mercredi 10 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2115947 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 2e Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | TAILFER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 23 juillet 2021, le 3 décembre 2021 et le 10 janvier 2024, la société pour l'informatique industrielle SA, représentée par Me Tailfer, demande au tribunal :
1°) la décharge des rappels notifiés en matière de crédit d'impôt recherche (CIR) au titre des années 2012 et 2013 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 10 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la proposition de rectification est insuffisamment motivée ;
- elle a réalisé pour son compte des opérations de recherche et développement qu'elle a exposées dans le cadre du contrat conclu avec Airbus ;
- l'administration fiscale n'établit pas qu'elle ne peut solliciter le CIR pour les autres contrats conclus avec d'autres donneurs d'ordre ;
- le crédit d'impôt en litige n'a pas été sollicité par le donneur d'ordre pour les recherches effectuées ;
- les dépenses de recherche et développement préalables à la conclusion du contrat " My Way " en 2012 sont éligibles au crédit impôt recherche ;
- l'administration ne pouvait déduire les sommes facturées au titre des projets externes mais simplement les neutraliser.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 16 novembre 2021 et le 29 décembre 2023, l'administrateur général des finances publiques chargé de la direction des vérifications nationales et internationales conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable car dépourvue d'objet dès lors que la requérante n'établit pas avoir fait une demande de remboursement du crédit d'impôt sollicité et que la modification de son stock de crédit d'impôt n'a pas donné lieu à la mise en recouvrement d'impositions supplémentaires ;
- à supposer que la réclamation du 17 décembre 2019 constitue une demande de remboursement du crédit d'impôt, cette demande est tardive ;
- les moyens soulevés par la société pour l'informatique industrielle SA ne sont pas fondés.
Un mémoire présenté pour la société pour l'informatique industrielle SA a été enregistré le 5 avril 2024 et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Marchand,
- les conclusions de M. Halard, rapporteur public,
- et les observations de Me Tournier, représentant la société pour l'informatique industrielle SA.
Considérant ce qui suit :
1. La société pour l'informatique industrielle (SII) exerce une activité de conseil en systèmes et logiciels informatiques. Elle a fait l'objet d'une vérification de comptabilité à l'issue de laquelle l'administration fiscale a remis en cause l'intégralité des crédits impôts recherche déclarés en 2015 pour 3 100 817 euros au titre de l'année 2012 et pour 3 596 632 euros au titre de l'année 2013 en raison de l'absence de déduction des factures adressées aux clients éligibles au CIR et lui a notifié une proposition de rectification datée du 5 mai 2017. La société SII demande au tribunal la décharge des rectifications ainsi opérées au titre des crédits d'impôt recherche déclarés pour les années 2012 et 2013.
Sur la fin de non-recevoir invoquée en défense :
2. D'une part, aux termes du I de l'article 199 ter B du code général des impôts, alors applicable : " Le crédit d'impôt pour dépenses de recherche défini à l'article 244 quater B est imputé sur l'impôt sur le revenu dû par le contribuable au titre de l'année au cours de laquelle les dépenses de recherche prises en compte pour le calcul du crédit d'impôt ont été exposées. L'excédent de crédit d'impôt constitue au profit de l'entreprise une créance sur l'Etat d'égal montant. Cette créance est utilisée pour le paiement de l'impôt sur le revenu dû au titre des trois années suivant celle au titre de laquelle elle est constatée puis, s'il y a lieu, la fraction non utilisée est remboursée à l'expiration de cette période ". Aux termes de l'article 49 septies M de l'annexe III audit code : " I. Pour l'application des dispositions des article 199 ter B, 220 B et 244 quater B du code général des impôts, les entreprises souscrivent une déclaration spéciale conforme à un modèle établi par l'administration. / Les personnes morales passibles de l'impôt sur les sociétés déposent cette déclaration spéciale auprès du service des impôts avec le relevé de solde mentionné à l'article 360 ". Aux termes de l'article 360 de l'annexe III à ce code : " La liquidation de l'impôt sur les sociétés mentionnée au 2 de l'article 1668 du code général des impôts est réalisée par le redevable et détaillée sur un relevé de solde dont le modèle est fourni par l'administration, daté et signé de la partie versante et indiquant la nature du versement, son échéance, les éléments de liquidation, ainsi que la désignation et l'adresse du principal établissement de l'entreprise (). Les demandes de restitution de créances remboursables sont formulées sur ce relevé ". Aux termes de l'article 360 bis de cette annexe : " () Le dépôt du relevé de solde est effectué au plus tard le 15 du quatrième mois qui suit la clôture de l'exercice () ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 190 du livre des procédures fiscales : " Les réclamations relatives aux impôts, contributions, droits, taxes, redevances, soultes et pénalités de toute nature, établis ou recouvrés par les agents de l'administration, relèvent de la juridiction contentieuse lorsqu'elles tendent à obtenir soit la réparation d'erreurs commises dans l'assiette ou le calcul des impositions, soit le bénéfice d'un droit résultant d'une disposition législative ou réglementaire. ". Aux termes de l'article R.*196-1 du même livre : " Pour être recevables, les réclamations relatives aux impôts autres que les impôts directs locaux et les taxes annexes à ces impôts, doivent être présentées à l'administration au plus tard le 31 décembre de la deuxième année suivant celle, selon le cas : / () / c) De la réalisation de l'événement qui motive la réclamation. () ". Il résulte de l'ensemble de ces dispositions que, pour obtenir le remboursement d'une créance résultant d'un crédit d'impôt pour dépenses de recherche, le contribuable doit présenter à l'administration fiscale une demande expresse en ce sens. Une telle demande visant à bénéficier d'un droit résultant d'une disposition législative constitue une réclamation au sens de l'article L. 190 du livre des procédures fiscales.
4. Enfin, aux termes, de l'article R.196-3 du livre des procédures fiscales : " Dans le cas où un contribuable fait l'objet d'une procédure de reprise ou de rectification de la part de l'administration des impôts, il dispose d'un délai égal à celui de l'administration pour présenter ses propres réclamations ". Aux termes, enfin, de l'article 220 B du code général des impôts : " Le crédit d'impôt pour dépenses de recherche défini à l'article 244 quater B est imputé sur l'impôt sur les sociétés dû par l'entreprise dans les conditions prévues à l'article 199 ter B ". Il résulte de ces dispositions que le contribuable qui fait l'objet d'une procédure de reprise ou de rectification au titre d'une année ou d'un exercice peut présenter, dans le délai spécial qu'elles prévoient, une réclamation portant sur le montant des dépenses exposées au cours de cette année ou de cet exercice qui ouvrent droit, selon lui, au crédit d'impôt défini à l'article 244 quater B du code général des impôts.
5. D'une part, s'il résulte de l'instruction que la société requérante a déposé des déclarations rectificatives n° 2069-A-SD le 22 décembre 2015, mentionnées à l'article 49 septies M de l'annexe III au code général des impôts, ces déclarations demeurent une simple formalité administrative et ne sauraient être regardées comme une réclamation préalable au sens de l'article L. 190 du livre des procédures fiscales tendant à l'obtention du remboursement d'une créance résultant d'un crédit d'impôt pour dépenses de recherche. Par ailleurs, il ne résulte pas de l'instruction que la proposition de rectification en date du 5 mai 2017 qui remet en cause le stock de crédit d'impôt recherche déclaré par la société en 2015 au titre des années 2012 et 2013 a eu une incidence sur le calcul de l'impôt sur les sociétés auquel elle a été assujettie pour les années en litige. Dans ces conditions, la requérante n'est pas recevable à solliciter, sur le fondement des articles R.196-1 et R. 196-3 du livre précité la restitution des créances de crédit impôt recherche déclarées en 2015 au titre des années 2012 et 2013 ni la décharge de rappels de CIR au titre de ces mêmes années qui sont inexistants.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la société pour l'informatique industrielle SA qui est irrecevable doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société pour l'informatique industrielle SA est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société pour l'informatique industrielle SA et à l'administrateur général des finances publiques chargé de la direction des vérifications nationales et internationales.
Délibéré après l'audience du 25 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Evgénas, présidente,
Mme Laforêt, première conseillère,
Mme Marchand, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 juillet 2024.
La rapporteure,
A. MARCHAND
La présidente,
J. EVGENAS
La greffière,
M-C. POCHOT
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/2-1
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2400082
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de la société Le Printemps immobilier, qui demandait une réduction de sa cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties pour l'année 2021. La juridiction a jugé que la société, sur laquelle pesait la charge de la preuve en vertu de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales, n'avait pas démontré le caractère exagéré de l'imposition. Elle n'a pas établi que la surface réelle de ses locaux était inférieure à celle déclarée, ni que l'administration avait fait une application erronée des règles de calcul, notamment celles de l'article 1518 A du code général des impôts.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2504630
Le Tribunal Administratif de Paris rejette la requête de M. C... visant à annuler la décision de la Ville de Paris de ne pas renouveler son contrat à durée déterminée. Le juge rappelle qu'un agent en CDD n'a pas de droit au renouvellement, mais que l'administration doit agir dans l'intérêt du service, ce qui peut inclure des considérations sur la manière de servir. Il écarte les moyens soulevés (incompétence du signataire, défaut de motivation, absence d'entretien préalable et de communication du dossier), estimant que la décision contestée n'avait pas le caractère d'une sanction disciplinaire et que les procédures spécifiques à celle-ci ne s'appliquaient donc pas. La décision s'appuie sur les principes généraux du droit de la fonction publique.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2314176
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de Mme B... qui contestait son imposition en France sur ses revenus d'enseignement perçus de 2019 à 2021. La juridiction a jugé que, conformément à la convention fiscale franco-allemande du 21 juillet 1959, ses revenus salariaux étaient imposables en France, lieu où l'activité professionnelle était exercée, et non en Allemagne où elle résidait. Le tribunal a ainsi validé le principe d'imposition des revenus d'emploi dans l'État où le travail est effectué, tel que prévu par ladite convention et le code général des impôts.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2324985
Le Tribunal administratif de Paris a été saisi par la société Camille Fournet, qui contestait une sanction administrative pour non-respect des délais de paiement inter-entreprises. Le tribunal a rejeté la demande d'annulation, estimant que l'amende de 13 000 euros et sa publication étaient légales et proportionnées au regard des manquements constatés. La décision s'appuie sur les articles L. 441-10 et L. 441-11 du code de commerce relatifs aux délais de paiement.
07/04/2026