notification du présent jugement jusqu'à la date d'obtention du permis de conduire, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de quinze jours après la date de notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A soutient que :

- sa requête est recevable ;

- il remplit les conditions pour effectuer une demande d'inscription au permis de conduire ;

- la décision de rejet d'inscription au permis de conduire est insuffisamment motivée ;

- elle restreint l'exercice d'une liberté publique ;

- il est fondé à obtenir réparation du préjudice financier résultant de la privation de jouissance de son permis qu'il évalue à 2 100 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 novembre 2021, le ministre de l'intérieur conclut à l'irrecevabilité de la requête.

Il fait valoir que le préfet du lieu de domicile de M. A est seul compétent pour représenter l'Etat dans ce litige.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 janvier 2022, le préfet de police conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par un courrier du 15 juin 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré du non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d'annulation des décisions des 1er juillet et 7 septembre 2021 qui refusent son inscription aux épreuves du permis de conduire, ainsi que les conclusions à fins d'injonction de communication de la remise de son permis de conduire invalidé pour solde de points nul, portant la référence " 44 " ; à l'inscription à l'examen du permis de conduire et à l'exonération de l'épreuve pratique prévue à l'article R. 221-3 du code de la route ; à la création ou à l'actualisation d'un numéro d'enregistrement préfectoral harmonisé (NEPH) ; à la communication des motifs de la décision de son refus d'inscription au permis de conduire.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de procédure pénale ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions dans cette affaire.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, Mme Guglielmetti a présenté son rapport.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, détenteur d'un permis de conduire français délivré le 17 mai 1990 et échangé contre un titre italien le 12 février 2005, a commis plusieurs infractions au code de la route ayant entraîné l'invalidation de son permis de conduire de catégorie B pour solde de points nul, notifiée le 13 novembre 2006 par une décision 48 SI. Son permis de conduire lui a été retiré en France le 1er décembre 2020. Le 28 mai 2021, il effectue une demande d'inscription à l'examen du permis de conduire sur la plateforme numérique dédiée de l'Agence nationale des titres sécurisés, rejetée le 1er juillet 2021. Le 27 juillet 2021, il renouvelle sa demande sur la même plateforme. Elle est rejetée le 7 septembre 2021. Par la présente requête, M. A demande l'annulation des décisions des 1er juillet et 7 septembre 2021 ainsi que de la décision de retrait de points après l'échange de son permis de conduire en Italie en 2005 ainsi que la réparation du préjudice qu'il estime avoir subi.

Sur les conclusions à fin d'annulation des décisions des 1er juillet et 7 septembre 2021, qui refusent son inscription aux épreuves du permis de conduire :

2. Il résulte des mentions du relevé de suivi de titre et d'information intégral relatif à la situation du requérant en date du 2 mars 2022 produit par le préfet de police, que le permis de conduire de catégorie B de M. A lui a été remis le 4 février 2022. M. A s'est par suite vu reconnaître la validité de son permis de conduire. Par suite, les conclusions des deux requêtes tendant à l'annulation des décisions de refus d'inscription à l'examen du permis de conduire du 1er juillet et du 7 septembre 2021, qui doivent être regardées comme ayant été retirées par le préfet de police postérieurement à l'introduction de la requête, ainsi que les conclusions à fins d'injonction de communication de la remise de son permis de conduire invalidé pour solde de points nul, portant la référence " 44 ", à l'inscription à l'examen du permis de conduire et à l'exonération de l'épreuve pratique prévue à l'article R. 221-3 du code de la route, à la création ou à l'actualisation d'un numéro d'enregistrement préfectoral harmonisé (NEPH) et à la communication des motifs de la décision de son refus d'inscription au permis de conduire, sont devenues sans objet. Il n'y a, dès lors, plus lieu d'y statuer.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision de retrait de points postérieurs à l'échange de son permis de conduire français pour un permis de conduire italien en 2005 :

3. Si M. A fait valoir que la notification de la lettre 48SI en date du 13 novembre 2006 ne peut se déduire du seul relevé d'information intégral et que l'échange obligatoire et la résidence normale en France ne se présume pas pour un étranger ayant un permis étranger, le moyen, à le supposer soulevé, est non assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé, et doit donc être écarté.

Sur les conclusions indemnitaires :

4. M. A demande, dans ses conclusions, la réparation des préjudices qu'il estime avoir subis. Toutefois, en l'absence de précisions sur l'existence des préjudices invoqués, ses conclusions doivent être rejetées.

Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme que demande M. A au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation des décisions des 1er juillet et 7 septembre 2021et celles à fin d'injonction.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, au préfet de police et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée à l'ANTS.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 octobre 2023.

La rapporteure,

S. Guglielmetti

La présidente,

M. B

La greffière,

P. Tardy-Panit

La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2115682 ; 2121317

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