mercredi 6 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2116710 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | ZRARI |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête, enregistrée le 4 août 2021 sous le n° 2116710, la société à responsabilité limitée (SARL) Attest, représentée par Me Zrari, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2015 et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge sur la période du 1er janvier au 31 décembre 2015 ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
3°) de condamner l'État au paiement des intérêts moratoires.
Elle soutient que :
- la procédure est entachée d'irrégularité, dès lors que la proposition de rectification n'est pas motivée ;
- elle a été privée d'une garantie substantielle dès lors que la réponse aux observations formulées par le contribuable le 17 janvier 2019 est datée du 29 mars 2019, soit après le délai de soixante jours fixé par les dispositions de l'article L. 57 A du livre des procédures fiscales, et que cette réponse ne lui a été effectivement adressée qu'à la date du rejet de sa réclamation, soit le 10 juin 2021 ;
- la réponse aux observations du contribuable, envoyée le 29 mars 2019, aurait dû être formulée via un imprimé n° 3926 ;
- le taux de 30 % de charges déductibles retenu par l'administration est, contrairement à ce que soutient l'administration, contraire au réalisme économique ;
- l'administration aurait dû, au nom du réalisme économique, prendre en compte une taxe sur la valeur ajoutée déductible forfaitaire ;
- l'administration n'apporte pas la preuve de l'appréhension des sommes réputées distribuées à Mme A ;
- les rehaussements d'impôt sur les sociétés et les rappels de taxe sur la valeur ajoutée étant contestés, les pénalités qui lui ont été infligées sur le fondement des dispositions de l'article 1728 du code général des impôts sont infondées, et ce d'autant plus que, s'agissant de l'impôt sur les sociétés, l'administration n'a pas produit la mise en demeure sur laquelle elle se fonde pour justifier la majoration de 40 % appliquée aux rehaussements.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er février 2022, le directeur régional des finances publiques d'Île-de-France et de Paris conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 7 avril 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 6 mai 2023.
II. Par une requête, enregistrée le 4 août 2021 sous le n° 2116740, la SARL Attest, représentée par Me Zrari, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2016 et 2017 ainsi que des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge sur la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2017 ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
3°) de condamner l'État au paiement des intérêts moratoires.
Elle soutient que :
- la procédure est entachée d'irrégularité, dès lors que la proposition de rectification n'est pas motivée ;
- l'administration n'a pas répondu aux observations qu'elle a formulées sur la proposition de rectification, ce qui l'a privée d'une garantie substantielle en l'empêchant d'effectuer un recours hiérarchique, de saisir l'interlocuteur départemental ou, le cas échéant, la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires ;
- le taux de 30 % de charges déductibles retenu par l'administration est, contrairement à ce que soutient l'administration, contraire au réalisme économique ;
- l'administration aurait dû, au nom du réalisme économique, prendre en compte une taxe sur la valeur ajoutée déductible forfaitaire ;
- l'administration n'apporte pas la preuve de l'appréhension des sommes réputées distribuées à Mme A ;
- les rehaussements d'impôt sur les sociétés et les rappels de taxe sur la valeur ajoutée étant contestés, les pénalités qui lui ont été infligées sur le fondement des dispositions de l'article 1728 du code général des impôts sont infondées, et ce d'autant plus que, s'agissant de l'impôt sur les sociétés, l'administration n'a pas produit la mise en demeure sur laquelle elle se fonde pour justifier la majoration de 40 % appliquée aux rehaussements.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er février 2022, le directeur régional des finances publiques d'Île-de-France et de Paris conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 7 avril 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 6 mai 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Khansari,
- et les conclusions de Mme Belle, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL Attest exerce une activité de coursier, et notamment de dépôt des documents relatifs aux formalités dont sont chargés les membres de la profession notariale. Cette société a fait l'objet d'une vérification de comptabilité du 6 décembre 2018 au 8 février 2019, sur la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2017. Le vérificateur a dressé un PV de défaut de présentation de la comptabilité le 8 février 2019 pour les trois exercices concernés. À l'issue de ce contrôle, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée et des rehaussements des résultats imposables à l'impôt sur les sociétés lui ont été notifiés par deux propositions de rectification du 17 décembre 2018 et du 7 mai 2019 suivant la procédure de taxation d'office, conformément aux dispositions du 3° de l'article 66 du livre des procédures fiscales s'agissant de la taxe sur la valeur ajoutée et à celles du 2° du même article s'agissant de l'impôt sur les sociétés. Par deux requêtes, enregistrées sous les n° 2116710 et 2116740, la SARL Attest demande au tribunal de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2015, 2016 et 2017 ainsi que des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge sur la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2017.
Sur la jonction :
2. Les requêtes n° 2116710 et 2116740 concernent la situation de la même société et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.
Sur la régularité des procédures :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 76 du livre des procédures fiscales : " Les bases ou éléments servant au calcul des impositions d'office et leurs modalités de détermination sont portées à la connaissance du contribuable trente jours au moins avant la mise en recouvrement des impositions. Cette notification est interruptive de prescription. Lorsque le contribuable est taxé d'office en application de l'article L. 69, à l'issue d'un examen contradictoire de sa situation fiscale personnelle, la commission des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires peut être saisie dans les conditions prévues à l'article L. 59 ".
4. Les propositions de rectification adressées à la SARL Attest les 17 décembre 2018 et 7 mai 2019 comportent la désignation des impôts concernés et des années d'imposition, ainsi que les dispositions applicables et les motifs ayant conduit l'administration à ne pas admettre les charges déductibles en litige. En outre, elles rappellent qu'en l'absence de production de justificatifs par la société requérante, la totalité des charges déclarées est rejetée et que, dans un souci de réalisme, le service a retenu un montant de charges correspondant à 30 % du chiffre d'affaires de la société. Les propositions de rectification ont ainsi mis la SARL Attest à même de contester le principe et le montant de la réintégration des charges déduites, ce qu'elle a d'ailleurs fait. La société n'est, dès lors, pas fondée à soutenir que les procédures d'imposition en litige seraient irrégulières pour défaut de motivation.
5. En second lieu, aux termes de l'article L. 57 A du livre des procédures fiscales : " I. - En cas de vérification de comptabilité ou d'examen de comptabilité d'une entreprise ou d'un contribuable exerçant une activité industrielle ou commerciale dont le chiffre d'affaires est inférieur à 1 526 000 € s'il s'agit d'entreprises dont le commerce principal est de vendre des marchandises, objets, fournitures et denrées à emporter ou à consommer sur place ou de fournir le logement, ou à 460 000 € s'il s'agit d'autres entreprises ou d'un contribuable se livrant à une activité non commerciale dont le chiffre d'affaires ou le montant annuel des recettes brutes est inférieur à 460 000 €, l'administration répond dans un délai de soixante jours à compter de la réception des observations du contribuable faisant suite à la proposition de rectification mentionnée au premier alinéa de l'article L. 57. Le défaut de notification d'une réponse dans ce délai équivaut à une acceptation des observations du contribuable. () ". Dans sa version applicable au litige, la charte des droits et obligations du contribuable vérifié dispose que : " Les procédures d'office / () Elles ne vous permettent pas de bénéficier des droits attachés à la procédure contradictoire. () Si vous avez formulé des observations sur les rectifications / Vous serez informé de la position du vérificateur par un document intitulé " réponse aux observations du contribuable " (). L'envoi de ce document n'est toutefois obligatoire que lorsque la procédure de rectification contradictoire a été utilisée ". Enfin, aux termes du 4° de l'article L. 56 du livre des procédures fiscales : " La procédure de rectification contradictoire n'est pas applicable () dans les cas de taxation ou d'évaluation d'office des bases d'imposition ".
6. La SARL Attest a fait l'objet de procédures de taxation d'office. Dans la mesure où elle ne conteste pas la régularité des procédures suivies, elle ne saurait utilement se prévaloir des dispositions précitées de l'article L. 57 A du livre des procédures fiscales et de la charte des droits et obligations du contribuable vérifié, qui ne s'appliquent qu'en cas de procédure contradictoire. Au demeurant, s'agissant de la requête enregistrée sous le n° 2116740 et, en tout état de cause, l'administration a effectivement répondu aux observations qu'elle a formulées le 7 juin 2019, par un courrier du 2 juillet 2019.
Sur le bien-fondé des impositions :
7. Aux termes de l'article L. 193 du livre des procédures fiscales : " Dans tous les cas où une imposition a été établie d'office la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l'imposition ".
8. En premier lieu, dans un souci de réalisme économique, l'administration a retenu, alors qu'elle n'y était nullement tenue, un montant de charges correspondant à 30 % du chiffre d'affaires de la société. La SARL Attest, qui supporte la charge de la preuve, ne produit aucun élément pour justifier d'un taux de charges supérieur en se bornant à se référer à ses comptes de résultats au titre des années 2015 et 2016, qu'elle n'a au demeurant pas transmis au vérificateur pendant les opérations de contrôle. Elle n'est donc pas fondée à contester le taux retenu par l'administration.
9. En deuxième lieu, aux termes de l'article 271 du code général des impôts : " I. - 1. La taxe sur la valeur ajoutée qui a grevé les éléments du prix d'une opération imposable est déductible de la taxe sur la valeur ajoutée applicable à cette opération. / 2. Le droit à déduction prend naissance lorsque la taxe déductible devient exigible chez le redevable. () / II. - 1. Dans la mesure où les biens et les services sont utilisés pour les besoins de leurs opérations imposables, et à la condition que ces opérations ouvrent droit à déduction, la taxe dont les redevables peuvent opérer la déduction est, selon le cas : / a) Celle qui figure sur les factures établies conformément aux dispositions de l'article 289 et si la taxe pouvait légalement figurer sur lesdites factures ; () / 2. La déduction ne peut pas être opérée si les redevables ne sont pas en possession soit desdites factures, soit de la déclaration d'importation sur laquelle ils sont désignés comme destinataires réels ".
10. Il résulte de ces dispositions, interprétées à la lumière, notamment, de l'arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne du 21 novembre 2018, Lucretiu Hadrian Vadan c/ Agentia Nationala de Administrare Fiscala, C-664/16, aux termes duquel, s'il ressort de l'article 178, sous a), de la directive 2006/112/CE du Conseil du 28 novembre 2006, relative au système commun de taxe sur la valeur ajoutée, en ce qui concerne les conditions formelles du droit à déduction, que l'exercice de ce droit est subordonné à la détention d'une facture établie conformément à l'article 226 de cette directive, le principe fondamental de neutralité de la taxe sur la valeur ajoutée exige que la déduction de celle-ci en amont soit accordée si les conditions matérielles sont satisfaites, même si certaines conditions formelles ont été omises par les assujettis, lorsque l'administration fiscale dispose de toutes les données pour vérifier que les conditions de fond relatives à ce droit sont satisfaites. Il incombe ainsi à l'assujetti de fournir des preuves objectives que des biens et des services lui ont effectivement été fournis en amont par des assujettis, pour les besoins de ses propres opérations soumises à la taxe sur la valeur ajoutée, et à l'égard desquels il s'est effectivement acquitté de la taxe sur la valeur ajoutée.
11. Il résulte de l'instruction qu'en l'absence de présentation de factures par la société requérante, l'administration n'a retenu aucune taxe sur la valeur ajoutée déductible au titre des années en litige. La société Attest fait valoir que cette circonstance ne suffit pas à remettre en cause son droit à déduction et que le réalisme économique et l'existence manifeste d'achats assujettis à la taxe sur la valeur ajoutée par la société doivent conduire l'administration à retenir une taxe sur la valeur ajoutée déductible forfaitaire. Toutefois, elle n'apporte, devant le juge, aucune pièce justificative de nature à établir, ainsi qu'il lui incombe, que des biens et des services lui ont effectivement été fournis en amont par des assujettis, pour les besoins de ses propres opérations soumises à la taxe sur la valeur ajoutée, et à l'égard desquels elle s'est effectivement acquittée de la taxe sur la valeur ajoutée. Dans ces conditions, la société Attest n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que l'administration n'a retenu aucune taxe sur la valeur ajoutée déductible.
12. En dernier lieu, le moyen tiré de ce que l'administration n'apporte pas la preuve de l'appréhension des sommes réputées distribuées à Mme A est inopérant dans le cadre du présent litige, qui porte sur les impositions supplémentaires mises à la charge de la SARL Attest.
Sur les pénalités :
13. Aux termes de l'article 1728 du code général des impôts : " 1. Le défaut de production dans les délais prescrits d'une déclaration ou d'un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt entraîne l'application, sur le montant des droits mis à la charge du contribuable ou résultant de la déclaration ou de l'acte déposé tardivement, d'une majoration de : / a. 10 % en l'absence de mise en demeure ou en cas de dépôt de la déclaration ou de l'acte dans les trente jours suivant la réception d'une mise en demeure, notifiée par pli recommandé, d'avoir à le produire dans ce délai ; / b. 40 % lorsque la déclaration ou l'acte n'a pas été déposé dans les trente jours suivant la réception d'une mise en demeure, notifiée par pli recommandé, d'avoir à le produire dans ce délai () ".
14. La société requérante soutient que les rehaussements d'impôt sur les sociétés et les rappels de taxe sur la valeur ajoutée étant contestés, les pénalités qui lui ont été infligées sur le fondement des dispositions de l'article 1728 du code général des impôts sont infondées, et ce d'autant plus que, s'agissant de l'impôt sur les sociétés, l'administration n'a pas produit la mise en demeure sur laquelle elle se fonde pour justifier la majoration de 40 % appliquée aux rehaussements. Toutefois, il résulte de l'instruction que les mises en demeure relatives aux droits rappelés en matière d'impôt sur les sociétés au titre des années 2015 à 2017 ont été produites par la requérante elle-même, qui les a donc effectivement reçues. Le moyen manque en fait et doit être écarté.
Sur les intérêts moratoires :
15. Aux termes de l'article L. 208 du livre des procédures fiscales : " Quand l'Etat est condamné à un dégrèvement d'impôt par un tribunal ou quand un dégrèvement est prononcé par l'administration à la suite d'une réclamation tendant à la réparation d'une erreur commise dans l'assiette ou le calcul des impositions, les sommes déjà perçues sont remboursées au contribuable et donnent lieu au paiement d'intérêts moratoires () ".
16. Les conclusions tendant au versement par l'État d'intérêts moratoires sont irrecevables dès lors qu'il n'existe aucun litige né et actuel entre le comptable et la requérante concernant les intérêts mentionnés à l'article L. 208 du livre des procédures fiscales. Par suite, ces conclusions doivent être rejetées.
17. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes de la SARL Attest doivent être rejetées, en toutes leurs conclusions.
D E C I D E:
Article 1er : Les requêtes de la SARL Attest sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Attest et au directeur régional des finances publiques d'Île-de-France et de Paris.
Délibéré après l'audience du 22 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Vidal, présidente,
Mme Grossholz, première conseillère,
M. Khansari, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2023.
Le rapporteur,
A. KHANSARI
La présidente,
S. VIDAL La greffière,
S. RUBIRALTA
La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé des comptes publics, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2,2116740/1-1
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2503570
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler le refus de renouvellement de sa carte de résident. La juridiction a estimé que le préfet de police de Paris, en se fondant sur une condamnation pénale, n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en considérant que l'intéressé constituait une menace pour l'ordre public. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment l'article L. 432-4, et a examiné le respect de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2424420
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la demande de décharge de cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu pour les années 2015 et 2016. Le requérant contestait la régularité de la proposition de rectification, notamment son caractère suffisamment motivé et son aptitude à interrompre le délai de reprise. Le tribunal a jugé que la proposition, notifiée après l'ouverture d'une procédure de retrait d'agrément, était régulière et a valablement interrompu le délai de reprise, conformément aux articles L. 57 du livre des procédures fiscales et 1649 nonies A du code général des impôts.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2517132
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé l'arrêté du préfet de police du 17 juin 2025 ordonnant l'éloignement de M. A..., un ressortissant algérien. La juridiction a retenu que l'administration n'avait pas procédé à un examen sérieux de la situation familiale du requérant, notamment de ses liens avec sa fille née en France, ce qui constitue une erreur de droit. Le tribunal a enjoint au préfet de délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer la situation dans un délai de trois mois, en application de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2416373
Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi d'un recours pour excès de pouvoir contre une décision implicite de refus de titre de séjour. Le requérant, un ressortissant malien, contestait ce refus intervenu sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers. Le tribunal a annulé la décision implicite pour défaut de motivation, l'administration n'ayant pas répondu à la demande de communication des motifs formulée sur le fondement de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration. Il a enjoint au préfet de réexaminer la demande dans un délai d'un mois.
01/04/2026