mercredi 20 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2115854 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | BERNIGARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 22 juillet 2021, 21 juin et
29 septembre 2022, la SAS Phora Capital Advisers demande au tribunal de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires à l'impôt sur les sociétés au titre des exercices clos en 2014 et en 2015 et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) au titre de la même période. Elle conteste par ailleurs la remise en cause de son droit à remboursement de crédit TVA à hauteur de 66 667 au titre de la période du 1er janvier au 31 octobre 2016. Elle demande enfin la décharge de la majoration pour manquement délibéré qui lui a été appliquée.
Elle soutient que :
-l'administration a méconnu l'article L.57 du livre des procédures fiscales en adressant la proposition de rectification à son mandataire en application d'un mandat du 9 décembre 2016 alors que ce dernier n'était pas valable, faute d'émaner de la présidence de la société, assurée par la société FB Services, d'une part et qu'elle en a fait une application extensive, le mandat n'autorisant pas la notification au mandataire des actes de la procédure d'imposition, de l'autre ;
-l'administration a procédé à l'emport irrégulier du projet de convention de prestations de services entre elle-même et la société FB Services datée du 1er janvier 2014 ;
-elle a été privée de la possibilité d'un débat oral et contradictoire, en l'absence, en particulier, de toute visite sur place entre février 2017 et le 19 mai de la même année, date de clôture de opérations de contrôle ;
-les articles 21 et 26 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne prohibant toute discrimination fondée sur le handicap ont été méconnus par l'administration qui a refusé d'aménager la procédure de vérification et particulièrement, les modalités de présentation des justificatifs par le contribuable pour tenir compte de la cécité de M. A ;
-l'administration a eu un comportement abusif ;
-l'administration a omis de lui adresser une demande de renseignement fondée sur l'article L.10 du livre des procédures fiscales et de la faire bénéficier du délai de réponse prévu par l'article L.11 du même livre ;
-la proposition de rectification est entachée d'une insuffisance de motivation, en particulier en ce qui concerne la période postérieure au 19 février 2016 ;
-l'administration aurait déduit de la cécité de M. A son incapacité à rendre les prestations de conseil litigieuses ;
-la convention produite par son expert-comptable et mandataire lors du contrôle n'est qu'un avant-projet non signé et ainsi l'administration ne pouvait l'opposer à la société ni fonder dessus le redressement ;
-elle justifie de la réalité des prestations rendues par M. A via FB Services comme sous-traitante de Phora ;
-sa mauvaise foi n'est pas établie pour la remise en cause de la déductibilité de la TVA litigieuse ;
-l'application de la majoration pour manquement délibéré est insuffisamment motivée et infondée en l'absence d'intention d'éluder l'impôt.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 18 mars et 20 septembre 2022, le directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la société ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 21 septembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au
6 octobre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Grossholz,
- les conclusions de Mme Belle, rapporteure publique,
- et les observations de Me Nestor, représentant la société Phora Capital Advisers.
Considérant ce qui suit :
1. La société Phora Capital Advisers, ayant pour objet la prestation de services de conseil, était entièrement détenue par M. A jusqu'au 3 décembre 2013, date à laquelle ce dernier a apporté toutes ses parts à la SARL FB Services, dont il est le gérant et l'associé majoritaire, à hauteur de 99,98% du capital. Le 19 février 2016, ce dernier a également cédé à la société FB Services la présidence de la SAS Phora Capital Advisers. Cette dernière a fait l'objet d'une vérification de comptabilité au terme de laquelle ont été mises à sa charge des cotisations supplémentaires à l'impôt sur les sociétés et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre de 2014 et 2015, assortis de la majoration pour manquement délibéré. Elle a par ailleurs fait l'objet d'une annulation de demande de remboursement de crédit de TVA à hauteur de 66 667 euros au titre de la période du 1er janvier au 31 octobre 2016. La société Phora Capital Advisers en demande la décharge.
Sur la régularité de la procédure d'imposition :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L.57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation () ". Il résulte de l'instruction que l'administration a adressé la proposition de rectification datée du 20 juillet 2017, à l'origine des redressements litigieux, au cabinet d'experts-comptables désigné par la société comme étant son mandataire en application d'un mandat conclu le
9 décembre 2016.
3. D'une part, si la requérante conteste la validité de ce mandat au motif qu'il a été conclu, au nom de la société requérante, par M. A " en qualité de président de la SAS Phora Capital Advisers ", à une date à laquelle ce dernier avait déjà cédé celle-ci à la société FB Services, il résulte de l'instruction que cette dernière était contrôlée par M. A. Dans ces conditions, la seule mention d'une qualité erronée de ce dernier par le mandat du 9 décembre 2016 ne fait pas obstacle à ce que ce dernier soit réputé valablement conclu par la requérante.
4. D'autre part, aux termes des stipulations de ce mandat, la SAS Phora Capital Advisers indique " faire élection de domicile au Cabinet de la société Guibert et Associés pour recevoir toutes correspondances émanant du Service ". Il en résulte que le mandat comprend la réception de l'ensemble des actes de la procédure d'imposition, de sorte que l'administration était fondée à adresser au mandataire la proposition de rectification.
5. De troisième part, il résulte de l'instruction que la proposition de rectification énonce les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle fonde les redressements en litige, de sorte que le moyen tiré de l'insuffisance de sa motivation, qui manque en fait, ne peut qu'être écarté, y compris en ce qui concerne la période postérieure au 19 février 2016, la présidence de la société requérante par M. A n'étant pas déterminante dans le fondement de ces redressements.
6. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L.57 du livre des procédures fiscales doit être écarté.
7. En deuxième lieu, la requérante soutient que l'emport, par le vérificateur, d'un projet de convention avec la société FB Services daté du 1er janvier 2014 était irrégulière et a donc vicié la procédure d'imposition.
8. Il résulte de l'ensemble des dispositions du code général des impôts relatives aux opérations de vérification que celles-ci se déroulent chez le contribuable ou au siège de l'entreprise vérifiée. Toutefois, sur la demande écrite du contribuable, le vérificateur peut emporter certains documents dans les bureaux de l'administration qui en devient ainsi dépositaire. En ce cas, il doit délivrer à l'intéressé un reçu détaillé des pièces qui lui sont remises. En outre, cette pratique ne doit pas avoir pour effet de priver le contribuable des garanties ayant pour objet de lui assurer sur place des possibilités de débat oral et contradictoire avec le vérificateur.
9. Il résulte de l'instruction que l'administration a fondé les redressements en litige sur l'absence de justification de la réalité des prestations prétendument réalisées par la société FB Services au titre desquelles la requérante a déduit des charges de son bénéfice imposable à l'impôt sur les sociétés, d'une part et comptabilisé de la TVA déductible, de l'autre et qu'elle n'a examiné le projet de convention daté du 1er janvier 2014 qu'à titre de justificatif présenté par la requérante, qu'elle a d'ailleurs estimé insuffisant. Par conséquent, ce document, qui ne constitue pas le fondement du redressement litigieux,n'a pas effectivement servi à l'établissement de l'impôt. Par ailleurs, la requérante soutient que " le document de travail emporté constitue un document interne au cabinet d'expertise-comptable, un avant-projet qui n'a jamais été approuvé par la Société requérante, et non un document appartenant à la Société ". Il est donc constant que ce document ne constitue pas une pièce justificative de la comptabilité et qu'elle n'était pas utile au contribuable dans le cadre du débat oral et contradictoire avec le vérificateur. Le moyen tiré de l'emport irrégulier de cette pièce ne peut donc qu'être écarté.
10. En troisième lieu, si la requérante soutient avoir été privée de la possibilité d'un débat oral et contradictoire faute de toute visite du vérificateur sur place entre février 2017 et le
19 mai de la même année, date de clôture des opérations de contrôle, il n'est pas contesté qu'ainsi que le fait valoir l'administration, c'est à la demande de la société que le contrôle s'est déroulé dans les locaux de l'expert-comptable qu'elle a désigné, où le vérificateur est intervenu à cinq reprises, les 23 décembre 2016, 4, 11 et 25 janvier et le 19 mai 2017. Le moyen tiré de l'insuffisance du nombre d'interventions sur place du vérificateur ne peut donc qu'être écarté.
11. En quatrième et dernier lieu, aux termes des articles 21 et 26 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, respectivement : " 1. Est interdite, toute discrimination fondée notamment sur () un handicap () " et " L'Union reconnaît et respecte le droit des personnes handicapées à bénéficier de mesures visant à assurer leur autonomie, leur intégration sociale et professionnelle et leur participation à la vie de la communauté ". Si la requérante soutient que l'administration aurait méconnu ces dispositions en exigeant, malgré la cécité de
M. A, la justification de la réalité des prestations de service dont la requérante soutient qu'elles auraient été effectuées par ce dernier via la société FB Services, par la production exclusive de documents écrits signés entre les deux sociétés, plutôt que d'admettre une preuve par tous moyens, cette circonstance ne résulte pas de l'instruction et particulièrement, de la proposition de rectification dans laquelle l'administration a relevé l'absence de tout " élément tangible produit par la société concernant les relations à l'origine des factures établies par FB Service à l'intention de PCA ", à l'exception du projet de convention daté du 1er janvier 2014 déjà mentionné. Le moyen, qui manque en fait, ne peut qu'être écarté.
Sur le bien-fondé des impositions litigieuses :
En ce qui concerne les rehaussements d'impôt sur les sociétés :
12. Aux termes du 1 de l'article 39 du code général des impôts : " Le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges, celles-ci comprenant () notamment : 1° Les frais généraux de toute nature () ". Si, en vertu des règles gouvernant l'attribution de la charge de la preuve devant le juge administratif, applicables sauf loi contraire, il incombe, en principe, à chaque partie d'établir les faits qu'elle invoque au soutien de ses prétentions, les éléments de preuve qu'une partie est seule en mesure de détenir ne sauraient être réclamés qu'à celle-ci. Il appartient, dès lors, au contribuable, pour l'application des dispositions précitées du code général des impôts, de justifier tant du montant des charges qu'il entend déduire du bénéfice net défini à l'article 38 du code général des impôts que de la correction de leur inscription en comptabilité, c'est-à-dire du principe même de leur déductibilité. Le contribuable apporte cette justification par la production de tous éléments suffisamment précis portant sur la nature de la charge en cause, ainsi que sur l'existence et la valeur de la contrepartie qu'il en a retirée. Dans l'hypothèse où le contribuable s'acquitte de cette obligation, il incombe ensuite au service, s'il s'y croit fondé, d'apporter la preuve de ce que la charge en cause n'est pas déductible par nature, qu'elle est dépourvue de contrepartie, qu'elle a une contrepartie dépourvue d'intérêt pour le contribuable ou que la rémunération de cette contrepartie est excessive. En vertu de ces principes, lorsqu'une entreprise a déduit en charges une dépense réellement supportée, conformément à une facture régulière relative à un achat de prestations ou de biens dont la déductibilité par nature n'est pas contestée par l'administration, celle-ci peut demander à l'entreprise qu'elle lui fournisse tous éléments d'information en sa possession susceptibles de justifier la réalité et la valeur des prestations ou biens ainsi acquis. La seule circonstance que l'entreprise n'aurait pas suffisamment répondu à ces demandes d'explication ne saurait suffire à fonder en droit la réintégration de la dépense litigieuse, l'administration devant alors fournir devant le juge tous éléments de nature à étayer sa contestation du caractère déductible de la dépense. Le juge de l'impôt doit apprécier la valeur des explications qui lui sont respectivement fournies par le contribuable et par l'administration.
13. Il résulte de l'instruction que l'administration a remis en cause la déductibilité, à titre de charges, de factures de 400 000 euros par an émises par la société FB Services, compte tenu notamment du caractère succinct de leur libellé " prestations de services " et du caractère forfaitaire des redevances en faisant l'objet. La requérante soutient que ces dernières viendraient rémunérer des prestations de services effectuées pour son compte par M. A par l'intermédiaire de la société FB Services à laquelle elle aurait externalisé la rémunération de ce dernier. Toutefois, si les pièces qu'elle produit justifient de la réalité de l'exécution, par M. A, de prestations de services de conseil auprès de ses clients, aucun élément ne suggère que ces dernières l'auraient été via la société FB Services, ni que la rémunération de l'intéressé aurait été externalisée à cette dernière, comme le soutient la requérante. Dans ces conditions, celle-ci ne produit pas des éléments suffisamment précis portant sur la nature de la charge en cause, ainsi que sur l'existence et la valeur de la contrepartie qu'elle en a retirée. Par conséquent, la circonstance que M. A serait en mesure d'effectuer des prestations de service de conseil malgré sa cécité, ce que l'administration n'a, contrairement à ce que soutient la requérante, jamais contesté, celle que la convention de " conseil et assistance dans les domaines de la gestion administrative, financière et commerciale " de la société Phora Capital Advisers par la société FB Services, produite par son expert-comptable et mandataire lors du contrôle, n'étant qu'un avant projet non signé, l'administration ne pouvait l'opposer à la société, et enfin la circonstance que l'externalisation de la rémunération de M. A pour les prestations de service que ce dernier lui rend ne constituerait pas un acte anormal de gestion, qui ne fonde pas les redressements en litige, sont sans incidence sur le bien-fondé de ces dernières. Le moyen ne peut donc qu'être écarté.
En ce qui concerne les rappels de taxe sur la valeur ajoutée :
14. Il résulte de l'instruction que s'agissant de la taxe sur la valeur ajoutée afférente aux périodes de septembre 2015 et de février, août et septembre 2016, l'administration a mis en œuvre la procédure de taxation d'office à l'encontre de la requérante, faute pour cette dernière d'avoir déposé dans le délai légal ses déclarations, en application de l'article L.66-3° du livre des procédures fiscales. Il en résulte que la charge de la preuve incombe à la requérante s'agissant de ces rappels, en application de l'article L.193 du livre des procédures fiscales.
15. S'agissant des rappels de taxe sur la valeur ajoutée afférente aux autres périodes en litige, en vertu des dispositions combinées des articles 271, 272 et 283 du code général des impôts et de l'article 230 de l'annexe II à ce code, un contribuable n'est pas en droit de déduire de la taxe sur la valeur ajoutée dont il est redevable à raison de ses propres opérations la taxe mentionnée sur une facture établie à son nom par une personne qui ne lui a fourni aucun bien ou aucune prestation de services. Dans le cas où l'auteur de la facture était régulièrement inscrit au registre du commerce et des sociétés et assujetti à la taxe sur la valeur ajoutée, il appartient à l'administration, si elle entend refuser à celui qui a reçu la facture le droit de déduire la taxe qui y était mentionnée, d'établir qu'il s'agissait d'une facture fictive ou d'une facture de complaisance et que le contribuable le savait ou ne pouvait l'ignorer. Si l'administration apporte des éléments suffisants permettant de penser que la facture ne correspond pas à une opération réelle, il appartient alors au contribuable d'apporter toutes justifications utiles sur la réalité de cette opération.
16. Il résulte de l'instruction que la requérante a déduit la taxe sur la valeur ajoutée afférente aux factures émises par la société FB Service. L'administration présente des arguments tirés du caractère excessivement sommaire du libellé de ces factures et du caractère forfaitaire des redevances qui en sont l'objet, tandis que la requérante, ainsi qu'il a été dit au point 13 du présent jugement, ne produit aucun document propre à établir la nature, la consistance et l'importance des prestations de services fournies par la société FB Service dont la redevance est censée être la contrepartie. Dans ces conditions, compte tenu des indices suffisants de leur inexistence apportés par l'administration et de l'absence de preuve contraire rapportée par la société Phora Capital Advisers, cette dernière ne peut être regardée comme justifiant de la réalité des services fournis par la société FB Services. Enfin, en l'absence de prestation correspondante, la requérante doit être regardée comme ne pouvant ignorer la nature des factures en cause et l'administration comme établissant cette circonstance.
En ce qui concerne la majoration de 40% pour manquement délibéré :
17. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : a. 40 % en cas de manquement délibéré () ".
18. En premier lieu, la proposition de rectification, en visant les dispositions précitées ainsi que la jurisprudence y relative et en indiquant qu'elle retenait le caractère intentionnel des manquements constatés car " en l'absence de justificatifs, la société ne pouvait ignorer que les charges et la TVA déduite ne pouvaient être imputées sur les déclarations établies par l'entreprise ", a suffisamment motivé l'application de la majoration litigieuse. Le moyen, qui manque en fait, ne peut qu'être écarté.
19. En second lieu, la circonstance que la requérante ait déduit de son bénéfice imposable à l'impôt sur les sociétés et de la taxe sur la valeur ajoutée due des montants s'élevant, sur la période en litige, à plusieurs centaines de milliers d'euros au titre de prestations prétendument effectuées par la société FB Services, sans pouvoir présenter le moindre justificatif à l'appui, suffit à établir le caractère intentionnel du manquement commis par elle, justifiant l'application de la majoration litigieuse à son encontre, qui comme il résulte de la proposition de rectification et contrairement à ce que prétend la requérante, ne l'a pas été au titre de la remise en cause du droit à remboursement de la taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période du 1er janvier au 30 octobre 2016.
20. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête, y compris celles tendant à la mise en oeuvre de l'article L.761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de la société Phora Capital Advisers est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Phora Capital Advisers et au directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris.
Délibéré après l'audience du 6 mars 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Vidal, présidente,
Mme Grossholz, première conseillère,
Mme Ostyn, conseillère,
Rendu public par mise à disposition du greffe le 20 mars 2024.
La rapporteure,
C. GROSSHOLZ
La présidente,
S. VIDALLa greffière,
S. RUBIRALTA
La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique de la France, chargé des Comptes publics, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/1-1
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2503570
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler le refus de renouvellement de sa carte de résident. La juridiction a estimé que le préfet de police de Paris, en se fondant sur une condamnation pénale, n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en considérant que l'intéressé constituait une menace pour l'ordre public. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment l'article L. 432-4, et a examiné le respect de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2424420
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la demande de décharge de cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu pour les années 2015 et 2016. Le requérant contestait la régularité de la proposition de rectification, notamment son caractère suffisamment motivé et son aptitude à interrompre le délai de reprise. Le tribunal a jugé que la proposition, notifiée après l'ouverture d'une procédure de retrait d'agrément, était régulière et a valablement interrompu le délai de reprise, conformément aux articles L. 57 du livre des procédures fiscales et 1649 nonies A du code général des impôts.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2517132
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé l'arrêté du préfet de police du 17 juin 2025 ordonnant l'éloignement de M. A..., un ressortissant algérien. La juridiction a retenu que l'administration n'avait pas procédé à un examen sérieux de la situation familiale du requérant, notamment de ses liens avec sa fille née en France, ce qui constitue une erreur de droit. Le tribunal a enjoint au préfet de délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer la situation dans un délai de trois mois, en application de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2416373
Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre une décision implicite de refus de titre de séjour. Le requérant, un ressortissant malien, contestait ce refus intervenu sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers. Le tribunal a annulé la décision implicite pour défaut de motivation, l'administration n'ayant pas répondu à la demande de communication des motifs formulée sur le fondement de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration. Il a enjoint au préfet de réexaminer la demande dans un délai d'un mois.
01/04/2026