jeudi 9 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2116503 |
| Type | Décision |
| Formation | 2e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | ARVIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 juillet 2021 et un mémoire enregistré le 21 décembre 2022, M. B A, représenté par Me Arvis, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du procureur de la République adjoint du 19 avril 2021 abrogeant l'arrêté lui accordant un agrément en qualité d'inspecteur de sécurité et la décision du procureur de la République du 8 juin 2021 rejetant son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision du 19 avril 2021 est entachée d'incompétence de son auteur ;
- les décisions attaquées sont entachées d'insuffisance de motivation ;
- elles méconnaissent les droits de la défense, en l'absence de respect du principe du contradictoire et de communication à l'intéressé des pièces constituant le fondement de la décision ;
- elles sont entachées d'erreur de droit et d'erreur d'appréciation ;
- elles sont entachées d'irrégularité du fait de l'irrégularité de la décision de la maire de Paris du 11 février 2021 lui retirant son commissionnement de garde particulier, de l'arrêté du 23 février 2021 du préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris abrogeant l'arrêté du 21 août 2018 l'agréant en qualité de garde particulier et de l'arrêté du préfet de police du 7 avril 2021 abrogeant l'arrêté du 7 août 2019 portant autorisation de port d'armes.
Par un mémoire enregistré le 8 décembre 2022, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Arnaud, conseillère,
- les conclusions de Mme Belkacem, rapporteure publique,
- et les observations de Me Bourgeois, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A est un inspecteur de sécurité de la ville de Paris, affecté à la brigade d'intervention de Paris. Par une décision du 19 avril 2021, le procureur de la République adjoint a abrogé l'arrêté portant agrément de M. A en qualité d'inspecteur de sécurité, qui lui avait été délivré le 6 avril 2018. Par une décision du 8 juin 2021, le procureur de la République a rejeté le recours gracieux formé par l'intéressé contre cette décision le 17 mai 2021. M. A demande l'annulation des décisions du 19 avril 2021 et du 8 juin 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ".
3. La décision du procureur de la République adjoint du 19 avril 2021 abrogeant l'arrêté accordant à M. A un agrément en qualité d'inspecteur de sécurité, qui est notamment fondée sur la circonstance que l'intéressé a fait l'objet d'une condamnation pénale, constitue une décision prise en considération de la personne. Par suite, elle est soumise à la procédure contradictoire prévue à l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration. Il ressort des pièces du dossier que par un courrier du 8 mars 2021, M. A a été informé du fait qu'il était envisagé de lui retirer son agrément en qualité d'inspecteur de sécurité et invité par le procureur de la République adjoint à présenter ses observations dans un délai d'un mois. Il en ressort également que, si M. A a présenté des observations en réponse à ce courrier, par un courrier du 7 avril 2021, reçu au Parquet le 8 avril 2021, la décision du 19 avril 2021 mentionne l'absence d'observations de l'intéressé en réponse au courrier du 8 mars 2021 l'informant que son retrait d'agrément était envisagé. Il ressort également du courrier adressé par le procureur de la République adjoint à M. A le 28 avril 2021 que ces observations, reçues le 8 avril 2021, n'ont toutefois été portées à sa connaissance que le 26 avril 2021 et n'ont donc pas été prises en compte dans la décision du 19 avril 2021. Par suite, la décision du 19 avril 2021 est entachée d'un vice de procédure, en l'absence de respect d'une procédure contradictoire. L'absence de prise en compte de ses observations a privé l'intéressé d'une garantie consistant à pouvoir contester les raisons pour lesquelles la décision était envisagée et la décision du 19 avril 2021 doit donc être annulée, ensemble la décision du procureur de la République du 8 juin 2021, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête.
Sur les frais liés au litige :
4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à M. A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du procureur de la République adjoint du 19 avril 2021 et la décision du procureur de la République du 8 juin 2021 sont annulées.
Article 2 : L'Etat versera à M. A une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Copie en sera adressée, pour information, au procureur de la République, au préfet de la région Ile de France, préfet de Paris, au préfet de police et à la maire de Paris.
Délibéré après l'audience du 19 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Fouassier, président,
Mme Marchand, première conseillère,
Mme Arnaud, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 novembre 2023.
La rapporteure,
B. ARNAUD
Le président,
C. FOUASSIERLa greffière,
C. EL HOUSSINE
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2517378
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé l'arrêté préfectoral refusant un titre de séjour et ordonnant l'éloignement d'un ressortissant malien. La juridiction a estimé que le préfet avait commis une erreur manifeste d'appréciation en ne tenant pas suffisamment compte de l'ancienneté et de la stabilité de l'insertion professionnelle du requérant, qui justifiait une admission exceptionnelle au séjour au titre de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le tribunal a enjoint au préfet de réexaminer la situation du requérant dans un délai de quinze jours.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2519184
Le Tribunal administratif de Paris a annulé l'arrêté du préfet de police refusant un titre de séjour et imposant une obligation de quitter le territoire à M. B..., un ressortissant algérien. La juridiction a retenu que la décision était entachée d'une erreur de droit, notamment en méconnaissant l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que l'article 7 de l'accord franco-algérien, en ne tenant pas compte de la situation professionnelle ancienne et régulière du requérant. Le tribunal a enjoint au préfet de réexaminer la demande de titre de séjour dans un délai de deux mois.
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Le Tribunal administratif de Paris a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre le refus de renouvellement d'un titre de séjour, l'obligation de quitter le territoire français (OQTF) et la fixation du pays de renvoi. Le requérant invoquait notamment des vices de procédure, une incompétence de l'autorité signataire, une insuffisance de motivation et une méconnaissance de ses droits au titre de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. Le tribunal a rejeté la demande de communication du dossier médical, estimant qu'elle relevait d'une procédure distincte, et a annulé les trois décisions attaquées pour vice de procédure, en raison de l'absence de communication au requérant de l'avis médical sur lequel elles se fondaient, méconnaissant ainsi les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
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Le Tribunal Administratif de Paris a statué sur un recours en excès de pouvoir visant l'annulation d'un arrêté préfectoral refusant un titre de séjour et ordonnant la reconduite à la frontière d'un ressortissant sénégalais. La juridiction a jugé que, l'intéressé n'ayant pas obtenu la reconnaissance de la nationalité française par le tribunal judiciaire, le refus de titre de séjour était légalement fondé. Toutefois, elle a annulé la décision pour erreur de droit, considérant que le préfet n'avait pas examiné la demande à l'aune des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'accord franco-sénégalais du 23 septembre 2006, qui prévoient une admission exceptionnelle au séjour pour motifs humanitaires.
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