LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2117582

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2117582

jeudi 2 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2117582
TypeDécision
Formation4e Section - 1re Chambre
Avocat requérantCABINET CHESNEAU, FISCHEL (AARPI)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 août 2021, la société Trade Air, représentée par Me Chesneau, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision n°21-208 en date du 4 mai 2021 par laquelle l'autorité de contrôle des nuisances aéroportuaires (ACNUSA) a prononcé à son encontre une amende de 16 000 euros pour le manquement référencé n°1906CDG7561 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.

Elle soutient que :

- l'ACNUSA n'est pas compétente pour statuer sur le manquement constaté ;

- elle n'a pas été régulièrement convoquée devant le collège des sanctions de l'ACNUSA ;

- le manquement n'est pas constitué.

Par un mémoire en défense enregistré le 3 février 2023, l'autorité de contrôle des nuisances aéroportuaires, représentée par la SCP Lyon-Caen et Thiriez, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la société requérante une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par la société Trade Air ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 23 février 2023, la clôture d'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 15 avril 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'aviation civile ;

- le code des transports ;

- l'arrêté ministériel du 6 novembre 2003 modifié portant interdiction entre 0 heure et 4h59 des décollages d'aéronefs non programmés pendant ladite période horaire sur l'aérodrome de Paris - Charles-de-Gaulle (CDG) ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme B,

- les conclusions de M. Grandillon, rapporteur public,

- et les observations de Me Sarrazin, représentant l'ACNUSA.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision n°21-208 en date du 4 mai 2021, l'ACNUSA a infligé à la société Trade Air une amende administrative d'un montant de 16 000 euros pour violation de l'article 1er de l'arrêté ministériel du 6 novembre 2003 modifié portant interdiction entre 0 heure et 4h59 des décollages d'aéronefs non programmés pendant ladite période horaire sur l'aérodrome de Paris - Charles-de-Gaulle (CDG).

Sur la régularité de la sanction :

2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 160-1 du code de l'aviation civile : " I. Le ministre chargé de l'aviation civile peut prononcer une amende administrative à l'encontre d'un transporteur aérien ou de tout autre exploitant d'aéronef civil qui :1° Procède sur un aéroport coordonné, en violation de l'article R. 132-4 :-à un atterrissage ou à un décollage sans disposer du créneau horaire correspondant ; / -à des atterrissages ou à des décollages, de façon répétée et intentionnelle, à des horaires significativement différents des créneaux horaires qui lui ont été attribués à cet effet par le coordonnateur de l'aéroport ou en utilisant des créneaux horaires d'une manière significativement différente de celle indiquée au moment de l'attribution (). / Le ministre chargé de l'aviation civile fixe le montant de l'amende en tenant compte du type et de la gravité des manquements constatés et, éventuellement, des avantages qui en sont retirés. Ce montant ne peut excéder, par manquement constaté, 1 500 euros pour une personne physique et 7 500 euros pour une personne morale. Ces plafonds sont doublés en cas de nouveau manquement commis dans un délai d'un an à compter du jour où la sanction administrative infligée au titre d'un précédent manquement de même nature est devenue définitive. Pour l'application du présent alinéa, le manquement constaté s'entend par vol ".

3. Aux termes de l'article L. 6361-12 du code des transports : "'L'Autorité de contrôle des nuisances aéroportuaires prononce une amende administrative à l'encontre : / 1° De la personne exerçant une activité de transport aérien public au sens de l'article L. 6412-1 () / ne respectant pas les mesures prises par l'autorité administrative sur un aérodrome fixant () : / b) Des restrictions permanentes ou temporaires apportées à l'exercice de certaines activités en raison des nuisances environnementales qu'elles occasionnent ; / c) Des procédures particulières de décollage ou d'atterrissage en vue de limiter les nuisances environnementales engendrées par ces phases de vol ()'". Aux termes de l'article L. 6361-13 du même code : " Les amendes administratives mentionnées à l'article L. 6361-12 ne peuvent excéder, par manquement constaté, un montant de 1 500 € pour une personne physique et de 20 000 € pour une personne morale. S'agissant des personnes morales, ce montant maximal est porté à 40 000 € lorsque le manquement concerne : 1° Les restrictions permanentes ou temporaires d'usage de certains types d'aéronefs en fonction de leurs émissions atmosphériques polluantes ou de la classification acoustique ; 2° Les mesures de restriction des vols de nuit. / () ".

4. Les dispositions précitées, et plus précisément le b) de l'article L. 6361-12 du code des transports, donnent compétence à l'ACNUSA pour prononcer une sanction en cas de méconnaissance des restrictions permanentes en raison des nuisances environnementales occasionnées par l'activité d'aéronefs. La décision contestée, ainsi qu'il a été dit au point 1, sanctionne la méconnaissance des dispositions de l'article 1er de l'arrêté du 6 novembre 2003 modifié portant interdiction entre 0 heure et 5 heures des décollages d'aéronefs non programmés pendant ladite période horaire sur l'aérodrome de Paris - Charles-de-Gaulle, dont l'objet est de " réduire les nuisances sonores ". Il résulte de l'instruction et, notamment, du procès-verbal de manquement du 7 août 2019 que l'aéronef de la société Trade Air a effectué un départ de nuit le 6 juin 2019 à 00 heures 21, durant la plage horaire objet des restrictions dudit arrêté, sans avoir obtenu d'autorisation. Le manquement dénoncé constitue bien une violation des règles posées par cet arrêté. Par suite, la circonstance que l'article R. 160-1 du code de l'aviation civile donne compétence au ministre chargé de l'aviation civile pour sanctionner les atterrissages et décollages sans créneau ne saurait avoir pour effet de priver l'ACNUSA de la compétence qu'elle tient de la loi. Le moyen tiré de l'incompétence de cette autorité doit donc être écarté.

5. En second lieu, aux termes de l'article L. 6361-14 du code des transports : " Les fonctionnaires et agents mentionnés à l'article L. 6142-1 constatent les manquements aux mesures définies à l'article L. 6361-12. Ces manquements font l'objet de procès-verbaux qui, ainsi que le montant de l'amende encourue, sont notifiés à la personne concernée et communiqués à l'autorité. () / () Après s'être assuré que le dossier d'instruction est complet, le rapporteur permanent le notifie à la personne concernée et l'invite à présenter ses observations écrites dans un délai d'un mois, par tout moyen, y compris par voie électronique () / L'autorité convoque la personne concernée et la met en mesure de se présenter devant elle, ou de se faire représenter, un mois au moins avant la délibération. Elle délibère valablement dans le cas où la personne concernée néglige de comparaître ou de se faire représenter. / () ". Aux termes de l'article R. 227-1 du code de l'aviation civile : " A compter de la notification, prévue à l'article L. 6361-14 du code des transports, du procès-verbal, à l'occasion de laquelle sont notifiés les griefs retenus et indiqués les textes fondant les poursuites et le montant de l'amende encourue, la personne concernée dispose d'un délai d'un mois pour présenter par écrit ses observations à l'autorité. () ". Enfin, aux termes de l'article R. 227-2 du même code : " Lorsqu'il estime le dossier d'instruction complet, le rapporteur permanent le notifie à la personne concernée en lui rappelant les faits reprochés, leur qualification, les textes applicables à ces faits et l'amende encourue, et en l'invitant à présenter ses observations dans un délai d'un mois. Il l'informe en outre des conditions dans lesquelles l'instruction sera close et des conséquences de cette clôture. () ".

6. D'une part, si la société Trade Air soutient qu'elle n'a pas été régulièrement convoquée à la séance du 4 mai 2021, il résulte de l'instruction qu'elle a été informée par une lettre recommandée avec accusé de réception en date du 30 mars 2021, reçue le 7 avril suivant, de la tenue de la séance du 4 mai 2021, du lieu où se tiendrait cette séance, de l'heure à laquelle les affaires la concernant seraient examinées et des conditions dans lesquelles elle pouvait y assister. Par suite, le moyen doit être écarté.

7. D'autre part, si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.

8. Si la société Trade Air établit avoir reçu seulement le 7 avril 2021 sa convocation à la séance plénière du 4 mai 2021, en méconnaissance de l'article L. 6361-14 du code des transports, il résulte toutefois de l'instruction qu'elle n'a pas demandé le report de la séance et qu'elle ne s'y est pas présentée. En outre, la société a pu présenter ses observations une première fois le 14 septembre 2020 à la suite de la réception du procès-verbal de manquement, puis une deuxième fois le 9 avril 2021 en réponse à l'instruction menée par l'agent assermenté. Dans ces conditions, la méconnaissance du délai d'un mois prévu à l'article L. 6361-14 du code des transports n'a pas privé la société Trade Air d'une garantie ni n'a pu exercer d'influence sur le sens de la décision prise par l'ACNUSA. Par suite, le moyen tiré de ce que la procédure contradictoire prévue par les dispositions applicables n'aurait pas été respectée, doit être écarté.

Sur le fond :

9. Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 6 novembre 2003 : " En vue de réduire les nuisances sonores autour de l'aérodrome de Paris-Charles-de-Gaulle, le départ d'un aéronef du point de stationnement en vue d'un décollage de cette plate-forme est interdit entre 0 heure et 4 h 59, heures locales, si ce décollage n'a pas fait l'objet de l'attribution d'un créneau horaire de départ dans ladite plage horaire le jour en question ".

10. D'une part, il résulte des dispositions précitées de l'arrêté du 6 novembre 2003 modifié que le point de stationnement est bien celui pris en compte pour constater le manquement, en cohérence avec le premier extrait annexé au procès-verbal de manquement du 7 août 2019. La circonstance que cette annexe reproduise également un extrait qui n'a pas été mis à jour est indifférente à cet égard. D'autre part, le dossier d'instruction de manquement mentionne notamment que l'aéronef a quitté le point de stationnement en vue du décollage de Paris Charles-de-Gaulle le 6 juin 2019 à 00h21 alors que le créneau horaire attribué à ce vol était fixé le 5 juin 2019 à 23h55. Or, la société requérante n'apporte aucun élément de nature à infirmer ces constatations. Dans ces conditions, elle n'est pas fondée à soutenir qu'il y aurait une incertitude sur le lieu de départ pris en compte par les agents de la DGAC de sorte que le manquement ne serait pas constitué. Le moyen doit donc être écarté.

11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de la décision n°21-208 du 4 mai 2021 de l'ACNUSA, infligeant à la société Trade Air une amende administrative d'un montant de 16 000 euros, doivent être rejetées.

Sur les frais liés à l'instance :

12. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement d'une somme au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société Trade Air le versement à l'ACNUSA d'une somme de 1 500 euros au même titre.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de société Trade Air est rejetée.

Article 2 : La société Trade Air versera à l'ACNUSA la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Trade Air et à l'Autorité de contrôle des nuisances aéroportuaires.

Délibéré après l'audience du 12 octobre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Anne Seulin, présidente-rapporteure,

M. A C, premier-conseiller,

M. Arnaud Blusseau, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 novembre 2023.

La présidente-rapporteure,

A. B

L'assesseur le plus ancien,

G. CLa greffière,

L. Thomas

La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé des transports, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2117582/4-1

Décisions similaires

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2320047

Le Tribunal administratif de Paris a rejeté la requête de la SCI Janus visant à annuler un arrêté de sursis à statuer opposé par la maire de Paris à une déclaration préalable pour un changement de destination de locaux en hébergement touristique. La juridiction a jugé que le sursis à statuer, fondé sur l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme, était légal car le projet était susceptible de compromettre l'exécution du futur plan local d'urbanisme (PLU) en cours d'élaboration. Les moyens soulevés, notamment l'incompétence, le vice de procédure et l'erreur de droit, ont été écartés.

19/02/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2320316

Le Tribunal Administratif de Paris a été saisi par une association d'un recours pour excès de pouvoir visant à annuler un arrêté municipal de mise en demeure avec astreinte, concernant des travaux réalisés sans autorisation d'urbanisme. Le tribunal a rejeté la requête de l'association, considérant que la motivation de l'arrêté attaqué était suffisante et que la procédure suivie, notamment l'établissement d'un procès-verbal d'infraction, était régulière. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'urbanisme, en particulier celles relatives aux mises en demeure et aux astreintes.

19/02/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2520263

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. A... visant à annuler l'arrêté préfectoral refusant le renouvellement de son titre de séjour et ordonnant son éloignement. Le tribunal a jugé que la décision était suffisamment motivée et que le préfet avait procédé à un examen approfondi de la situation personnelle de l'intéressé, notamment au regard de son état de santé et de son intégration. Les textes appliqués incluent le code des relations entre le public et l'administration et le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

19/02/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2527910

Le Tribunal administratif de Paris a annulé un arrêté préfectoral refusant le renouvellement du titre de séjour d'une ressortissante tunisienne et lui enjoignant de quitter le territoire. La juridiction a jugé que le préfet avait commis une erreur de droit en appliquant le code de l'entrée et du séjour des étrangers, alors que la situation de l'intéressée, épouse d'un Français, devait être examinée exclusivement au regard des dispositions de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988. Le tribunal a enjoint au préfet de réexaminer sa demande dans un délai de trois mois et a condamné l'État à lui verser 1 200 euros au titre des frais exposés.

19/02/2026

← Retour aux décisions