vendredi 16 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2116200 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | DURIMEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 juillet 2021, M. AN CJ, représenté par Me Durimel, demande au tribunal :
1°) d'annuler la liste d'aptitude pour l'accès au corps des assistants ingénieurs au titre de l'année 2021 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la liste a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article 23 bis de la loi du 13 juillet 1983 ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle constitue une " rupture d'égalité " ;
- le refus de le nommer dans le corps des assistants ingénieurs procède d'une discrimination en raison de son engagement syndical.
Par un mémoire enregistré le 1er mars 2023, la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens ne sont pas fondés.
La procédure a été communiquée à Mme DK ER DF, M. CK BB, M. DL CC, Mme C BD, M. BS H, M. CU CD, Mme CA EL, Mme DN DJ, M. DS BE, M. CL A, Mme AH EE, Mme DV I, M. CL BF, M. CB AC, Mme T EF, Mme EN, Mme DH CZ, M. BQ BG, M. AB AE, M. F AF, Mme AD DT, M. AG CE, Mme CN DZ, Mme BP BI, M. DL AI, Mme CQ CG, Mme BZ CH, M. DG DP, Mme CX DM, Mme DI DU, M. Q EG, M. BR L, M. AO AK, M. AL CM, Mme BJ EI, M. CB DD, Mme CN EA, M. BK M, M. AG AM, M. BL O, Mme AZ EQ AP, Mme S P, Mme DR EP, Mme DC DQ, Mme CP EB, M. CU BM, Mme AZ DO, Mme AZ R, Mme AZ AQ, Mme EM X, M. J CO, Mme DA EC, Mme DI BO, M. AR D, Mme G U, M. AU AS, Mme AY ED, Mme CF AV, M. W BT, Mme BJ DW, Mme AA BU, Mme CR V, Mme CS AW, Mme DB DY, M. EH BV, Mme CI BW, M. DG B, M. K BX, Mme AJ EJ, M. E AX, M. DE CT, Mme BH CV, Mme DK CW, Mme DK BA, M. N BY, M. DX Y, Mme EO, Mme BC EK, M. BN Z, M. AT CY.
Par une ordonnance du 13 avril 2023, la clôture de l'instruction a été reportée au 4 mai suivant.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 2008-496 du 27 mai 2008 ;
- le décret n° 85-1534 du 31 décembre 1985 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Hélard,
- et les conclusions de Mme Lambrecq, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. CJ, technicien de recherche et de formation de classe exceptionnelle et représentant d'une organisation syndicale, est affecté au rectorat de l'académie de Paris depuis l'année 2004. Constatant qu'il ne figurait pas sur la liste d'aptitude pour l'accès au corps des assistants ingénieurs au titre de l'année 2021, en date du 15 juin 2021, il a exercé, par un courrier du 15 juillet 2021, un recours gracieux qui a été explicitement rejeté le 7 septembre suivant. Par la présente requête, M. CJ qui demande l'annulation de la liste d'aptitude du 15 juin 2021, doit être regardé comme demandant l'annulation de cette liste, ensemble le rejet de son recours gracieux.
2. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article 8 du décret du 31 décembre 1985 fixant les dispositions statutaires applicables aux ingénieurs et aux personnels techniques et administratifs de recherche et de formation du ministère chargé de l'enseignement supérieur : " Les ingénieurs et les personnels techniques de recherche et de formation du ministère chargé de l'enseignement supérieur sont répartis en cinq corps : () le corps des assistants ingénieurs, le corps des techniciens de recherche et de formation (). " Aux termes de l'article 32 du même décret : " Le corps des assistants ingénieurs est classé dans la catégorie A prévue à l'article 13 de la loi du 13 juillet 1983 susvisée. " Aux termes de l'article 39 du même décret : " Le corps des techniciens de recherche et de formation, classé dans la catégorie B prévue à l'article 13 de la loi du 13 juillet 1983 susvisée, est régi par les dispositions du décret n° 2009-1388 du 11 novembre 2009 portant dispositions statutaires communes à divers corps de fonctionnaires de la catégorie B de la fonction publique de l'Etat et par celles du présent décret. " Aux termes de l'article 34 du même décret : " Les assistants ingénieurs sont nommés par arrêté du ministre chargé de l'enseignement supérieur. Ils sont recrutés, dans la limite des emplois à pourvoir : () 2° Au choix, selon les modalités suivantes : / Les nominations sont prononcées par voie d'inscription sur une liste d'aptitude établie sur proposition du recteur d'académie, du président, du responsable d'établissement ou du chef de service, après avis de la commission administrative paritaire compétente. Peuvent y être inscrits les fonctionnaires appartenant au corps des techniciens de recherche et de formation du ministère chargé de l'enseignement supérieur, justifiant de huit années de services publics, dont trois au moins en catégorie B. "
3. D'autre part, aux termes de l'article 23 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " I.-Sous réserve des nécessités du service, le fonctionnaire en position d'activité ou de détachement qui, pour l'exercice d'une activité syndicale, bénéficie d'une décharge d'activité de services ou est mis à la disposition d'une organisation syndicale, est réputé conserver sa position statutaire. / II.-Le fonctionnaire qui bénéficie, depuis au moins six mois au cours d'une année civile, de l'une des mesures prévues au I et qui consacre la totalité de son service à une activité syndicale a droit, dès la première année, à l'application des règles suivantes : / (); / 3° Lorsqu'il réunit les conditions fixées par le statut particulier de son corps ou cadre d'emplois pour bénéficier d'un avancement de grade au choix, ce fonctionnaire est inscrit, de plein droit, au tableau d'avancement de grade, au vu de l'ancienneté acquise dans ce grade et de celle dont justifient en moyenne les fonctionnaires titulaires du même grade relevant de la même autorité de gestion et ayant accédé, au titre du précédent tableau d'avancement et selon la même voie, au grade supérieur. "
4. Les dispositions précitées ne prévoient qu'un avancement de grade au fonctionnaire qui consacre la totalité de son service à une activité syndicale et non un droit à la nomination dans un corps. Ainsi, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de cet article, au soutien des conclusions à fin d'annulation du tableau d'avancement dans le corps des assistants ingénieurs, doit être écarté comme inopérant.
5. En deuxième lieu, si M. CJ se prévaut de ses mérites professionnels, notamment de l'appréciation de sa valeur professionnelle, il ressort toutefois des pièces du dossier que sa candidature n'était pas assortie de précisions sur ses activités syndicales, pour laquelle il bénéficie d'une décharge à temps complet depuis le mois de septembre 2020, contrairement à un autre agent bénéficiant d'une décharge pour activité syndicale et ayant été promu. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que les mérites de M. CJ étaient manifestement supérieurs aux agents promus. Ainsi, c'est sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation des mérites comparés de M. CJ et des autres agents, que la ministre a arrêté la liste d'aptitude du 15 juin 2021 pour l'accès au corps des assistants ingénieurs au titre de l'année 2021.
6. En troisième lieu, le moyen tiré de ce que la liste en litige serait constitutive d'une rupture d'égalité n'est pas assorti des précisions nécessaires pour en apprécier le bien-fondé.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article 6 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " Aucune distinction, directe ou indirecte, ne peut être faite entre les fonctionnaires en raison de leurs opinions () syndicales (). " Aux termes du premier alinéa de l'article 4 de la loi du 27 mai 2008 portant diverses dispositions d'adaptation au droit communautaire dans le domaine de la lutte contre les discriminations : " Toute personne qui s'estime victime d'une discrimination directe ou indirecte présente devant la juridiction compétente les faits qui permettent d'en présumer l'existence. Au vu de ces éléments, il appartient à la partie défenderesse de prouver que la mesure en cause est justifiée par des éléments objectifs étrangers à toute discrimination. Le juge forme sa conviction après avoir ordonné, en cas de besoin, toutes les mesures d'instruction qu'il estime utiles (). ".
8. Le juge, lors de la contestation d'une décision dont il est soutenu qu'elle serait empreinte de discrimination au sens de la loi n° 2008-496 du 27 mai 2008, doit attendre du requérant qui s'estime lésé par une telle mesure qu'il soumette au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer une atteinte au principe de l'égalité de traitement des personnes. Il incombe alors au défendeur de produire tous ceux permettant d'établir que la décision attaquée repose sur des éléments objectifs étrangers à toute discrimination. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si la décision contestée devant lui a été ou non prise pour des motifs entachés de discrimination, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.
9. En se bornant à soutenir que le refus de le nommer dans le corps des assistants ingénieurs procède d'une discrimination en raison de son engagement syndical, M. CJ ne soumet pas au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer une atteinte au principe de l'égalité de traitement des personnes.
10. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. CJ doit être rejetée dans toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. CJ est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. AN CJ, Mme DK ER DF, M. CK BB, M. DL CC, Mme C BD, M. BS H, M. CU CD, Mme CA EL, Mme DN DJ, M. DS BE, M. CL A, Mme AH EE, Mme DV I, M. CL BF, M. CB AC, Mme T EF, Mme EN, Mme DH CZ, M. BQ BG, M. AB AE, M. F AF, Mme AD DT, M. AG CE, Mme CN DZ, Mme BP BI, M. DL AI, Mme CQ CG, Mme BZ CH, M. DG DP, Mme CX DM, Mme DI DU, M. Q EG, M. BR L, M. AO AK, M. AL CM, Mme BJ EI, M. CB DD, Mme CN EA, M. BK M, M. AG AM, M. BL O, Mme AZ EQ AP, Mme S P, Mme DR EP, Mme DC DQ, Mme CP EB, M. CU BM, Mme AZ DO, Mme AZ R, Mme AZ AQ, Mme EM X, M. J CO, Mme DA EC, Mme DI BO, M. AR D, Mme G U, M. AU AS, Mme AY ED, Mme CF AV, M. W BT, Mme BJ DW, Mme AA BU, Mme CR V, Mme CS AW, Mme DB DY, M. EH BV, Mme CI BW, M. DG B, M. K BX, Mme AJ EJ, M. E AX, M. DE CT, Mme BH CV, Mme DK CW, Mme DK BA, M. N BY, M. DX Y, Mme EO, Mme BC EK, M. BN Z, M. AT CY. et à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche.
Délibéré après l'audience du 1er février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Ho Si Fat, président,
Mme Kanté, première conseillère,
M. Hélard, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 février 2024.
Le rapporteur,
R. Hélard
Le président,
F. Ho Si Fat
La greffière,
V. Lagrède
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2226519
Le Tribunal administratif de Paris rejette la demande indemnitaire de la société Le Quasimodo Notre-Dame, qui réclamait près de 1,74 million d'euros à l'État pour les préjudices économiques liés à l'incendie de la cathédrale. La juridiction estime que la société, exploitant un restaurant à proximité, n'était pas usagère de l'ouvrage public et n'a pas subi de dommage accidentel direct causé par celui-ci. Le jugement applique les principes de la responsabilité administrative sans faute pour dommages de travaux publics, mais les écarte en l'espèce.
02/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2312358
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête d'un agent public demandant l'annulation du refus de sa nomination à un poste d'expert juridique. Le tribunal a jugé que cette décision de rejet constituait une simple mesure d'ordre intérieur, car elle ne portait pas atteinte aux droits statutaires, à la rémunération ou aux perspectives de carrière de l'agent. Par conséquent, le recours pour excès de pouvoir a été déclaré irrecevable.
02/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2313750
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête d'un gardien de la paix contestant son placement en disponibilité d'office pour raison de santé. La juridiction a jugé la requête irrecevable car elle ne contenait aucun exposé de moyens, et ce défaut n'a pas été régularisé dans les délais. La décision s'appuie sur les dispositions de l'article R. 411-1 du code de justice administrative relatives aux conditions de saisine.
02/04/2026
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Le Tribunal Administratif de Paris a examiné un recours pour excès de pouvoir visant l'annulation d'un arrêté ministériel portant tableau d'avancement à l'échelon spécial du grade de pharmacien général de santé publique. Le tribunal a annulé l'arrêté du 18 septembre 2023, considérant que l'administration avait méconnu les conditions posées par l'article 15 du décret n° 92-1432 du 30 décembre 1992, en y inscrivant des agents ne remplissant pas les critères statutaires requis pour cet avancement. Par voie de conséquence, les décisions individuelles de nomination prises sur le fondement de ce tableau sont également illégales.
02/04/2026