mardi 21 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2116311 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 3e Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | CABINET ADMINIS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 25 mai et le 28 septembre 2021, la société Yoopala Services, représentée par Me Adeline-Delvolvé, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle l'Agence de services et de paiement a rejeté sa demande tendant au bénéfice d'une aide pour l'embauche de Mme A ;
2°) d'enjoindre à l'Agence de services et de paiement de l'admettre au bénéfice de cette aide ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat les sommes de 6 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de 13 euros an application des articles L. 723-3, R. 723-26-1 et R. 723-26-2 du code de la sécurité sociale.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- l'Agence de services et de paiement ne pouvait légalement lui refuser le bénéfice de l'aide demandée au motif que le contrat de travail produit avait été signé plus de 15 jours après l'embauche de l'intéressée ;
- l'administration a commis une erreur de fait en fondant sa décision sur la caractère prétendument incomplet du dossier transmis ;
- le décret n° 2020-982 du 5 août 2020, sur lequel est fondé la décision attaquée, est lui-même illégal.
Par un mémoire en défense enregistré le 31 août 2021, l'Agence de services et de paiement conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête et, subsidiairement, à son rejet au fond.
Elle soutient que :
- la requête est tardive et, par suite, irrecevable ;
- les moyens soulevés par la société Yoopala Services ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le décret n° 2020-982 du 5 août 2020 instituant une aide à l'embauche des jeunes de moins de 26 ans ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Marthinet,
- les conclusions de Mme Ménéménis, rapporteure publique,
- et les observations de Me Bouniol, représentant la société Yoopala Services.
Considérant ce qui suit :
1. La société Yoopala Services a sollicité le bénéfice de l'aide à l'embauche instituée par le décret susvisé du 5 août 2020 pour le recrutement de Mme A. Par une décision notifiée par courriel le 5 février 2021, l'Agence de services et de paiements (ASP) a rejeté cette demande en raison du caractère incomplet du dossier transmis. Le même jour, la société Yoopala Services a communiqué à l'ASP les pièces manquantes et sollicité le réexamen de sa demande. Ce recours a été rejeté et, par un courriel du 15 mars 2021, la société Yoopala Services a demandé à l'ASP la communication des motifs de ce rejet. La société Yoopala Services doit être regardée comme demandant au tribunal l'annulation des deux décisions susmentionnées.
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".
3. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que la décision de rejet susmentionnée du 5 février 2021 était assortie des voies et délai de recours administratif et contentieux. Par un courriel du 5 février 2021, la société Yoopala Services a transmis à l'ASP une copie intégrale du contrat de travail dont l'absence avait justifié la première décision de rejet et doit ainsi être regardée comme ayant implicitement formé un recours gracieux à l'encontre de cette décision. Par un courriel du 12 mars 2021, l'ASP a accusé réception de ce contrat et informé la société requérante de ce qu'il en serait tenu compte pour l'instruction de son recours. Par une décision expresse dont la date n'est pas connue mais qui a, en tout état de cause, été notifiée le 15 mars 2021 au plus tard, l'ASP a rejeté ce recours gracieux et confirmé sa décision de rejet. Le délai de recours à l'encontre des décisions attaquées a, par suite, au plus tard expiré le 16 mai 2021. La requête de la société Yoopala Services n'a cependant été enregistrée au greffe du tribunal que le 25 mai 2021. Si la société requérante a adressé le 15 mars 2021 un nouveau courriel à l'ASP afin de connaître le motif du refus de sa demande, la transmission par l'agence le 12 avril 2021, en réponse à cette demande, du nouveau motif opposé par substitution de motifs n'est pas de nature à avoir rouvert un nouveau délai pour contester la décision initiale de refus, confirmée sur recours gracieux. L'ASP est, par suite, fondée à soutenir que cette requête a été présentée tardivement et n'est ainsi pas recevable.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de la société Yoopala Services doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Yoopala Services est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Yoopala Services et à l'Agence de services et de paiement.
Délibéré après l'audience du 6 mai 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Bailly, présidente,
- M. Marthinet, premier conseiller,
- Mme Marcus, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mai 2024.
Le rapporteur,
L. Marthinet
La présidente,
P. BaillyLa greffière,
P. Tardy-Panit
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités et au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire, en ce qui les concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2609180
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. D... C... visant à annuler le refus d'enregistrement de sa liste pour l'élection des conseillers des Français de l'étranger. Le tribunal a jugé que la déclaration de candidature, bien que déposée par courriel avant l'heure limite, n'avait été effectivement reçue et enregistrée par le consulat qu'après cette échéance, constituant ainsi un dépôt hors délai. La décision s'appuie sur les dispositions de l'article 19 de la loi n°2013-659 du 22 juillet 2013, qui fixe les conditions et délais de dépôt des candidatures.
28/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2609330
Le Tribunal administratif de Paris a rejeté la requête de Mme C... visant à annuler le refus d'enregistrement de sa liste pour l'élection des conseillers des Français de l'étranger. Le tribunal a jugé que l'ambassadeur, en situation de compétence liée par la loi du 22 juillet 2013, devait refuser le récépissé définitif car la déclaration de candidature, déposée après l'heure limite locale (18h) et incomplète, ne satisfaisait pas aux conditions impératives de l'article 19 de cette loi. Les moyens invoqués par la requérante, notamment sur la confusion horaire ou les circonstances exceptionnelles, n'ont pas été retenus comme de nature à affecter cette appréciation légale.
28/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2609315
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler le refus d'enregistrement de sa liste pour l'élection des conseillers des Français de l'étranger en Algérie. Le tribunal a jugé que le consul général, agissant en situation de compétence liée, devait légalement refuser l'enregistrement car le dossier complet et conforme a été reçu après l'heure limite de dépôt fixée à 18h par l'article 19 de la loi du 22 juillet 2013. Les moyens invoqués par le requérant, notamment une erreur matérielle dans l'envoi, n'ont pas été retenus pour faire échec à cette obligation de rejet.
28/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2609178
Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi d'un recours en plein contentieux visant l'annulation du refus d'enregistrement d'une liste candidate aux élections des conseillers des Français de l'étranger pour la circonscription de Monaco. Le tribunal a annulé la décision du chef de poste consulaire, considérant que ce dernier avait excédé son pouvoir de contrôle en vérifiant des conditions non prévues par la loi, telle que l'inscription sur la liste électorale consulaire. La décision s'appuie sur l'article 19 de la loi n°2013-659 du 22 juillet 2013, qui limite strictement les motifs de refus d'enregistrement d'une candidature.
28/03/2026