vendredi 15 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2118466 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET ANDRÉ HOIN & PARTENAIRES (SELAS) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 27 août 2021, les 26 juillet, 20 octobre et 9 décembre 2022 et le 9 février 2023, M. B A et Mme C A, représentés par Me Houin, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée et des impositions supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquels ils ont été assujettis au titre des années 2014 et 2015 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 15 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. et Mme A soutiennent que :
-l'administration a méconnu l'article L. 47 du livre des procédures fiscales dès lors qu'aucun avis d'examen de leur situation fiscale personnelle ne leur a été adressé ;
-ils n'ont pas bénéficié d'un débat oral et contradictoire ;
-il n'est pas établi que le droit de communication aurait été exercé par un agent compétent ;
-l'avis de la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires n'a pas été notifié à son conseil dans le cabinet duquel ils ont élu domicile ;
-la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires n'a pas respecté le délai de trente jours mentionné à l'article R. 60-1 du livre des procédures fiscales ;
-c'est à tort que l'administration a refusé de faire droit à leur demande de prolongation du délai de 30 jours pour répondre aux propositions de rectification ;
-ils justifient des versements apparaissant sur leurs comptes bancaires et sur leurs comptes courants d'associés auprès de la société C Cook Prod contestés par l'administration ;
-la proposition de rectification n'est pas suffisamment motivée ;
-M. A n'a pas exercé d'activité occulte d'exploitation de marque ;
-les montants des redevances retenus par l'administration sont erronés puisqu'ils ne correspondent pas au 5 % du chiffre d'affaires du club comme stipulé à l'article 4 du contrat de cession de redevance de marque du 1er octobre 2013 ;
-les revenus tirés de la concession de marque ne sont pas taxables à la taxe sur la valeur ajoutée ;
-ces revenus peuvent bénéficier de la franchise de taxe sur la valeur ajoutée prévue par l'article 293 B du code général des impôts, le chiffre d'affaires de l'année précédente n'excédant pas 34 900 euros ;
-les pénalités de 80 % pour découverte d'une activité occulte ne sont pas motivées ni justifiées ;
-ils prennent acte du dégrèvement accordé par l'administration en ce qui concerne les revenus réputés distribués.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 31 mars, 30 septembre et 7 novembre 2022 et les 10 janvier et 13 février 2023, l'administrateur général des finances publiques de la direction spécialisée de contrôle fiscal Ile-de-France conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
-un dégrèvement de 8 801 euros a été accordé en cours d'instance ;
-aucun moyen de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
-le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
-le rapport de Mme Dousset,
-et les conclusions de M. Guiader, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. A l'issue de la vérification de comptabilité de la société C Cook Prod, société détenue par M. et Mme A, pour la période du 1er octobre 2012 au 30 septembre 2015, le service a notifié à M. A, par une proposition de rectification du 11 juillet 2017 des rappels de taxe sur la valeur ajoutée et des redressements en matière de bénéfices industriels et commerciaux. En outre, M. et Mme A ont fait l'objet d'un examen contradictoire de leur situation fiscale pour les années 2014 et 2015. Par une proposition de rectification du 11 juillet 2017, le service leur a notifié des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux ainsi que des pénalités. M. et Mme A demandent la décharge, en droits et pénalités, de l'ensemble des impositions mises en recouvrement les 17 avril et 31 octobre 2018.
Sur l'étendue du litige :
2. Par une décision du 29 mars 2022 postérieure à l'enregistrement de la requête, l'administration fiscale a accordé à M. et Mme A un dégrèvement de 8 801 euros concernant les redressements correspondants aux revenus réputés distribués. Par suite, les conclusions de la requête sont devenues, à cette hauteur, sans objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur la régularité de la procédure de redressement liée à l'examen contradictoire de la situation fiscale personnelle de M. et Mme A :
3. Aux termes de l'article R. 60-3 du livre des procédures fiscales : " L'avis ou la décision de la commission des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires prévue à l'article 1651 du code général des impôts () est notifié au contribuable par l'administration des impôts ". En outre, le premier alinéa de l'article 6 de la loi du 31 décembre 1971 portant réforme de certaines professions judiciaires et juridiques dispose que : " Les avocats peuvent assister et représenter autrui devant les administrations publiques, sous réserve des dispositions législatives et réglementaires. ".
4. Il résulte de ces dispositions, d'une part, que dans tous les cas où la loi a prévu la saisine de la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires, l'administration ne peut mettre régulièrement en recouvrement une imposition sur laquelle un avis a été émis par la commission sans qu'au préalable cet avis ait effectivement été notifié par ses soins au contribuable et, d'autre part, et alors qu'aucune disposition législative ou réglementaire applicable au déroulement de la procédure d'imposition n'y fait obstacle, que les avocats ont qualité pour représenter leurs clients devant les administrations publiques.
5. Il résulte de l'instruction que par un courrier du 25 septembre 2017, reçu par le service le 27 septembre suivant, Me Houin a indiqué que les requérants élisaient domicile à son cabinet et que l'administration a pris acte de cette élection de domicile dans la réponse aux observations du contribuable du 9 octobre 2017 qui a été adressé à Me Houin et qui mentionne cette élection de domicile à titre liminaire. Il est constant que l'avis de la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires qui s'est réunie le 29 juin 2018, suite à une demande présentée par Me Houin pour les requérants le 27 novembre 2017, a été notifié au domicile personnel des requérants à Paris et que le pli, présenté le 2 juillet 2018, a été retourné au service avec la mention " pli avis et non réclamé ". Il est également constant que l'avis n'a pas été adressé à Me Houin. Ainsi, l'administration a entaché la procédure d'imposition concernant les redressements qui ont fait l'objet de la saisine de la commission, à savoir ceux issus de l'examen contradictoire de la situation fiscale des intéressés, d'une irrégularité substantielle. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête dirigés contre ces redressements, M. et Mme A doivent être déchargés, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu mises à leur charge dans le cadre de cette procédure ainsi que des prélèvements sociaux correspondants.
Sur la régularité de la procédure liée aux redressements concernant l'exploitation de la marque Pink Paradise :
6. Aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. ". Il résulte de ces dispositions que, pour être régulière, une proposition de rectification doit comporter la désignation de l'impôt concerné, de l'année d'imposition et de la base d'imposition, et énoncer les motifs sur lesquels l'administration entend se fonder pour justifier les rectifications envisagées, de façon à permettre au contribuable de formuler ses observations de façon entièrement utile. En revanche, sa régularité ne dépend pas du bien-fondé de ces motifs.
7. La proposition de rectification du 11 juillet 2017 précise les règles de droit applicables, les impôts concernés, les années d'imposition ainsi que les motifs de fait sur lesquels l'administration s'est fondée avec suffisamment de précision pour permettre à M. et Mme A de présenter utilement leurs observations. S'agissant plus particulièrement de la taxe sur la valeur ajoutée, la proposition de rectification rappelle le régime applicable, les obligations déclaratives, la base et le taux d'imposition et précise pour quels motifs l'activité exercée par M. A était soumise à la taxe sur la valeur ajoutée et ne pouvait bénéficier de la franchise prévue à l'article 293 B du code général des impôts. En outre, s'agissant du montant des redevances de concession de marque, la proposition de rectification n'avait pas à préciser pour quel motif l'administration a retenu les sommes inscrites en comptabilité par la société plutôt que des montants correspondant au taux 5 % figurant dans contrat de cession de redevance de marque signé par M. A et la société C Cook Prod. Dans ces conditions, la proposition de rectification étant suffisamment motivée, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales doit être écarté.
Sur le bien-fondé des impositions liées à l'exploitation de la marque Pink Paradise :
En ce qui concerne l'exercice d'une activité occulte :
8. Aux termes de l'article 92 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme provenant de l'exercice d'une profession non commerciale ou comme revenus assimilés aux bénéfices non commerciaux, les bénéfices des professions libérales, des charges et offices dont les titulaires n'ont pas la qualité de commerçants et de toutes occupations, exploitations lucratives et sources de profits ne se rattachant pas à une autre catégorie de bénéfices ou de revenus () ". En outre, aux termes de l'article L. 68 du livre des procédures fiscales, dans sa rédaction alors applicable : " La procédure de taxation d'office prévue aux 2° et 5° de l'article L. 66 n'est applicable que si le contribuable n'a pas régularisé sa situation dans les trente jours de la notification d'une mise en demeure. / Toutefois, il n'y a pas lieu de procéder à cette mise en demeure : / () 3° Si le contribuable s'est livré à une activité occulte, au sens du troisième alinéa de l'article L. 169 ; () ". Enfin, aux termes du deuxième alinéa de l'article L. 169 du même livre : " L'activité occulte est réputée exercée lorsque le contribuable ou la personne morale mentionnée à la première phrase du présent alinéa n'a pas déposé dans le délai légal les déclarations qu'il était tenu de souscrire et soit n'a pas fait connaître son activité à un centre de formalités des entreprises ou au greffe du tribunal de commerce, soit s'est livré à une activité illicite ".
9. Il résulte de l'instruction que lors de la vérification de comptabilité de la société C Cook Prod, le service a constaté que cette dernière avait inscrit en charges des redevances de marque de 120 000 euros en 2014 et de 80 000 euros en 2015 et que les mêmes sommes avaient été portées au crédit du compte courant d'associé de M. A. La société a indiqué que ces sommes correspondaient à une redevance de marque versée à l'intéressé en rémunération de l'exploitation de la marque Pink Paradise, dont il est propriétaire, par les sociétés Angel Prod puis, à compter du 1er octobre 2014, Ponthieu 36, en vertu d'un contrat de cession de redevance de marque du 1er octobre 2013 modifié par un avenant du 1er octobre 2014. Comme le fait valoir l'administration, en concédant la marque dont il est propriétaire, M. A doit être regardé comme ayant réalisé une activité professionnelle rémunérée par le versement de redevances par la société C Cook Prod et non comme ayant simplement bénéficié de revenus de son patrimoine privé. Il est constant que M. A n'a pas fait connaître cette activité à un centre de formalité des entreprises et qu'il n'a pas déposé de déclaration correspondant à cette activité. Dans ces conditions, c'est à bon droit que l'administration a estimé qu'il s'agissait d'une activité occulte au sens de l'article L. 169 du livre des procédures fiscales.
En ce qui concerne la taxe sur la valeur ajoutée :
10. Aux termes de l'article 256 du code général des impôts : " I. Sont soumises à la taxe sur la valeur ajoutée les livraisons de biens et les prestations de services effectuées à titre onéreux par un assujetti agissant en tant que tel. () IV. 1° Les opérations autres que celles qui sont définies au II, notamment la cession ou la concession de biens meubles incorporels, le fait de s'obliger à ne pas faire ou à tolérer un acte ou une situation, les opérations de façon, les travaux immobiliers et l'exécution des obligations du fiduciaire, sont considérés comme des prestations de services () ". Aux termes de l'article 256 A du même code : " Sont assujetties à la taxe sur la valeur ajoutée les personnes qui effectuent de manière indépendante une des activités économiques mentionnées au cinquième alinéa, quels que soient le statut juridique de ces personnes, leur situation au regard des autres impôts et la forme ou la nature de leur intervention. () Les activités économiques visées au premier alinéa se définissent comme toutes les activités extractives, agricoles et celles des professions libérales ou assimilées. Est notamment considérée comme activité économique une opération comportant l'exploitation d'un bien meuble corporel ou incorporel en vue d'en retirer des recettes ayant un caractère de permanence ". En outre, aux termes de l'article 293 B dudit code : " I. - Pour leurs livraisons de biens et leurs prestations de services, les assujettis établis en France, à l'exclusion des redevables qui exercent une activité occulte au sens du deuxième alinéa de l'article L. 169 du livre des procédures fiscales, bénéficient d'une franchise qui les dispense du paiement de la taxe sur la valeur ajoutée, lorsqu'ils n'ont pas réalisé : () 2° Et un chiffre d'affaires afférent à des prestations de services, hors ventes à consommer sur place et prestations d'hébergement, supérieur à : a) 32 900 € l'année civile précédente ; / b) Ou 34 900 € l'année civile précédente, lorsque la pénultième année il n'a pas excédé le montant mentionné au a. () ".
11. En concédant la marque Pink Paradise à la société C Cook Prod, M. A doit être regardé comme ayant réalisé une prestation de service au profit de cette société. Par suite, c'est à bon droit que l'administration a soumis les sommes tirées de cette activité à la taxe sur la valeur ajoutée. M. et Mme A soutiennent qu'ils auraient dû bénéficier de la franchise de taxe sur la valeur ajoutée prévue à l'article 293 B eu égard au montant du chiffre d'affaires de l'année précédente, qui n'excédait pas 34 900 euros. Toutefois, ainsi que le précise le I de cet article, le bénéfice du régime de franchise est exclu pour les redevables qui exercent une activité occulte, ce qui, ainsi qu'il a été dit, était le cas pour M. A au titre des années en litige. Par suite, M. et Mme A ne peuvent se prévaloir de la franchise prévue par l'article 293 B.
En ce qui concerne les bénéfices non commerciaux :
12. D'une part, aux termes de l'article 34 du code général des impôts : " Sont considérés comme bénéfices industriels et commerciaux, pour l'application de l'impôt sur le revenu, les bénéfices réalisés par des personnes physiques et provenant de l'exercice d'une profession commerciale, industrielle ou artisanale. ". Il résulte, par ailleurs, des dispositions combinées des articles 12 et 156 du code général des impôts que les sommes à retenir, au titre d'une année déterminée, pour l'assiette de l'impôt sur le revenu, sont celles qui, au cours de ladite année, ont été mises à la disposition du contribuable, soit par voie de paiement, soit par voie d'inscription à un compte courant sur lequel l'intéressé a opéré, ou aurait pu, en droit ou en fait, opérer un prélèvement au plus tard le 31 décembre.
13. D'autre part, les sommes inscrites au crédit d'un compte courant d'associé sont, sauf preuve contraire apportée par le titulaire du compte, regardées comme des revenus disponibles pour ce dernier.
14. Les redevances tirées de la concession d'une marque relèvent des bénéfices industriels et commerciaux. Par suite, c'est à bon droit que l'administration a taxé les sommes identifiées en comptabilité par la société C Cook Prod comme des redevances versées à M. A entre les mains des requérants sur le fondement de l'article 34 du code général des impôts. M. et Mme A soutiennent que les sommes portées en comptabilité par la société C Cook Prod sont erronées dès lors qu'elles représentent plus de 5 % du chiffre d'affaires hors taxe du club Pink Paradise, montant des redevances prévu par l'article 4 du contrat de cession de redevance de marque. Toutefois, l'administration a pris en compte les écritures comptables de la société, qui avait inscrit les sommes de 120 000 euros au titre de l'exercice clos en 2014 et de 80 000 euros au titre de l'exercice clos en 2015 au compte 65110000, qui correspond à un compte de redevances, et qui avait inscrit au titre de ces deux exercices les mêmes sommes au crédit du compte courant d'associé ouvert au nom de M. A avec les libellés " B A redevance Pink " pour 2014 et " redevance 2015 marque Pink " pour 2015. L'administration était fondée, en vertu des principes rappelés aux points 12 et 13, à retenir ces sommes qui, étant inscrites au compte courant d'associé de l'intéressé, étaient réputées avoir été mises à disposition de ce dernier au titre des deux années en litige. M. et Mme A, sur qui la charge de la preuve repose en raison de l'application de la procédure de taxation d'office, ne démontrent pas que M. A ne pouvait être regardé comme ayant appréhendé les sommes en litige.
Sur les pénalités :
15. Aux termes de l'article 1728 du code général des impôts : " 1. 'Le défaut de production dans les délais prescrits d'une déclaration ou d'un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt entraîne l'application, sur le montant des droits mis à la charge du contribuable ou résultant de la déclaration ou de l'acte déposé tardivement, d'une majoration de : () c. 80'% en cas de découverte d'une activité occulte () ". Il résulte de ces dispositions que, dans le cas où un contribuable n'a ni déposé dans le délai légal les déclarations qu'il était tenu de souscrire, ni fait connaître son activité à un centre de formalités des entreprises ou au greffe du tribunal de commerce, l'administration doit être réputée apporter la preuve, qui lui incombe, de l'exercice occulte de l'activité professionnelle si le contribuable n'est pas lui-même en mesure d'établir qu'il a commis une erreur justifiant qu'il ne se soit acquitté d'aucune de ses obligations déclaratives.
16. En outre, aux termes de l'article L. 80 D du livre des procédures fiscales : " Les décisions mettant à la charge des contribuables des sanctions fiscales sont motivées au sens des articles L. 211-2 à L. 211-7 du code des relations entre le public et l'administration, quand un document ou une décision adressés au plus tard lors de la notification du titre exécutoire ou de son extrait en a porté la motivation à la connaissance du contribuable. () ".
17. D'une part, la proposition de rectification précise que M. A s'est livré à une activité occulte au sens de l'article L. 169 du livre des procédures fiscales dès lors qu'il ne s'est pas fait connaître du centre de formalité des entreprises au titre des périodes vérifiées, qu'il n'a déposé aucune déclaration dans les délais légaux et que la majoration de 80 % appliquée est fondée sur les dispositions du c du 1 de l'article 1728 du code général des impôts en cas d'exercice d'une activité occulte. Elle indique, en outre, les conséquences financières du contrôle en mentionnant l'application d'une pénalité de 80 % aux rappels de taxe sur la valeur ajoutée et sur les cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu sur le fondement de l'article 1728 du code général des impôts. Par suite la proposition de rectification est suffisamment motivée sur ce point. En outre, si M. et Mme A soutiennent que la proposition de rectification ne comporte aucun visa du supérieur hiérarchique, ils ne se prévalent d'aucune disposition imposant un tel visa sous peine d'irrégularité de l'application de la majoration prévue au c du 1 de l'article 1728.
18. D'autre part, ainsi qu'il a été dit au point 9, M. A doit être regardé comme ayant exercé une activité occulte. Dans ces conditions, l'administration fiscale rapporte la preuve du bien-fondé de la majoration de 80 % prévue en cas de découverte d'une activité occulte dont ont été assorties les impositions en cause. M. et Mme A, n'établissent pas, en se prévalant du fait que M. A n'avait pas le sentiment d'exercer une activité professionnelle, que l'intéressé aurait commis une erreur qui justifierait qu'il ne se soit acquitté d'aucune de ses obligations déclaratives. Par suite, ils ne sont pas fondés à demander la décharge de la majoration litigieuse.
Sur les frais liés au litige :
19. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
20. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à verser à M. et Mme A au titre de frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
D E C I D E
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête à hauteur du dégrèvement de 8 801 euros accordé en cours d'instance.
Article 2 : M. et Mme A sont déchargés, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquels ils ont été assujettis au titre des années 2014 et 2015 à la suite de l'examen contradictoire de leur situation fiscale personnelle.
Article 3 : L'Etat versera à M. et Mme A une somme de 1 200 au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Mme C A et à l'administrateur général des finances publiques de la direction spécialisée de contrôle fiscal Ile-de-France.
Délibéré après l'audience du 21 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Rohmer, président,
Mme Dousset, première conseillère,
M. Lenoir, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 mars 2024.
La rapporteure,
A. DOUSSET
Le président,
B. ROHMER
La greffière,
S. CAILLIEU-HELAIEM
La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé des comptes publics, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/1-3
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2317492
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté les demandes de la SARL 42 Consulting visant à obtenir la restitution du crédit d'impôt recherche pour les années 2019 et 2020. La juridiction a estimé que la société n'avait pas apporté la preuve que les projets litigieux remplissaient les conditions scientifiques et techniques d'éligibilité prévues par l'article 244 quater B du code général des impôts. Elle a également jugé non fondés les griefs relatifs à une irrégularité de la procédure administrative.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2409280
Le Tribunal administratif de Paris a rejeté la demande de décharge d'impôt sur la plus-value immobilière présentée par Mme A... pour l'année 2020. Le litige portait sur l'interprétation de la condition d'exonération prévue au 1° bis du II de l'article 150 U du code général des impôts, concernant la première cession d'un logement autre que la résidence principale. Le tribunal a jugé que le fait que la requérante ait été propriétaire de son ancienne résidence principale dans les quatre années précédant la vente faisait obstacle au bénéfice de l'exonération, et ce, même si ce bien n'était plus son domicile au moment de la cession.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2420874
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé la décision implicite de rejet d'une demande de titre de séjour formulée par un ressortissant sénégalais. La juridiction a jugé que le préfet de police avait méconnu l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en ne tenant pas compte de l'ancienneté de la présence du requérant en France et de son insertion professionnelle continue. Le tribunal a enjoint à l'administration de délivrer un titre de séjour "salarié" dans un délai de trois mois et une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours, et a condamné l'État à verser 1 000 euros au requérant au titre des frais exposés.
01/04/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2422817
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé la décision implicite de rejet d'une demande de titre de séjour. Le juge a constaté que l'administration n'avait pas répondu à la demande de communication des motifs de son refus implicite, ce qui constitue une illégalité. Cette solution s'appuie sur les articles L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration et R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/04/2026